Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

33 

12 mars 2010

CAMER.BE - © Le Jour : Théodore Tchopa

http://www.camer.be/index1.php?art=9346&rub=6:1 

Guy Modeste Ambomo : « On m’a proposé 5 millions pour mentir sur le nom de Kinguè »

Condamné à 15 ans de prison ferme pour pillage en bande dans l’affaire Paul Eric Kingue, le général Maestro, comme on l’appelle, explique le rôle de l’ex-maire lors des émeutes. Il dédouane Paul Eric Kinguè dans cette interview accordée à nos confrères du quotidien Le Jour tout en affirmant qu'on lui a "proposé 5 millions pour mentir sur le nom de Kinguè "(...) Chaque fois que le colonel me convoquait dans son bureau, il mettait son téléphone en main libre. De sorte que tout ce que le colonel me disait, venait directement du procureur. ..

Confirmez-vous que vous avez été manipulé pour incriminer  l’ancien maire de Njombé Penja ?

Effectivement. Quand je suis arrivé à Nkongsamba, entre le 1er et le 14 mai 2008, lors de l’enquête préliminaire au Groupement territorial de gendarmerie, le colonel, commandant de cette unité, un lieutenant (notre enquêteur) et le procureur de la République m’ont demandé de mentir sur le nom du maire, en disant qu’il tenait des réunions préparatoires des émeutes de février 2008 à Njombé Penja. Chaque fois que le colonel me convoquait dans son bureau, il mettait son téléphone en main libre. De sorte que tout ce que le colonel me disait, venait directement du procureur. C’est lui qui disait ce qu’il fallait faire et me faisait des promesses. J’étais aux petits soins chaque fois que je m’y rendais. J’ai relaté au juge d’instruction tout ce qui s’est passé à l’enquête préliminaire. Devant nous, il a appelé le procureur qui voulait l’intimider afin que je confirme que Kingué était responsable des émeutes.

J’étais tellement recherché que tout ce qu’on me disait lors de l’enquête préliminaire, j’étais obligé de l’accepter, sachant que j’allais le rejeter par la suite au niveau du juge d’instruction. Ils m’ont promis près de 5 millions de francs Cfa, ils se proposaient aussi de me protéger, en m’envoyant en exil en Centrafrique. Toujours à l’enquête préliminaire, j’ai donné les noms des vrais commanditaires, on les a convoqués au niveau du parquet, mais ils n’y sont jamais arrivés. Depuis lors, on ne sait plus ce qu’ils sont devenus. Je reste convaincu qu’ils ont corrompu avec l’argent pour être mis en liberté alors qu’ils sont les vrais instigateurs de ces émeutes.

Qui sont ces vrais commanditaires ?

Ce sont des acteurs de la scène politique à Njombé Penja. J’étais un des piliers de la grève. C’est à ce titre que des femmes politiquement actives dans la localité m’ont approché et m’ont avancé une somme d’argent pour me motiver (jusqu’à ce jour, elles n’ont jamais versé le reste d’argent). Il se trouve que ces femmes-là battaient campagne en juillet 2007, pour que André Ndono Mbanga  soit élu député. Seulement, quand Ndono est devenu député, il les a rejetées. Sachant  que Ndono occupe la position de cadre à la Php (Plantations du haut Penja) et que cette position  pouvait obliger le député à négocier, elles ont pris contact avec mon groupe et moi puis m’ont demandé de m’attaquer à la bananeraie, sachant que j’avais été aussi abusé par Ndono. Celui-ci me devait 7 millions de francs Cfa pour le rôle que j’avais joué en sa faveur lors des échéances électorales de juillet 2007.

Quel rôle a joué l’ancien maire au cours de ces émeutes?

En réalité, on ne s’est vus, lui et moi, que le 27 février, quand il est venu mettre la paix à la brigade de Penja. Les éléments du Gmi venaient de tirer sur un jeune garçon. Sur place, il y avait un colonel de la Légion de gendarmerie du Littoral, le commandant de Penja, le commandant du Gmi et le sous-préfet Akoue Mengue. M. Kingue et le sous-préfet sont venus parler au peuple, ils lui ont demandé de se calmer, ils ont rétabli le calme. Je vous rappelle que j’étais meneur de la foule. Sans l’intervention de Kingué, on ne se serait pas démobilisés de sitôt.

Le maire Kinguè avait-il eu des liens quelconques avec vous avant les émeutes?

Je n’avais jamais été en contact avec le maire. Tout au contraire, je travaillais toujours avec ses adversaires. Notamment, M. Ndono Mbanga, rival politique juré de Kingué. Je reste donc convaincu que les malheurs du maire viennent de ce monsieur qui par ailleurs, travaille à la Php. Ce maire est un innocent qui écrit librement au président de la République.

N’avez-vous pas peur aujourd’hui de faire ces déclarations explosives ?

