Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

 

 

 

 

1

 

05 mars 2008

Le Messager

http://prisma.canalblog.com/archives/2008/02/02/8276860.html

 

Lettre ouverte à Paul Biya. Le Maire de Njombe-Penja dénonce Marafa.

UN MAIRE CAMEROUNAIS DANS LA TOURMENTE POUR AVOIR CONSTATE UNE FRAUDE FISCALE MASSIVE DES ENTREPRISES FRANCAISES DE SA VILLE .

On se croirait dans l'Affaire Dreyfus . Le maire d'une commune, un élu du peuple, après avoir constaté que les entreprises francaises de sa commune ne payaient pas d'impôts depuis 30 ans voit son existence devenir un calvaire. Réaction reçue par courriel dont nous avons pris la responsabilité de ne pas diffuser le nom de son auteur. Bien sûr avec sa permission.

 Ces entreprises  gérées par  des expatriés français, exploitent la culture de la banane depuis des décennies sans payer la moindre taxe à la commune DE NJOMBE-PENJA. C'est du fond de sa cellule que ce jeune Maire volontaire pour le développement de sa commune écrit au président de la république du Cameroun...

Un vrai désastre pour ces expatriés qui mettent la France en situation d'intervention par leur comportement irresponsables car ils créent le sentiment de défiance souvent justifiée dont les populations africaines manifestent à l'égard d'une politique coloniale actuelle.

On ne peut pas résister à l'appel de ce Maire et veuillez envoyer à tous vos contacts pour que ce jeune Maire retrouve son siège, sa fonction et contribue au développement de sa commune c'est aussi cela lutter contre l'immigration et la fuite des cerveaux.

Ci-dessous, l'intégralité de la lettre

Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur le Président de la République

Excellence Monsieur le Président de la République,

C'est du fond d'une cellule infectée de la Brigade territoriale de Nkongsamba que je vous saisis, la peur dans l'âme. Je suis le Maire régulièrement élu de Njombé-Penja, depuis les dernières élections de juillet 2007. Dès ma prise de fonction le 25 septembre 2007 et après avoir constaté dans les livres comptables de la commune de Penja que les Sociétés Agro - industrielles exerçant dans cette localité ne payaient pas des impôts et taxes depuis bientôt trente ans (Patente, Impôts sur les Sociétés, enregistrement… ), j'ai saisi Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement pour dénoncer cette situation qui ne permettait pas à ma Commune d'asseoir une véritable autonomie financière.

Il faut dire que le paradoxe dans lequel Njombé-Penja vit est déconcertant : une zone très riche, avec des populations très pauvres. C'est pour corriger cette injustice que j'ai décidé d'écrire à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement. Heureusement, cette requête n'est pas restée sans suite car le 03 décembre 2007, le Directeur général des Impôts m'a saisi par courrier pour m'informer du bien fondé de ma requête. Dans ce courrier, le Directeur général des Impôts décidait de reverser au régime de droit commun ces entreprises (Php, Spm, Caplain) qui faisait perdre à la fois de l'argent à l'Etat du Cameroun et aussi à la Commune, au Feicom… Il est important de noter que les salaires des ouvriers de ces sociétés tournent entre 15.000 Fcfa et 25 000 Fcfa/mois.

Dès que ces sociétés ont été notifiées par la Direction générale des Impôts de cette décision, j'ai reçu un coup de fil de monsieur François Armel, expatrié Directeur général de la Php, qui me jurait avoir ma tête à coup de millions. Quelques jours plus tard, c'est Mme Caplain et le Directeur général de la Spm qui me menaçaient à leur tour, de me faire assassiner ou emprisonner, après m'avoir fait déposer de mes charges de maire. Une fois la machine mise en branle, il m'a été collé sur le dos une sordide histoire incohérente de falsification de signature du Préfet du Moungo, qui vue de près, est ni plus, ni moins qu'un montage mal ficelé.

D'enquêtes en enquêtes, il en est sorti que je ne suis ni de près, ni de loin impliqué dans cette mascarade. En fait, il n'y a jamais eu falsification à la Commune de Penja, de la signature du Préfet du Moungo. Cette affaire à ce jour, est pendante sur la table du juge d'instruction n°2 du Tribunal de Grande Instance de Nkongsamba, qui ne m'a même pas encore entendu. Toutes ces récriminations n'ayant pas abouti car non fondées, on a attendu le 11 février dernier, pour envahir de nouveau, les renseignements généraux de faux rapports dans lesquels il ressortait que pendant le défilé, j'étais assis au moment où on exécutait l'hymne national. La technique occidentale aidant j'ai fais tenir pour me justifier, les CD-ROM du défilé, dans le but de confondre les manipulateurs, qui se sont investis à me détruire.

Le 25 février dernier, lorsque se déclenchent les mouvements de grève avec des pillages que personne n'a cautionné, ils ont tôt fait de me faire porter sur le dos, la responsabilité de la grève de Penja alors que n'eut été mon implication personnelle, Njombé-Penja aurait connu un sort assez lourd. Le Colonel Kalsoumou et les éléments du Gmi de Douala présents sur le terrain m'ont félicité pour le courage et le rôle que j'ai joué pour maîtriser la colère des jeunes en fureur. (Je vous fais tenir un CD- ROM réalisé par Canal 2 sur le terrain pendant ces incidents). Je me vantais d'ailleurs d'avoir ramené le calme dans ma localité le 27 février alors que les autres villes étaient encore au fort de la crise.

Mais curieusement, après le séjour des expatriés de la bananeraie à Yaoundé, je me suis surpris en train d'être appréhendé comme un chef de gang devant mes populations par des militaires et gendarmes transports dans six camions (Armée de terre) et 12 pick-up (de la Gendarmerie) . Sans explication, j'ai été amené au Groupement de gendarmerie de Nkongsamba où mes téléphones ont été retirés, la somme d'argent que j'avais dans ma poche également. Entendu ce même jour sur ordre du Procureur de la République auprès des Tribunaux de Première et Grandes Instances de Nkongsamba; il m'était reproché deux chefs d'accusation : Complicité de pillage en bande et incitation à la révolte.

Parce que je ne me reproche rien, j'ai subi sans crainte, l'interrogatoire musclé du Colonel Nguete Nguete (Co-groupement du Moungo). Il faut rappeler qu'avant mon enlèvement, le Ministre d'Etat à l'Administration Territoriale venait de procéder illégalement à ma suspension aux fonctions de Maire pour une période de trois mois sans respect de la procédure décrite dans la loi sur la décentralisation de 2004 Titre 3 portant sur la suspension et la cessation de fonction de maire. En son article 94 al 1, 2, 3 il est stipulé ce qui suit : en cas de violation de loi ou de faute lourde, le Maire, après avoir été entendu ou invité à fournir des explications écrites sur les faits qui lui sont reprochés, peut être suspendu par arrêté du Minatd pour une période n'excédant pas trois mois.

