Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

25

 

24 février 2010

© Correspondance : Paul Eric KINGUE

http://www.camer.be/index1.php?art=9127&rub=6:1

 

"Au Cameroun, seuls les voleurs de la fortune publique sont récompensés"

Paul Eric Kingué, l'ancien maire de Njombé Penja, dans un document parvenu ce jour à la rédaction de Camer.be, accuse plusieurs compagnies étrangères, la PHP et la SBM, et plusieurs autorités locales d'être à la source de son incarcération. Lisez plutôt. Mesdames et Messieurs, Je saisis l’opportunité qui m’est divinement offerte, pour vous souhaiter mes vœux les meilleurs, en ce début d’année 2010. Je prie à cet effet le seigneur Tout- Puissant, de vous couvrir de ses grâces afin que vous et vos familles récoltiez les justes fruits de vos efforts durant ces 365 jours qui viennent de s’ouvrir. Vous accompagnent également, mes vœux de santé et de réussite.

Je suis Paul Eric KINGUE, Maire de Njombé-Penja, légitimement élu, mais incarcéré pour des raisons politiques depuis Février 2008, aux motifs que je suis l’instigateur des émeutes de la faim à Njombé-Penja, dans le Moungo au Cameroun.

A la suite d’un procès qui ressemblait à une véritable scène de théâtre mal conçue, j’ai été condamné à Nkongsamba, à 06 ans de prison ferme. Torturé, humilié, menacé dans cette prison par un groupe de responsables judiciaires et pénitentiaires caporalisés, c’est-à-dire à la solde de certains opérateurs économiques et hommes politiques, tirant les ficelles dans l’ombre, je n’avais pour seul soutien que Dieu, et vous tous qui m’avez soutenu partout dans le monde.

Jugé dans un procès pour des infractions que je connais ni d’Adam ni d’Eve, je suis écroué depuis bientôt deux ans, incapable d’encadrer mes jeunes enfants, parce que sans moyens et, coupé de ma famille.

UN PAN DE MA VERITE

Tout commence alors que j’avais 09 ans. Secoué par une révolte intérieure du fait de la misère profonde des parents, frères et sœurs de Njombé-Penja, (toutes tribus et religions confondues), je ruminais sans cesse, le rêve d’être en position un jour, d’apporter ma contribution dans l’amélioration des conditions de vie de cette grande famille devenue plus tard, mes électeurs.

Il faut dire que ma révolte s’accentuait au fil du temps avec la paupérisation grandissante de ces populations que j’ai tant aimées pour leurs efforts quotidiens. Une population en somme travailleuse qui, toutes les 04 heures du matin, est éveillée et en route pour les champs qu’elle ne quitte qu’à 22 heures, quelques fois avec des lampes tempêtes. Ce sont sans doute, ces efforts qui font de Njombé-Penja, un des multiples greniers agricoles du Cameroun.

EXPROPRIATION DES TERRES, SOURCE DE LA MISERE DES POPULATIONS DE NJOMBE-PENJA

Dès les années 1960, plusieurs exploitants agricoles venus de l’Europe et plus précisément de la France ont, par la puissance financière et par des jeux de passe-passe indescriptibles, fait main basse sur de larges étendues de terre, soit pour y cultiver de la banane, soit du poivre (prisé dans le monde), soit alors des fleurs ou des ananas … Conséquence, il ne restait plus qu’aux riverains, quelques bandes de terres parsemées de cailloux et sans grande fertilité. Ce qui n’a pas manqué d’effets sur la production traditionnelle et donc, sur l’autosatisfaction alimentaire des populations de Njombé-Penja.

Vers les années 1988, s’installent à Njombé-Penja, après la mort artificielle de l’OCB (Organisation Camerounaise de la Banane) vendue alors qu’elle dégageait des marges bénéficiaires non négligeables (environ 2 milliards de nos francs par an), le tandem SBM-PHP-SPNP, à capitaux français en majorité, avec quelques actionnaires camerounais dont je tais pour l’instant, les noms.

Choqué par cette privatisation qui ne visait qu’à satisfaire des intérêts d’un certain nombre d’individus, parfois insoupçonnés, et face à la misère quotidienne dans laquelle plongeaient chaque jour les populations locales, je n’ai pu supporter un tel drame :

LE GROUPE SBM – SPNP – PHP : DES ESCLAVAGISTES SANS CŒUR

En ce moment, s’il vous arrive de descendre à Njombé-Penja, la première des choses qui vous touchera c’est l’impraticabilité des routes et pistes rurales, jonchées de nids de poules après tous les 10 mètres. Le pire c’est la poussière enveloppante dont se nourrissent tous les jours, les populations de Njombé-Penja. Vous n’y compterez pas une trentaine de maisons passablement édifiées, faute de moyens financiers d’une population meurtrie, exploitée au quotidien par les colons de nos plantations.

La localité compte 40 000 taudis construits en planches mal rabotées. Parfois sans portes, ni fenêtres. Les salaires avant mon arrestation, tournaient autour de 37 euros (ce qui me bouleversait profondément), qu’on gagne parfois, après avoir fait des heures supplémentaires c’est-à-dire, environ 12 à 15 heures de travail par jour. Au finish, impossible pour un ouvrier, père de deux enfants, de payer son loyer et surtout, de nourrir sa famille pour ne citer que ces devoirs.

Les conditions de travail sont telles qu’il ne faut pas y penser. Très souvent sans matériel de travail, bottes, casques et autres, les ouvriers de ces plantations épandent des produits toxiques dangereux sans protection, curent des caniveaux bras et pieds nus, parfois sous les menaces des « chefs d’équipes » toujours à la solde des « chefs blancs ». Le plus curieux ici, est qu’au terme des journées de travail exténuant, ceux-ci n’ont aucun point d’eau dans la ville pour leur bain. La commune dont j’avais la charge ne pouvait s’y investir, faute de moyens financiers. Face à ce désastre qui impose que les organisations qui financent ces entreprises s’interrogent, le Maire élu que j’étais, bien que du RDPC, ne pouvait rester insensible. Qui mieux qu’un Maire dans une localité, peut mesurer le niveau de souffrance d’une population ? Quel humain peut rester indifférent aux salaires de catéchistes que ces exploitants d’un autre genre reversent aux ouvriers de leurs plantations ?

MAIRE DU RDPC, MAIS PERE ET CHEF DE FAMILLE

Il peut paraître curieux que mes fonctions politiques (Président Sous-Section RDPC et Maire) donnent du tournis à tous ceux qui pensent que, militer dans le RDPC est un délit, que non ! Non parce que je pense n’avoir jamais reçu de ce parti que j’ai servi avec passion, une doctrine de destruction, de déstabilisation de l’autre. Non aussi parce qu’en réalité il existe dans ce parti, des responsables plus proches de Dieu que du diable. Seulement, les rapports des forces en son sein finissent toujours par donner raison aux serviteurs du diable, c'est-à-dire à ceux-là qui, dans la course effrénée aux pouvoirs mondains, ont volontairement vendu leurs âmes, devenant par ricochet, des serviteurs irréversibles du mal.

Quant à moi, rien, mais alors rien ne passe avant la personne humaine. Fils de veilleur de nuit, je peux apprécier la misère, pour l’avoir vécue. Parce que l’ayant vécue, je ne peux jamais être complice des malheurs d’un peuple, des malheurs d’une population travailleuse qui ne demande qu’à vivre. Aucune fonction politique, aucune fonction administrative n’est assez forte pour me couper du paysan, du peuple et c’est sans doute pourquoi, je croupis injustement aujourd’hui, au fond d’une cellule, à la prison de Douala.

AVANT LES EMEUTES DE FEVRIER 2008

Dès ma prise de fonction à la tête de la commune de Penja, je fais un constat amer. Le bâtiment abritant la commune était semblable à une usine à café abandonnée, sans entretien, sans électricité. La commune accumulait alors quatre mois d’impayés de lumière. Elle était dans le noir. Les employés, pères et mères de famille accusaient des arriérés de salaire de 03 (trois) mois (que je m’empresse d’éponger trois semaines seulement après mon installation).

Paradoxalement, le Préfet du Moungo d’alors percevait 250 000 (Deux cent cinquante mille) FCFA par mois, à la commune de Njombé-Penja ; le Sous-préfet aussi. Ces deux administrateurs délestaient la commune de 500 000 (Cinq cent mille) FCFA tous les mois. La Secrétaire du Sous-préfet était payée par la commune, son chauffeur aussi. Curieux de comprendre les raisons de ces dépenses qui en réalité ne cadrent pas avec les missions de la commune, j’ai été sommé par le Préfet devenu Gouverneur aujourd’hui (comme si les promotions au Cameroun ne visent que des voleurs), de ne faire aucune dénonciation. Révolté parce que je considérais déjà comme des abus, j’ai décidé en ma qualité de juge d’opportunité et de gestionnaire de cette collectivité, d’arrêter cette saignée financière qui ne s’expliquait pas, tout en redéployant à la commune ces personnels, mis indûment à la disposition du Sous-préfet et payés par ma commune.

