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La liberté d’expression assassinée

Sacrilège suprême : on a assassiné les bouffons du roy. C’est non seulement la liberté d’expression qui est malmenée, mais c’est jusqu’à notre liberté de rire dont nos ennemis voudraient nous priver. Ah ça non, pas d’accord. Peut-être parviendront-ils à m’imposer par la terreur leurs lois rétrogrades, mais jamais ils ne me feront perdre le sens de l’humour, mes rires dussent-ils être mêlés de sanglots de douleur.

Vous avez été très nombreux cette nuit à relire ce papier écrit il y a un an, aussi je le remets tel quel à la UNE de mon blog, avec juste une modification de son image illustrative en signe de mon association à la foule des défenseurs de nos libertés si chèrement acquises, et mes condoléances émues à ce qui reste de la rédaction de CHARLIE HEBDO survivante du massacre intolérable d'hier à qui je souhaite de trouver l'audace et le courage de perpétuer ses publications caricaturales comme ce serait sans doute le souhait de ses journalistes assassinés.

http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/2014/01/libert%C3%A9-d-expression-oui-mais%E2%80%A6.html

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27 janvier 2014:

LIBERTE D’EXPRESSION : OUI MAIS …

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire » [citation faussement attribuée à Voltaire]. Oui, mais…

Non seulement Voltaire n’aurait jamais dit ça, mais en plus il aurait menacé le journaliste venu l’interviewer à ce sujet de lui chiffonner le portrait s’il continuait à colporter de pareilles inepties. Mais ça non-plus on n’en n’est pas sûr.

Il n’en reste pas moins vrai que cette fausse-citation de Voltaire inventée de toute pièce par l’écrivaine britannique S. G. Tallentyre (alias Evelyn Beatrice Hall) est régulièrement reprise en chœur par ceux qui se font complices de propagandes mensongères et dévastatrices qu’ils relayent complaisamment au nom de la sacro-sainte liberté d’expression.

Il y aurait beaucoup à dire, et tout autant à taire, à propos de la liberté d’expression. Informations, désinformations, vérités, contre-vérités, apologies d’idéologies jugées salutaires pour l’épanouissement de l’humanité par les uns, ou menant au chaos apocalyptique par les autres… Que penser ? Que dire ? Que laisser dire ?

Les apôtres des démocraties prôneront évidemment la liberté d’expression puisque par définition sine qua non du système, il est convenu que chacun puisse donner son avis. Fameuse pagaille d’ailleurs, et il suffit d’observer les empoignades de nos élus dans les hémicycles pour comprendre que Winston Churchill avait sans doute raison de dire : "La démocratie est le pire des régimes à l'exception de tous les autres". Je me garderai bien de faire l’apologie des régimes autoritaires adeptes de la pensée unique, mais il faut bien admettre qu’il est plus simple de mettre les récalcitrants au pas à coups de bâtons qu’en parlementant à n’en plus finir.

Ceux qui nous observent du fin fond de l’univers astral vous le confirmeront : les humains sont des animaux qui vivent en meutes. Ils se sont organisés en sociétés qui œuvrent principalement chacune pour la défense de leurs intérêts respectifs. Pas bêtes, les chefs de meutes élaborent des stratégies sensées mener leurs troupeaux vers un hypothétique Eden, les plus égoïstes en jouissant avant tout personnellement et au maximum des petits bonheurs terrestres, les plus visionnaires désintéressés œuvrant pour l'épanouissement de chacun et de tous, ou du-moins pour celui du plus grand nombre, voire pour celui de l’humanité toute entière. Mais ceux-là sont tellement exceptionnels qu'on les a divinisés.

Le support de communication en vogue est aujourd’hui incontestablement le web : sites d’infos à profusion, journaux en ligne, tribunes, blogs, réseaux sociaux, ce n’est pas le choix qui manque. Ça donne à chacun le sentiment qu’il peut tout dire, tout et n’importe quoi. Oui, mais…

Il n’en reste pas moins que les autorités qui nous dirigent ont chacune leurs lignes de conduite contre lesquelles il ne fait pas toujours bon s’opposer, que ce soit sous des régimes totalitaires ou sous ceux qui s’affichent démocratiques. Les exemples foisonnent. N’en citons que deux d’actualité récente : l’affaire Dieudo en France et celle des richesses personnelles cachées de quelques dirigeants chinois. En fin de compte, c’est la raison d’État qui prime et réprime. Dieudo a été muselé, quelques-unes de ses vidéos jugées subversives ont disparu de Youtube, et les autorités chinoises qui ne souhaitent pas la polémique ont tout simplement coupé les sites internet indésirables.

J’ai la chance de vivre sous des cieux où la liberté d’expression est largement tolérée, à condition de caresser les règles de bonne convenances locales dans le sens du poil. Tant mieux, ça me permet de me faire parfois la voix des sans-voix, pour reprendre l’expression de Césaire. Ça me permet de pouvoir dire « oui, mais… » là où d’autres ne peuvent dire que « oui », le mieux étant souvent pour eux de ne rien dire du tout.

Oui, je me battrai pour que vous puissiez indexer ce qui ne tourne pas rond, pour que les journalistes puissent nous informer, pour que les témoins puissent témoigner, pour que la vérité ne soit pas occultée, pour que les injustices soient dénoncées. Non, je ne me battrai pas pour laisser les ennemis du genre humain propager impunément leurs idéologies cancérigènes. Je me battrai selon mes critères de bonne conduite à moi, bien-sûr, qui me viennent de ma culture et de mes habitudes de vie, qui évidemment ne sont pas forcément universels.

Et c’est bien là le problème : on doit tout tolérer, sauf l’intolérable. Oui, mais…

HUBERT

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