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13/09/2011
K4.A.2011Nous avons engagé un bras de fer avec les Autorités en charge des dossiers de « l’affaire Kinguè ». Nous demandons, nous voulons, nous exigeons que Justice soit rendue à cet homme emprisonné pour des raisons inavouables et lourdement condamné sur base de motifs futiles, fantaisistes, voire imaginaires.
Cette injustice aurait pu n’être qu’un simple fait-divers insignifiant, à l’arrière-plan d’autres affaires bien plus retentissantes dans lesquelles on parle d’énormes sommes d’argent et où sont cités des personnages importants.
 
Seulement, voilà, nous sommes aujourd’hui nombreux à exprimer notre profonde indignation et " l’affaire Kinguè " a pris des allures de symbole. PEK, maintenant que nous connaissons bien son parcours, est devenu l’exemple-type de la victime écrasée par un système puissant contre lequel il ne fait pas bon vouloir s’opposer.
 
Vous avez tous en mémoire l’image de ce jeune opposant chinois défiant un char de combat sur la place Tien Almen. Eh bien, PEK, en toute innocence, sûr de son bon droit, entier dans ses convictions, a osé faire un peu pareil, sauf que le char lui a roulé dessus ! Pire encore, car il est toujours en vie et à certains moments, il aurait préféré mourir plutôt que de subir les tortures morales qu’il endurait. yabon-banana-de-Penja-001--800x600-.JPG
 
Mais PEK est un combattant, pas du genre à baisser les bras, il est d’ailleurs plus déterminé que jamais. La douleur a maintenant décuplé ses forces. Le mouvement de soutien qui s’est d’abord timidement créé a gonflé comme un nuage d’orage. Nous sommes aujourd’hui nombreux aux quatre coins du monde à pointer du doigt une certaine justice qui, tout au long des années passées, s’est montrée défaillante. Le combat de PEK est devenu nôtre. Quelles que soient nos convictions politiques, nous faisons bloc pour exiger des magistrats qu’ils jugent PEK équitablement. Quelle mobilisation, n’est-pas, pour obtenir ce qui aurait dû être tout simplement normal, sans plus !
 

 

PEK est l’arbre qui cache la forêt, et quelle forêt ! Si l’on s’en tient uniquement aux lacunes constatées au seul niveau de la Justice, sans épiloguer sur les circonstances qui l’ont amené à se retrouver enchaîné (parce que là, il y a trop à dire), force est de constater que le chantier est immense pour arriver à un résultat tout simplement normal, comme devrait l’être le respect des lois d’un État de droit, surtout dans ce monde judiciaire sensé par définition les contrôler et sanctionner leur non-respect.

 

A partir de l’affaire PEK, nous protestons contre les arrestations arbitraires, les dépassements des délais de garde à vue, le manque de rigueur des instructions trop souvent à sens unique, les conditions de détention immondes dans des prisons où criminels et présumés innocents se mélangent, les manœuvres honteusement dilatoires qui éternisent les procès, les intimidations, humiliations et autres attitudes dégradantes dont on peut supposer que le but est de briser le moral du détenu pour qu’il perde toute velléité de défense et, évidemment, les brutalités, torture physiques et surtout morales ; nous nous insurgeons enfin avec énergie contre les parodies de procès comme PEK en a vécu, dans lesquels des magistrats probablement manipulés en arrivent à nier l’évidence, à renier toute éthique morale dont ils sont pourtant les garants, plongeant de ce fait la population dans le pire des marasmes qui soit : la perte de confiance en leur État qu’ils croyaient « de droit », ouvrant ainsi la porte aux dérives de l’anarchie et du chacun-pour-soi.

 

Voilà l’un des enjeux de l’affaire PEK. En forçant la Justice à faire son devoir, nous sommes persuadés que nous lui rendons un immense service : retrouver sa dignité et le respect du peuple. PEK se sent maintenant investi d’une mission qui dépasse de loin ses droits personnels. Si, comme nous le voulons, il obtient gain de cause, nul doute que cela fera jurisprudence et qu’on en parlera encore longtemps dans les couloirs des palais de Justice.

 

Dans quelques jours, le 19 septembre 2011, une audience qui pourrait être capitale aura lieu dans le procès en appel de la décision de justice qui l’avait condamné à dix ans de prison et à une forte amende. Comme nous le pensions, il s’avère que le dossier d’accusation semble vide. Le Ministère Public ne peut présenter que des témoins plus que douteux dont les mensonges flagrants mettent mal à l’aise les magistrats et même le Procureur. Le 19 donc, on entendra les deux derniers témoins cités, mais on pense déjà qu’ils n’auront pas grand-chose à dire. Comme la commune de Penja s’est désistée, il est possible que le dossier d’accusation se dégonfle comme peau de chagrin. Viendront alors les débats.

 

C’est alors que la présence et les interventions des avocats de AFDInternational auront toute leur importance. Ces Maîtres du barreau venus de l’étranger pour appuyer leurs confrères camerounais et leur éviter les gifles cinglantes qu’ils ont essuyées dans le passé sont en quelque sorte les garants du respect des lois camerounaises et du déroulement correct du procès. Ils sont aussi et peut-être surtout le regard du monde qui empêche de continuer à laver le linge sale en famille.

 

Le Président du tribunal a affirmé sa volonté de rendre un jugement équitable et rapide. Jusqu’ici, tout laisse penser qu’il tient parole et nous nous en réjouissons, mais la Justice nous a jusqu’ici habitué à certaines fantaisies qui nous empêchent de nous contenter de promesses. Ce n’est certainement pas le moment de nous endormir.

 

Pour mettre toutes les chances de notre côté, nous souhaitons que tous les avocats de la défense soient présents afin de bien marquer notre détermination, mais il n’est pas sûr que ce soit financièrement possible, AFDI ne disposant pas de moyens illimités. Dès lors, nous voudrions leur prouver notre gratitude en participant aux frais de voyage. Déplacer une dizaine de personnes a un coût. Mais voilà, le Groupe de Soutien à PEK n’a jamais récolté d’argent pour couper court à toute polémique. Nous n’avons ni trésorier ni trésorerie, nous ne faisons que coordonner vos efforts individuels.

Vous avez été nombreux à m’écrire : « je vous soutiens, je veux agir ; concrètement, que puis-je faire ? ». Eh bien voilà une occasion de vous manifester : faites un geste en virant votre participation sur le compte de l’AFD International

AFD - IBAN : BE18 132 5227257 65 - BIC : BNAGBEBB

avec mention : « pour PEK ».  Visible sur le site :

http://www.afdbelgium.org/afd/index.php?option=com_content&view=article&id=332&Itemid=406&lang=fr

Nous avons l’assurance que cet argent sera intégralement utilisé pour l’affaire PEK.

 

Si vous préférez offrir à PEK (toujours aussi désargenté) les moyens de, non pas rémunérer, mais du moins récompenser lui-même ses avocats camerounais qui se dépensent bénévolement sans compter depuis longtemps :

Kinguè Paul Eric, compte 02721171501 Afriland First Bank CCEICMCXDLA

En format IBAN: CM 21 10005 00002 02721171501 50

Je sais très bien qu’en lançant cet appel à l’argent (sujet sensible s’il en est) je m’expose de nouveaux à quelques critiques acerbes. Tant pis, le risque est faible en regard du but escompté.

HUBERT (de Luxembourg), coordinateur du Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè.

Contact : luxjeux@pt.lu

 

Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #affaire PEK

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