Les réactions du Préfet et du Sous-préfet n’ont pas tardé, l’un et l’autre décidés de me faire payer chère, mon audace. Pour moi en réalité, cet argent devrait être orienté dans la construction des points d’eau potable communaux pour le bien des populations locales. J’étais alors devenu la bête à abattre pour avoir osé fermer le robinet qu’était devenue cette commune au détriment des populations écrasées par la misère.

En poussant plus loin ma curiosité, je constate, non sans réunir mes collaborateurs, que les plantations PHP, SPM et SPNP ne payent ni patente, ni enregistrements sur leurs différents baux, bref, aucune taxe communale. Dans le but d’y voir clair, je saisis par téléphone Monsieur François Armel (DG PHP), Monsieur Brethes (DG SPM), Dame Caplain (DG sociétés Caplain) leur faisant tenir parallèlement, des courriers à cet effet.

Malgré mes démarches conciliatrices, aucune des sociétés n’a daigné faire le moindre pas, si ce n’est des propositions de corruption. C’est ainsi que Sieurs Brethes et François Armel me proposent des pots de vin de 20 millions de francs CFA / Trimestre au cas où j’abandonnais ma pression pour le payement par eux, des impôts locaux. Il faut dire qu’au terme d’une expertise fiscale que j’ai commandée, la commune se voyait délester 2 755 000 000 (Deux milliards sept cent cinquante-cinq millions) FCFA par an, d’impôt communaux : (sur les salaires, enregistrement, patente, taxes sur la dégradation de la chaussée, taxes agricoles, différentes délibérations …).

Dans l’unique souci d’aider ma commune et ses populations, j’ai décliné l’offre de corruption qui m’a été faite par ces négriers. Pour rétablir la commune et les populations dans leurs droits, j’ai saisi le Premier Ministre d’alors, Sieur INONI Ephraim, qui a instruit le Directeur Général des Impôts (Sieur Laurent NKODO) de reverser ces entreprises au régime de droit commun, en procédant à l’annulation des différentes exonérations dont elles se targuaient et qui, en réalité, étaient illégales, conformément au Code Général des Impôts du Cameroun (Voir lettre attachée).

En effet, ces sociétés, pour bénéficier de ces exonérations, se sont fait déclasser et enregistrer par quelques zélés de l’administration fiscale et sans doute contre pots de vin, comme sociétés coopératives agricoles qui, selon le Code Général des Impôts sont exonérées d’un certain nombre de taxes. Ce qui naturellement est une tricherie, une délinquance fiscale qui ne permet pas à la commune de Njombé-Penja d’asseoir une véritable autonomie financière.

Il était désormais évident, qu’après avoir mis fin à la spoliation par le Préfet et le Sous-préfet de fonds de la commune de Penja, après avoir traqué les entreprises esclavagistes associées à ces deux administrateurs entretenus par les premiers (carburant, avantage divers), mes jours étaient comptés à la tête de cette commune où je devenais un empêcheur de « bouffer ».

L’ALLIANCE DU MAL

L’alliance entre les administrateurs aigris (Préfet et Sous-préfet) et les DG des bananeraies contre moi, était devenue palpable. C’est ainsi que le 12 février 2008, après la fête de la jeunesse, j’ai été reçu par le Gouverneur actuel, de la région du Littoral, qui m’informait qu’il lui a été rapporté (le Comité de Coordination du Moungo) que la veille, c’est-à-dire le 11 février, j’étais assis au moment où on exécutait l’hymne nationale. Grâce à la technologie occidentale, j’ai pu imprimer les CD-R de ladite fête, pour confondre les manipulateurs et initiateurs de ce rapport grossièrement mensonger.

Quelques CD-R remis au Gouverneur lui ont permis de se rendre compte de cette manipulation. C’est ce qui a fait ajourner mon arrestation, qui avait déjà été instruite pour ce 12 février 2008.

L’EVENEMENT FATAL

Alors que je croyais avoir échappé à l’arrestation ordonnée le 12 février 2008, les évènements du 25 février sont venus servir de prétexte pour régler une fois pour toute, les problèmes du Maire « empêcheur de bouffer ». Cloîtré chez moi les 25 et 26 février 2008 parce que n’ayant aucune force de l’ordre à ma disposition pour contenir les évènements, je n’ai pu sortir que le 27 février 2008 à la faveur de l’arrivée à Penja, d’un renfort de plus de 300 hommes du GMI et du BIR. Ce jour, le Sous- préfet et moi curieusement, avons associé nos forces pour nous adresser à une jeunesse en furie, qui a fini par nous comprendre, abandonnant la grève.

Ce jour même, la paix a été établie en présence du Colonel ALKASSOUM, venu de la légion du Littoral, qui, impressionné par nos interventions (le Sous-préfet et moi) m’avoue qu’il est à Penja depuis le 22 février 2008 (avant la grève), pour mon arrestation.

Que l’on veuille lier mon arrestation aux évènements de février 2008, n’est que manipulation politicienne. Pourtant je suis jugé pour ces évènements que je ne connais ni d’Adam ni d’Eve. Pendant 09 mois de simulacre de procès, aucun des 22 témoins du Ministère public pourtant préalablement préparés par le Parquet du Moungo n’a déposé contre moi, encore moins les 30 co-accusés qui m’ont été collés et que je ne suis venu connaître qu’en prison.

FUITE EN AVANT

Après une parodie de procès ne reposant sur rien, et manipulé par certains haut fonctionnaires de Yaoundé, « noyé par la banane sucrée de Njombé-Penja » (suivez mon regard) et sentant le jugement de Nkongsamba non fondé juridiquement et donc susceptible d’être qualifié de politique, un nouveau procès m’a été collé sur le dos, vide comme le premier : Accusation de détournement de la somme de 1 400 000 (Un million quatre cent mille) FCFA. Après le jugement politique rendu à Nkongsamba, l’accélérateur est mis sur une accusation non prouvée par pièce, d’un détournement de 1 400 000 FCFA. De quoi s’agit-il ?

Ici, je suis accusé de « détournement » du simple fait qu’il m’est reproché d’avoir engagé une dépense sans le visa préalable du Préfet. Le Maire est l’ordonnateur du budget de la commune, juge d’opportunité de la commune. En septembre 2007, pour installer l’exécutif communal local, les conseillers municipaux arrêtent un budget à 7 000 000 (Sept millions) FCFA. Les caisses de la commune sont vides, c’est-à-dire sans argent. La tutelle exige et instruit le Receveur Municipal de procéder aux recouvrements afin de rendre possible ladite installation, à laquelle je suis opposée parce que héritant d’une commune pauvre.

En parcourant le budget communal de 2007, je m’aperçois que la ligne prévue pour les « fêtes et cérémonies » c’est-à-dire la ligne 612-112 à la commune est épuisée. Les procédures administratives et comptables exigent que, pour engager une dépense dans une ligne, il faut se rassurer que le crédit dans cette ligne est suffisant et disponible. Je me rends compte, qu’il ne reste plus que 400 000 (Quatre cent mille) FCFA seulement, disponibilités dans cette ligne. Je procède à un virement de crédit par arrêté que je prends, et le fait viser par la tutelle (le Préfet).

L’arrêté est bel et bien visé par la tutelle. Une fois visé, je décide d’engager les dépenses liées à l’installation projetée. Conformément à la loi, le Maire est l’unique ordonnateur du budget de la commune voir loi n°18-2004/22 Juillet 2004, et donc juge d’opportunité. Pour masquer mon arrestation afin de la dépouiller de l’estampille politique, il m’est reproché de n’avoir pas fait viser une décision que j’ai prise portant dépense de 1 400 000 FCFA par le Préfet.

Il faut dire qu’aucune loi, n’oblige le Maire à faire viser ses décisions par le Préfet et seuls certains actes, limitativement énumérés par la loi n° 18-2004/22 Juillet 2004 article 70 sont soumis à l’approbation préalable du Préfet. Par ailleurs, défini dans le cadre strict de l’article 184 du code pénal, détourner c’est obtenir ou retenir frauduleusement les biens appartenant à l’Etat, aux collectivités etc.…

Autrement dit, même s’il était arrivé que la procédure comptable eût été violée, ceci ne serait pas pénal. Pour le dire aisément, la violation d’une procédure ou d’une règle de loi relève de la pure et unique compétence du juge administratif que ne sont pas les magistrats du TGI du Moungo. Dans le cas de cette procédure, aucune violation légale ne peut être soulevée car le Maire reste l’unique ordonnateur du budget de la commune et par conséquent, le juge d’opportunité. Dans ce procès, il n’est versé aucune pièce prouvant que j’ai obtenu ou retenu frauduleusement les biens de la commune.