A ce jour, il m'est difficile de savoir ce qui m'est reproché avec exactitude. Le droit de la défense et de la contradiction ayant été bafoué, j'ai compris que la manœuvre des expatriés de Njombe-Penja est en marche. Là où le bât blesse, c'est que pendant le forum des maires tenu du 29 au 1er Mars 2008, le ministre d'Etat Marafa Hamidou Yaya informait mes collègues de ce qu'en ce moment, il a déjà déposé sur votre table, la proposition en vue de ma révocation ! Quel acharnement! Quelle diligence qu'on n'a jamais vu auparavant au Minatd ! Je n'en suis pas surpris, les expatriés de Njombe Penja ont promis de me démettre à coup de millions…

Ce qui est choquant, c'est que depuis ma garde à vue, aucune visite ne m'est permise, comme si j'avais porté atteinte à la sécurité d'Etat. Pourtant les motifs qui ont entraîné ma garde à vue relèvent du droit commun, et que je ne suis pas encore inculpé. Des perquisitions illégales dans mon domicile, mon bureau et mon véhicule. De ma cellule, le gendarme greffier m'a informé que ma maison, mon bureau et mon véhicule ont été perquisitionné s sur réquisition du procureur de la République sans que je sois présent sur les lieux alors que j'ai été enlevé et il sait bien où il m'a fait garder. Cette perquisition qui a eu lieu le samedi 1er mars me bouleverse car comment comprendre, Excellence Monsieur le Président de la République, qu'un magistrat de ce rang, fût-il soutenu par n'importe qui, ne comprenne pas que les dispositions du nouveau code de procédure pénale imposent que le mis en cause soit présent au moment où son domicile est perquisitionné ou alors un de ses représentants et deux voisins ? Le sous-préfet qui conduisait cette mission, était entouré des gendarmes venus de Nkongsamba à cet effet.

Telle que cette affaire est manipulée, l'ai peur qu'en l'absence de toute preuve contre moi (preuve qu'il n'arrive pas à réunir), jusqu'à ce jour que ce procureur de la République qui multiplie des abus, ne soit amené à me placer en détention préventive pour satisfaire ces manipulateurs occultes déterminés à me détruire.

Excellence Monsieur le Président de la République, l'Etat de droit que vous vous battez à conforter chaque jour, n'aurait plus un sens si chacun ne cherche qu'à satisfaire ses désirs personnels.

Excellence Monsieur le Président de la République, voici cinq jours qu'il ne m'a pas été permis de boire de l'eau, de manger ou de communiquer avec ma famille. Pourtant, je ne suis pas accusé de crime contre l'Etat. Après avoir tout donné au Rdpc en décapitant l'opposition à Njombé Penja, le sort qui m'est aujourd'hui réservé, mérite que vous y accordiez votre très haute attention, afin que de ces geôles, je ne disparaisse pas définitivement.

Je n'ai jamais participé aux violences survenues sur l'ensemble du territoire du 25 février au 1er mars 2008. Au contraire, ma contribution était plus déterminante pour ramener la paix dans ma localité, les Cd-room en ma possession servant de preuves.

Paul Eric Kingué

Maire de Njombe Penja

Président Sous-section Rdpc

Depuis sa cellule 

____ 

 

 

2

 

COMICODI 17 mars 2008

 

http://www.comicodi.org/info/wp-content/uploads/2008/03/080317_situation_paul-eric-kingue.pdf

Demande d’enquête sur la situation de Paul Eric Kingue, maire de Njombé Penja actuellement aux arrêts

March 17, 2008 | Par Comicodi

La COMICODI a reçu par mail la lettre du maire RDPC de Njombe Penja, Paul Eric KINGUE, actuellement aux arrêts.
La COMICODI attire l’attention du Ministre de la Justice sur les accusations contenues dans la lettre, qui mettent directement en cause les expatriés des plantations localisées dans la région.

___ 

3

8 avril 2008

http://acat-info.over-blog.fr/40-index.html

Demande d'informations concernant les allégations d'interférence du groupe PHP dans l'arrestation du Maire de Njombé-Penja et des menaces portées à son encontre

 

 

A l'attention du président ou du vice-président

Société des plantations du Haut Penja (Groupe PHP)

33, boulevard Fernand de Lesseps

BP 354 - 13309 Marseille Cedex 14

Fax : 04.91.10.17.00


Paris, le 8 avril 2008

Objet : demande d'informations concernant les allégations d'interférence du groupe PHP dans l'arrestation du Maire de Njombé-Penja et des menaces portées à son encontre

 
Monsieur,

L'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-France) a été informée par plusieurs sources d'informations provenant de la société civile camerounaise, de l'arrestation et de la détention du Maire de Njombé-Penja, M. Paul Eric Kingué, à l'occasion des émeutes qui ont secouées la ville de Njombé-Penja fin février 2008.

M. Paul Eric Kingué, également président de la sous-section Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) - parti au pouvoir - a été arrêté, le 29 février 2008, par des éléments du groupement de la gendarmerie du Moungo, commandé par le Lieutenant-colonel Nguetè-Nguetè, puis emmené au Groupement de gendarmerie de Nkongsamba.

Dans le même temps, il a été suspendu de ses fonctions de Maire par le Ministre de l'administration territoriale et de la décentralisation, M. Marafa Hamidou Yaya, en violation de l'article 94 de la loi de 2004 sur la décentralisation.

Le 19 mars, il a été inculpé de « complicité de pillage en bande et incitation à la révolte » puis placé en détention préventive à la prison principale de Nkongsamba.

Dans cette affaire, des accusations ont été portées contre des responsables du groupe PHP basés au Cameroun :

  • M. François Armel, directeur général de PHP, ainsi que deux dirigeants de Caplain et de SPM auraient proféré des menaces contre M. Paul Eric Kingué. Ils reprocheraient au Maire de Njombé-Penja les démarches qu'il a entreprises concernant le non reversement à la commune de Njombé-Penja des impôts et taxes dus par les entreprises PHP, Société des plantations de Mbanga (SPM) et Caplain du groupe PHP.
  • Le groupe PHP aurait apporté un soutien financier et matériel à une milice locale - appelé « air force » - commandée par un certain M. Daniel Nsonga Nsia, une personne recherchée par la justice camerounaise depuis 2003. Cette milice terrifierait la population locale afin d'empêcher tout propos désobligeant contre le groupe PHP quant à la gestion de ses exploitations et de son personnel.

 

Ces accusations graves nous ont été rapportées par certains de nos partenaires locaux.

Pour établir la vérité sur cette affaire et éviter toute polémique s'il y a lieu d'être, nous souhaiterions connaître votre position sur ces accusations.

Dans l'attente d'un éclaircissement de votre part sur cette affaire, nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de notre haute considération.

Jean-Etienne de Linares

Délégué général de l'ACAT-France

Contact : Clément Boursin, Chargé de mission Afrique, ACAT-France, 7 rue Georges Lardennois, 75019 Paris, Fax : 01.40.40.42.44, clement.boursin@acatfrance.fr

___ 

  

3a

24 avril 2008 PRISMA.CANALBLOG – Hugues Seumo

Cameroun : Des morts successifs à Njombé- Penja, assassinat ou règlement de compte ?

(voir page annexe 1)

 

_____

4

28 avril 2008

Jean Francis Belibi | Mutations

http://www.cameroon-info.net/stories/0,22574,@,njombe-penja-vers-la-revocation-du-maire.html

 

Njombé Penja : Vers la révocation du maire ?

 

Un conseil municipal de la commune de cette localité annoncé pour le 2 mai prochain pour amener les Conseillers à se prononcer sur le sort de Paul Eric Kingué.

 

La nouvelle est annoncée par nos confrères du quotidien Le Jour dans sa livraison de vendredi dernier. Une session du Conseil municipal de la commune de Njombé-Penja est convoquée le vendredi 2 mai prochain par le préfet du département du Moungo, Haman Ngambo. Si l’ordre du jour n’est indiqué ni par nos confrères, ni par les conseillers municipaux interrogés pour la circonstance, ceux-ci laissent tout de même entendre qu’il s’agira " d’élire un nouveau maire à la tête de la mairie de Njombé-Penja ". Il serait donc question pour les intéressés de procéder au remplacement de Paul Eric Kingué, le maire interpellé le 29 février 2008 à la suite des mouvements sociaux qui ont secoué certaines villes camerounaises et suspendu de ses fonctions par un arrêté du ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale (Minatd) le 29 février dernier pour une période de trois mois.