Non ! J’ai la conscience tranquille, il fallait bien que je me décharge du poids qui me pesait sur la conscience parce que j’ai l’impression que c’est à cause de moi que Kingué a été condamné. Si la justice faisait bien son travail, les aveux qui m’ont été extorqués en préliminaire, en échange des promesses et suggestions, n’auraient pas dus être pris en compte lors du verdict au Tgi du Moungo. Vous vous rappelez que chaque fois que je voulais prendre la parole là-bas au Tgi pour dénoncer, le juge m’intimait l’ordre de m’asseoir. J’espère qu’on m’offrira cette occasion à la Cour d’appel.

Avez-vous des espoirs quant au dénouement de ce procès ?

Dans ces procès liés aux émeutes, le président de la République avait déjà prôné l’apaisement. C’est ainsi qu’à Douala comme partout ailleurs, aucune condamnation n’a dépassé 18 mois. Malheureusement, pour nous, les responsables du Moungo ont tellement passionné cette affaire liée à la grève qu’ils ont fait traîner notre procès sur plus de neuf mois. Conséquence, les remises de peine que le chef de l’Etat avait décrétées en mars 2008 ne sont pas toujours appliquées. Pourtant, nous sommes également des enfants du président et méritons que sa grâce nous soit appliquée. C’est pour cela que je reste convaincu que les magistrats de la Cour, parce que n’étant pas passionnés dans cette affaire, sauront jouer le rôle de parents.

___________________________________________________________

34

 

21 mars 2010

CAMER.BE

© Correspondance : Le président de la Commission, SHANDA TONME

http://www.camer.be/index1.php?art=9444&rub=6:1 

Demande d’une grâce exceptionnelle pour messieurs Paul Eric KINGUE et Lapiro de Mbanga

Monsieur le Président de la république,

En ce premier trimestre 2010 où le Cameroun a la chance de continuer de jouir d’un calme certain, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination est  heureuse de vous présenter ses très respectueux compliments et de solliciter votre permission pour soumettre à votre sage attention, une demande pressante dans l’intérêt supérieur de notre pays. Depuis les mouvements d’humeur qui ont marqué le pays en février 2008, deux citoyens, élus locaux et leaders d’opinion bien connus, sont incarcérés à la prison centrale de Douala. Il s’agit de messieurs Paul Eric Kinguè, ancien maire RDPC de la commune d’arrondissement de Njombé/Penja, et Pierre Roger Lambo, artiste populaire très connu et ancien conseiller municipal SDF de la commune d’arrondissement de Mbanga dans le Moungo.  

En effet, après  la grâce que vous aviez accordée à des centaines de jeunes compatriotes condamnés pour des actes de violence versés à leur charge, ces deux personnalités constituent dorénavant une sorte de plaie béante que seule votre haute décision en vertu de vos larges pouvoirs consacrés par la constitution, permettrait de refermer.
C’est pourquoi  Excellence monsieur le Président de la République, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination qui se fait ici l’écho d’une très grande majorité de camerounais épris de paix, de justice, de solidarité, de tolérance et de compassion, vous prie d’accorder la grâce à messieurs Pierre Roger Lambo et Paul Eric Kinguè.

Par ailleurs, la Commission qui ne veut point se donner la liberté de porter un jugement sur les décisions des tribunaux, faillirait à un devoir d’honnêteté, de vérité et de loyauté citoyenne, si elle n’attire pas ce faisant, votre attention sur les témoignages contradictoires, les rétractations des témoins, les soupçons de règlement de compte, la remise en cause de certaines preuves, qui jettent le doute sur les condamnations prononcées contre les deux compatriotes.

Excellence monsieur le Président,

Il va sans dire que la célébration de la prochaine fête de l’unité, le 20 mai 2010, vous offre une occasion exceptionnelle, de poser cet acte qui nous fera à tous le plus grand bien, et contribuera à raffermir la confiance des citoyens dans les institutions que vous incarnez mieux que quiconque.

Dans l’attente, et nous permettant d’anticiper sur votre bienveillante, très sage et immanquable compréhension, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination vous prie de croire, monsieur le Président de la République, en l’assurance de sa très haute considération./.

Notes du secrétariat de la COMICIDI: La demande de grâce du COMICODI est envoyée au président de façon simultanée sous le couvert de cinq personnalités, pour s'assurer que même si l'une d'elles refuse de transmettre ou traîne les pieds comme il est de coutume au Cameroun, au moins une ou deux autres accompliront la mission.
La principale, celle transmise sous le couvert du président de la conférence épiscopale, a été déposée, de même que celles transmises sous le couvert du premier ministre et du vice-premier ministre chargé de la justice.
Les deux autres, celles transmises sous le couvert du secrétaire général de la présidence et sous le couvert du Directeur du Cabinet civil, ont été acheminées par courrier Express DHL.

_______________________________________________________________

35

 

30 mars 2010

Par Paul Eric Kinguè

http://www.bonaberi.com/ar,paul_eric_kingue_je_ne_suis_pas_contre_la_demarche_de_shanda_tonme,7610.html

Paul Eric Kinguè : "je ne suis pas contre la démarche de Shanda Tonme"

La réaction de l'ex maire de Penja à la demande de grâce auprès du Président de la République du Cameroun

Je ne suis pas contre la démarche de la Commission Indépendante Contre la Corruption et la Discrimination (COMICODI) qui reflète la volonté d’une grande majorité de camerounaises et camerounais de l’intérieur ainsi que de l’extérieur ; je ne suis pas contre la grâce présidentielle, si elle vise à me redonner la liberté que j’ai abusivement perdue d’une part, à me réhabiliter dans mes droits qui m’ont été injustement retirés d’autre part.