Pourtant, le législateur a été clair, « le Juge ne peut fonder sa décision que sur les preuves administrées au cours des débats ». Aucune preuve dans ce procès n’est apportée, ou mieux, n’est administrée pour prouver que le 1 400 000 FCFA a été perçu par le Maire que j’étais. Au contraire, les reçus des prestataires sont là, pour prouver que les destinataires finaux de cette somme sont bien, les prestataires grâce auxquels, les cérémonies d’installation ont été rendues possibles. CD-R et photos le prouvant.

HARCELEMENT JUDICIAIRE

Pas trop rassurés de retenir la culpabilité dans ce procès de 1 400 000 FCFA inventé par mes persécuteurs, le Ministère Public, a engagé un second dossier de détournement, sans me faire comparaître chez un juge d’instruction et ce, en violation de la loi, mais me renvoyant devant le juge de jugement. 2e Accusation de détournement portant sur les sommes imaginaires.

Comme un rouleau compresseur, tout est mis en branle pour me maintenir en prison. Après le 1 400 000 FCFA dont on ne peut prouver ma décharge, je suis accusé d’avoir détourné 4 960 000 FCFA donnés par la SPM et destinés à l’extension du réseau d’eau SNEC à l’hôtel de ville de Penja.

Parlant de cette somme d’argent, elle a effectivement été versée par la SPM au prestataire de service (contre décharge) pour les travaux d’installation du réseau d’eau potable à l’hôtel de ville de Penja. Seulement, conformément aux procédures comptables et administratives, pour recevoir un don, le Conseil Municipal siégeant comme organe délibérant doit l’autoriser. Or pour l’autoriser, il doit se réunir en session ordinaire ou extraordinaire. Mais, chaque fois que se réuni le Conseil Municipal de la commune de Penja, 3 000 000 (Trois millions) FCFA doivent être déboursés pour ladite session (frais de secrétariat, frais de réception, carburant, indemnités de session des conseillers municipaux).

Pour installer l’eau à l’hôtel de ville, le coût des travaux est de 4 960 555 Francs CFA (Quatre millions neuf cent cinquante-cinq mille francs CFA). La SPM s’est engagée, à ma demande, à financer cette opération qui était d’ailleurs, la première pour cette entreprise. Partagé entre réunir le Conseil Municipal et dépenser 3 000 000 FCFA qui n’ont aucun rapport avec l’eau que je veux voir installer à l’hôtel de ville, je décide de faire verser cette somme aux entreprises prestataires des travaux d’installation d’eau. Ces sociétés installent de manière effective, le réseau d’eau à l’hôtel de ville pour la somme totale de 4 960 500 (Quatre millions neuf cent soixante mille cinq cent) FCFA. L’hôtel de ville est connecté depuis novembre 2007 au réseau d’eau SNEC, au grand bonheur du personnel communal.

Question : Qu’en serait-il si sur les 4 960 555 obtenus de la SPM, j’avais déboursé 3 000 000 pour le Conseil Municipal qui n’était nullement l’objet de ce don ? (Voir attaché procès-verbal de réception des travaux, constat d’effectivité des travaux par Huissier de justice, autres pièces prouvant que cet argent n’a jamais été détourné).

Où est le détournement ici ? La violation d’une règle de procédure comptable est-elle un détournement ? L’eau peut-elle exister à l’hôtel de ville et que j’en sois accusé de détournement ? Qu’est ce qui donc, a été détourné ? Rigoureux dans la gestion de la chose publique, je ne pouvais, nullement réorienter cet argent vers un objet auquel il n’était pas destiné c’est-à-dire le conseil municipal ; mais plutôt pour des travaux objet du don de la SPM (chacun peut vérifier que l’eau est bel et bien installé à l’hôtel de ville de Penja).

DES RAPPORTS MENSONGERS, BASE DE MA REVOCATION

Pour obtenir ma suspension puis ma révocation, le stratagème que le Préfet, le Sous-préfet et les négriers des bananeraies ont arrêté est le suivant : Demander la descente à la commune d’un contrôle mixte MINFI (Ministère des Finances) MINATD (Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation) courant décembre 2007. Une commission mixte MINATD-MINFI descend à la commune après avoir passé la nuit dans les plantations de bananes. Arrivée à la commune le lendemain, la commission dirigée par Joseph KUETE, sans m’entendre, décide de s’en prendre à la Secrétaire Générale de la commune contre toute attente. Je leur dis qu’il m’a été rapporté qu’ils ont passé la nuit dans la bananeraie. Sans se gêner, ils sont passés aux aveux. Que sont-ils allés faire dans la bananeraie alors qu’ils venaient pour des contrôles à la commune ? Dieu seul le sait jusqu’à nos jours. Après avoir passé 48 heures à Penja, aucune question ne m’a été posée sur ma gestion, ceux-ci se bornaient à vérifier les actes administratifs de la Secrétaire Générale.

Au terme de leur séjour, le rapport manipulé déposé auprès du MINATD porte sur des supposées sommes d’argent que j’aurais prises à la PHP et à la SPM, sommes que je n’ai pas reversées à la commune selon les contrôleurs et les propriétaires des bananeraies de Njombé Penja. Ceci est confirmé dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune du 05 Juin 2008 page 3, sur le titre : Pourquoi le Maire de Penja a-t-il été révoqué !

DES ALLEGATIONS MENSONGERES COMME ARME DE DESTRUCTION DU MAIRE ELU

Dans un entretien accordé à Monsieur Sébastien Moreigne d’Amnesty International, Sieur Patrice O’Quin, propriétaire des bananeraies de la SPM, bourreau de LAPIRO de MBANGA et Paul Eric KINGUE, affirme ce qui suit : « Le Maire Paul Eric KINGUE, je ne le connais pas personnellement. Je sais qu’il est corrompu. Une fois élu Maire, il a été trouvé les sociétés bananières pour leur demander des financements pour la mise en eau de Penja. Les PHP lui ont donné 17 millions de francs CFA, et la SPM 7 millions de francs CFA. Il ne les a pas reversés, et la Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC) a déposé plainte contre lui, voyez la SNEC à ce sujet … »

Cette déclaration qui coïncide curieusement avec l’article paru dans Cameroon Tribune, vient conforter ma conviction selon laquelle ma révocation vient des bananeraies. Pourquoi en douter quand on sait que pour motiver ma révocation, le décret Présidentiel dit ce qui suit : « … révoqué pour irrégularités constatées dans la gestion de la commune … ». Cameroon Tribune a bien titré : "Voici pourquoi le Maire de Njombé-Penja a été révoqué".

Dans l’article incriminé, il est écrit, noir sur blanc « qu’une fois installé à la tête de la commune, j’ai été collecté des sommes d’argent dans les plantations bananières, que je n’ai pas reversées. Sous réserve qu’il me soit prouvé devant les juridictions pénales françaises que j’ai perçu des supposées sommes d’argent dans ces plantations, j’ai le devoir d’informer les communautés nationale et internationale que jamais, mais alors jamais, il n’a existé aucune promiscuité entre ces sociétés et moi. Autrement dit, je n’ai jamais traité des questions de moindres sous avec ces sociétés. Qu’il s’agisse des 17 millions dont a parlé Monsieur O’Quin, venant de la PHP, qu’il s’agisse des 7 millions supposés avoir été perçu par moi dans son entreprise. Jamais la SPM n’a versé 7 millions de francs CFA à Paul Eric KINGUE, jamais la PHP n’a versé 17 millions à Paul Eric KINGUE en tant qu’individu, ni en tant que Maire. La seule dépense effectuée par la SPM au profit de la commune, c’est celle se rapportant à l’extension du réseau d’eau SNEC installée de façon effective, visible, palpable, constatable à l’hôtel de ville et vérifiable par tous. Et cette somme était de 4 960 555 FCFA.

A la lecture de cette enquête menée par Sébastien Moreigne, il ressort clairement un gros tissu de mensonges venant d’un homme qualifié de patriarche, qui semble ne pas avoir la maîtrise de ses affaires en Afrique. Il transpire par ailleurs que les Directeurs Généraux des plantations de Njombé-Penja et Mbanga, quand ils veulent détourner, inventent n’importe quelle potion à faire avaler à Robert Fabre (Propriétaire de la PHP) et à Patrice O’Quin (Propriétaire SPM).