L’arrêté signé de Marafa Hamidou Yaya, s’est appuyé sur les dispositions de l’article 94 de la loi n° 018/2004 du 18 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes qui disposent dans son alinéa 1 " En cas de violation des lois et règlements en vigueur ou de faute lourde, les maires et adjoints, après avoir été entendus ou invités à fournir des explications écrites sur les faits qui leur sont reprochés, peuvent être suspendus par arrêté du ministre chargé des collectivités territoriales, pour une période n’excédant pas trois (3) mois. Au-delà de cette période, ils peuvent être soit réhabilités soit révoqués ". L’alinéa 3 du même article indique que " Les arrêtés de suspension et de révocation doivent être motivés ". Aujourd’hui, l’un des reproches fait à l’acte signé le 29 février dernier par le Minatd c’est le manque d’arguments ayant conduits à la suspension de Paul Eric Kingué.

Convocation

Pour motiver le décret de révocation que seul est habileté à signer le chef de l’Etat, il faudra bien des arguments. Et c’est ici que l’on peut comprendre la convocation d’une session du Conseil municipal de Njombé-Penja par le préfet du département du Moungo qui est habileté à le faire en cas de crise. Dans ce cas, l’utilisation de l’alinéa 2 de l’article 95 de la même loi est évoquée. Celui-ci prévoit en effet que " Ils (les maires et les adjoints ndlr) peuvent également, après avoir été entendus, être destitués par délibération du Conseil municipal, dans le cadre d’une session extraordinaire convoquée par le représentant de l’Etat à son initiative ou à celle des 2/3… " Il faudra donc pour les conseillers municipaux entendre au préalable Paul Eric Kingué qui se trouve toujours en détention. Cette éventualité est-elle envisageable dans la mesure où le maire emprisonné n’avait pas été entendu dans le cadre de la procédure qui a conduit à sa suspension le 29 février 2008.

Une situation qui renvoie à une autre antérieurement vécue dans une mairie de la capitale. Un conseil municipal avait été convoqué dans les mêmes formes et avait abouti à la signature par les conseillers municipaux d’une " lettre adressée au Président de la République " dans laquelle ceux-ci dénonçaient pèle mêle la gestion "dangereuse du maire, les risques qu’il faisait courir à la municipalité dont il avait la charge… ". Une missive qui avait été ajoutée au dossier de l’intéressé et avait abouti à sa révocation.

On se souvient qu’au cours d’un point de presse dans son cabinet le 10 mars dernier, Marafa Hamidou Yaya dénonçait " la propension (du maire ndlr) à vouloir rentrer dans ses frais… Pour assouvir sa boulimie financière, le maire de Njombé-Penja n'hésitait pas à imiter les signatures des divers responsables chargés de signer certains papiers… Le maire de Njombé-Penja a fabriqué une fausse note de service émanant du ministère des Finances et qu'il a pu faire lire à la radio pour relever de ses fonctions le receveur municipal de Njombé-Penja… Pendant les émeutes, le maire de Njombé-Penja qui est supposé un responsable publique, s'est retrouvé à la tête d'une horde de voyous pour aller attaquer le poste de gendarmerie de Njombé-Penja…". Des arguments que le mis en cause réfute. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République depuis sa cellule, l’intéressé s’était dit victime d’une cabale orchestrée par des entreprises privées basée dans la localité, " Pour (leur) avoir demandé de payer désormais leurs impôts et taxes conformément aux lois en vigueur au Cameroun ".
La session du conseil municipal de Njombé-Penja de vendredi prochain ne pourra, sauf cas exceptionnel, aboutir à la désignation du successeur du maire emprisonné, qui devra encore attendre la décision de Paul Biya. Jusqu’au 29 mai prochain.

_____



     

5

 

29 avril 2008

Cameroon info.net  © Le Messager

Lettre ouverte: Le maire de Njombé-Penja écrit encore à Paul Biya

http://www.cameroon-info.net/stories/0,22589,@,lettre-ouverte-le-maire-de-njombe-penja-ecrit-encore-a-paul-biya.html

 

NKONSAMBA - 29 AVRIL 2008
 

Excellence Monsieur le président de la République,

C’est du fond d’une cellule de la prison principale de Nkongsamba que je vous écris cette fois-ci, pour dénoncer la mise en scène incohérente et dénuée de tout fondement soutenable juridiquement, entretenue autour de l’affaire qu’il convient désormais d’appeler “ Affaire Paul Eric Kinguè – Maire de Njombé-Penja ”.

Monsieur le président, je vous écris cette fois, disais-je officiellement, par le couvert du régisseur de la prison de Nkongsamba, dont je suis l’un des pensionnaires depuis le 19 mars 2008.

Longtemps bâillonné par mes geôliers qui, depuis ma dernière lettre ouverte se sont senti éclaboussés, ils ont tout verrouillé pour m’empêcher de toute réaction. Mais parce que courageux et convaincu de la pertinence des efforts que vous avez fait jusqu’ici, pour permettre aux Camerounais de s’exprimer, j’ai décidé de m’exprimer, même si mort devrait s’en suivre.

Lorsque le 10 mars 2008 au cours d’une conférence de presse organisée à Yaoundé, le ministre Marafa Amidou Yaya affirmait je cite : “ … Cerises sur le gâteau pendant les émeutes, le maire de Njombé-Penja qui est supposé être un responsable public, s’est retrouvé à la tête d’une horde de voyous pour aller attaquer le poste de gendarmerie de Penja… ”. Tout se passait dans ses déclarations comme s’il avait personnellement vécu les faits. Seuls les esprits crédules pouvaient y croire car aujourd’hui, c’est-à-dire deux semaines après l’ouverture de l’information judiciaire et après les auditions d’une dizaine de présumés coupables détenus dans la même prison, la machine est bloquée.

Pourquoi donc est-elle bloquée ? Parce que rien de ce qui était dit aux Camerounais ne transparaît dans les enquêtes. C’est la panique ici à Nkongsamba. Magistrats, bourreaux et adversaires politiques sont toujours à la recherche du fil conducteur alors que les sources ont tari. Seulement, pour éviter les représailles venant de vous (parce qu’il faut le reconnaître, vous êtes respectueux de la forme, bref des procédures), ceux-ci ont purement et simplement décidé de changer de tactique. Laquelle alors ? Ils sont même prêts à acheter les aveux et sont même en train de se démener pour les acheter afin de me clouer.

Mais en attendant, il m’a été rapporté qu’un conseil municipal de ma commune a été convoqué par le préfet du Moungo (monteur principal de cette affaire) pour le 2 mai 2008. Les convocations ne portent pas l’ordre du jour sans doute, parce que ce jour-là, ils placeront un gendarme derrière chaque conseiller pour le contraindre de signer mon “ débarquement ”. Quelle lâcheté ? Je croyais avoir été suspendu pour une période de trois mois, période au cours de laquelle la justice devrait permettre aux Camerounais et à vous-même, de connaître la vérité dans cette affaire raccommodée de toutes pièces, pour justifier auprès des corrupteurs de la bananeraie, l’argent qu’on a perçu pour détruire le maire empêcheur de corruption, que je suis. Pourquoi donc un conseil pour me “ débarquer ” avant que les Camerounais aient été édifiés sur ces grossiers mensonges qui m’ont été collés au dos et qui ont conduit à ma suspension ?

Que prévoit la loi ? En ce moment, l’on ne peut parler de la vacance de fonction à la mairie de Njombé-Penja car un texte “ régulier ”, fut-il illégal m’a suspendu de mes fonctions et nommé une intérimaire pour la durée de la suspension.

Logiquement donc, c’est au terme de ladite suspension que devrait intervenir la révocation par arrêté signé de vous-même ou la réhabilitation tacite. Que pense inventer ma tutelle ?