Pour ma part, un Cameroun apaisé dans chacune de ses localités, vaut mieux qu’un continent gagné au prix de la guerre. Je réitère ici, mon innocence dans chacun des dossiers politiques montés contre moi.

Rejeter la démarche de la Commission Indépendante Contre la Corruption et la Discrimination, serait une insulte, voire un affront contre mes enfants, mes amis, et ces milliers de camerounaises et camerounais qui de part et d’autre depuis bientôt vingt-six (26) mois, me soutiennent sans relâche et sans condition.

Pour moi donc, le combat est ailleurs et reste une question de conviction profonde mais inébranlable.

Je tiens à dire un grand Merci à la Commission Indépendante Contre la Corruption et la Discrimination, pour l’intérêt manifesté dans ma cause, un Merci profond et sincère aux hommes de médias pour leur soutien infaillible, de leur rejet de l’injustice, aux missions diplomatiques dont les rôles dans cette affaire sont discrètes, mais sûres, aux camerounaises et camerounais de l’intérieur et de la diaspora.

_______________________________________________________________

36 

17 juin 2010

ROBERT NGONO EBODE – BLOG : Ngonoeboder.over-blog.com

http://ngonoeboder.over-blog.com/article-emeutes-de-la-faim-3-millions-de-fcfa-pour-livrer-le-maire-paul-eric-kingue-52419180.html 

Emeutes de la faim: 3 millions de Fcfa pour livrer le maire Paul Eric Kinguè 

SOCIETE-LIBERATION NKONGSAMBA

La sœur de Paul Eric Kinguè, ex maire de la commune rurale de Njombé Penja, Ndongo Njoh Emma, a été remise en liberté le 24 mars dernier, après une détention de 30 jours à la prison de Nkongsamba.

Trois millions de Fcfa pour livrer la famille Kinguè

Après 30 jours de détention à la prison de Nkongsamba dans le département du Moungo, la sœur de Paul Eric Kinguè, l’ex maire de la commune rurale de Njombé Penja, Emma Ndongo Njoh, a été remise en liberté. Elle a été mise sous mandat de dépôt le 24 février 2010 par le juge instructeur du tribunal de grande instance du Moungo, après réquisitions du Procureur de la République, Jean Pierre Bifouna  Ndongo, aux motifs qu’elle avait contacté une tradi-praticienne dans le but de tuer tous ceux qui auraient contribué à l’incarcération de son frère. Autrement dit, elle était poursuivie pour complicité de tentative d’assassinat, pratique de sorcellerie et autres. « Ma sœur a été libérée par un non-lieu après que la dame sorcière ait fait volte-face en déclarant n’avoir jamais vu ma sœur. Elle dit avoir été payée à 400 000 Fcfa sur les 3 000 000 Fcfa que lui ont promis sieurs Ndono Mbanga et Songa Daniel. Une descente sur les lieux a été effective mercredi dernier, sous la conduite du Procureur du tribunal de grande instance, Jean Pierre Bifouna Ndongo, et du juge d’instruction auprès de ladite cour, René Fako. Au terme de cette descente, une confrontation a opposé le nommé Songa, la sorcière et ma sœur. Et c’est au cours de cette confrontation que la sorcière a craché le morceau », relate Paul Eric Kinguè joint au téléphone.

On se souvient que lors de l’arrestation de Emma Ndongo Njoh, l’affaire avait vite fait de prendre une connotation politique, puisqu’il se dégageait une réelle volonté de « briser » la famille Kinguè. Certains journaux à ce moment-là estimaient que la grande sœur de Paul Eric Kinguè aurait voulu assassiner certains hauts commis de l’Etat. Qu’elle se serait décidée d’en découdre avec tous ceux-là mêmes qui auraient contribué d’une manière ou d’une autre à l’incarcération de son frère. Elle aurait alors sollicité les services d’une tradi praticienne pour assouvir sa vengeance. Et c’est dans le but d’élucider cette énigme que le parquet du tribunal du Moungo a interpellé Emma Ndongo Njoh.

Et que justice soit !

L’affaire, loin d’être anodine, suscite cependant des questions, tant la libération de Emma Ndongo Njoh fait suite à un non-lieu. « Cela prouve la légèreté avec laquelle le tribunal de Nkongsamba a abordé ce dossier. Les magistrats de cette juridiction l’ont transformée en un centre de règlement de compte », conclut Paul Eric. Pour le moment, la famille ne compte pas s’arrêter là. « Notre famille attire l’attention de la communauté nationale de prendre acte de l’acharnement et des montages politico judiciaires dont sont victimes ses enfants. En attendant décider de la suite, nous allons saisir la Chancellerie pour demander que l’ordre et le professionnalisme reviennent dans cette juridiction qui a perdu tout de sa substance », annonce un membre de la famille. Celui-ci de poursuivre qu’ils se réservent le droit de poursuivre les uns et les autres pour dénonciation calomnieuse, et d’exiger même des dédommagements. Ceci d’autant plus que toute cette affaire tourne autour de celle qui envoie Paul Eric Kingué en prison, les dégâts collatéraux des émeutes de la faim de février 2008. Une condamnation qui continue de susciter beaucoup de vagues au point où certaines associations demandent la grâce présidentielle pour ceux qui sont encore détenus comme l’ex maire de Njombé Penja. Joint au téléphone, celui-ci se refuse à tout commentaire au sujet de la demande de l’Ong Comicodi.