LA GOUTTE D’EAU QUI DEBORDE LE VASE

Le 27 février 2008, alors que le Sous-préfet et moi venions d’obtenir le calme à Njombé Penja, je reçois un appel téléphonique d’une chaîne de télévision privée de la place, qui voulait avoir des précisions sur le bilan des émeutes dans ces localités. Encerclés (le Sous-préfet, le Commandant, le Maire, le Colonel) par au moins 5 000 (cinq mille) jeunes portant encore des gourdins et menaçant de reprendre les émeutes si je ne disais pas la vérité, je suis contraint de déclarer ce qui suit : « … Njombé-Penja compte un mort, et Loum 6 victimes dont des blessés et des morts … »

Cette déclaration qui n’a pas été appréciée par la hiérarchie politique de la République est la goutte d’eau qui déborde le vase. C’est elle qui scelle mon sort. Une déclaration, une opinion. Une seule déclaration a suffi pour que je sois arbitrairement arrêté. Une déclaration faite sous la menace des assaillants, une menace telle que, nul ne pouvait faire autrement.

CONCLUSION

Cette mise au point est faite d’une part, pour permettre la compréhension de ce feuilleton qui, le 25 février prochain entrera dans sa 3e année, d’autre part, les manipulations politiciennes qui ont conduit à mon arrestation. Il était évident que ma présence à la commune de Penja hantait les opérateurs économiques propriétaires des bananes, que je mets au défi, du fond de la prison où je croupis injustement, d’apporter la moindre preuve du payement de leurs patentes, des enregistrements des baux (dont 90% de paiement reviennent aux communes), les paiements des taxes agricoles, des taxes communales fixées par délibérations approuvées pourtant par la tutelle administrative (Préfet, Gouverneur).

Ma présence à la tête de cette commune menaçait également les intérêts financiers d’un Préfet et d’un Sous-préfet corrompus et sans hauteur, qui des années durant, ont fait mains basse sur les ressources d’une commune qui n’arrivait pas à retrouver ses repères et dont j’étais décidé de renflouer les caisses, pour le bien des populations de Njombé-Penja qui m’ont accordé leur suffrage pendant les

Quelle est cette logique qui veut qu’au Cameroun, seuls les voleurs de la fortune publique, les déstabilisateurs de l’équilibre social soient récompensés ? Ne méritais-je pas d’être soutenu dans mes nobles ambitions de redonner à une commune ce qu’elle a perdu depuis plus de 3 décennies ? Devrais-je forcement m’aligner dans la logique de corruption en acceptant les propositions faites par ces Directeurs coloniaux qui me proposaient 20 millions FCFA par trimestre. Peut-être en acceptant cet argent, j’aurais été financièrement heureux, mais j’en suis sûr malheureux moralement pour avoir été complice des malheurs d’une population qui souffre au quotidien. « J’ai préféré moi, de souffrir financièrement et vraiment, je souffre dans la Prison de New Bell où je suis arbitrairement incarcéré »

Maire légitime de la Commune de Njombé-Penja,

Paul Eric KINGUE, Détenu politique des Bananeraies PHP & SPM

______________________________________________________________

   

26

 

25 février 2010

© Source : La Nouvelle Expression et Camer.be

http://www.camer.be/index1.php?art=9146&rub=6:1

 

La sœur de Paul Eric Kinguè aux arrêts

L'information est du quotidien La Nouvelle Expression qui a appris hier en fin de soirée l’interpellation et la mise en détention provisoire de dame Emma Ndongo Njoh, la sœur de Paul Eric Kingue, ex-maire de Njombé – Penja dans le département du Moungo, région du Littoral au Cameroun. Selon une source proche de la famille de l’ex-maire,révêlée par la même source la sœur de Paul Eric Kinguè a été interpellée à la demande du procureur de la République près le tribunal de grande instance (Tgi) du Moungo à Nkongsamba. La même juridiction qui avait condamné le maire déchu de Njombé - Penja dans le cadre des procès des émeutes de la faim de février 2008.

Selon cette même source, l’interpellation de dame Emma Ndongo Njoh serait liée à une affaire connexe au procès de Paul Eric Kinguè, et porterait sur un motif de complicité de pratique de sorcellerie. Cependant, notre interlocuteur se dit « surpris que cette affaire soit à nouveau ressuscitée alors qu’elle avait déjà été vidée par le tribunal de première instance de Mbanga ».

Quoi qu’il en soit, l’on apprend que dame Emma Ndongo Njoh est l’unique sœur de Paul Eric Kinguè et la seule personne qui le soutient depuis qu’il est en prison. Notamment en assurant son alimentation. « La mettre en détention provisoire revient à ôter à l’ex-maire toute assistance pendant qu’il est en prison. C’est un harcèlement… », constate notre source.

Maire de Njombé-Penja au moment des émeutes de février 2008, Paul Eric Kinguè avait ensuite été déchu de ses fonctions par le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation. Accusé ensuite d’avoir incité les jeunes à perpétrer des casses pendant ces émeutes, il avait été condamné à six ans de prison ferme par le Tgi du Moungo. Ayant fait appel de cette décision, il a été transféré à la prison de la villa de Douala, siège de la cour d’appel du Littoral. La prochaine audience est prévue le 3 mars prochain.

L'on se rappelle que Paul Eric Kinguè, l'ancien maire de Njombé Penja, dans un document parvenu hier à la rédaction de Camer.be, accuse plusieurs compagnies étrangères, la PHP et la SBM, et plusieurs autorités locales d'être à la source de son incarcération. Selon ce dernier dans sa communication, "Au Cameroun, seuls les voleurs de la fortune publique sont récompensés"

_________________________________________________________

     

27

 

26 février 2010

Quotidien Le Jour – Théodore Tchopa

http://www.quotidienlejour.com/divers-du-jour-/actualites-/1280-nkongsamba-paul-eric-kingue-at-il-tente-dassassiner-laurent-esso-et-rene-sadi

 

Paul Eric Kinguè a-t-il tenté d'assassiner Laurent Esso et René Sadi ?

 

La sœur aînée de l’ex maire de Njombe Penja a été placée sous mandat de dépôt mercredi dernier pour complicité de pratique de sorcellerie. L’ex maire de la commune d’arrondissement de Njombé Penja, Paul Eric Kingue et des complices ont-ils tenté d’attenter mystiquement à la vie de Laurent Esso, René Emmanuel Sadi, Remy Ze Meka,

Grégoire Owona et plusieurs autres personnalités de la République ? Le premier est secrétaire général de la présidence de la République, le second est secrétaire général du comité central du Rdpc et le dernier est ex- ministre délégué en charge de la défense. C’est dans le but d’élucider cette énigme que le parquet près les tribunaux du Moungo a fait interpeller et mettre sous mandat de dépôt sa sœur aînée. Ndongo Njoh Emma est incarcérée depuis mercredi 24 février dernier à la prison principale de Nkongsamba. Des sources proches de la famille de Paul Eric Kingue racontent que sa mise sous mandat de dépôt fait suite à plusieurs convocations par le juge d’instruction près le Tribunal de grande instance du Moungo. Des convocations auxquelles elle a d’ailleurs déféré.

Ndongo Njoh Emma est soupçonnée de complicité de tentative d’assassinat et complicité de pratique de sorcellerie. Selon une source au parquet à Nkongsamba, « dame Ndongo a été interpellée après que le juge d’instruction a trouvé d’autres  éléments nouveaux dans l’affaire ». Trois autres personnes sont détenues depuis environ dix mois dans le cadre de cette procédure à propos de laquelle le Tpi de Mbanga s’était déjà déclaré incompétent. Parmi elles, une guérisseuse nommée Kesse Akedi.

Les faits remontent à 2009. Paul Eric Kinguè est incarcéré à la prison principale de Nkongsamba. Il est accusé de complicité de pillage en bande, destruction et obstruction de la chaussée, entre autres. Des faits qui, selon l’accusation, ont été perpétrés lors des émeutes qui ont ensanglanté, fin février 2008, certaines villes du Cameroun, dont l’arrondissement de Njiombé Penja, dans la région du Littoral. Alors que se poursuivait ce procès dit des « émeutiers », Geneviève Adèle Kesse Akedi, une guérisseuse basée à N’djamena (République du Tchad) a reçu un coup de fil d’une de ses cousines, la nommée Thérèse Ago. Cette dernière invite la guérisseuse à Penja dans le but de « libérer Paul Eric Kinguè, condamné à la suite des émeutes de février 2008 ».

