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hebdo Intégration: spoliation des terres par la PHP

En kiosque cette semaine, l’hebdomadaire Intégration publie un article d’actualité concernant la spoliation des terres par la PHP, suivi d’un abondant dossier qui revient notamment sur les déboires de P.E.Kinguè.

http://www.journalintegration.com/index.php/supplement-afrique-centrale/item/429-maitres-thomas-dissake-kwa-et-jean-francois-chanut-nous-disons-non-a-la-spoliation-et-aux-methodes-de-php

Quelques extraits choisis : (Propos recueillis par Thierry Ndong)

Maîtres Thomas Dissaké Kwa (Cameroun) et Jean-François Chanut (France): «Nous disons non ! à la spoliation et aux méthodes de PHP».

Les familles Ngom Priso, Kemayou et Kwa, propriétaires respectivement de 165 hectares, 75 hectares et 18 hectares dans les arrondissements de Njombe-Penja et Loum, optent désormais pour la saisine des tribunaux français dans l’affaire de spoliation de leurs terres par l’entreprise Les Plantation du Haut-Penja (PHP). Les deux avocats affichent leur ardeur à poursuivre les Plantations du Haut-Penja en justice. C’était au cours d’une conférence de presse donnée le 17 mars dernier à Yaoundé.

Maître Jean-François Chanut:

Quand j’ai pris ce dossier en main, que Me Thomas Dissaké Kwa m’a confié, pour la gestion de sa partie bien évidemment externe au Cameroun, j’ai eu la stupéfaction d’apprendre qu’une poignée de personnes, une famille en réalité, une famille marseillaise, les Fabre, s’était accaparée des terres dont la propriété ancestrale appartient à des communautés des plateaux du Haut-Penja.

(…) Aujourd’hui, un groupe d’individus sans scrupules, une famille s’arroge le droit d’accaparer des terres dont les titres fonciers appartiennent à des familles qui en sont expropriées, qui au demeurant, vivent pour certaines d’entre elles, dans le dénuement le plus complet. Alors que par ailleurs, on sait que la société de cette famille Fabre, la société Compagnie fruitière dont PHP n’est qu’un écran, une façade sur le Cameroun, engrange des profits absolument considérables. On parle de 800 millions d’euros par an. Ça fait quoi à peu près, 524 milliards de francs Cfa. Enfin, moi je réfléchis plus en euro, mais c’est considérable.

(…) Imaginez que les terres sur lesquelles vous avez hérité de vos grands-parents, de vos ancêtres, quelqu’un vienne s’installer et vous dise «moi voilà, j’ai les droits de la force, je reste sur ces terres !». C’est déjà très grave! Mais en étudiant ce dossier … j’ai découvert les choses plus graves au travers notamment d’articles de presse qui ont été faits en France, notamment un article qui a été fait par une de vos consœurs, qui a fait un article pour le journal Libération, Fanny Pigeaud, vous pouvez retrouver tout cela sur internet. Il suffit de taper un nom, un pays, un scandale, le scandale du PHP, le scandale de la banane au goût amer, disait l’article. Il y a eu également un reportage qui a été fait sur France 2, dans le cadre du reportage France investigation, ce reportage qui est fait par Elise Lucet, grande journaliste de talent en France, ces reportages et ces articles montrent qu’il y a un véritable scandale sanitaire, en plus du scandale foncier.

(…) Un rapport a été fait par Fadenas une Ong qui s’était penchée sur cette question et sous l’égide du Pnud… ce rapport, mystérieusement, aurait disparu. Mais comment un rapport qui est détenu par l’Organisation des Nations-Unies peut-il disparaître ?

Le journal Intégration a publié en août 2014 les conclusions d’un rapport accablant de Tranparency International contre PHP. Plusieurs grands médias locaux avaient refusé d’en parler. Et le scandale a été étouffé une première fois, comment comptez-vous vous y prendre pour le relancer ?

Me Chanut : (…) Les journalistes qui n’ont rien publié avaient obtenu des indemnisations, des indemnités par le biais de publicité. On sait que PHP est une société extrêmement puissante. Donc, c’est vrai qu’il vaut mieux être financièrement du côté de PHP que contre PHP. Ça je l’ai bien compris.