Excellence Monsieur le président de la République, dans l’une de vos interventions télévisées et réagissant à une question qui vous était posée, vous répondiez en ces termes : “ Je voudrais que les Camerounais retiennent de moi que je suis celui qui leur a apporté la démocratie ”. Et sans en douter, la démocratie se fixe chaque jour un peu, même si ce n’est pas au rythme voulu par tous. Et parce que donc, nous sommes en démocratie, pourquoi certains de vos collaborateurs ont-ils peur que la vérité soit dite dans cette affaire ? Sans doute, parce qu’ils se sont vite lancés dans les déclarations ressemblant à la prestidigitation et qu’il leur devient difficile d’apporter les preuves de leurs allégations. Oui, Excellence Monsieur le président, l’information judiciaire est bloquée. Les sources aussi ont tari. Mais ce qui manque le plus, c’est le courage par ceux en charge de ce dossier, de vous dire le R.A.S (rien à signaler) de cette affaire. C’est la panique, je vous l’assure ! Pour vous en convaincre, demandez-leur de vous faire tenir leur dossier jusqu’à ce jour. Par respect des lois, je m’interdis de faire tout commentaire, toute déclaration liée à l’information judiciaire jusqu’à son terme. Mais avec insistance, je vous prie Excellence, de demander que vous soit transmis ce dossier. En le lisant, vous vous rendrez compte trop vite que la République et ses populations ont été trompées dans cette affaire. Vous comprendrez alors que ce n’était que de la poudre aux yeux pour justifier l’argent déchargé auprès des sociétés de bananeraie que j’ai dénoncées, pour n’avoir pas payé les impôts et taxes communales depuis trente ans au moins. Tout le monde ou presque, a déjà été entendu à l’information judiciaire et c’est alors que la “ grippe ” attrape la machine. Qui elle est grippée. Malgré les tortures, les sévices, les chantages et autres pressions subis par les personnes entendues, le fil d’Ariane, sésame rare souhaité pour mes bourreaux n’est toujours pas trouvé. Alors que Lapiro de Mbanga, arrêté pourtant un mois après moi, voit déjà sa procédure tirée vers la fin.

Nkongsamba serait-il un monde à part ou une île ? Pourquoi bloquent-ils volontairement la machine ? Sans doute pour exploiter le motif de “ vacance ” dont parlait hier, le ministre Grégoire Owona, dans l’émission “ 52 minutes de vérité ” animé par Anani Rabier Bindzi de Canal 2. Or il n’y a pas vacance, il y a suspension et en cas de suspension, le conseil ne peut démettre un maire, toute révocation après suspension relevant uniquement de la compétence du président de la République que vous êtes. La justice ayant été saisie du dossier, seule sa décision, mais alors sa décision définitive (Grande Instance, Cour d’appel, Cour suprême) seule disais-je, devrait ouvrir la porte à ma révocation. Et, ce sera le droit, ce sera la loi, ce sera la justice. Vous connaissant fondamentalement attaché à nos lois dont vous êtes le garant constitutionnel, je ne doute pas un seul instant, que ces collaborateurs trempés jusqu’à la nuque, ne réussiront pas à vous faire signer ma révocation, car on ne saurait condamner quelqu’un sans qu’il ait été jugé des faits qui lui sont reprochés. Or en ce moment, la justice, a encore le dossier pandant dans ses juridictions du Moungo. Je ne me cacherai pas Excellence Monsieur le président de la République, pour dire que si ce conseil municipal boudé par les conseillers qu’on torture tous les jours, siège et prend toute décision viciée, je saisirai la chambre administrative pour m’opposer à chacune de ses décisions. En attendant, Excellence, je vous prie de rester éveillé sur ce dossier en panne à Nkongsamba car que ne feraient vos collaborateurs véreux pour tromper votre vigilance ? Je suis fier d’affirmer que nous sommes dans un Etat de droit. Vous l’avez voulu ainsi, et pour cette raison donc, que le droit soit dit ! Que les pressions sur les magistrats cessent car les Camerounais de l’intérieur et de la diaspora veulent comprendre l’issue de ce feuilleton qui a terni l’image de notre cher et beau pays, en terme de droits de l’homme. Nul doute Excellence, qu’au terme de cette affaire, vous comprendrez que certains parmi vos collaborateurs (qui se reconnaissent dans ce dossier) ne passent leur vie politique qu’à vous mentir pour arrondir leurs intérêts personnels, mais rien n’étant permanent (No situation is permanent) combien de temps pensent-ils que vous les garderez à vos côtés ?

Pour conclure, je vous prie de rester éveillé car je reste convaincu qu’après la publication de cette lettre, ma tête sera coupée dans cette prison où j’invite déjà les Ong de droits de l’homme à venir dès demain pour ma sécurité.
Je suis du Rdpc que vous vous battez à construire et non celui des profiteurs qui, chaque jour, sabordent votre politique en se cachant derrière notre parti.

* Le titre est de la rédaction

 

 _________ 

   

6

 

14 mai 2008

Blog Njognath

http://njognath.over-blog.org/article-19552852.html

 

Mercredi 14 mai 2008

Kingue embarrasse ses bourreaux

Njombe-Penja : Emeutes

Déjà Soixante dix jours de détention pour le maire de Njombé-Penja.   

 

Hier lundi 12 mai 2008, l’audition du maire Paul Eric Kingué, par ailleurs président de la sous-section Rdpc de Penja Ouest, n’a pas eu lieu. L’élu détenu avait pourtant lui-même annoncé à son avocat qu’on l’auditionnerait. Selon Me Manfouo, il n’a pas pu être extrait de la prison de Nkongsamba. Le président du tribunal de grande instance de Nkongsamba affirme que cette audition n’était pas programmée. Pour un proche du maire de Njombe-Penja, c’est la présence de Me Manfouo qui aurait amené les magistrats à faire de la diversion. Le conseil du maire dit avoir obtenu du président du Tgi un rendez-vous ferme pour vendredi 16 mai prochain.

Mercredi 7 mai 2008 déjà, Paul Eric Kingue était conduit devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nkongsamba en compagnie du Dr Victor Kamé, secrétaire général de section Rdpc Moungo centre. Ils avaient été respectivement interpellés le 29 février 2008 et le 05 mars, à l’issue du mouvement populaire de revendications sociales qui a embrasé une bonne partie du pays. Pour certains, ils sont parmi les instigateurs des émeutes et des actes de vandalisme et de pillage. Au tribunal mercredi, ils devaient donc être confrontés à Zachée Kong, un témoin à charge.

Le maire Kingue a décidé de ne rien dire lors de cette confrontation en l’absence de ses avocats. Parce que, prétend-il, tout a été mis en œuvre pour que ses avocats soient absents. Certains habitants de Njombé disent avoir observé dans la nuit de mardi à mercredi des mouvements suspects des bourreaux du maire Kingue et du Dr Kamé à Njombe, notamment un indic et des officiers de la gendarmerie.

 

 

La milice « Air force »

Daniel Songa est de ceux qui ont dénoncé le maire Kingue et Dr Kamé comme étant les instigateurs des destructions et pillage en bande dans les plantations du holding français de Banane que constituent les sociétés Php, Spm et Caplaim pendant les émeutes de fin février. Pourtant, lorsque les forces armées et polices descendent dans la ville pour mater le soulèvement des populations, elles procèdent à une vingtaine d’arrestations. Il s’agirait des membres de la milice dénommée « Air Force ». Cette milice est très réputée dans cette bourgade au point de bénéficier du financement du holding des sociétés françaises de la banane. Ceci apprend-on par l’intermédiaire de Honorable André Ndono Mbanga, responsable des affaires extérieures à la Php et député de Moungo Sud. (Par ailleurs, ancien maire de Njombe-Penja).