C’est ainsi que le 28 décembre 2008, à la demande de la sœur aînée de Paul Eric Kinguè, la guérisseuse aurait procédé à des incantations dans un cimetière situé dans la concession du Commandant Léopold Goufan en service à la Base aérienne de Douala. La guérisseuse qui est issue de la même tribu que le  Commandant Goufan, a confié aux enquêteurs du poste de sécurité publique de Penja que la séance de sorcellerie s’est déroulée en présence de dame Ndongo Njoh Emma. «Ayant réussi à ramener la peine de prison du concerné de 15 ans à 6 ans, le groupe lui a non seulement demandé de le faire davantage, il lui a aussi dit d’éliminer certaines têtes qui ont favorisé la situation dans laquelle se trouve le maire. Il s’agira tour à tour, sur la première liste, des nommés Ndono Mbanga André (député à l’Assemblée nationale) et Songha Daniel (chef traditionnel dans la localité) ; sur la deuxième liste, de Grégoire Owona, Remy Ze Meka, Laurent Esso, Kuate Jean-Pierre et Emmanuel René Sadi ; sur la troisième, de : Ngwane Kwa François, Elong Toto francis, Songa Daniel alias Ngando Tin et Ndedi François (chefs traditionnels) ; sur la quatrième et dernière liste de : Tsimi Zoah Hilaire, Amel François, Tiani Fidèle Yuinang, Ngah Gaston…(hommes d’affaires résidant à Penja) », ont rapporté les enquêteurs. Selon l’enquête, malgré son refus, les commanditaires ont forcé la guérisseuse à passer à l’acte. « Elle a fait une première tentative en envoyant un pigeon foudroyer les deux premières têtes de liste c’est-à-dire Ndono et Songa. Le pigeon est mort après avoir survolé la résidence du sous-préfet de Njombé Penja », apprend-on.

Pour Paul Eric Kinguè, « cette arrestation qui est liée à mon affaire est la preuve d’un harcèlement judiciaire, car elle est mon unique sœur et c’est elle qui me nourrit en prison ». L’affaire promet bien des rebondissements.

____________________________________________________________________

 

 

28

 

26 février 2010

Blaise Djouokep (Stagiaire) QUOTIDIENMUTATIONS .INFO

http://www.quotidienmutations.info/fevrier/1267181087.php

 

Procès : La sœur de Paul Eric Kinguè arrêtée

Accusée de sorcellerie, elle est à la prison de Nkongsamba depuis mercredi dernier.

Deux ans après les émeutes de la "faim" de février 2008, les arrestations continuent. Ndongo Njoh Emma, épouse Eyei Etondè et la soeur aînée de Paul Eric Kinguè vient elle aussi d'être arrêtée et gardée à vue à la prison de Nkongsamba. "L'arrestation est survenue mercredi dernier aux environs de 17h", a-t-on appris. Alors qu'elle croupit dans cette prison et médite sur son sort, son époux est lui aussi entendu par le juge du tribunal de Mbanga qui l'a convoqué. "Le juge menace de le garder à vue lui aussi", indique notre source. Il est reproché à Mme Ndongo Njoh Emma les faits de "pratique de sorcellerie".


Une accusation qui avait pourtant été rejetée par le tribunal de Mbanga et qui, deux années plus tard, est soulevée par le tribunal de Nkongsamba. Le même tribunal qui avait condamné l'ancien maire de Njombé Penja, frère cadet de l'accusée à six ans de prison. Que s'est-il réellement passé pour qu'on parle de pratique de sorcellerie dans ce procès?
Les faits remontent au mois de mars 2009. C'est à cette date que la soeur de Paul Eric Kinguè avait été accusée d'avoir sollicité les besoins d'une tradi-praticienne afin que son frère n'écope pas d'une condamnation à vie. Elle avait alors été arrêtée et placée sous mandat de dépôt à la prison de Mbanga. Plus tard, elle avait été élargie parce que les faits n'avaient pas été prouvés. "Elle était victime d'une machination", poursuit notre source.

Aveu
Elle avait été élargie et la vingtaine de personnes dont les noms figuraient sur une liste présentée pour cette cause parmi lesquelles la tradi-praticienne avaient été condamnées. Des témoignages avaient d'ailleurs soutenu que la tradi-praticienne avait souligné que ce n'était pas Ndongo Njoh Emma qui était venue solliciter ses services, mais la cousine de cette dernière. Un aveu qui aurait été fait par la "sorcière". Cette dernière, insatisfaite de ce que la somme de 200.000 Fcfa demandée pour le travail n'avait pas été versée intégralement.

"D'où vient-il alors que Mme Eyei Etondè soit arrêtée?", s'interroge-t-on. Pour cette dernière, ce n'est rien d'autre qu'une cabale contre son frère cadet Paul Eric Kinguè. C'est elle qui lui rendait régulièrement visite dans sa cellule spéciale 18 à la prison centrale de Douala et l'accompagnait lors des audiences. "C'est une chasse contre ma personne. Je ne comprends pas pourquoi ma soeur ait été arrêtée. Néanmoins, nous allons nous en tenir à la loi en espérant qu'elle fasse son travail", a déclaré Paul Eric Kinguè, visiblement abattu. A la prochaine audience de son procès en appel du 03 mars prochain, il sera donc seul, sans sa sœur.

__________________________________________________________________

29

 

Février 2010

HITFMRADIO

http://hitfmradio.net/actualite/308-justice--des-ennuis-pour-paul-eric-kingue-.html

 

justice : des ennuis pour Paul Eric Kinguè

La sœur aînée du détenu des émeutes de la faim et son époux ont été placés en détention préventive à la prison de Nkongsamba. S’agit-il d’un acharnement judiciaire contre Paul Eric Kingue, le maire déchu de Njombé-Penja en détention à la prison centrale de New-bell Douala. En effet, dame Emma Ndongo Njoh, sœur aînée de Paul Eric Kinguè, a été interpellée et gardé à la prison de Nkongsamba à la demande du procureur de la République près le Tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba.

C’est la seule personne qui soutenait l’ex maire en lui fournissant aliments et médicaments en prison.

Cette arrestation fait suite à une plainte déposée par un certain Nsonga Daniel au Tribunal de première instance de Mbanga contre dame Emma Ndongo Njoh sous prétexte qu’elle aurait contacté Mlle Ago Thérèse (tradi-praticienne) pour qu’elle fasse des pratiques mystiques afin que le maire Kinguè ne soit lourdement condamné lors de son jugement par le Tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba.

Cette affaire ayant été vidé par le Tribunal de première instance de Mbanga, puisque la prétendu tradi-praticienne, appelé comme témoin avait avoué avoir été manipulée. Suite à son témoignage, dame Emma Ndongo Njoh et ses autres co-accusés ont été libéré(e)s.

Non contact du jugement rendu par le Tribunal de première instance de Mbanga, les bourreaux de Paul Eric Kinguè ont porté l’affaire cette fois-ci devant le Tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba. Au moment où nous mettions sous presse, l’on nous signale que son époux, M. Ndongo Njoh a été placé sous mandat de dépôt dans la même prison. Pourquoi tout cet acharnement ?

_______________________________________________________________

30

 

3 mars 2010

BLOG NJOGNATH –

André Som, publié au bi-hebdomadaire Aurore plus du 02 mars 2010

http://njognath.over-blog.org/article-paul-eric-kingue-un-pan-de-ma-verite-45965566.html

 

Paul Eric Kinguè : Un pan de ma vérité

Emeutes de février 2008

Au moment où l’actualité a été consacrée sur les massacres des émeutes de fin février 2008, avec une agitation de la diaspora, l’une des victimes de la répression judiciaire continue de se battre pour que la lumière soit faite sur la condamnation de 6 ans d’emprisonnement qu’il purge.

 

Demain mercredi 03 mars 2010, aura lieu à la chambre criminelle de la Cour d’appel du Littoral la prochaine audience de l’affaire opposant le ministère public à Paul Eric Kinguè et autres. Condamnés au tribunal de grande instance du Moungo, pour complicité de pillage en bande lors des émeutes de fin février 2008. A l’audience du mardi 02 janvier 2010, la Cour avait renvoyé l’affaire pour extraction des accusés et composition régulière de la Cour. En effet, certains membres de la collégialité étaient absents. Quant aux extractions, seuls trois condamnés avaient répondu présent à l’ouverture de l’audience. Il s’agit de Paul Eric Kingue, Zachée Kong, Aboubakary Mana Bouba. Trois autres n’ont pas été extraits de leur cellule, il s’agit de Duplex Foma, James Elangue et Guy Modeste Ambomo.

Ce dernier est d’autant plus redouté, qu’il avait produit un mémoire de défense dans lequel, il demandait de ne pas prendre en compte sa déposition à la gendarmerie faite sous-pression afin d’incriminer Paul Eric Kingue. «Depuis mon arrestation, je vis un film de mafia, digne de la mafia sicilienne, un film dans lequel on m’assigné la mission troublante de liquider Paul Eric Kingue et Dr. Victor Kame, en les incriminant, comme ceux qui nous ont monté…Par peur d’être tué j’ai entretenu mes geôliers dans l’espoir, jusqu’ensuite où, le parquet de grande instance m’a promis la liberté, en contrepartie, si j’enfonçais Dr Kamé et le maire Paul Eric Kinguè. J’ai coopéré jusqu’à ce que ordre soit donné à la prison de me sécuriser.» Lors de la dernière audience, l’ex-maire de la commune d’arrondissement de Njombé-Penja avait émis des réserves sur la lenteur judiciaire observée jusqu’ici. Emettant le souhait de comparaître si possible chaque semaine, «comme les autres affaires politiques de l’opération épervier.»

