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(la piètre mise en page de cet article est due à une nouvelle configuration du blog. Désolé)

03/03/2013images-copie-2

 

En interdisant à Mr Célestin Djamen de s’exprimer lors du point-presse du 22 février 2013 à Douala, les autorités ont de nouveau prouvé qu’elles ne voient pas d’un bon œil que la vérité soit dite sur l’affaire Paul Eric Kinguè. 

Voici ce qui aurait dû être dit à la presse et aux Camerounais.

___

 

AFFAIRES PAUL ERIC KINGUÈ / MEMOPEK 2012

 

UNE VERITABLE AFFAIRE POLITIQUE

 

1/ Une affaire est dite politique lorsqu’elle naît à la suite d’une opinion. Autrement dit, un procès politique est un procès mis en mouvement contre un accusé ou un prévenu pour ses opinions ou ses prises de positions.

 

2/ Un procès politique est un procès qui n’obéit pas aux canons d’un procès équitable. C’est-à-dire un procès au cours duquel ni la loi, ni la durée de la procédure ne sont respectées.

 

3/ Un procès est enfin politique lorsque contre le cours de celui-ci, le Tribunal ou la Cour prononce une peine en déphasage avec les débats. Ici la particularité est que tout le monde est pris de court.

 

VOICI POURQUOI LE PROCES DE PAUL ERIC KINGUE EST POLITIQUE

 

Le 27 février 2008, après les émeutes à Njombé-Penja qui ont démarré le 25 février au petit matin, CANAL 2, une chaîne de télévision privée qui a pignon sur rue, voulant être fixée sur une rumeur qui faisait état de morts par fusillade à Penja, appelle le Maire Paul Eric Kinguè qui avait dans cette structure quelques amitiés avant même d’être Maire.

 

En réaction et tout naturellement, celui-ci confirme qu’il y a un mort et six blessés à Njombé-Penja-Loum. Il s’adressait ainsi à CATHY NKENG alors journaliste à CANAL 2. Il donnait avec précision d’où étaient partis les tirs de balles : du GMI N°1 détaché à Penja pour la circonstance. Ces informations passées en direct à CANAL 2 ont eu un grand retentissement non pas parce que le Maire le voulait, mais parce que la psychose et la peur découlant des violences de février 2008 avaient terré les populations camerounaises dans leurs différents domiciles d’où elles suivaient l’évolution des choses à travers CANAL 2 et STV 2.

 

La sortie médiatique naïve du Maire le 27 février 2008 à 13h30 ayant donc été suivie sur l’ensemble du territoire national n’a pas plu aux dirigeants du Cameroun. Dans une seconde sortie à 20h10 sur insistance de KATHY NKENG harcelée au téléphone par la hiérarchie de l’État, Paul Eric Kinguè va plus loin en confirmant cette fois-ci qu’en cas de doute il est prêt à prouver qu’il y a eu mort d’homme et que d’ailleurs, il est encore à côté du corps en compagnie du Sous-Préfet et des populations de Penja.

 

Cette dernière sortie venait signer son arrêt de mort. En souvenir, sa dernière intervention à CANAL 2 a été interrompue parce que cette TV et son Directeur Général subissaient des coups de fils des hauts dignitaires de l’État. Ces faits, tous ceux qui ont suivi CANAL 2 ce jour, peuvent les PEK+LAPIRO

confirmer. 

Le 28 février à 13h15 Paul Eric Kinguè est suspendu de ses fonctions pour une durée de trois mois par un arrêté du Ministre d’État d’alors, Sieur MARAFA HAMIDOU YAYA. 

Les choses sont allées si vite qu’à 13h50 une escouade de 12 camions militaires et 6 pick-up de gendarmes est venue enlever Paul Eric KINGUE, sans mandat administratif, ni du Procureur de Nkongsamba.

Celui-ci est conduit comme le plus grand des criminels du Cameroun au groupement de Gendarmerie du Moungo, où il est interrogé par le Colonel NGUETTE NGETTE, commandant de ce groupement himself.

 

La première question posée à Paul Eric Kinguè et qui ressort de ses notes d’enquête préliminaires est : pourquoi avez-vous déclaré à la télé hier qu’il y a eu mort d’homme à Penja ?

