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« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » [aurait dit Voltaire / citation apocryphe].

Mensonge, évidemment, car jamais au grand jamais cet éminent apôtre de la liberté de pensée et de la tolérance n’aurait ainsi armé les ennemis du genre humain en leur prodiguant ce conseil redoutablement efficace. Car c’est bien vrai : « Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose », comme disait Beaumarchais par la voix de Don Bazile. 

Vous souhaitez mettre un homme KO, le détruire, le laminer ? Quelles que soient vos motivations (vengeance, extorsion de fonds, élimination d’un concurrent amoureux, politique, commercial, idéologique, ou simplement pour le plaisir sadique de faire souffrir), voici l’arme fatale : la médisance, la calomnie.

Pour mettre un homme à genoux, la recette n’est pas nouvelle, mais toujours d’une efficacité imparable. Rien de tel pour détruire votre adversaire que de l’accuser de l’une ou l’autre malversation bien sentie. Et tant qu’à faire, inventez-là de toute pièce ; l’accusé aura d’autant plus de mal à s’en défendre qu’elle ne reposera sur rien et qu’il ne pourra donc apporter aucune preuves de son innocence puisqu’il n’en existe pas plus que de sa culpabilité. Dans les systèmes judiciaires où le doute ne profite pas forcément à l’accusé, il aura beau protester avec la dernière des énergies face aux regards inquisiteurs de ses juges ; plus il se débattra, plus le collet lui serrera au cou.

Et même dans le cas peu probable où il sortirait disculpé au terme d’un long procès et, pourquoi pas, d’une interminable incarcération préventive, jamais on ne lui accordera un pardon total, et on continuera longtemps de chuchoter sous cape qu’il n’y a pas de fumée sans feu [dicton populaire, sage ou imbécile, c’est selon].

Encore faut-il choisir un sujet de calomnie qui fasse l’unanimité contre la victime désignée.

SOLO.gif

Sous des cieux où l’homme de la rue n’accorde plus aucune confiance aux représentants de l’ordre et des lois, il suffit de crier « au voleur, ce bandit vient de me voler mon GSM » pour que la foule hurlante se rue illico sur le délinquant présumé, le roue de coups, le lapide, et le mette à mort  par crémation sur un tas de vieux pneus enflammés. Dans un grand élan de tolérance et d’humanité, les pandores arrivant trop tard sur les lieux du lynchage diront : « pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »… et il y a gros à parier que les tortionnaires ne seront jamais inquiétés.

ENOH.jpg

Sous les mêmes cieux, mais pratiquée cette fois pas des gens plus subtils et plus raffinés dans la torture : l’accusation de vol aggravé, ou pire encore, de détournement d’argent public. C’est imparable. Le sujet désigné est alors jeté en prison, présenté en pâture au bon peuple comme un criminel infâme avant même qu’une enquête soit diligentée. Puis les années passent, interminables, insupportables pour la victime torturée physiquement et surtout moralement par ses bourreaux sans foi ni loi, et il ne lui reste plus qu’à s’accrocher à l’espoir qu’un jour la vérité éclatera et que justice lui sera rendue.

PEK+LAPIRO

Très compliquée sera aussi la plaidoirie de l’avocat chargé de défendre sa cliente accusée de complicité d’assassinat par sorcellerie. Allez donc trouver des preuves rationnelles d’innocence dans le monde nébuleux du surnaturel…

Enfin, il y a l’accusation suprême, celle qui terrasse irrémédiablement et à coup sûr n’importe quel homme sur terre, fut-il le plus puissant : l’inceste. S’il est un crime odieux réprouvé dans toutes les civilisations que l’humanité a connues, c’est bien celui-là. Rien de tel pour mettre un homme KO que de lui porter un coup sous la ceinture, et celui-là est le plus violent de tous.     

Cette réflexion personnelle ne sort pas de mon imagination. Les exemples cités sont ceux de:

-       SOLO, lynché à Douala le 22 juin 2013

-       ENOH MEYOMESSE

-       PAUL ERIC KINGUE

-       EMMA ETONDE

-       LAPIRO DE MBANGA

Je ne suis pas juge pour dire s’ils sont coupables ou innocents, mais j’ai ma petite idée sur l’honnêteté de leurs accusateurs.

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose, même si un jour on vous demandera d’en rendre compte et qu’il vous faudra alors payer le prix fort pour tenter de réparer l’irréparable.

HUBERT.

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