 

Eclairage

Dans un mémo de 14 pages, Paul Eric Kinguè, publie ce qu’il a titré de : «Un pan de ma vérité». Ce mémo est soutenu par une kyrielle de documents de preuves en annexe. Il y retrace de manière chronologique ses malheurs depuis son élection comme maire de la commune de Njombe-Penja. Pour lui, il ne fait pas de doute qu’il est victime d’un règlement de compte politique. Et le prétexte pris, c’est qu’il serait l’instigateur des émeutes de la faim qui ont embrassé l’arrondissement de Njombé-Penja, tout comme la quasi-totalité du Cameroun (25 au 27 février 2008). Il soutient avec force et argument que ces bourreaux sont les dirigeants des sociétés d’exploitation agricole (Sbm-Php-Spnp) à capitaux français, repreneurs depuis 1988 de la défunte Organisation camerounaise de la banane (Ocb).

S’appuyant sur des circonstances concordantes, il démontre que son sort était scellé bien avant même les émeutes. Ses bourreaux étaient à la recherche du prétexte. Son crime, c’est d’avoir : - supprimer les avantages illégaux des autorités administratives. «Le Préfet du Moungo d’alors percevait Deux cent cinquante mille FCFA par mois, à la commune de Njombé-Penja ; le Sous-préfet aussi. Ces deux administrateurs délestaient la commune de 500 000 (Cinq cent mille) FCFA tous les mois. La Secrétaire du Sous-préfet était payée par la commune, son chauffeur aussi… j’ai décidé en ma qualité de juge d’opportunité et de gestionnaire de cette collectivité, d’arrêter cette saignée financière qui ne s’expliquait pas...» Dès cet instant, Paul Eric Kinguè dit être devenu pour ces autorités administratives, la bête à abattre. – Mais aussi d’avoir contraint les sociétés Php, Spm, Caplain et Spnp qui ne payaient ni patente, ni enregistrements sur leurs différents baux, bref, aucune taxe communale, parce qu’ayant réussi de se faire déclasser et enregistrer comme sociétés coopératives agricoles, de s’y conformer. Comme témoigne cette réponse du Directeur des impôts en décembre 2007. « J’ai l’honneur de vous faire connaître que l’administration fiscale veillera à la stricte application de la loi, notamment à l’article 160 du code générale des impôts…A cet effet, dès l’exercice prochain, les sociétés en question seront reversées dans le régime de droit commun.» Et Kingue de relever les conséquences de cette délinquance fiscale qui causait à la commune de Njombé-Penja un manque à gagner annuelle depuis une vingtaine d’années. «Il faut dire qu’au terme d’une expertise fiscale que j’ai commandée, la commune se voyait délester deux milliards sept cent cinquante-cinq millions FCFA par an, d’impôt communaux».

En revanche, il affirme dans son mémo que sieurs Brethes et François Armel se sont contentés de le proposer des pots de vin de 20 millions de FCFA par trimestre au cas où il abandonnait sa pression fiscale. Proposition indécente, on s’imagine dans lequel son prédécesseur, n’a pas fait fi, lui qui s’est fait recruter chargé des relations publiques dans ce consortium.

 

Le rouleau compresseur

C’est alors que le rouleau compresseur se met en branle pour broyer l’ex-maire de Njombé-Penja. L’alliance formée par les autorités administratives (Préfet et Sous-préfet) et les DG des sociétés de bananeraies sortent leur premier missile le 12 février 2008. Le lendemain de la fête de la jeunesse, le Gouverneur lui apprend que le Comité de coordination du Moungo l’a accusé d’être resté assis le 11 février, lors l’exécution de l’hymne nationale. Ce que va démentir les enregistrements vidéos. Pendant les soulèvements, le Colonel Alkassoum, venu de la légion du Littoral, va le confier qu’il est à Penja depuis le 22 février 2008 pour son arrestation. Et l’erreur fatale arriva. Le 27 février 2008, enlevé chez lui manu militari par une horde de jeunes en furie après le décès d’un jeune lycéen, il est joint au téléphone par une chaîne de télévision privée de la place, qui voulait avoir des précisions sur le bilan des émeutes dans ces localités.

Encerclés (le Sous-préfet, le Commandant, le Maire, le Colonel) par près de 5 000 jeunes portant encore des gourdins et menaçant de reprendre les émeutes s’il ne disait pas la vérité, il va déclarer : « …Njombé-Penja compte un mort, et Loum 6 victimes dont des blessés et des morts … » Cette déclaration qui n’a pas été appréciée par la hiérarchie politique de la République est le prétexte de la mise en exécution du plan diabolique de ses bourreaux était tout trouvé. «Une déclaration, une opinion. Une seule déclaration a suffi pour que je sois arbitrairement arrêté. Une déclaration faite sous la menace des assaillants, une menace telle que, nul ne pouvait faire autrement», se défend-il. Rien n’y fait, il est jugé pour ces évènements pendant 09 mois dans un de procès kafkaïen. Puisque aucun des 22 témoins du ministère public n’a déposé contre moi, encore moins les 30 co-accusés qui m’ont été collés et qu’il ne fera la connaissance qu’en prison.

 

Harcèlement judiciaire

Du mémo, on y apprend aussi sur les autres procédures judiciaires. Après ce premier procès, un nouveau procès lui est collé sur le dos. Il lui est accusé de détourner la somme de Un million quatre cent mille FCFA. En fait reconnaît-il : «je suis accusé de détournement  du simple fait qu’il m’est reproché d’avoir engagé une dépense sans le visa préalable du Préfet…aucune loi, n’oblige le maire à faire viser ses décisions par le Préfet et seuls certains actes, limitativement énumérés par la loi n° 18-2004/22 Juillet 2004 article 70 sont soumis à l’approbation préalable du Préfet. » Kinguè soutient que dans cet autre procès, il n’est versé aucune pièce prouvant que j’ai obtenu ou retenu frauduleusement les biens de la commune. Au contraire, les reçus des prestataires justifient à suffisance la destination de cette somme. Pas trop rassurés de retenir la culpabilité dans ce procès de 1 400 000 FCFA, le ministère Public, engage une troisième affaire. Cette fois de détournement de la somme de 4 960 000 FCFA, sans lui faire comparaître chez un juge d’instruction et ce, en violation du nouveau code de procédure pénale, mais il l’a toutefois renvoyé devant le juge de jugement.

Ces 4 960 000 FCFA donnés par la Spm sont destinés à l’extension du réseau d’eau Snec à l’hôtel de ville de Penja. Pour installer l’eau à l’hôtel de ville, le devis des travaux était de 4 960 555 Francs CFA (Quatre millions neuf cent cinquante-cinq mille francs CFA). La Spm s’est engagée, à la demande du maire, à financer cette opération citoyenne qui était d’ailleurs, la première pour cette entreprise. Partagé entre réunir le Conseil municipal qui coûte trois millions Fcfa par session pour statuer sur cette opportunité, le maire décide de violer à nouveau les procédures et de faire verser directement cette somme aux entreprises prestataires des travaux d’installation d’eau. Et depuis novembre 2007 l’hôtel de ville est connecté au réseau d’eau Snec, au grand bonheur du personnel communal. Chacun peut le vérifier. Et Paul Eric Kinguè de demander : «Où est le détournement ? La violation d’une règle de procédure comptable est-elle un détournement ? L’eau peut-elle exister à l’hôtel de ville et que j’en sois accusé de détournement ?

C’est sur cet argument curieusement que le contrôle mixte Minatd-Minfi descendu à la commune rurale de Njombé-Penja, et sous les ordres de ses bourreaux, s’est appuyé pour soutenir que l’ex-maire avait détourné d’importantes sommes d’argent. Des bourreaux démasqués. Lorsque dans un entretien accordé à Monsieur Sébastien Moreigne d’Amnesty International, Sieur Patrice O’Quin, propriétaire des bananeraies de la Spm, bourreau de Lapiro de Mbanga et Paul Eric Kinguè, affirme : « Le maire Paul Eric Kinguè, je ne le connais pas personnellement. Je sais qu’il est corrompu. Une fois élu maire, il a été trouvé les sociétés bananières pour leur demander des financements pour la mise en eau de Penja. Les Php lui ont donné 17 millions de francs CFA, et la Spm 7 millions de francs CFA. Il ne les a pas reversés à la Société nationale des eaux du Cameroun (Snec) qui a déposé plainte contre lui. » Des financements que celui qui se passe pour le détenu politique des bananeraies Php et Spm, nie en bloc et dit se réserver le droit de poursuivre Patrice o’Quin devant les juridictions françaises.

