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Cameroun : grâce présidentielle pour Me Eyoum.

SEM Biya, Président du Cameroun, vient d’accorder la grâce à présidentielle à Me EYOUM, condamnée à une longue peine de prison. C’est, j’imagine, un immense soulagement pour elle et pour tous ceux qui l’ont soutenue sans jamais faillir, malgré les critiques acerbes voire injurieuses et insultantes de leurs détracteurs. Je leur adresse mes félicitations, car je sais combien il est parfois difficile d’aller au bout de convictions qui ne font pas l’unanimité.

Affirmer pour autant que Me EYOUM aurait obtenu justice serait pure escobarderie. Une grâce présidentielle, ce n’est pas la Justice ; c’est l’os qu’on jette au chien pour qu’il cesse d’aboyer.

Dans le cas précis de cette dame qui n’a cessé de clamer son innocence pour les faits qui lui étaient reprochés et que ses défenseurs ont qualifiée de prisonnière politique, cette libération est la moins pire sortie de crise qu’il restait à espérer, n’ayant plus d’autre recours possible en Justice.

Doit-on parler de magnanimité de la part du Président du Cameroun, soudainement ému par le traitement inhumain infligé à cette dame dans les infectes geôles de sa république ? Je ne le pense pas, sinon ce serait par centaines et par milliers qu’il devrait accorder les mêmes Grâces aux innombrables condamnés qui croupissent dans ses prisons immondes.

La Grâce, privilège des bons pères des nations depuis les temps anciens pour remédier à certains manquements de leurs hommes de lois sans pour autant les désavouer, n’est plus aujourd’hui que le résultat d’obscurs marchandages diplomatiques, non pas pour réparer une quelconque injustice de la Justice de leurs pays, mais plutôt pour éviter de se retrouver au ban des nations.

Me EYOUM étant citoyenne française, nul doute que sa remise en liberté fait suite à un entretien diplomatique entre le Cameroun et la France, dans les salons feutrés des palais présidentiels, dont nous ne connaîtrons sans doute jamais la teneur mais que j’imagine dans ce style :

- (F) Cher ami, ce serait bien si tu pouvais gracier ma compatriote, je te revaudrais ça.

- (P) Oui, mais donnant-donnant alors, tu m’offres une salle de cinéma.

- (F) D’accord pour la salle de cinéma, j’en touche un mot à Vincent si tu lui offres le port de Kribi.

- (P) … et tu m’accorderas une poignée de main sur le perron de l’Elisée, d’accord ?

- (F) waw, tu es vraiment dur en affaires, mais soit, d’accord pour la poignée de main, ça marche.

- (P) Top la !

Bon, d’accord j’en conviens, ceci est pure et médisante fiction à laquelle je ne crois pas moi-même. Loin de moi l’idée que la libération de Me EYOUN n’est autre que le résultat d’un bel élan d’humanisme. Encore bravo aux défenseurs de cette dame, ils peuvent aujourd’hui sabrer le champagne (de France, bien-sûr).

HUBERT

RAPPELONS QUE : La grâce dispense totalement ou partiellement de l’exécution d’une peine. En revanche, elle n’efface pas le casier judiciaire du condamné, ni ne remet en cause le jugement qui demeure. La grâce ne porte que sur les effets du jugement. Il est d’usage que le droit présidentiel de gracier s’exerce en faveur de personnes condamnées définitivement.

Cameroun : grâce présidentielle pour Me Eyoum.

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