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Peine de mort à petit feu… 

La condamnation à la prison à vie dont vient d’écoper Paul Eric Kinguè ne cesse d’alimenter les conversations. Prison à vie, ça veut dire mort lente en prison, comme si les tortionnaires prenaient un plaisir sadique à faire durer le plaisir. En comparaison, une exécution rapide d’une balle dans la nuque serait un beau geste humanitaire. A la décharge des bourreaux, on sait que l’espérance de vie d’un prisonnier dans les geôles de la république camerounaise est relativement courte, étant donné l’état d’insalubrité de ses prisons-mouroirs, réduisant ainsi d’autant sa longue agonie.  

Stupeur et incompréhension ! 

Partout au monde, sauf sans doute dans quelques États de non-droit, cette peine est réservée aux seuls très grands criminels pour les punir de leurs méfaits, mais surtout parce qu’ils sont jugés dangereux pour la société. Les remettre en liberté ferait courir un risque inacceptable aux populations. Dès lors, quel est donc ce crime épouvantable que Paul Eric Kinguè aurait commis et à quel cataclysme apocalyptique  doivent s’attendre les populations au cas où il serait relâché dans la nature ?

 

Que les véritables motifs qui ont motivé la mise au placard de Paul Eric Kinguè ne soient pas du tout les faits insignifiants et purement imaginaires qui lui sont reprochés, on l’avait compris depuis longtemps. Qui peut encore faire semblant d’y croire ?  

Que l’affaire Kinguè ait été traitée d’un bout à l’autre au total mépris des lois, ça ne fait aucun doute. Arrestation arbitraire, instruction uniquement à charge, fabrication de témoins, non-respect de la présomption d’innocence, tortures physiques et morales, intimidations, menaces de mort et représailles sur des proches, la famille, les avocats, jugements rendus sur base de postulats (qui par définition restent à démontrer), de témoignages douteux voire faux, sans jamais aucune preuve matérielle, et pour ce dernier jugement, rendu sur base d’un décret d’une loi abrogée depuis 2004 et dont l’article cité n’a jamais existé…

 

Soit cette sentence effroyable a été rendue par un trio de magistrats totalement incompétents et donc nuisibles, soit la Justice est prête à tout pour obéir aux ordres de puissants criminels tapis dans l’ombre au risque de se décrédibiliser aux yeux du peuple camerounais et de se ridiculiser dans le monde entier. S’il s’agit d’incompétence notoire, nous le saurons très vite car ils seront certainement sanctionnés pour faute professionnelle grave aux lourdes conséquences. Nul doute que ces individus dangereux devraient être très vite rayés du barreau. Sinon, il apparaîtra comme encore plus évident qu’ils ont agi en mission commandée, car aucun magistrat digne de ce nom ne pourrait bafouer à ce point toutes règles déontologiques, sauf sous la menace, contraints et forcés. Dans ce cas, ne parlons plus d’incompétence mais plutôt de lâcheté bien compréhensible quand on sait que, pour paraphraser Paul Eric Kinguè qui en sait quelque chose, au Cameroun, on a tous quelque chose ou quelqu’un à perdre. 

En toute légalité…

 

Paul Eric Kinguè est un légaliste, juriste de formation, et s’est toujours efforcé d’agir dans le respect des lois de son pays et uniquement pour le bien de ses administrés. Sur le plan pénal, il a toujours pu démontrer qu’aucune des actions qui lui sont reprochées aient été illégales.  

C’est aussi en toute légalité que, dès son arrivée aux commandes de sa commune, il a supprimé les avantages financiers injustifiés dont bénéficiaient les Préfet et Sous-préfet du Moungo qui délestaient la commune de 500 000 (Cinq cent mille) FCFA tous les mois, ainsi que les salaires de la secrétaire du Sous-préfet et de son chauffeur.

 

En toute légalité aussi, il a obtenu en décembre 2007 de la Direction Générale des Impôts que soit supprimée l’exonération injustifiée du paiement des taxes communales par les trois sociétés SPM, PHP et CAPLAIN implantées sur le territoire de sa commune provoquant la colère du député Mr Ndonno Mbanga André, directeur des relations extérieures des bananeraies de la PHP et celle de SEM Marafa Hamidou Yaya ,ministre de l’administration territoriale. Dans la foulée, on a pu constater l’incroyable acharnement du procureur du Moungo (Mr Bifouna Ndongo ) qui affirmait qu’il mettrait tout en œuvre pour que PEK « ne recouvre pas sa liberté avant longtemps », n’hésitant pas à faire de la subornation de témoins, de l’aveu même de l’un d’eux, Mr Guy Modeste Ambomo. Citons encore Mr François Armel, DG de la PHP qui a juré à Paul Eric Kinguè d’avoir sa tête à coups de millions, et les menaces d’emprisonnement et d’assassinat proférées conjointement par Mme Caplain et le directeur général de la SPM. 

Si au départ de cette affaire, on a raisonnablement pu imaginer qu’il s’agissait  d’un complot monté de toute pièce par des voyous cupides dans le but de défendre leurs intérêts mercantiles, ou par quelques politiquailleurs mauvais perdants et rancuniers, on peut s’interroger aujourd’hui sur l’identité des personnages suffisamment puissants pour faire disparaître Paul Eric Kinguè ad vitam æternam dans les oubliettes de New Bell.  

Confiance en la Justice !? 

Ce lundi 12 mars, Paul Eric Kinguè comparaîtra courageusement devant ses juges au Trinunal d’Appel de Douala. Il y sera question pour lui de se défendre des accusations mensongères de détournement d’argent, ou plus exactement de n’avoir pas bien respecté les règles de procédures pour l’utilisation par sa commune d’une somme de 1 500 000 Fcfa (2000 €), ce qu’il conteste avec énergie. Ses avocats s’emploieront à démonter point par point les allégations formulées par le Procureur et leurs plaidoiries s’annoncent à priori très simples puisque le dossier de l’accusation est vide. Rien, absolument rien, ne peut être retenu contre Paul Eric Kinguè. En toute logique, confiants en la Justice, nous attendons l’acquittement pur et simple. Mais, pouvons-nous encore faire confiance en ce système judiciaire dont il semble probable qu’il soit passé sous le contrôle de puissances malveillantes occultes? 

Candeur ? Naïveté ? Non, certitude absolue que le Droit triomphera, envers et contre tout.  

Les vraies raisons de l’acharnement contre Paul Eric Kinguè, même s’il elles ne devaient pas être évoquées, planeront immanquablement au-dessus du tribunal d’appel du Littoral à Douala-Bonanjo ce lundi 12 mars 2012, et chacun retiendra son souffle en attente d’un verdict qui devrait rendre à la Justice camerounaise un peu de son honneur terni.   

HUBERT (de Luxembourg), réflexions personnelles et qui n'engagent que moi.

Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #affaire PEK

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