A chacun de se faire sa religion.

______________________________________________________

                

31 

4 mars 2010

CAMER.BE - © Mutations : J B A

http://www.camer.be/index1.php?art=9233&rub=11:1

 

Paul Eric Kinguè ne serait pas l'instigateur des émeutes de février 2008 à Nkongsamba

D'après différentes correspondances parvenues dans les services du Premier ministre, Paul Eric Kinguè ne serait pas l'instigateur comme l'indique l'accusation, des émeutes de février 2008 à Nkongsamba. En tout cas, l'un de ses contradicteurs dans le procès qui l'oppose à l'Etat du Cameroun, vient de le faire savoir dans une correspondance riche en révélations, adressée au Premier ministre. Le nommé Guy Ambomo (incarcéré à la prison de Nkongsamba à Douala), souligne avec force détails qu'il a été contraint à compromettre l'ancien maire de Njombé-Penja. Une manipulation politicienne, selon des échanges épistolaires entre différentes administrations, mise en branle longtemps avant les tristes événements de février 2008.

Le quotidien Mutations est récemment rentré en possession de la correspondance de Guy Ambomo. Un texte daté du 4 juin 2008 et jusqu'ici tenu secret. Adressé au Premier ministre Ephraim Inoni, il donne dans les détails la stratégie de mise à mort de Paul Eric Kingue. Moins détaillé cependant que cette autre lettre adressée au Vice-premier ministre en charge de la Justice garde des Sceaux, avec ampliation au Premier ministre et au chef de l'Etat, la missive fait des révélations troublantes. Guy Ambomo indique y avoir subi des "pressions, contraintes mentales et suggestions fallacieuses [des] magistrats aux fins de faire mentir contre un innocent".

Il précise qu'il ne connaît pas Paul Eric Kinguè "dans la vie libre", avant de passer aux aveux complets: "Je reconnais avoir mené une bonne partie des dégâts perpétrés à la Php et ailleurs. Curieusement, sous la pression de ces gens en tenue, après des menaces, ils m'ont proposé beaucoup d'argent pour que j'incrimine le maire de ma localité. Pour sortir de leurs griffes, je n'ai pas manqué de le faire." Depuis sa cellule de la prison de Nkongsamba, Guy Ambomo explique pourquoi, il a décidé de se rétracter dans le bureau du juge d'instruction, car pour lui, l'ancien maire n'y est pour rien. Cet autre détenu accuse même le lieutenant-colonel Moïse Nguete de lui avoir subtilisé 1,2 million de Fcfa.

Et Guy Ambomo d'ajouter qu'il "y a des personnes qui ont financièrement soutenu les émeutes, et j'ai donné leurs noms au juge d'instruction, mais jusqu'à présent, elles ne sont pas arrêtées. Lui-même m'a dit sa déception parce qu'il aurait appris, me disait-il dans son cabinet, qu'il pensait que je venais clouer le maire de Penja", a écrit le détenu au Vice-premier ministre. Finalement condamné à 15 ans de prison ferme pour des faits de pillage en bande, Guy Ambomo a reconnu être auteur des délits attribués à l'ancien maire. "Si nous avons décidé d'aller détruire à la société Php, c'est parce que nous avons trop travaillé pendant la campagne électorale pour le député Ndonno Mbanga, qui jusqu'à ce jour, ne nous a pas payés. Il nous doit encore sept millions de Fcfa."

Hymne national

Ledit député est directeur des relations publiques de la Php. D'où le choix par Guy Ambomo et de ses complices de s'attaquer au patrimoine de l'entreprise. Toujours est-il que les faits exposés par Guy Ambomo semblent soutenus par sa convocation chez le gouverneur du Littoral, le 12 février 2008. Il avait en effet, été rapporté au gouverneur du Littoral que le maire était resté assis pendant l'exécution de l'hymne national, lors du défilé du 11 février. Pour sa défense, Paul Eric Kinguè avait présenté un support audiovisuel qui le présentait débout à cette occasion. "C'est ce qui a fait ajourner mon arrestation, qui avait déjà été instruite pour le 12 février 2008. Le colonel Alkassoum, venu de la légion du Littoral, fut impressionné par nos interventions (le sous-préfet et moi), m'avoue qu'il est à Penja depuis le 22 février 2008 (avant la grève) pour mon arrestation.", Paul Eric Kinguè sera finalement interpellé le 27 février.

A titre de rappel, le lundi 19 janvier 2009, Paul Eric Kinguè, ancien maire de la commune de Njombé-Penja, est condamné à six ans d'emprisonnement ferme par le tribunal de grande instance du Moungo Nkongsamba, et à 804 millions de francs de dommages à payer aux Plantations de haut Penja (Php) et autres.
Le tribunal lui reprochait les faits de pillage en bande, vol aggravé et destruction en coaction, activité dangereuse pendant les émeutes de la faim qui ont secoué le Cameroun en février 2008. "Le 25 février dernier, lorsque se déclenchent les mouvements de grève avec des pillages que personne n'a cautionné, ils ont tôt fait de me faire porter la responsabilité de la grève de Penja alors que, n'eut été mon implication personnelle, Njombé-Penja aurait connu un sort assez lourd", écrivait Paul Eric Kinguè dans sa correspondance.

Et de poursuivre: "Le colonel Kalsoumou et les éléments du Gmi de Douala, présents sur le terrain, m'ont félicité pour le courage et le rôle que j'ai joué pour maîtriser la colère des jeunes en fureur. Je me vantais d'ailleurs d'avoir ramené le calme dans ma localité, le 27 février, alors que les autres villes étaient encore au plus fort de la crise. Mais curieusement, après le séjour des expatriés de la bananeraie à Yaoundé, je me suis surpris en train d'être appréhendé comme un chef de gang, devant mes populations, par des militaires et gendarmes transportés dans 6 camions (armée de terre) et 12 pick-up (de la gendarmerie)." Paul Eric Kinguè maintient cette ligne de défense, deux ans après son incarcération.

Délibérations

Mais le maire d'hier, aujourd'hui prisonnier, dit avoir saisi le Premier ministre d'alors, Ephraïm Enoni, qui a instruit le directeur général des impôts, Laurent Nkodo, de reverser ces entreprises enregistrées comme sociétés coopératives agricoles au régime de droit commun, en procédant à l'annulation des différentes exonérations dont elles se targuaient et qui, en réalité, étaient illégales au regard du Code général des impôts du Cameroun. L'autre épée de Damoclès qui pend sur la tête de l'ex-maire est la gestion de la commune. Selon ses révélations, le préfet du Moungo et le sous-préfet Njombé-Penja percevaient chacun 250.000 Fcfa chaque mois. La secrétaire du sous-préfet et son chauffeur émargeaient également tous les mois dans le budget de la commune.

"J'ai décidé, en ma qualité de juge d'opportunité et de gestionnaire de cette collectivité, d'arrêter cette saignée financière qui ne s'expliquait pas", confie Paul Eric Kinguè. D'ailleurs, "il était désormais évident qu'après avoir mis fin à la spoliation par le préfet et le sous-préfet des fonds de la commune de Penja, après avoir traqué les entreprises esclavagistes associées à ces deux personnes et c'est sans doute pourquoi, je croupis injustement aujourd'hui, au fond d'une cellule à la prison de Douala", analyse-t-il, juste avant son transfert à la prison de Nkongsamba.
Cette version est une mise au point qu'apporte Paul Eric Kinguè qui se présente comme un détenu politique dont la présence à la tête de la commune de Njombé-Penja "menaçait également les intérêts financiers d'un préfet et d'un sous-préfet corrompus, qui ont fait main basse sur les ressources d'une commune qui n'arrivait pas à retrouver ses repères et dont [il était] décidé de renflouer les caisses, pour le bien des populations qui [lui] ont accordé leurs suffrages pendant les élections".

_________________________________________________________________

 

32

 

11 mars 2010

CAMER.BE – Prosper YAMEN

http://www.camer.be/index1.php?art=9329&rub=6:1

 

Paul Eric Kinguè : Victime de la Françafrique ?