______________________________________________________________

37

 

25 juin 2010

CAMER.BE - © Mutations : B.D.

http://www.camer.be/index1.php?art=10499&rub=6:1 

Le procès de l’ancien maire de Njombé-Penja s’enlise

Paul Eric Kinguè n’a pas caché son mécontentement à la Cour d’appel du Littoral hier, 24 juin à Douala. Rendu à l’audience pour l’ouverture des débats tel que initialement prévu aux trois audiences précédentes, l’affaire a à nouveau été renvoyée au 27 juillet prochain pour «constitution irrégulière de la Cour et retour de citation de Songa Daniel [l’un des plaignants, Ndlr]», qui avait pourtant déjà été cité. Ce que n’a pas digéré l’ancien maire de Njombé Penja. «C’est le 22ème renvoi pour cette affaire en appel alors que nous ne sommes même pas encore dans le fond de l’affaire. De quelle justice s’agit-il ? Qu’on me juge et au cas où je suis coupable, qu’on me condamne et qu’on en finisse avec cette affaire», martèle l’accusé, courroucé.

De l’avis de Paul Eric Kinguè, l’affaire en appel s’était ouverte alors qu’il se trouvait encore à la prison de Nkongsamba. Ce n’est que le 06 aout 2009 que l’accusé assistera à sa première audience en appel. Des audiences qui, depuis lors, vont de renvoi en renvoi. Au total, 22, apprend-on.

Témoins

A l’audience d’hier, en absence de l’un des membres de la collégialité qui constitue la Cour, ceux-ci sont revenus sur la communication de la liste des témoins, ce qui avait déjà été fait depuis le 02 juin dernier par le ministère public. La partie civile, la Plantation du Haut Penja (Php), représentée par un avocat, était aussi présente à cette audience.

Pourtant, tous les témoins cités par l’accusation étaient absents. «Les témoins de l’accusation ont été régulièrement cités et seront là le moment opportun», lance le ministère public. Or, pour M. Kinguè, c’est une stratégie pour faire durer l’affaire. «Ces témoins sont là dehors et refusent délibérément de venir». Pour l’ancien maire, il est question pour les témoins de s’absenter. Ce qui emmènera la Cour à faire un retour de citation et leur permettra de gagner du temps.

_________________________________________________________________

38 

23 juillet 2010

BLAISE-PASCAL DASSIE – LEMESSAGER

http://fr.allafrica.com/stories/201007230994.html 

L'affaire Paul Eric Kinguè renvoyée pour dislocation de la collégialité

Par Blaise-Pascal Dassié, 23 Juillet 2010

Il faudra encore s'armer d'une bonne dose de patience pour que l'affaire qui oppose Paul Eric Kinguè à la société des Plantations du Haut Penja (PHP) connaisse les débats dans le fond. Hier jeudi 22 juillet 2010 à la Cour d'appel du Littoral, comme d'ordinaire, les nombreuses personnes qui ont effectué le déplacement sont restées sur leur faim.

Tant elles auraient bien voulu voir les débats commencer dans cette affaire qui n'a que trop souffert des renvois (23 depuis le début). « Nous aurions bien voulu que les débats commencent réellement dans ce procès pour que l'opinion internationale et nationale sache enfin ce que l'on reproche réellement à l'ex-maire de Njombé-Penja » déclare, après le prononcé du renvoi, Francis Guekam, employé dans une compagnie d'assurance de la place et qui « suit le procès depuis son début ».

Renvoyée pour le 19 août 2010 pour dislocation de collégialité, ce qui convient depuis lors d'être appelé l'affaire Paul Eric Kinguè continue de jouer les prolongations. Lors de l'avant dernier renvoi pour non constitution de la collégialité, L'ex-maire de Njombé-Penja n'avait pas apprécié et était rentré dans une colère noire.

« Ce n'est pas possible. On ne peut pas croire que nous soyons dans un pays de démocratie et qu'on en est à renvoyer une affaire plusieurs fois de suite. Je veux être fixé sur mon sort. Si je dois être crucifié, qu'on me le dise. S'ils ont des éléments pour me condamner, qu'ils le fassent », avait-il grondé non sans s'offusquer de cette lenteur judiciaire qui, selon lui, n'est pas pour faire avancer les choses.

