Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Axe lourd : Dieu existe !

J’ai survécu au voyage Yaoundé-Douala par l’axe lourd. Moi qui me croyait indécrottablement mécréant, je suis forcé d’admettre que seule une intervention divine m’a permis d’arriver sain et sauf à bon port, vivant et en un seul morceau.

Bien que confortablement installé à l’arrière d’un solide 4X4 et fermement ceinturé, bien qu’assuré que notre chauffeur fut doué de nerfs d’acier, bien que rompu moi-même aux poussées d’adrénaline par la pratique de sports dits dangereux, mes cheveux se sont plus d’une fois dressés sur mon crâne, ce qui donne du volume à la coiffure mais est d’autre part perturbant pour le rythme cardiaque.

L’axe lourd par lequel transite le flux incessant des grumiers, camions hyper chargés, bus et véhicules légers lancés à belle allure vers le port de Douala est une deux-bandes pas toujours très plane et parsemée d’embûches. Tiens, par exemple, un œil sur la route et l’autre sur le tachymètre, je me suis étonné de voir soudain notre véhicule ralentir très fort alors que je n’avais rien décelé d’anormal : compris, il s’agissait de franchir en douceur une bosse qui aurait envoyé le non-initié en un jump magistral, certainement digne des plus terribles cabrioles du rallye de Finlande. Ouf, merci chauffeur ! J’ai alors compris qu’au Cameroun, c’est comme en aviation : il n’y a pas de bons pilotes, mais de vieux pilotes, tous les as du volant n’ayant pas eu le temps de faire de vieux os.

De-ci de-là, quelques carcasses de poids lourds explosés témoignent du danger et les kilomètres de rails de sécurité défoncés remplacent efficacement les panneaux d’alerte inexistants. Et si parfois vous êtes étonnés de voir des touffes d’herbe sur la chaussée, sachez que c’est ainsi qu’on balise un véhicule à l’arrêt sur la bande de circulation.

Peu ou pas de panneaux routiers, mais à quoi bon puisque c’est la tenue de route qui limite la vitesse et que les endroits dangereux sont censés être connus des usagers. Tous comme m’a-t-on dit certains panneaux STOP dans Yaoundé ; ce n’est pas parce qu’il n’y en a pas qu’on ne doit pas les respecter. Et l’agent de police casqué de blanc qui vous arrêtera pour ne pas avoir marqué le temps d’arrêt et à qui vous ferez insolemment remarquer qu’il n’y a pas de panneau vous répondra que c’est connu par « tradition orale » (véridique !). Bref, si vous souhaitez rouler en toute sécurité, mieux vaut faire confiance à un vieux routard du pays.

Evidemment, mon trop bref séjour au Cameroun ne m’a pas permis d’analyser objectivement le comportement des automobilistes camerounais, et j’écris ces lignes sous le coup de l’émotion, mon pauvre cœur battant encore la chamade. C’est sûr qu’à en juger par la sérénité de notre chauffeur, il n’est pas plus angoissant de rouler sur l’axe lourd que sur une autoroute allemande où des Porsches rugissantes vous frôlent à vitesse supersonique, ou encore à Rome où les Cinquecentos aux pneus hurlants tournent tout autour du Colisée comme sur un anneau de vitesse. Tous comptes faits, à chaque pays ses habitudes de conduite ; il suffit de s’y faire, c’est tout.

N’empêche, dans un prochain article de ma catégorie « coups de cœur », il faudra que je vous parle de mon ressenti sur la conduite en ville, à Douala et Yaoundé…

HUBERT

Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #coups de gueule! coups de coeur!

Partager cet article

Repost 0