Depuis quelques jours nous vivons en spectateurs avertis mais affaiblis  à un rebondissement dans ce qui convient aujourd’hui d’être appelé «l’affaire PEK contre l’état du Cameroun » ou l’affaire Paul Eric Kinguè l’ex maire RDPC de la commune de Njombe Penja condamné à 6ans d’emprisonnement pour destruction des biens et autres actes de vandalisme, faits commis dit-on pendant les émeutes de la grève de la faim de février 2008...« l’injustice » camerounaise aurait pu chanter ô victoire une fois de plus après avoir trouvé et embastillé un autre bouc émissaire à l’instar de Lambo Pierre Roger alias  « Lapiro de Mbanga » alias « Dinga man »jugés comme des instigateurs desdits événements qui ont connu la mort de plusieurs centaines de jeunes camerounais et dont l’opinion tant nationale qu’ internationale attend toujours qu’une enquête puisse être ouverte afin de faire toute la lumière sur cet autre cas de crime contre l’humanité perpétré sur des jeunes gens  affamés et poussés par la misère dans la rue pour  réclamer à leur façon une amélioration de leur condition de vie.
 
Mais voila que suite à l’article publié dans le quotidien la Mutation et reprit ici sur camer.be, article faisant allusion au mea-culpa d’un certain Guy Abomo lui aussi condamné à 15 ans d’emprisonnement dans la même affaire et qui, en reconnaissant toute sa responsabilité dans lesdits faits innocentait ainsi notre magistrat municipal. Suite donc à cette sortie sous forme de confession,  on aurait pu dire qu’enfin les masques sont tombés, les visages des bourreaux de Mr le véritable maire élu de Njombe Penja sont mis à découvert, qu’enfin les culottes sont descendus, que tout est mis à nu dans cette scabreuse histoire à la Kafkaïenne et que dorénavant notre Elu local est blanchi et lavé de tout soupçon, que nenni...

Dans un état de droit, le ministre de la justice aurait immédiatement convoqué les journalistes à un point de presse où il aurait reconnu les erreurs de son administration et présenter les excuses du gouvernement de la république à PEK et à sa famille. On aurait même imaginé une indemnisation et la réhabilitation du concerné. On peut toujours rêver...

La raison est toute simple. En effet, la décision de museler PEK ne dépends pas seulement de la justice camerounaise mais elle dépends beaucoup plus de ces sbires du néocolonialisme qui ont fait main basse sur les sols et les sous-sols africains et qui les exploitent à souhait , ces nouveaux patrons européens avec les français en ligne de mire, ont déroulé une nouvelle stratégie françafricaine pour spolier notre continent. Ils viennent avec des casquettes d’investisseurs  et se révèlent très vite en exploiteurs, ils s’approprient d’immenses portions de terre expropriées d’ailleurs aux populations locales pour y créer des plantations et offrir à ces même populations sevrées de leur bien, des emplois à forte connotation esclavagiste, les hommes les femmes et même les enfants y sont exploités pour des salaires de misère...la population ainsi paupérisée et clochardisée est abandonnée à elle-même car ces nouveaux maitres de la françafrique prennent le soin d’arroser les autorités locales(sous-préfet, préfet, maires) à coup de franc/cfa et autres petits cadeaux pour obtenir leur silence pour qu’ils les lâchent les basquettes afin qu’ils puissent piller nos sols en toute quiétude...ces goujats ne payent ni impôts ,ni taxes ni aucune redévance à la caisse locale. Leur crédo c’est faire le plus de profit à peu de frais....telle est la nouvelle  mission que  ces Néo-colons Françafricains se sont donnés dans le berceau de nos ancêtres..

Ces profiteurs embastilleurs aux rangs desquels trônent en seigneurs le groupe Bolloré, Fabre, Castel, O’Quin, Pechiney et autres Total , sont aujourd’hui de nouveaux instruments qu’utilise la France pour asservir  le continent africain. Malheureusement avec la bénédiction de nos « roitelets » déguisés en chefs d’états qui se comportent comme des « Tchinda », de simples valets face à ces  esclavagistes des temps modernes..
.Comme au  siècle passé où des souverains et monarques africains échangeaient leur sujets contre des pacotilles, aujourd’hui l’exploitation facile de nos sous-sols, de nos sols ainsi que de nos populations n’est rendu possible que grâce à la collaboration de nos dirigeants corrompus qui ne songent qu’à s’en mettre pleine les poches et tant pis pour leur population car tant que leur maitres les assurent leur pouvoir à vie alors basta ! C’est le peuple qui trinque. Si non comment comprendre qu’une région comme le Moungo au Cameroun principal poumon de l’agriculture de rente au Cameroun , reste encore à la traine du développement aujourd’hui, avec ses vastes plantations de bananerais et d’ananeraies pour ne citer que ces deux cultures alors que les entreprises comme OCB , PHP, SNPH  y sont installées dépuis bientôt  un démi siècle ? Comment comprendre que dans ces localités il n’ya ni eau  potable ni routes ni, lumière ni grandes écoles et autres  hopitaux dignes de ce nom. etc.

C’est face à cette situation, qu’un natif de la région né et grandit à Penja , fils d’un de ces exploités agricoles,  témoin oculaire de la misère de sa population s’est donné la mission ô combien noble et divine de sortir son peuple de la misère en le tirant du sous-développement dans lequel il est englué dépuis plusieurs générations.

Quel autre cadeau un tel fils  pouvait apporter de mieux à sa population ?

Au lieu de s’expatrier comme certains d’entre nous qualifiés à tort ou à  raison  de lâches et de fuyards, PEK a choisi  de se battre auprès des siens il a choisi de mener son combat sur le terrain avec sa population. Malgré le long et difficile parcours, il s’est donné les moyens, il a opté pour cela à un des moyens les plus efficaces à ses yeux : la politique il a choisi un parti le RDPC du fait que c’est le parti au pouvoir et c’est ce parti qui gère pour le moment le budget consacré au développement des régions. Il y a adhéré, il a gravi les échelons il s’est présenté aux municipales, il a battu campagne bien sûr en investissant son temps et son argent et il a été élu maire de sa localité. Position stratégique d’où il pouvait  avoir les coudées franches pour enfin réaliser son rêve de pourvoir  au développement de Njombe/Penja sa ville natale. Mais c’était sans compter avec les seigneurs de la françafrique qui se sont appropriés  les terres de sa région.

PEK certainement naïf, a cru que du haut de sa position de maire RDPC de sa localité , il avait les moyens de faire enfin bouger les choses en demandant tout simplement que les sociétés agricoles qui sont installées sur son territoire de compétence payent ne serait-ce que les taxes qu’elles doivent au trésor public en vue de faciliter le développement des deux villes placées sous son autorité. Mal lui en a pris.

Face aux injonctions du Premier ministre de l’époque Inoni Ephraim qui les y ont contraint sur la plainte du maire, ces agents des cultes mafieux ont décidé d’avoir la peau de de dernier et la grève de la faim de février 2008 les a donné une bonne occasion, de même les autorités administratifs prébendiers à leur solde sous-préfets, préfets , magistrats, officiers de gendarmerie et même certainement le ministre de l’administration territorial sont passés à la caisse pour faire taire PEK.

Le premier ministre de l’époque ne s’est pas souvenu que c’est grâce aux révélations dudit maire qu’il a demandé au ministre des finances de sommer ces sociétés de remplir leur devoir vis à vis du trésor public. Son silence complice a favorisé le déroulement de la puissante machine de « l’injustice » pour écraser PEK quelle trahison !
Mise en garde à vue, jugement à la va vite et condamnation sans consultation de preuves, relevé de ses fonctions et ensuite arrestation de sa sœur ainée seule personne qui lui apporte du soutien tant sur le plan nutritionnel que sanitaire. Toutes des actions pour faire taire l’homme à jamais ! Telle est la nouvelle stratégie machiavélique qu’utilisent ces puissants  agents du néo-colonialisme issus de la françafrique aujourd’hui pour réduire au silence tous ceux qui s’opposent par quelques moyens que ce soit, à leur sinistre ambition de spolier l’Afrique.

Face à cette triste réalité,  nous de la diaspora africaine en général et camerounaise particulier, allons-nous continuer à nous taire ? ne devons-nous pas comme le disait Suzanne  Kala-lobé descendre de nos tours Eifel, de nos boules d’Atomium, de nos Statues de la liberté ou de quitter nos avenues de la Queen palace pour apporter notre soutien à Paul Eric Kinguè nouvelle victime des réseaux de la françafrique et martyr de la lutte contre le sous-développement  dans notre pays.

NB/ Faites parvenir votre soutien à PEK par ce numéro de compte. AFRILAND FIRS(T) BANK
NOM: SOLLE ETONDE EMMANUEL ( neveu de PEK fils de sa sœur ainée incarcérée)
comp num ; 00002- 023677315 01 52.....( Iban 10005 et swift CCEI CMCX)
Pour ceux qui souhaitent passer un coup de fil à PEK , contactez moi : yamen_cm@yahoo.fr

________________________________________________________________

Partager cette page

Repost 0