« Cette situation dans laquelle l'on se trouve montre bien que tout est mis en oeuvre pour que l'affaire perdure et que le principal mis en cause soit maintenu en détention aussi longtemps que possible », avait vociféré un sympathisant de l'ex-maire RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais) prétendant que « les vrais auteurs de ce qui s'est passé en février 2008 sont déjà hors de nos frontières. Tout ce qui est actuellement relève du folklore ».

Pour mémoire, c'est le lundi 19 janvier 2010 que le tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba avait rendu son verdict dans l'affaire de « pillage en bande » lors des émeutes de février 2008 impliquant l'ancien maire de la localité de Njombé-Penja.

Paul Eric Kinguè avait alors écopé de six ans de prison ferme et devrait solidairement payer avec certains de ses coaccusés 804 millions de francs Cfa à la partie civile constituée de la société des Plantations du Haut Penja (Php) et autres individus. Face à cette condamnation pour le moins spectaculaire, les conseils de l'ancien maire conduits par Me René Manfo avaient aussitôt interjeté appel de cette décision rendue par le juge Edouard Kitio.

Parmi les 28 coaccusés, onze avaient déjà purement et simplement été relaxés. Avec 15 ans de prison ferme, Ambomo Guy écopait de la plus grosse condamnation. Ce dernier n'avait pas caché sa culpabilité devant le tribunal en justifiant son acte par des promesses électorales non tenues.

Il était reproché à la majorité des accusés les faits « de pillage en bande, vol aggravé et destruction en coaction, activité dangereuse ». Le tribunal avait accédé à la demande du ministère public selon laquelle le vol aggravé, la destruction et activité dangereuse soient ramenés au crime de pillage en bande.

________________________________________________________________

39

 

28 juillet 2010

CAMER.BE © Camer.be : Yolande Tankeu

http://www.camer.be/index1.php?art=10920&rub=11%3A1

Demande de libération pour Lapiro de Mbanga et Paul Eric Kingué

Après les vœux de certains artistes du monde qui ont chanté il y a de cela quelques mois pour la libération de Lambo Pierre Roger, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI, Ndlr) organise une fois de plus un plaidoyer en faveur de la libération du célèbre artiste camerounais et de Paul Eric Kingué, maire déchu de Njombé-Penja. Dans cette seconde correspondance de la Comicodi après celle adressée récemment par la même organisation au président de la république, sans echos favorables, cette organisation dans sa lettre datant du 27 juillet 2010, adressée au premier ministre et chef du gouvernement camerounais "renouvèle ses profonds sentiments patriotiques, et à l’honneur de venir très respectueusement" auprès de "la bienveillante autorité, solliciter, une fois de plus, la libération selon les termes et les procédures" jugés " appropriées, des citoyens Lambo Pierre Roger et Paul Eric Kinguè"

Pour mémoire, Lambo Pierre Roger (Lapiro de Mbanga) et Paul Eric Kinguè  avaient été arrêtés à la faveur des mouvements d’humeur qui ont secoué le Cameroun au mois de février 2008. Par la suite, ils avaient été condamnés et écroués, d’abord pour Lapiro à la prison de Mbanga, ensuite Lapiro et Kingu7 à la prison de Nkongsamba et enfin à la prison de New-Bell où ils séjournent jusqu’à nos jours. Arrêtés eux aussi dans le cadre des émeutes de la faim de février 2008, ils n’avaient cependant pas bénéficié de la grâce que Paul Biya accordera à une centaine de Camerounais condamnés puis mis derrière les barreaux pour des actes liés à la violence versés à leur charge.

Selon la Comicodi, Lapiro de Mbanga et paul Eric Kinguè sont " des citoyens jugés et condamnés sur la base de témoignages qui au fil du temps, se sont avérés pour l’essentiel contestable, dans la mesure où quelques accusateurs se sont publiquement rétractés". Quoi qu’il en soit tel nous pouvons lire dans la lettre de la Comicodi signée de son président jean Claude Shanda Tonmé, " le temps de la récrimination, de la colère, de la dénonciation et de la vengeance est passé. Depuis février 2008 et depuis ces procès qui ont alimenté les tribunaux et meublé les prisons, les cœurs se sont apaisés. Les citoyens de notre pays sont majoritaires à souhaiter aujourd’hui que ces deux élus du peuple, retrouvent la quiétude de leurs toits, la chaleur de leur lit, et la chaleur de leurs familles."

Par ailleurs, la Commission qui ne veut point se donner la liberté de porter un jugement sur les décisions des tribunaux pense qu’elle faillirait à un devoir d’honnêteté, de vérité et de loyauté citoyenne. " Nous croyons fermement que ce serait une erreur irréparable que de maintenir le conseiller municipal Lambo Pierre Roger et le Maire Paul Eric Kinguè en prison dans un contexte politique fragile néanmoins dominée par une clameur populaire largement conciliante et réparatrice.

Selon cette organisation, il serait impossible  "d'avancer dans la paix et la réconciliation, tant que deux leaders d’opinion, deux élus, deux citoyens aussi populaires et aussi connus, resteront en détention pour faire plaisir à quelques rivaux, pour assouvir les instincts de vengeance inutiles et dangereux de quelques-uns. Il faut tourner définitivement la page de février 2008 sans créer de nouvelles blessures par une telle privation de liberté. Les mouvements d’humeur de février n’étaient pas seulement une aventure criminelle inconsciente et malveillante de bandes égarées et désordonnées, ils constituèrent aussi un moment politique important de l’histoire récente de notre pays. C’est pour cela qu’une décision politique s’impose aujourd’hui pour stopper la machine judiciaire."