 

Réagissant à cette question, Paul Eric Kinguè a répondu que dans tous les pays du monde, quand il y a catastrophe, émeutes et violences, c’est au Maire d’en dresser le bilan. Et donc, il ne voyait pas de crime qu’il aurait commis.

 

Dans cette affaire, la première inculpation contre Paul Eric Kinguè était : incitation à la révolte, parce qu’il lui était reproché que ce sont ces déclarations qui ont enflammé Penja et Njombé.

 

Réagissant une fois de plus à cette inculpation, Paul Eric Kinguè a dit au Colonel NGUETTE NGUETTE qu’il ne peut y avoir d’incitation postérieure aux émeutes parce qu’il peut prouver par le CD de ses déclarations qu’il les a faites après que les émeutes aient cessé à Njombé-Penja.

 

Voyant Paul Eric Kinguè se défendre au mieux qu’il pouvait, l’inculpation a évolué une semaine plus tard, d’incitation à la grève à complicité de pillage en bande, terme générique qui a définitivement servi de cache-sexe à l’accusation, jusqu’à la condamnation à 6 ans de prison à Nkongsamba alors qu’aucun témoin ni co-accusé n’a indexé Paul Eric Kinguè. L’affaire ayant pris une tournure médiatique forte, la Cour d’Appel du Littoral a ramené elle aussi, malgré aucun témoignage incriminant l’accusé, à 3 ans fermes. Un arrêt contre lequel Paul Eric KINGUE s’est pourvu en cassation.

 

Notons qu’à Nkongsamba et à Douala, la procédure a connu 63 renvois (loin donc des exigences d’un procès équitable).

 

Sentant qu’au terme des trois ans Paul Eric Kinguè allait recouvrer la liberté aussitôt après la décision et sans doute repartir sur le terrain politique, il est sorti des tiroirs un deuxième procès cache-sexe lui aussi, où il est reproché à l’accusé d’avoir détourné 1.400 000 Fcfa du temps où il était Maire de la commune de Njombé-Penja.

 

L’AFFAIRE DU MILLION QUATRE CENT MILLE FRANCS (1.400 000 Fcfa)

1.400.000 Fcfa = 2.820 USD = 2.134 €

 

Débutée à Nkongsamba courant 2009, cette affaire se termine elle aussi par une condamnation à 10 ans fermes. Il est reproché à l’accusé d’avoir distrait 1.400 000 Fcfa destinés à sa propre installation aux fonctions de Maire d’une part, et d’autre part d’avoir scanné la signature du Préfet du Moungo pour le présumé détournement. Sans pièces à conviction, il a été condamné à 10 ans fermes. Mais refusant l’injustice il a interjeté appel pour absence de preuves. La Cour d’Appel, voyant un arsenal d’avocats étrangers (6 au total) et voulant sauver son image, a acquitté Paul Eric KINGUE, après que celui-ci ait bloqué publiquement le procès pour exiger qu’il lui soit présenté les preuves du détournement de 1.400 000 Fcfa et celles du document prétendument scanné. Il a donc été acquitté pour faits non établis de détournement et acquitté pour faits non établis de faux en écritures publiques et authentiques.

 

Voyant encore que cet acquittement était possible en appel et pouvait permettre à Paul Eric Kinguè d’être libre, le même tribunal de Nkongsamba engage alors un troisième procès dit de détournement de deniers publics de 10.999.660 Fcfa.

 

L’AFFAIRE DES 10.990.660 Fcfaperpétuité

 

Ici, le comble du ridicule a été franchi : la peine à perpétuité, c’est-à-dire la peine de prison à vie. Il est reproché à Paul Eric Kinguè dans cette troisième procédure d’avoir détourné un don de 4.960.551 Fcfa de la Société des Plantations du Moungo (SPM) destinés à l’installation du réseau d’eau SNEC à la Commune de Penja. La distance du dernier point d’eau à Penja est de 1 Km par rapport au bâtiment communal.

 

A Nkongsamba, alors que Paul Eric KINGUE est à Douala pour le procès du million quatre cent mille francs, le TGI du Moungo ne le cite pas, tel que le veut pourtant la loi.