Parmi les personnes arrêtées, S.M. Daniel Songa qu’ont présente comme propriétaire, ainsi que Zachée Kong qui en est le chef des opérations. Fort curieusement, Daniel Songa sera libéré à la surprise de ses lieutenants, à l’instar de Zachée Kong qui refuse d’ailleurs d’être sacrifié. Alors qu’on lui demanderait de dénoncer le maire Kingue,  Il aurait refusé et en revanche aurait cité plutôt les noms de ces véritables commanditaires que les autorités compétentes ne veulent pas prendre en compte. Qui protègerait S.M. Daniel Songa, chef du village Mpoula ? Puisque dans l’arrondissement de Njombé-Penja, il passe pour être un indic qui bénéficierait d’une très forte protection auprès des autorités administratives et des forces de l’ordre. D’autant plus qu’il est en compagnie de ces personnes alors qu’il est sous le coût d’un mandat d’arrêt. Il a été condamné le 23 septembre 2003 par le Tpi de Yabassi à cinq ans de prison ferme, pour les délits de vol, destruction, trouble de jouissances, vente illicite du domaine nationale dans le village Njanga Bona Songo.

Mathieu Nathanaël NJOG

 

_______ 

7

14 mai 2008

Blog NJOGNATH Le Messager du 14-05-2008

http://njognath.over-blog.org/article-19553395.html

 

Mercredi 14 mai 2008

Les dessous de la chasse aux conseillers municipaux

Commune Njombe-Penja

Le Conseil municipal de la commune rurale de Njombé-Penja s’est finalement tenu jeudi 8 et vendredi 9 mai 2008 sous haute mobilisation d’une patrouille mixte de militaires, gendarme et policiers. Bilan une arrestation.

 

Précédemment prévu pour le vendredi 2 mai 2008, le conseil municipal qu’on annonçait comme celui de destitution du maire de la commune rurale de Njombe-Penja incarcéré depuis plus de deux mois avait été reporté. Finalement, il s’est tenu le jeudi 8 et  vendredi 9 mai 2008 tout d’abord à la salle des actes de la commune et par la suite au magasin municipal de la gare de Penja. Un changement initié à l’insu de Mme Bebey Mbelle Komba Esther, 1er adjoint au maire, assurant l’intérim depuis l’arrestation de Paul Eric Kingue. Placée devant les faits accomplis, elle s’y est opposée avant d’abdiquer.

L’ordre du jour cette fois portait sur l’examen du compte administratif 2007. Malgré quelques observations critiques des conseillers municipaux, sur le fait que c’est le compte administratif 2006 qui devait être examiné, les autorités ont au forceps réussit à faire valider le compte administratif 2007. « Nous avons d’emblée demandé que soit clairement dissocier dans les écritures de ce compte administratif, la gestion du maire sortant, l’honorable André Ndono Mbanga et celle du maire entrant Paul Eric Kingue, en vain », déplore un conseiller. Il poursuit : « Cette manœuvre visait à brouiller les éclairages que le conseil voulait avoir sur les 94 millions Fcfa que n’avait pas pu justifier le maire sortant lors de son dernier conseil municipal d’avant élections ».

La deuxième journée du conseil a été marquée par la présence du préfet Ngambo Haman, accompagné par le colonel Nguete Nguete, commandant du groupement de gendarmerie du Moungo. Une présence surprise qui s’est justifiée, avec l’arrestation du conseiller municipal Etienne Ngaleu. Plusieurs autres conseillers, c’est le cas de Ngallé Moussolé et Noé Moumié ont échappé aux mailles du sergent « Nettoyeur », ainsi surnommé dans la ville, parce que chargé de traquer les pro Kingue aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la ville. Plusieurs autres se sachant traqués ont tout simplement choisi l’exil, à l’instar de S.M. Jacques Njanga du village Njanga Bona Songa.

 

L’avenir de l’hôpital de Penja en jeu

Selon certaines indiscrétions, l’arrestation de M. Etienne Ngaleu, a été faite sans aucun mandat, tout simplement à la demande du Commandant du groupement de gendarmerie du Moungo. Il ramènerait sur la table un dossier clos qui date de 2006. A l’époque, Etienne Ngaleu, Surveillant général de l’hôpital communautaire de Penja avait été interpellé pour délit d’initier. Il s’était procurer un ordinateur de l’hôpital. Sa famille avait déboursé 600.000 Fcfa à la compagnie de gendarmerie de Mbanga pour obtenir sa libération. Mais pour certains conseillers, l’arrestation de ce collègue qui est du clan des conseillers adversaires du maire Paul Eric Kingué cache mal d’autres visées. Car, elle fait suite à l’arrestation du Dr Victor Kamé, médecin chef dudit hôpital.

Plusieurs y voient en effet, une manœuvre échafaudée depuis quelques mois pour aboutir à la vente de l’hôpital communautaire de Penja. D’autant plus que, un des membres du comité de gestion, Dr Ndje Ndjock, résident en Europe, propose de reprendre entièrement ledit hôpital pour en faire la Fondation de la familiale Ndje Ndjock. « C’est dans cette perspective qu’il avait fait construire une morgue à côté de l’hôpital. Par ailleurs, la coïncidence de ses arrestations avec sa présence au Cameroun n’est pas innocente», fait remarquer un conseiller. Un achat qui divise le comité de gestion, auquel s’oppose véhément le maire de la commune de Njombe-Penja et une frange des habitants. L’élu conclut que « M. Mpondo, le Pca du Comité de gestion étant décédé, l’hôpital est ainsi entièrement décapité et les uns et les autres peuvent aisément arriver à leurs fins ». L’acquéreur potentiel estime que c’est, le seul moyen de sauver cette formation sanitaire. Surtout d’intéresser les partenaires étrangers qui sont prêts à investir d’énormes sommes d’argent pour sa réhabilitation et le doter des équipements modernes de références.

Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager du 14-05-2008

 

________ 

  

8

22 mai 2008

Blog NJOGNATH

http://njognath.over-blog.org/article-19808107.html

 

Jeudi 22 mai 2008

L’avenir du maire Kinguè en pointillé

Njombé/Penja

La suspension a expiré le 29 mai 2008. Le magistrat municipal retrouvera-t-il son poste ou sera-t-il révoqué ?

Le maire Kinguè sous la menace de la révocation

 

Hier jeudi 29 mai 2008, cela a fait trois mois que le ministre de l’administration territorial et de la décentralisation a suspendu Paul Eric Kinguè de ses fonctions de maire de Njombe-Penja. Conformément à la loi, la vacance d’un maire ne peut excéder trois mois. Délai au terme duquel le Président de la république est habilité a signé sa révocation. Qu’en sera-t-il donc dans les jours à venir ? La clôture de l’information judiciaire des deux plaintes qui valent au maire Kinguè son incarcération reste encore la seule issue probable à cette entourloupette. Puisqu’il revient au juge d’instruction de décider à terme de le traduire devant la barre ou de déclarer le non-lieu.

Initialement prévue le vendredi 16 mai 2008, l’information judiciaire de Paul Eric Kinguè concernant le dossier sur le détournement de dernier public et faux en écriture privée a été clôturée le mercredi 21 mai par le juge d’instruction du tribunal de grande instance de Nkongsamba. Assisté de deux de ses conseils, le maire Kinguè a été auditionné sans incident, malgré la forte mobilisation des populations de Penja acquises à sa cause et qui ont assiégé l’esplanade du tribunal. « Il a répondu minutieusement aux questions et plaidé non coupable », affirme Me Réné Manfo, son conseil.

A en croire ses avocats, ils ont confondu ses adversaires en produisant comme preuves de son innocence, les originaux des documents qui ont permis de  révéler le faux établi par ses adversaires pour l’incriminer. Il s’agit pour l’accusation de détournement de derniers publics, de la décision N°25 l’autorisant de débloquer la somme de 1,5 millions de Fcfa relatif à l’organisation matériel de la cérémonie d’installation de l’exécutif et des conseillers municipaux qui a eu lieu le 25 septembre 2007. Une somme perçue par le prestataire Nguimfack Charles comme l’indique le document. «Nous sommes étonnés que l’on dise aujourd’hui que cet argent qui a été directement remis au mandant ait été détourné par le maire. Ce serait encore possible si la cérémonie n’avait pas eu lieu », déclare ses conseils.