En espérant que cette lettre adressée au premier ministre camerounais, trouvera un écho favorable auprès de ce dernier, force est de souligner que la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination affirme sans anicroche qu'elle  "porte le message qui vient des cœurs d’en bas, de la foule d’anonymes réellement épris de paix, de justice et de compassion.

___________________________________________________________________

40

 

27 juillet 2010

COMICODI

http://www.comicodi.org/info/wp-content/uploads/2010/07/COMICODI+PEK+LPR+GRACE.pdf

 

Demande de libération de messieurs Lambo Pierre Roger et Paul Eric KINGUE

 

July 29, 2010 | Par Comicodi

Voici des citoyens jugés et condamnés sur la base de témoignages qui au fil du temps, se sont avérés pour l’essentiel contestable, dans la mesure où quelques accusateurs se sont publiquement rétractés. Quoi qu’il en soit, le temps de la récrimination, de la colère, de la dénonciation et de la vengeance est passé. Depuis février 2008 et depuis ces procès qui ont alimenté les tribunaux et meublé les prisons, les cœurs se sont apaisés. Les citoyens de notre pays sont majoritaires à souhaiter aujourd’hui que ces deux élus du peuple, retrouvent la quiétude de leurs toits, la chaleur de leur lit, et la chaleur de leurs familles.

______________________________________________________________________

41 

13 août 2010

CAMER.BE - © Correspondance : SHANDA TONME, Président de la Commission

http://www.camer.be/index1.php?art=11134&rub=11:1 

Dénonciation de Paul Eric Kinguè, la COMICODI interpelle le premier ministre

Demande d’information sur la suite réservée à la correspondance de dénonciation de monsieur Paul Eric KINGUE, relative au dilatoire sciemment entretenu dans son affaire à la Cour d’Appel. Monsieur le Premier ministre, La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination vous présente ses respectueux compliments, et a l’honneur de solliciter un éclairage, sur les suites réservées à la correspondance pathétique et lourde de conséquences, que monsieur Paul Eric KINGUE, ancien Maire RDPC de Njombé Pénja, toujours détenu à la prison centrale de Douala, vous a adressée en date du 1er Août courant.

L’ancien maire, qui se définit comme un prisonnier politique, et pour qui nous avons à plus d’une reprise demandé la libération inconditionnelle, dénonce le dilatoire sciemment entretenu dans son affaire à la Cour d’appel du Littoral ( 23 renvois).

Il va sans dire, Excellence monsieur le Premier Ministre, que monsieur KINGUE, et son compagnon d’infortune politique, Lambo Pierre Roger, ne sauraient séjourner indéfiniment derrière les barreaux dans de telles conditions de déni de justice, sans de graves conséquences pour la quiétude de l’opinion nationale et internationale.

Dans l’attente de votre prompte réaction, nous vous renouvelons, monsieur le Premier Ministre, les assurances de notre très haute considération./.

___________________________________________________________________

42

 

19 août 2010

CCL LIBERATION - Le Messager du 16/08/10

http://cclliberation.canalblog.com/tag/Affaire%20Paul%20Eric%20Kingu%C3%A9%20La%20COMICODI%20sollicite%20un%20%C3%A9clairage

La COMICODI sollicite un éclairage

La commission indépendante des droits de l’homme vient d’écrire au premier ministre Philémon Yang. Dans cette correspondance du 11 août 2010, Shanda Tonme, le président de cette association qui lutte contre la corruption et la discrimination, sollicite un éclairage sur les suites accordées à « la correspondance pathétique et lourde de conséquences », dans l’affaire du nom de l’ancien maire RDPC de Njombé Penja, toujours détenu à la prison centrale de Douala. Celui-ci avait lui aussi écrit le 1er août 2010 au ministre de la Justice Garde des Sceaux.

Le président de la COMICODI constate que « l’ancien maire, qui se définit comme un prisonnier politique, et pour qui nous avons à plus d’une reprise demandé la libération inconditionnelle, dénonce le dilatoire sciemment entretenu dans son affaire à la Cour d’appel du Littoral (23 renvois) ». Selon Shanda Tonme, « Kingué et son compagnon d’infortune politique Lambo Pierre Roger, ne sauraient séjourner indéfiniment derrière les barreaux dans de telles conditions de déni de justice, sans de graves conséquences pour la quiétude de l’opinion nationale et internationale ». Le 1er août 2010, Paul Eric Kingué qui « demande simplement d’être jugé dans les meilleurs délais et être crucifié si c’est ce qui ferait rayonner l’image du Cameroun dans le monde » a saisi le vice-premier ministre, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, pour s’offusquer des « 23 renvois interminables qui ne crédibilisent pas notre justice et qui déshonorent le Cameroun ».

