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Non PEK, on ne t'oubliera pas

29 Février : Ça fait aujourd’hui sept ans jour pour jour que Paul Eric Kinguè a été jeté en prison, humilié, torturé, condamné pour avoir osé réclamer justice et rien que justice au nom des siens.

Aujourd’hui on le sait, les événements sanglants qui avaient secoué le Cameroun et en particulier la commune de Njombé et Penja dont il était le Maire n’ont été que le prétexte imaginé pas ses adversaires pour l’éliminer du paysage politique. Il fut accusé d’avoir incité « ses » jeunes au saccage des bananeraies auxquelles il avait eu le culot de réclamer le paiement des taxes communales dont elles avaient toujours été exonérées sans raisons avouables. Oui, en ces derniers jours de février 2008, la jeunesse avait violemment manifesté sa révolte contre un système gangréné par la corruption, oui PEK était de tout cœur avec eux pour réclamer le grand nettoyage, mais dans la stricte application des lois du pays, et certainement pas en détruisant l’outil de travail de ses concitoyens, certainement pas en sciant la branche sur laquelle ils étaient assis. Allons, un peu de sérieux, existe-t-il un seul maire au monde qui rêverait d’anéantir la principale source de richesses de sa commune ?

Sous ce prétexte fallacieux, PEK a été emprisonné, traîné en justice, et il croupit toujours dans les geôles de la république, condamné au total mépris des lois comme l’ont récemment souligné d’éminents experts mandatés par l’ONU venus confirmer les avis de nombreuses organisations camerounaises et mondiales de défense des droits de l’Homme et des prisonniers politiques.

Sept ans aujourd’hui de procès-bidons, de condamnations injustifiées, d’erreurs de procédure à répétition, de lois bafouées par ceux-là mêmes qui en sont les garants, d’injustices de la Justice. Sept ans de tortures physiques et surtout morales, et ce n’est pas fini puisque la Cours Suprême chargée d’examiner cette affaire a mis un coup d’arrêt à la procédure au lendemain de la publication de la recommandation faite par l’ONU aux autorités du Cameroun, et dont la conclusion est sans équivoque : Paul Eric Kinguè doit être acquitté et dédommagé. Depuis, nous attendons, craignant de voir cette affaire s’enliser de nouveau dans les sombres méandres des manœuvres dilatoires. On attend… PEK attend… depuis sept interminables années passées dans l’enfer de New Bell. On attend, mais on n’oublie pas.

Les autorités du Cameroun ayant elles-mêmes délibérément choisi de mêler intimement l’affaire Kinguè à la révolte des jeunes de 2008 réprimée dans le sang, qu’elles ne nous en veuillent donc pas si en ces jours de commémoration aux victimes des émeutes de la faim nous la brandissons aux yeux du monde, réclamant encore et encore que justice soit rendue. Nous refusons que l’affaire Kinguè sombre dans l’oubli, nous refusons que l’actualité effroyable du Nord-Cameroun soit prétexte à jeter les vieux contentieux aux oubliettes, nous refusons qu’une nouvelle horreur puisse en masquer une autre plus ancienne. Il ne faudrait pas que les exactions commises par Boko Haram soient récupérées par les manipulateurs de l’opinion publique pour effacer le souvenir de ceux qui sont tombés sous le feu des défenseurs de la nation. Tant que justice n’aura pas été rendue, tant que les coupables n’auront pas reconnu leurs torts, tant que ce qui peut être réparé ne l’aura pas été, nous continuerons de réclamer l’acquittement pur et simple de PEK, dans le strict respect des lois d’un État qui se dit de droit, et avec une pensée particulière pour les familles des victimes de 2008 qui, jusqu'à présent, n'ont même pas eu droit au moindre mot d'excuses.

HUBERT, coordinateur du groupe de soutien à Paul Eric Kinguè.

Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #affaire PEK

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