Confrontation des éléments de preuves

Sur l’accusation de faux en écriture privée, notamment en ce qui concerne la signature du préfet du Moungo, il s’agit du document municipal N°27 portant recrutement à titre temporaire de quatorze jeunes pour un salaire mensuel de 25.000 Fcfa allant de la période du 22 octobre au 31 décembre 2007. Or, le document attaqué porte le N° 28 pour le même libellé et concerne le recrutement de onze jeunes pour la durée du 21 août au 31 décembre 2007. Plus encore, il porte des cachets ovalisés. Toute chose qui rend Me Manfo confiant quant à la suite du dossier. «La cause de mon client reste bien défendable. D’ailleurs nous attendons toujours le document original argué de faux et les preuves du détournement allégué », conclut-il.

Si les conseils du maire Kinguè affiche un certain optimisme quant à la précédente plainte, il reste la plainte de pillage en bande. On apprend que l’information judiciaire est close depuis le vendredi 9 mai et communiqué au parquet. Les organisations des droits de l’homme qui s’intéressent à cette affaire s’étonnent qu’une fois de plus le code de procédure pénale  soit violé. « Puisque le parquet n’a que cinq jours pour retourner le dossier assorti de son réquisitoire définitif, ce qu’il n’aurait toujours pas fait pour qu’on fixe le maire et les vingt autres personnes arrêtées dans cette affaire sur leur inculpation ou nom », lance un juriste de l’Acat. L’embarras du parquet viendrait du fait que le dernier témoin à charge, le nommé Ambomo Guy Modeste, tête de file des casseurs, qui est aussi arrêté dans le cadre des émeutes de la dernière semaine de février 2008 à Penja se serait dédié. Il aurait renié les déclarations faites à la brigade. En effet, il ne reconnaît plus avoir été commandité par le maire Kinguè. « Je suis choqué du fait qu’étant passé aux aveux et ayant cité nommément les gens pour qui je cassais, ils sont entendus en mon absence », déclarait-il mercredi dernier au hall du Tgi.

 

Mathieu Nathanaël NJOG

_____

       8a9

3 juin 2008

Sanction: Marafa obtient la tête de Kinguè

(voir page annexe )

 

11 juin 2008 – Philippe Bernard Le Monde du 10/06/2008

Blog : camerounmonpays.over-blog.com de Delphine E.Fouda

http://camerounmonpays.over-blog.com/article-20357611.html

Mercredi 11 juin 2008

Djombe-Penja: Le calvaire des populations*

Philippe Bernard Le Monde du 10/06/2008 Casquette vissée sur un crâne luisant de sueur et pseudonyme de rigueur, Amédée Bessengue, 26 ans, dont sept comme ouvrier dans les bananeraies, admet juste que, ces jours-là, il a "grévé". Sur son propre emploi du temps pendant les émeutes, il reste flou. Mais il se souvient parfaitement de ce que les manifestants hurlaient : "Nous voulons que les Français nous paient bien. Nous sommes chez nous après tout, nous ne sommes pas des esclaves." Trois mois après le saccage des plantations, un graffiti demeure sur le mur d'un appentis : "Payer 100 000 francs (150 euros) au dernier ouvrier." 
C'était à la fin du mois de février. Le Cameroun se révoltait, et avec lui la capitale de la banane, à 80 km à l'ouest du port de Douala. Pendant quatre jours de grève, de barricades et de pillages, Njombe Penja, nichée au coeur de collines verdoyantes, a vécu l'état de siège. Neuf de ses jeunes ont été tués par l'armée et, aujourd'hui, la ville est toujours en état de choc. Les bouches restent fermées, les regards fuyants, les rendez-vous discrets, de peur d'être "indexé" - dénoncé aux gendarmes.
Le maire, Paul-Eric Kingue, est en prison depuis le 29 février. Il a été suspendu de ses fonctions. Officiellement, il est accusé d'avoir incité des jeunes à la révolte et d'être l'auteur de malversations financières. Mais la majorité de la population n'y croit guère. Ce Paul-Eric est un homme courageux. Il s'était scandalisé des salaires pratiqués par les sociétés exploitant les bananeraies - 25 000 francs CFA (37,50 euros) par mois. Il avait dénoncé les privilèges fiscaux et les exonérations de taxes dont bénéficient ces entreprises, toutes dirigées par des Français. Bref, il défendait ce que les Camerounais nomment "le bas peuple".
Aucun doute, pour la population : ce sont ces compagnies qui ont obtenu l'éviction du maire. Depuis sa prison, ce pilier du parti présidentiel, ultradominant, a envoyé une lettre ouverte au chef de l'Etat, Paul Biya, pour justifier sa croisade. Il y décrit "le paradoxe déconcertant" de Njombe Penja, "une zone très riche avec des populations très pauvres".
Abasourdis par la répression, les jeunes n'avouent pas d'emblée qu'ils ont participé aux émeutes. Quant aux Français qui dirigent les exploitations de bananes, ils hésitent avant d'admettre l'évidence : les entreprises qu'ils dirigent ont été prises pour cibles.
Violences contre le patron, l'"exploiteur" ? Le Français ? Le Blanc ? Difficile de faire la part des strates du ressentiment. "Les émeutes n'étaient pas sciemment dirigées contre des sociétés françaises. Les gens ont fait éclater leurs frustrations, ils s'en sont pris à ce qu'ils avaient sous la main, ils voulaient punir le gouvernement de Yaoundé", assure Pierre Moulima, directeur des ressources humaines de SPM (Société des Plantations de Mbanga). Mais il admet aussitôt : "On nous traite constamment de "Français colonialistes", on nous accuse de prendre les terres et de réduire en esclavage la main-d'oeuvre camerounaise." Puis tempère : "Les gens qui soutiennent cela ne sont pas éduqués."