(…) Je ferai tout pour ne pas montrer à mes enfants, ne pas montrer à qui que ce soit que l’on puisse étouffer une affaire aussi importante, alors qu’il y a des victimes qui n’ont pas encore demandé d’indemnisations parce que c’est David contre Goliath. Mais, je ne veux pas croire, moi amoureux de la justice, que l’on puisse étouffer tout cela. C’est vrai, me direz-vous, outre l’article que votre journal a publié, il y a eu des articles des journalistes courageux que j’ai cités tout à l’heure, Fanny Pigeaud et Elise Lucet. D’autres encore. J’ai vu un reportage dont j’ai le lien, avec un jeune journaliste qui était allé à la rencontre des populations pour les interroger, et ce journaliste courageux avait été lui-même forcé à abandonner ses poursuites. L’Ong Fadennas a été dissoute sauf erreur de ma part, le rapport de l’Onu a été étouffé, on n’arrive pas à le retrouver curieusement. Mais, moi l’avantage que j’ai si je puis dire, mon frère Me Dissaké Kwa Thomas et moi, l’avantage que nous avons, c’est que nous bénéficions du glaive de la justice pour terrasser le monstre

(...) Donc, j’entends bien qu’au moyen des actions judiciaires que nous allons mener et bien entendu, nos actions seront probablement relayées par des journalistes courageux, j’espère que cette affaire ne sera pas une nouvelle fois étouffée.

Pour conclure, Me Chanut :

J’ai peut-être la naïveté au terme de 40 années d’exercice de ma profession d’avocat, de croire qu’effectivement, la vérité, on peut toujours la faire triompher en justice. Je ne pense pas que ce soit d’ailleurs de la naïveté. Je crois au contraire que c’est un espoir. J’ai l’espoir qu’on pourra toujours faire triompher la justice. J’ai l’espoir que les victimes, surtout quand elles sont nombreuses, quelques dizaines, quelques centaines, quelques milliers peut-être, de victimes, de l’autre côté, une poignée d’individus, quatre, cinq membres d’une famille qui se sont arrogés tous ces droits au préjudice de ces milliers de Camerounais.

Donc moi effectivement, j’ai non pas cette naïveté comme je l’indiquais, mais l’espoir que la justice triomphera et dans tous les cas, je sais que mon confrère Me Dissaké Kwa Thomas fera tout pour cela. Sur le territoire camerounais, c’est très difficile. Et moi, je ferai la même chose sur le territoire français dans un premier temps. Peut-être à Genève ensuite. Puisque j’ai vu qu’il y avait peut-être des clauses attributives de compétence dans certains actes, nous verrons. Mais, pour l’instant à Marseille, siège historique, siège bien connu de la Compagnie fruitière dont PHP n’est qu’une émanation écran en quelque sorte. PHP, ces trois lettres sonnent comme le nom d’une arme destinée à se retourner contre les populations du Haut-Penja.

_____

Les titres suivants de ce dossier :

Kemayou Happy Louis: Le damné de Penja.

Des trois familles détentrices de titres fonciers, mais victimes de spoliation foncière de PHP, figure celle d’un député, ancien président de l’Assemblée nationale du Cameroun. Un homme d’exception au parcours singulier de bâtisseur de haut vol. Une des têtes d’affiche de la construction de la nation camerounaise.

Enquête: Comment des sociétés françaises ont pillé la mairie de Penja.

- Exonérations indues

- Détournement

- Corruption

Au service du lobby de la banane.

Ils sont nombreux, autorités administratives, judiciaires et sécuritaires, ministres et députés à avoir aidé (directement ou indirectement et pour la plupart illégalement) le lobby de la banane à se renforcer au Cameroun. Ce soutien leur aurait été bien été rendu. Voici quelques-unes des figures de proue.

- Paul Biya,

- Luc Magloire Mbarga Atangana,

- Marafa Hamidou Yaya,

- Robert Nkili.

Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #affaire PEK

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