__________________________________________________________________

43

 

23 août 2010

LE JOUR - Propos recueillis par Théodore Tchopa

http://www.cameroun-online.com/actualite,actu-15020.html

“Je suis un détenu politique... Le Premier ministre était au courant du complot”

Deux ans après les émeutes qui ont mis à feu et à sang certaines villes du Cameroun, pouvez-vous rappeler à nos lecteurs ce que c’est que l’affaire ou plutôt les affaires Paul Eric Kingue ?

Le jour / Lundi 23 Août 2010

A cette phase non. Pour ne pas risquer d’être reproché d’avoir porté à la place publique, des procès encore en cours. Mais ce que je peux globalement dire est que les dossiers ouverts contre moi sont purement et simplement fantaisistes et n’ont pour seul but que de permettre à mes bourreaux de se faire une apparente bonne conscience, en m’accusant de ceci ou de cela. Ceux qui ont monté des accusations contre moi à l’aube de février 2008, après les avoir préparées dès ma prise de fonction, n’avaient pas initialement pensé à la tournure que devraient prendre les évènements (mon interpellation et mon incarcération) plus tard ; ceux-ci, après avoir planifié le coup et pris de l’argent auprès des bananeraies du Moungo en terme de centaines de millions s’il vous plaît, aidés en cela par les autorités administratives (préfet et sous-préfet), pensaient que l’interpellation d’un "maire de banlieue" n’aurait aucune répercussion sur la scène nationale, encore moins sur la scène internationale. C’était sans compter avec l’œil éveillé des journalistes camerounais, déterminés à jouer leur rôle à fond dans la construction de notre société, et des organisations non-gouvernementales des droits de l’homme qui ont, dès le début de mes problèmes, refusé la thèse que voulaient leur faire avaler les grands bourreaux assis dans certains bureaux feutrés de Yaoundé.

Pouvez-vous nommer ces bourreaux ?
Pour l’instant non ! Mais ils se reconnaitront à travers mon interview. C’est une chaîne qui commence à Njombé-Penja. Mes adversaires politiques, les propriétaires des bananeraies, le Sous-préfet et le Préfet avaient fait de la commune de Penja leur robinet que je suis malheureusement (pour eux) venu fermer. Tôt ou tard, ils seront formellement dénoncés preuves à l’appui auprès des organisations de lutte contre la corruption au Cameroun et même devant les tribunaux. Oui, tout part d’eux, mais pour mettre à exécution leur plan, il a fallu associer les magistrats du Moungo dans cette affaire. Une fois passés à la caisse des bananeraies, ces derniers n’avaient pour seule option que d’engager des procédures qui pour certaines ont abouti à une condamnation sans preuves matérielles, ni témoignages. Pour me résumer, les petits bourreaux dont je viens de parler ne sont que des déclencheurs de la grosse maffia qui a trouvé quelques oreilles attentives et "intéressées" à Yaoundé. Je dis quelques oreilles parce qu’en vérité, pour mettre en branle leurs inepties, les responsables des bananeraies françaises, accompagnés par le Préfet d’alors sont montés à Yaoundé, mallettes et sacs pleins, pour payer ma tête. Vous serez surpris que je vous le dise. Leur voyage à Yaoundé s’est fait avant les évènements de février 2008. J’en avais été informé et j’avais alors saisi le Premier Ministre chef du gouvernement par divers courriers. Pour vous convaincre, les services du courrier du Premier Ministère entre novembre 2007 et février 2008 portent les traces de dépôts par moi personnellement, des courriers informant le Premier Ministre d’alors, du complot qui était en cours contre moi.

Vos déclarations sont très graves…
Elles ne sont pas graves ; elles retracent simplement ce qui s’est réellement passé. Mon interpellation a été ordonnée le 12 février 2008, après le défilé de la fête du 11 février 2008. Aux motifs que pendant le défilé, j’avais demandé aux jeunes de perturber la fête d’une part et d’autre part, j’étais resté assis au moment de l’exécution de l’hymne nationale alors que j’étais maire…Des aberrations que j’ai fait balayer d’un revers de main en produisant au gouverneur du Littoral et au Minatd, des  images (CD Rom) contredisant ces grossiers mensonges !

Devons-nous comprendre qu’avant même ces émeutes, vous étiez déjà une cible à interpeller ?
Pour vous le prouver, je vous remets ce rapport du sous-préfet daté du 12 février 2008. Vous voudrez bien si vous le voulez, le publier. A la lecture de ce rapport du sous-préfet adressé au préfet du Moungo, une réunion du Cco (comité de coordination), sous la présidence du préfet Gambo Haman, s’est tenue à Nkongsamba et a relayé le même rapport mensonger au Cco du Littoral présidé par le gouverneur. C’est à la suite de la tenue du Cco du Littoral que Yaoundé ordonne mon arrestation. Nous sommes le 12 février 2008, bien longtemps avant les émeutes.