 

Sans être informé de cette procédure, Paul Eric Kinguè est surpris d’être condamné à vie à Nkongsamba. Il apprend la nouvelle comme tout le monde. Consterné mais toujours courageux, il interjette appel contre cette décision et, en appel, la peine à vie est ramenée  à 10 ans le 14 novembre 2012, avec des dizaines de violations de la loi qui ont poussé l’accusé à se pourvoir en cassation.

 

La particularité de ce procès est d’avoir été déchargé par tous les témoins de l’accusation, aussi bien pour ce qui concerne l’installation du réseau d’eau SNEC à la commune de Penja que pour la location du Caterpillar de la Commune de Penja aux Communes de Mbanga et Dibombari.

 

Concernant l’installation de l’eau, l’actuel Maire de Penja a déclaré que la Commune n’a subi aucun préjudice et pour cela, elle ne se constitue pas partie civile et ne l’a pas fait. Pourtant, la Cour d’Appel lui a accordé des dommages et intérêts pour des préjudices que la Commune dit n’avoir pas subis. (voir notes d’audiences).

 

Tous les Maires (Dibombari et Mbanga) qu’on dit avoir loué le Caterpillar de la Commune de Penja et dont Paul Eric Kinguè aurait détourné les recettes disent ne l’avoir jamais fait (voir notes d’audiences). Pourtant, cet homme a été condamné !

 

Pourquoi ne pas penser qu’il est un détenu politique au sens réel du terme ? Comment expliquer que tout le monde vous décharge et que la justice, malgré tout, vous condamne ?

 

Paul Eric Kinguè n’est plus seulement détenu politique mais, manifestement, la justice camerounaise a été déniée. Pourtant le rôle de la justice est avant tout de rechercher la vérité. Quand elle l’a, pourquoi peut-elle l’esquiver pour chercher des arguments imaginaires et condamner l’accusé ?

 

LE FOND DES DOSSIERS PAUL ERIC KINGUE

 

Quatre problèmes majeurs ont catalysé l’affaire Paul Eric Kinguè :

 

1/ Les conditions de travail des ouvriers de PHP, SPM et CAPLAIN, toutes entreprises françaises basées à Njombé-Penja.

Avant sa prise de fonctions à la Mairie de Njombé-Penja, Paul Eric Kinguè ne cessait de dénoncer les conditions de travail des ouvriers de ces entreprises et les salaires de catéchistes qui leur étaient payés à peine.

Dès sa prise de fonctions et dès sa première réunion avec ces opérateurs agricoles, il a porté publiquement sa déception face à cette catastrophe salariale et a exigé que des améliorations réelles et substantielles y soient apportées.

 

2/ Les impôts non payés depuis 30 ans.

Il a fustigé cette situation et trainé ces entreprises à l’arbitrage de la Direction Générale des Impôts à Yaoundé, qui le 02 décembre 2007, a accédé et donné suite favorable à sa requête : toutes les exonérations ont été levées et ces entreprises reversées au régime de droit commun.

 

3/ L’utilisation massive et irrationnelle de pesticides et autres produits chimiques à Njombé-Penja. Voilà le point sur lequel le Maire Paul Eric Kinguè s’est attaqué plusieurs années avant son élection. Et au cours de cette première réunion avec les Directeurs Généraux de ces entreprises, il les a invités à préserver la santé de ses populations décimées à petit feu chaque jour par des produits chimiques interdits sous d’autres cieux. Il avait d’ailleurs commis une expertise qui s’est arrêtée avec son arrestation.

 

4/ L’expropriation des terres et la réévaluation des terres villageoises de Njombé-Penja. Les parents de Paul Eric Kinguè ayant été expropriés de leurs terres (187 hectares), celui-ci s’est ligué comme un farouche défenseur des terres de ses populations gagnées par la misère après ces expropriations qui continuent dans la localité.

 

Il y avait urgence à le sortir du jeu, le jeter en prison et ne plus permettre qu’il revienne un jour à Njombé-Penja. D’où son maintien en prison par une avalanche de procès tissés et cousus de fil blanc. 

Cellule de communication du Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè.

Contact : luxjeux@pt.lu

Tag(s) : #Tous les articles de ce blog, #affaire PEK

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