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L’audience de ce 31 octobre a été renvoyée au 19 décembre prochain. C’est le quatrième renvoi successif dans ce procès. Nous nous efforçons de ne pas nous en alarmer, confiants dans le fait que le tribunal a affirmé sa volonté d’en finir vite et bien avec cette affaire qui fait tache, mais le souvenir latent des manœuvres dilatoires qui avaient ralenti durant un an le procès précédent ne s’estompe pas.

 

Logiquement pourtant, nous nous attendions à ce que cette audience mette le point final à ce procès, une bonne fois pour toute. Et en toute logique aussi, étant donné que le dossier de l’accusation semble vide, sans aucune preuve matérielle et ne reposant que sur des témoignages plus que douteux, nous entrevoyions même soit un abandon des poursuites, soit un acquittement. Mais, bien qu’espérant une fin heureuse, nous ne sommes pas là pour juger ; coupable ou innocent, c’est à la Justice de le dire. Ce que nous voulons, c’est tout simplement que Paul Eric Kinguè soit jugé équitablement, dans des délais raisonnables, dans le strict respect des lois de son pays, comme y a droit tout citoyen d’un État qui se dit de droit.

 

Étant donné les précédents dénis de justice dans cette affaire, pour éviter aux avocats camerounais de la défense de nouvelles humiliations, pour veiller à ce que les lois ne soient plus bafouées comme elles l’ont été au cours des procès antérieurs, et enfin pour que leur seule présence fasse bien comprendre qu’il est désormais impossible de continuer de laver le linge sale en famille loin des regards du monde, plusieurs avocats étrangers d’AFDInternational  avaient fait le déplacement à Douala ; ils en sont pour leurs frais, au sens propre car ils sont bénévoles, comme au figuré.  

 

C’est partie remise, car l’avocat général était absent, en mission à Kribi. Ah, Kribi ! Ses plages de sable fin, son décor enchanteur… Voilà qui est plus agréable que l’infecte cellule de la prison de New Bell dans laquelle Paul Eric Kinguè croupit depuis des années en attendant le bon vouloir de la Justice.

 

Car nous avons l’impression que c’est bien de cela qu’il s’agit : du bon vouloir de magistrats dénués d’humanité qui jouent au jeu cruel du chat et de la souris.

 

Pourquoi ? Il est ici officiellement question d’un prétendu détournement d’argent portant sur 1 400 000 FCFA  (2000 €). Un jugement des plus arbitraires a condamné PEK  à 10 ans de prison. Il a fait appel et c’est de ça qu’il s’agit aujourd’hui.  Aucune preuve, des témoins qui mentent effrontément à la barre au point de mettre mal à l’aise tout le monde y compris la partie civile, un procureur qui s’obstine à nier l’évidence… Pourquoi ?

 

La réponse, on la connait, mais elle est inavouable. Je vous la dit à l’oreille, mais que ça reste entre nous, ça pourrait déranger : PEK, par conviction, a voulu améliorer les lamentables conditions de vie des petites gens de sa commune. Depuis tout jeune, ayant vécu la paupérisation, il s’était promis de faire bouger les choses. Elu maire, il a eu l’audace de réclamer aux gros propriétaires terriens, géants de l’agro-alimentaire qui exploitent les bananeraies de Penja, de bien vouloir payer leurs taxes, ne fusse que pour pouvoir réparer les routes défoncées par leurs camions. Il a même eu l’outrecuidance de refuser le gombo, comme ça s’était probablement toujours fait auparavant. Ça n’a pas plu à ceux qui se nourrissent grassement de la misère des exploités et ça aurait pu créer un précédent qui aurait pu troubler l’organisation bien rôdée d’un système ignoble basé sur la corruption. Ces gens-là ne pouvaient pas laisser faire PEK, cet empêcheur de danser en rond. C’est pour ça qu’il a été jeté en prison, enchaîné, humilié, écrasé. Et comme il fallait bien trouver un motif d’inculpation, on n’a pas hésité à en créer de toute pièce.

 

DUC12--3-P'TITS-SINGESFoutaises, diront les Autorités par la bouche du Ministre de la Communication, il n’y a pas de prisonnier politique au Cameroun ! PEK est donc un criminel de droit commun. Très bien, mais alors, nous exigeons qu’il soit jugé comme tel, pour les faits qui lui sont reprochés.   

 

Nous formons aujourd’hui un groupe nombreux de gens répartis aux quatre coins de la planète, d’idéologies politiques ou philosophiques différentes, mais qui ont tous comme point commun leur révolte face à l’injustice qui accable un homme dont le tort a été de vouloir le bien de sa petite population au détriment de quelques-uns qui n’agissent que par cupidité ou par solidarité avec leurs amis mafieux. Que PEK ait commis des maladresses, soit, on peut en discuter, mais il faut reconnaître qu’il a agi selon ses convictions et avec tout son cœur, comme le font tous ceux qui s’engagent pour les nobles causes qui leur semblent justes.

 

Du Cameroun et de l’étranger, quantité de gens ont rejoint notre groupe par esprit citoyen ou par simple humanisme. Des gens simples comme moi pour la plupart, mais aussi des personnages de grande notoriété, et chacun y met du sien selon ses moyens et ses compétences.

 

L’affaire Kinguè aurait pu n’être qu’un fait divers anodin en regard d’autres affaires beaucoup plus retentissantes où il est question de dignitaires de l’État et d’énormes quantités d’argent. Mais il se fait que cette affaire toute simple en apparence est le révélateur du malaise de tout un système judiciaire où les lois sont bafouées par ceux-là même qui sont sensés les faire respecter. En nous acharnant à exiger des magistrats un procès correct, nous sommes persuadés que nous aidons la Justice tout entière à retrouver ses lettres de noblesse, en toute indépendance.

 

Si comme nous, vous souhaitez faire quelque-chose pour améliorer le système, ne fusse qu’un tout petit peu, rejoignez notre groupe de soutien à Paul Eric Kinguè. Plus nous serons nombreux, plus loin porteront nos voix. C’est sans engagement et nous respectons l’anonymat de ceux qui le souhaitent. Vos marques de sympathie nous renforcent dans nos convictions et sont d’un grand réconfort pour PEK. Nous collectons vos messages de soutien et les lui transmettons. Le pire qui puisse lui arriver serait d’être oublié, au fond de sa cellule, en attendant que passe le temps…

Comptez sur nous pour qu’il n’en soit pas ainsi.

 

Hubert (de Luxembourg), coordinateur du Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè.

Contact : luxjeux@pt.lu

Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #affaire PEK

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