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Prix Nobel 2015 : pour l’artémisia-annua !

Il y a belle lurette que le Dr Lutgen de Luxembourg m’a convaincu de l’efficacité de l’artémisia-annua qui permet aux populations les plus désargentées de lutter efficacement contre le paludisme.

Je me réjouis aujourd’hui du prix Nobel de médecine attribué à la professeure chinoise Youyou Tu ; cette illustre reconnaissance devrait à elle seule définitivement clouer le bec des détracteurs qui s’acharnent à nier les bienfaits de cette plante, pour des motifs sans doute peu avouables.

Bravo au Dr Lutgen et à son équipe d’IFBV qui n’a jamais baissé les bras et qui, malgré les bâtons dans les roues, continue sans relâche la promotion de ce remède à la portée des plus démunis contre l’un des pires fléaux qui soient. Bravo, Dr Lutgen, ce prix Nobel est un peu le vôtre.

Je connais la grande humilité de Pierre Lutgen, et même s’il eut été normal qu’il ait eu lui aussi droit aux honneurs des Nobels pour l’ampleur du réseau mondial qu’il a initié et qu’il continue de développer contre vents et marées, j’imagine que sa plus belle récompense sont les innombrables témoignages de gratitude qu’il reçoit des quatre coins du monde.

HUBERT

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Extraits de presse :

Après Ronald Ross, en 1902, et Alphonse Laveran, en 1907, la professeure Youyou Tu est la troisième scientifique à être distinguée par un Nobel pour des travaux sur le paludisme. Avec environ 200 millions de cas et plus d’un demi-million de décès recensés en 2013, le paludisme demeure une cause de mortalité importante dans les pays du Sud. L’Afrique est le continent le plus affecté : 90 % des décès, pour la plupart des enfants. Dû à un parasite, le plasmodium, transmis à l’homme par un moustique, le paludisme accompagne l’être humain depuis la nuit des temps.

Dans les années 1960, la perspective d’une éradication de cette infection s’éloignait. La professeure Youyou Tu, qui a fait toute sa carrière à l’Académie de médecine traditionnelle chinoise, passe au crible quelque 2 000 herbes médicinales utilisées en Chine contre les formes de paludisme chez l’animal. Elle s’intéresse particulièrement à une armoise, Artemisia annua. Les résultats obtenus sont assez fluctuants, ce qui la conduit à travailler à isoler et à purifier le principe actif de cette herbe.

(…) Première scientifique chinoise devenue lauréate du prix Nobel en travaillant dans son pays, elle a en tout cas démontré la forte efficacité de l’artémisinine contre le plasmodium, aussi bien chez l’animal que chez l’homme. Depuis, la synthèse de ce principe actif a été effectuée. Une étape importante compte tenu des limites de la production d’Artemisia annua, essentiellement chinoise.

« Issue de la médecine traditionnelle chinoise, l’artémisinine et ses dérivés sont arrivés à point nommé face à la situation d’impasse thérapeutique apparue à partir des années 1970-1980, explique le professeur Pierre-Marie Girard, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Antoine (Paris). Les combinaisons à base d’artémisinine ont permis de contourner les résistances aux traitements antipaludéens. De plus, l’artémisinine a supplanté la quinine comme traitement préférentiel des formes sévères. »

Pour les spécialistes interrogés, ce prix Nobel doit en effet stimuler les travaux sur les fléaux infectieux frappant les pays du Sud. « Le système actuel de recherche et développement, très largement fondé sur des prix élevés dans les marchés à revenus élevés, n’est pas à même de fournir de tels traitements. De ce fait, le prix Nobel 2015 doit être vu comme un appel à l’action pour financer de manière durable et donner la priorité à des projets de recherche et développement qui répondent aux besoins des patients négligés dans le monde en développement », plaide le docteur Manica Balasegaram.

Par Sandrine Cabut et Paul Benkimoun, pour Le Monde

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