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hommage de PEK à Madiba
hommage de PEK à Madiba

version traitement de texte pour mes amis blogueurs qui souhaitent relayer ce texte:

~~MADIBA,

Te voilà rendu à ta dernière demeure, laissant derrière toi un monde en larmes et éprouvé, qui ne te reverra désormais qu’à travers tes multiples marques indélébiles.

Après plusieurs mois de santé vacillante au cours desquels nous étions tous en alerte, tu as finalement « décidé » de t’en aller.

Depuis l’annonce de ton décès et du fond de ma cellule j’ai eu le sentiment profond d’avoir perdu une partie de moi-même. Et pour cause ?

Courant 1994, quelques mois seulement après ta prise de fonctions à la tête de l’État Sud-Africain, alors que j’étais invité par l’Université de Prétoria dans le but de présenter le projet FIUAC (Festival Inter-Universitaire des Arts et de la Culture) dont la première édition était programmée en Afrique du Sud, j’ai eu le prestigieux honneur d’être introduit à toi, par le bureau de l’ANC Youth League encadré par Mme Joan Papp’s, elle-même de l’ANC Women’s League, antenne du Gauten.

La première rencontre que tu m’accordais au Union Building (présidence Sud-africaine) m’est restée flanquée dans la mémoire pendant de longues années au point de me déterminer à envahir mes bureaux à Yaoundé Warda, de nos photos restées aujourd’hui, un prestigieux héritage que tu m’as légué.

Au terme de notre rencontre, tu m’orientais dans le soucis d’entourer le projet dont j’étais l’initiateur, d’un large consensus national, vers le Dr.MANGOSHUTU GASHA BUTELEZI, Ministre au moment des faits, de l’Intérieur.

Tour à tour, tu m’as fait rencontrer Mr.BEN NGUBANE, alors Ministre de la Culture, Dame Winnie MANDELA (Vice-Ministre de la Culture), Mr. Frédéric DECLERCK, Ex-président de la République Sud-Africaine et haut responsable du National Party, Mr.Peter SKOSANA, Ministre de la Culture dans le Gauten, Mr.PIET PRETORIUS Gouverneur du Gauten (Région de Johannesburg) et plusieurs autres membres de ton gouvernement pour la mise en place du gigantesque projet dont j’étais initiateur et porteur.

MADIBA,

Deux fois encore, tu m’as ouvert tes portes, cette fois à Soweto et tu ne manquais de demander à tes ministres de s’approprier ce projet que tu trouvais profitable pour la jeunesse Sud-africaine jusque-là, fermée au continent africain.

En même temps tu m’as ouvert les portes du Home Affairs (Ministère de l’Intérieur Sud-africain) où j’ai pu me faire une nouvelle famille composée à cette époque des dames Mary Joorfan, Birkenbach etc… devenues elles aussi, les relais entre SAFTO (South African Foreign Trade Organisation) que j’ai représentée à Yaoundé pendant près d’une décennie et moi-même.

Que n’as-tu pas fait pour moi MADIBA ?

Aujourd’hui comme toi, je suis en prison, au Cameroun. Une incarcération arbitraire, c’est-à-dire sans infraction caractérisée.

Comme toi mais bien trop moins que toi, j’ai voulu défendre la cause d’une petite population écrasée par l’oppresseur Français à Njombé-Penja au Cameroun. Je tapais alors du pied dans la fourmilière et la sanction n’a pas tardé : 6 ans de prison pour le premier dossier, 10 ans de prison pour le second, la perpétuité (peine à vie) pour le 3ème dossier, ramenée à 10 ans fermes par la Cour d’Appel du Littoral à Douala. Des procès sans partie civile, des procès de toute évidence fortement politiques.

MADIBA,

Au moment où tu vas vers notre Créateur, ma peine est grande parce que n’ayant pas été en position de me déplacer comme des milliers d’hommes et de femmes qui t’ont tant aimé l’ont fait.

Je suis prisonnier politique au Cameroun. Peut-être mourrai-je en prison pour avoir osé.

Oui, oser me soucier d’un minimum de justice sociale pour les miens. Oser demander que les impôts locaux soient payés à la Commune dont j’avais la charge.

Je suis triste mais fier d’avoir tiré de toi, le courage et la force mentale nécessaires pour faire face à l’injustice sous toutes ses formes, doublée de la méchanceté humaine. Tu m’as inspiré MADIBA après m’avoir ouvert le sentier…

Ma lutte pour un monde toujours plus juste ne s’estompera jamais.

Merci MADIBA et AUREVOIR.

Celui que tu aimais bien appeler « MY SON », Paul Eric KINGUE, détenu politique au Cameroun.

Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #affaire PEK, #coups de gueule! coups de coeur!

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