Dans son bureau climatisé dont les vitres et le matériel informatique ont dû être entièrement renouvelés après les émeutes, Christophe Bresse, français, directeur des plantations de SPM, feuillette l'album où ont été classées les photos du ravage. Véhicules et engins agricoles incendiés, pompes d'irrigation saccagées, magasins de stockage pillés : "C'était très chaud. Ils voulaient faire mal à l'outil de production, et le pillage a été systématique. Nous avons été ciblés. Mais ils se sont tiré une balle dans le pied, car qui investit ici ?"
A quelques kilomètres de là, la société bananière PHP, filiale de la Compagnie fruitière (détenue à 37 % par le géant américain Dole), la plus importante et la plus redoutée de la région, les Brasseries du Cameroun et l'usine d'eau minérale Tangui, toutes à direction française, ont subi un sort comparable. Leurs cadres et leurs familles, une vingtaine au total, ont été évacués par avion vers Douala le deuxième jour des violences.
Au préjudice matériel, estimé à 1,2 milliard de francs CFA (1,8 million d'euros) par SPM, s'est ajoutée la destruction de plusieurs hectares de bananiers, déchiquetés à la machette, l'instrument de travail usuel, par des centaines de jeunes. Des "chômeurs pilleurs" qui se sont enfuis avec des régimes de bananes, selon les dirigeants, qui admettent cependant que quelques-uns de leurs propres salariés ont pu prendre part à la razzia.
"La plupart de nos ouvriers ont défendu les installations. Dans le merdier où ils se trouvent, ils sont bien contents de percevoir régulièrement un salaire dérisoire", lance Joseph Fochivé, qui compare le maire incarcéré à un "chef de gang". En ville ou dans les plantations, le passage du 4 × 4 de ce spécialiste du bananier, responsable de la production, déclenche des réflexes de crainte. Chacun sait que son père, Jean, a été le redouté directeur des services de renseignement camerounais sous les présidents Ahidjo, puis Biya. "Son père faisait peur, pas lui : pendant les événements, il était cloîtré chez lui comme tout le monde", modère Guillaume Ranson, directeur général adjoint de SPM.
A perte de vue, sur des kilomètres, des rangées de bananiers montent à l'assaut des collines, parsemées de taches bleues : les sacs en plastique qui protègent les régimes des insectes et accélèrent leur mûrissement. Les plantations, l'irrigation, la croissance des arbres, l'éclosion des fleurs, le développement de fruits calibrés pour l'exportation vers l'Union européenne exigent des soins constants et minutieux assurés par des milliers d'ouvriers : 2 000 chez SPM, 6 000 pour PHP.
"Le salaire n'est pas bon, confirme Elysée Mbelle, un autre jeune planteur. Ce n'est pas normal que ce soit la famine ici alors que nous faisons manger les Français." Depuis les émeutes, les salaires ont d'ailleurs reçu un net coup de pouce, le salaire minimum passant à 31 000 francs CFA (46,50 euros) sans les primes, qui le portent à 45 000 francs CFA (67,50 euros), selon la direction de SPM.
D'autres témoignages attribuent la hargne qui s'est manifestée à la frustration à l'égard d'une production presque entièrement exportée. "Beaucoup d'employés se font virer parce qu'ils volent des bananes. La direction ne t'en donne pas. Seuls les rebuts sont vendus sur les marchés. Ces gens-là ont voulu se venger." Les conditions de travail (douze heures payées huit selon certains), la rémunération à la tâche, sans considération du temps passé, et la discipline de fer alimentent les frustrations. "Si tu demandes une pause à cause de la chaleur, le chef te dit : "Ou tu y retournes, ou je t'inscris en refus de travail"", rapporte un intérimaire. Parfaitement informé de cette situation, l'archevêque de Douala, Mgr Christian Tumi, qui n'a jamais ménagé les autorités, résume sobrement : "A Njombe Penja, les droits fondamentaux des gens ne sont pas respectés."

Selon l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-Littoral), l'accaparement de terres cédées ou louées par les paysans locaux aux sociétés bananières pour une somme non revalorisée depuis des décennies alourdit encore le contentieux. "Mon père a vendu sa terre dans les années 1970 contre la promesse que ses enfants seraient salariés à vie au lieu d'être à leur compte. Il le regrette, car il constate que la pauvreté n'a pas reculé", témoigne un fils du pays. En outre, des intoxications alimentaires seraient liées à l'épandage aérien de produits phytosanitaires. Stigmatisant "la maltraitance que vit la population de Njombe Penja depuis des années", l'ACAT dénonce "la connivence des investisseurs français, peu soucieux du bien-être des Camerounais".
A l'entrée de chaque allée des plantations, se détachent de petites pancartes. Elles sont frappées du drapeau étoilé de l'Union européenne. Les sociétés bananières, notamment celles opérant à Njombe Penja, perçoivent en effet des subventions au titre de l'"appui à la filière banane", dont le Cameroun exporte 300 000 tonnes par an. Entre 2001 et 2005, 24 millions d'euros leur ont ainsi été versés "dans le cadre de la politique de développement économique et de lutte contre la pauvreté", précise-t-on à la représentation de l'Union européenne à Yaoundé. Les certifications Iso et Globalgap ont été décernées aux mêmes compagnies. La première couronne leur "management environnemental", la seconde leur "bonne pratique agricole".
Un dirigeant bananier certifie qu'il paie "tous ses impôts". Mais il admet que sa société bénéficie, outre les subventions de l'UE, d'une exonération de patente de la part des autorités camerounaises au titre d'une activité en zone "socialement sensible". Cet impôt est pourtant censé revenir à des communes extrêmement pauvres. Mais le système fiscal camerounais, gangrené par la corruption, n'a rien de transparent.
"Les sociétés ne payaient pas d'impôts ni de taxes depuis trente ans", affirme pour sa part le maire, M. Kingue. En septembre 2007, il a dénoncé cette situation auprès du premier ministre et a obtenu un redressement fiscal. Peu après, les patrons visés "ont menacé de me faire assassiner ou emprisonner", écrit-il depuis sa cellule. Offusqué, l'un des intéressés allègue des dons directement versés à la commune par sa société, fustige les "exigences d'argent" du maire et balaie l'accusation : "Pur folklore camerounais !"

*Titre personnalisé

_______

 

10

 

17 juin 2008

Blog NJOGNATH Le Messager du 17-06-2008 

http://njognath.over-blog.org/article-20543279.html 

Le chauffeur de Paul Eric Kingue aux arrêts

Justice- Njombé/Penja

La chasse aux collaborateurs et partisans du maire révoqué de Njombé-Penja se poursuit. Pendant ce temps la procédure judiciaire est bloquée en violation du code de procédure pénale. 

 

Selon l’Acat (l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture), c’est depuis le 29 mai 2008 que Tchoté Victor, le chauffeur de Paul Eric Kingué, le maire révoqué de Njombé-Penja est aux arrêts au Groupement de gendarmerie du Moungo, à NKongsamba. Il aurait été interrogé sur les mouvements de son patron pendant le mouvement populaire de revendications sociales de fin février dernier et sur la cachette de la secrétaire de Paul Eric Kingué toujours en fuite. Les enquêteurs rechercheraient aussi les traces des documents de l’ex-maire de Njombé-Penja qu’elle aurait emportés. Au final, « aucun chef d’accusation n’a été retenu contre lui », pourtant, après vingt deux jours, il est toujours « arbitrairement » détenu dans les cellules de cette unité de gendarmerie, dénonce l’Acat, qui citant le concerné affirme que « le commandant aurait demandé sa mise en liberté, mais qu’il ne comprend toujours qui est derrière la prolongation de sa détention en violation du code de procédure pénale ».

Pendant ce temps, les avocats de Paul Eric Kingué déplorent aussi le blocage des procédures judiciaires des deux plaintes déposées contre leur client. D’autant plus que selon des sources proches du dossier, les informations judiciaires des deux affaires qui valent au maire déchu son incarcération depuis le 29 février ont été closes. On apprend ainsi que l’information judiciaire de la plainte de pillage en bande dont on l’accuse d’avoir commandité pendant les soulèvements de fin février dernier est close depuis le vendredi 9 mai et communiqué au parquet. La seconde information judiciaire concernant les accusations de détournement de dernier public et faux en écriture, a été finalisée le mercredi 21 mai par le juge d’instruction du tribunal de grande instance de Nkongsamba.

Les organisations des droits de l’homme qui s’intéressent à cette affaire s’étonnent qu’une fois de plus le code de procédure pénale  soit violé. « Puisque le parquet n’a que cinq jours pour retourner au juge d’instruction le dossier assorti de son réquisitoire définitif, ce qu’il n’aurait toujours pas fait pour qu’on fixe les prévenus sur la suite des procédures. Notamment l’enrôlement ou la relaxe », lance Me Manfo. Surtout que ses conseils se disent confiant quant à la suite du dossier. «La cause de mon client reste bien défendable. D’ailleurs nous attendons toujours que soit présenté les documents originaux des copies présentées comme étant des faux et les preuves du détournement allégué », affirme Me Manfo.

Selon certaines indiscrétions, c’est le revirement du dernier témoin à charge, le nommé Ambomo Guy Modeste, arrêté dans le cadre des émeutes de la dernière semaine de février 2008 à Penja qui embarrasserait la justice.

Mathieu Nathanaël NJOG

______ 

11

 

27 juin 2008

Le Messager – Noé NJEBET MASSOUSSI

http://www.cameroun-online.com/news/infos_imprimer.php?id=5219 

Politique – Management : Un seul chef d’accusation contre Kinguè 

L’information judiciaire de la première plainte contre le maire de Njombe-Penja bouclée 7 jours après sa révocation, a requalifié les faits. 

