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(la piètre mise en page de cet article est due à une nouvelle configuration du blog. Désolé)
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Les lenteurs administratives ne sont pas une exclusivité camerounaise, loin s’en faut ; partout au monde des gens sont contraints d’attendre le bon vouloir de l’Administration avec un grand A.
 
Mais dans le cas particulier de Paul Eric Kinguè, cette lenteur qu’on a pu dans le passé qualifier de dilatoire tient plus de la stratégie que de la fatalité. On se souvient avec amertume des 56 renvois lors du premier procès en appel, et des quelques renvois provoqués par la partie adverse pour des motifs fallacieux frisant le ridicule dans le deuxième procès dans le but de décourager la défense.
 
Pourquoi ? A qui profite le temps qui passe ?
 
Dans l’affaire Kinguè, il y a toujours eu la vérité officielle et les raisons cachées. Nous avons maintenant tous très bien compris que les motifs invoqués pour jeter PEK aux oubliettes n’ont été qu’un tissu de mensonges. Ne revenons pas là-dessus puisque la preuve en a été faite par son acquittement dans le deuxième procès.
 
DUC12--3-P-TITS-SINGES.gifOn a pu penser que les tortures surtout morales qui lui ont été infligées étaient d’une part sa punition pour avoir osé ruer dans les brancards, et d’autre part un avertissement dissuasif pour ceux qui auraient l’idée d’agir comme lui. Peut-être aussi ses détracteurs s’étaient-ils imaginé que PEK aurait eu la faiblesse de jeter le gant face au déferlement de violence qui s’abattait sur lui et surtout sur son entourage. N’oublions pas qu’outre les humiliations gratuites et les menaces de mort qui pesaient sur lui, PEK a assisté impuissant à la persécution de ses proches, à l’emprisonnement de sa sœur (j'apprends à l'instant qu'elle et son mari viennent d'être lourdement condamnés), à l’arrestation arbitraire de l’un de ses amis en pleine salle d’audience, aux assassinats de ses sympathisants et témoins à décharge Sollis Mbami (tué par balles) et de « Magne » (le crâne défoncé à coups de gourdin), aux injures et menaces à l’encontre de Me Manfo son avocat, et avec en point d’orgue le décès de son jeune fils Junior dans des circonstances plus que troubles. Largement de quoi faire frémir… Toutes ces pressions auraient dû lui faire passer l’envie de continuer à se battre, mais c’était mal connaître le lion blessé.
 
Si aujourd’hui on pourrait  penser que ses bourreaux ont enfin étanché leur soif de vengeance, qu’est-ce qui les motive encore pour maintenir PEK en enfer ? Probablement la crainte qu’ils ont de le revoir dans le fauteuil maïoral de Njombé et Penja pour continuer le travail commencé. On sait que dans sa commune, nombreux sont ceux qui espèrent son retour ; il est attendu dit-on comme le Messie. Donc, ses adversaires ont tout intérêt à ce qu’il reste encore longtemps en prison, si possible ad vitam æternam, et certainement jusqu’après les prochaines élections prévues dans approximativement un an. Or, comme nous sommes presque certains qu’il gagnera son procès en appel de la grotesque condamnation à vie dont il a écopé dernièrement au terme d’un procès qui ne mérite même pas ce nom tellement il a été mené de bout-en-bout au mépris des lois et du simple bon sens, la dernière carte à jouer pour ses adversaires est donc celle du dilatoire, pour tirer le procès en longueur pendant encore un an au-moins.
 
PEK a fait appel de sa condamnation à vie 48 heures après que cet infâme verdict fut tombé le 29 février dernier à Nkongsamba. Il a d’abord fallu attendre deux longues semaines pour que l’information parvienne à Douala où la première audience a eu lieu le 2 mai. Mais là, pas de chance, la magistrature était paraît-il en pleine réorganisation et se trouvait ainsi dans l’impossibilité de constituer le tribunal. Soit. Deuxième audience, puis troisième : renvoyées au même motif. Curieusement, on constate que les autres procédures suivent pourtant leur cours normal. Alors ? Questionné à ce sujet, Monsieur le Procureur Général s’est montré inquiet de ce retard anormal, et PEK a saisi le Président de la Cour d’Appel pour que la procédure soit accélérée, le délai de renvoi entre chaque audience (un mois et demi entre celle du 16 juin dernier et la prochaine fixée au 1er août) étant anormalement long.
 
Depuis sa condamnation, ça fait donc plus de trois mois que PEK attend que son procès soit enrôlé. Trois mois pour rien. C’est peu en regard des quatre longues années passées en prison, mais probablement que ceux qui sont responsables de ce retard n’ont pas bien conscience de la pénibilité que ça représente. Pour les en convaincre, nous les invitons à regarder la courte vidéo qui suit dans laquelle l’écrivain Bertrand Teyou décrit l’univers carcéral qu’il a vécu à New Bell. C’est édifiant. 
 
Selon les Nations Unies, le non-respect des délais raisonnables est un délit de Justice, voire même un déni de Justice intolérable. C’est pourquoi nous tenons à exprimer notre vive inquiétude aux Autorités camerounaises en charge du dossier par d’incessants courriers et pétitions allant dans ce sens pour leur éviter de se mettre en porte-à-faux avec ce grand principe universel.
 
Malgré nos inquiétudes, nous restons sereins, car nous savons qu’il existe au Cameroun des magistrats intègres et dignes de confiance, qui ne se laissent pas facilement distraire ; nous en avons eu la preuve.
 
Cher PEK, quelles que soient nos motivations personnelles pour te soutenir, nous voulons tous que Justice te soit rendue sans retard, et que tu puisses très vite continuer le travail commencé, sitôt ce mauvais rêve terminé. Courage, PEK…
 
HUBERT (de Luxembourg), coordinateur du groupe de soutien à Paul Eric Kinguè.
Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #affaire PEK

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