Le Messager / Vendredi 27 juin 

Le maire de Njombe-Penja, Paul Eric Kinguè, en garde à vue depuis le 19 mars dernier, n’est pas encore fixé sur son sort. L’ordonnance du juge d’instruction du tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba, Blaise Ngoussomo, du 9 juin 2008, l’a renvoyé devant ladite juridiction pour y être jugé conformément à la loi. Il y est attendu en compagnie de David Clément Nsaba, Polycarpe Fongang et Ruth Chantal Ndedi épouse Salla, respectivement receveur municipal, responsable du bureau des dépenses et secrétaire générale de la mairie de Njombe-Penja. Cependant, les concernés dont 3 rongent leurs freins dans la cellule de la prison principale de Nkongsamba, ne savent ni le jour ni l’heure à laquelle ils seront enfin devant la barre. Quant à Ruth Chantal Ndedi épouse Salla, elle est portée disparue après les premières auditions. 

Toutefois, les 4 responsables de la mairie de Njombe-Penja étaient préalablement accusés « de faux en écriture publique, coaction de détournement de deniers publics, concussion, faux dans un acte et complicité de faux dans un acte ». Aussi, le juge d’instruction, Blaise Ngoussomo, a-t-il procédé à une requalification des faits. Sur les 4 chefs d’accusation du départ, Paul Eric Kingue et David Clément Nsaba s’en tirent avec un seul. Contrairement à Ruth Chantal Ndedi épouse Salla et Polycarpe Fongang contre qui 2 chefs d’accusation ont été retenus. Le juge d’instruction, Blaise Ngoussomo, a jugé suffisantes les charges contre Paul Eric Kingue, David Clément Nsaba, Ruth Chantal Ndedi épouse Salla et Polycarpe Fongang « pour les faits de faux en écriture publique et détournement de deniers publics en coaction». Par ailleurs, il reproché à Ruth Chantal Ndedi épouse Salla et à Polycarpe Fongang les faits de concussion. 

Cette requalification des faits intervient 7 jours après la révocation de Paul Eric Kingue de ses fonctions de maire de Njombe-Penja. Et pourtant il espérait que l’information judiciaire de la première plainte contre lui pouvait être bouclée avant l’expiration de sa suspension le 29 mai dernier. Une suspension qui est allée au-delà de 3 mois comme le prévoit la loi. Car le décret qui révoque le maire de Njombe-Penja a été signé 5 jours après l’expiration de la suspension de ce dernier. Ainsi va l’«Affaire Paul Eric Kingue » qui a emporté sur son passage Victor Tchote, chauffeur de Paul Eric Kinguè, dont le nom ne figure pas sur aucune plainte. Son crime ? Rien ne filtre du groupement de gendarmerie de Nkongsamba où il a été gardé à vue pendant 26 jours, avant d’être transféré à la prison principale de la même ville. 

Pour contester leurs conditions de détention à la prison principale de Nkongsambe et les lenteurs judiciaires, les détenus ressortissants des localités de Loum, Njombe, Penja, observent depuis lundi dernier, 23 juin, une grève de la faim illimitée. Le lendemain du début de la grève, une bagarre a eu lieu dans ce pénitencier opposant les gardiens de prison à une partie des détenus. Ces derniers s’opposaient à la décision du régisseur de faire enchaîner Paul Eric Kinguè. L’on lui reproche son activisme épistolaire. Néanmoins, deux détenus qu’on dit proche de lui ont été enchaînés dans leur cellule à sa place. 

Noé NDJEBET MASSOUSSI

______ 



12

 

10 juillet 2008

http://www.cameroun-online.com/actualite,actu-5412.html

Le jour / Jeudi 10 Juillet Patient Ebwele

Nkongsamba : Lapiro de Mbanga et Eric Kinguè enchaînés au tribunal

La première audience du procès de l’artiste et de l’ancien maire a débouché sur un renvoi.

Rien ne rapprochait Lapiro de Mbanga et Paul Eric Kingue. Si ce n’est leur engagement politique respectif.

Le premier est candidat malheureux pour le compte du Sdf aux élections municipales à Mbanga, ville dans laquelle il est le chef du quartier 12, le plus grand de cet arrondissement. L’autre est l’ancien maire Rdpc de Njombe Penja. Depuis quelques semaines, leurs destins sont liés, par le Tribunal de grande instance de Nkongsamba et la prison principale de la ville où ils sont incarcérés. Hier 09 juillet 2008, Lapiro de Mbanga et Paul Eric Kinguè sont arrivés au tribunal enchaînés, après avoir marché à pied sur près de deux kilomètres. C’est la pratique dans cette ville pour tous les détenus. La prison principale de Nkongsamba ne disposant pas de véhicules. Les prisonniers sont reliés deux à deux à l’aide d’une grosse chaîne et d’un cadenas. Une autre chaîne, plus longue, va d’un bout à l’autre du rang, où sont alignés une vingtaine de prisonniers qui marchent en file indienne, sous les regards parfois amusés des passants. La journée d’hier marquait en effet la première audience dans le cadre des affaires où sont mises en cause respectivement Lapiro de Mbanga et Paul Eric Kinguè. Un évènement dans la ville. Près d’un millier de personnes étaient présentes. Si les deux hommes ont comparu le même jour, les infractions qui sont mises à leurs charges ne sont pas liées. Lapiro de Mbanga de son vrai nom Lambo Sandjo Pierre Roger, est poursuivi pour "complicité de pillage en bande, destruction de biens, incendie volontaire, obstacle à la voie publique, dégradation des biens publics ou classés, et attroupement". En somme, il est accusé d’avoir commandité les émeutes de février dernier dans la ville de Mbanga. A Paul Eric Kinguè, il est lui est reproché d’avoir commandité les émeutes dans les villes de Njombe Penja sous les chefs d’accusation suivants : "attroupement, réunion et manifestation sur la voie publique, obstacle sur la voie publique, incendie volontaire, complicité de pillage en bande, destruction, activités dangereuses, vol aggravé, obstruction attroupement". Par ailleurs, l’ancien maire est poursuivi pour faux en écriture publique, coaction de détournement de deniers publics, concussion, faux dans un acte et complicité de faux dans un acte". Des motifs qui lui ont valu sa révocation par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Un nouveau maire sera élu dans cette ville vendredi prochain.

Dans la salle d’audience bondée de monde, l’assistance n’avait d’yeux que pour les deux principaux accusés. Le crâne rasé à ras, Lapiro de Mbanga était habillé d’un tee-shirt jaune portant l’inscription "Mbanga must change", traduction : "Mbanga doit changer", d’un jeans et d’une paire de babouches. Avec son humour habituel, au reporter du jour il a lancé, "Tara la prison de Nkongsamba ressemble à Guantanamo, c’est un enfer". 9h30, une sonnerie retentit, les juges qui constituent la collégialité font leur entrée dans la salle, la mine grave. L’audience est criminelle. Appel des accusés. Lapiro est le premier au box. La Société de plantations de Mbanga qui est l’une des parties civiles, dans le dossier est absente. Le motif de renvoi est acquis. L’affaire est renvoyée néanmoins au 23 juillet. Au tour de Paul Eric Kinguè, l’affaire en rapport avec sa responsabilité en tant que commanditaire des émeutes à Njombé et Mbanga est également renvoyée au 13 août. Dans le cas de la deuxième plainte contre l’ancien magistrat municipal en rapport avec sa gestion à la mairie, la cause est renvoyée au 23 juillet. L’audience s’achève autour de 12h. Les accusés reprennent le chemin de la prison.

_________

 

 

 

 

 

Partager cette page

Repost 0