Et comment vous mêle-t-on donc à ces émeutes?
Je suis mêlé aux émeutes parce qu’après que j’eusse été informé du plan machiavélique en préparation, j’ai personnellement remis au gouverneur du Littoral le CD-Rom qui montrait bien que je n’étais pas resté assis pendant l’exécution de l’Hymne national le 11 février 2008. Désemparés par cette anticipation, il n’y avait plus suffisamment d’arguments pour faire exécuter leur projet machiavélique qui consistait à me mettre hors d’état de nuire à ce moment précis. Les émeutes venues, le prétexte leur était enfin servi par la nature sur un plateau d’or. M’accuser d’être l’instigateur des émeutes à Penja était devenu leur meilleure arme ; et ils l’ont fait. C’est ainsi que le 28 février 2008, je suis interpellé sans aucun mandat, gardé à vue pendant 21 jours disait-on sur ordre du préfet, au groupement de gendarmerie du Moungo où j’étais au quotidien torturé, enchaîné et obligé de me coucher sur un sol nu pendant toute la garde à vue.

Voulez-vous dire que vous avez été injustement accusé d’avoir été l’instigateur des émeutes à Njombé-Penja ?
Oui … Oui … Oui … ! J’en veux pour preuve, cette condamnation rendue à Nkongsamba le 19 janvier 2009. Une condamnation qui ne repose sur rien, sur aucune preuve matérielle. Le législateur a pourtant été clair en la matière : « La décision du juge ne peut être fondée que sur des preuves administrées au cours des débats » (article 310 alinéa 3 du Code de procédure pénale). Le même législateur reconnaît les témoignages comme preuves, à la seule condition que ceux-ci soient directs. « Est direct, tout témoignage qui émane de celui qui a vu un fait si c’est un fait pouvant être vu, de celui qui a entendu un fait si c’est un fait pouvant être entendu, de celui qui a perçu un fait si c’est un fait qui pouvait être perçu… ». Or dans le jugement rendu à Nkongsamba, aucun témoin, mais alors aucun ne dit m’avoir vu sur le théâtre des émeutes. Aucun ne dit m’avoir entendu donner le moindre ordre aux émeutiers que je ne connais toujours pas ; plus grave, parce qu’un crime n’est jamais parfait, le sous-préfet déposant comme témoin de l’accusation, a versé une liste des instigateurs et des exécuteurs des émeutes au dossier de procédure. Dans ces listes, mon nom ne figure nulle part. Le même sous-préfet dit ne m’avoir pas vu tout au long des émeutes ; le commandant de brigade, lui emboitant le pas, déclare exactement la même chose que le sous-préfet. Au total, 30 co-détenus, 22 témoins à charge, aucun ne dit m’avoir aperçu sur le théâtre des émeutes. Pour tout couronner, un co-détenu, sieur Ambomo Guy Modeste dénonce et dit avoir fait l’objet des pressions et même des suggestions fallacieuses pour déposer en mentant contre moi et ce, au mépris de l’article 122 du Code de procédure pénale. Dans un Etat normal, cette seule déclaration parue dans les journaux en mars 2010 et qui a fait le tour du monde, aurait suffi  pour établir mon innocence.

Selon vous donc, et en l’absence de tout élément matériel, qu’est-ce qui justifiait ma condamnation si ce n’était un règlement de compte politique bien ourdi d’avance ?
Plus grave, une décision rendue avec des contradictions des motifs qui font honte. Au commencement, selon l’ordonnance de renvoi au Tgi du Moungo, ma culpabilité était retenue parce que selon le juge d’instruction, j’avais tenu des réunions préparatoires aux émeutes, ensemble avec le Dr Victor Kamè, dans son domicile. Au terme des débats au tribunal, le premier juge reconnaît et je le cite : « qu’il n’existe dans le dossier de procédure, aucun élément permettant d’établir que les réunions tenues chez Dr Kamè avaient un lien avec les émeutes et pillages objets de la cause ». Par conséquent, le premier juge a acquitté Dr Kamè des faits de complicité de pillage en bande, obstruction, destruction, etc …Mais curieusement et en toute contradiction, le même juge retient ma culpabilité pour avoir tenu des réunions préparatoires aux émeutes ensemble avec Dr Kamè et au domicile de ce dernier. En répression, me condamne à 6 ans d’emprisonnement ferme et 850 millions à payer à la Société des plantations du Haut Penja (Php). Voyez-vous une telle contradiction? C’est le même juge qui dit n’avoir aucun élément, c’est le même juge qui acquitte Dr Kamè Victor des infractions liées à ces prétendues réunions, et c’est le même juge qui dit n’avoir aucun élément qui retient ma culpabilité du fait des mêmes réunions dont il dit n’avoir aucun élément permettant d’établir que ces réunions avaient un lien avec les pillages et émeutes objets de la cause.
Une décision qui donne du tournis et qu’un élève, même du cours élémentaire ne comprendrait. Bizarre non ? Cette contradiction seule, suffit pour que la nullité de cette procédure soit prononcée par la Cour d’Appel.

Vous faites-là le procès des magistrats de Nkongsamba ?
Je suis prêt dans les prochains jours, même s’il faut être pendu parce que j’ai osé vouloir faire payer les taxes aux français, de mettre dans un blog les notes d’audiences du tribunal de Nkongsamba, pour permettre au monde entier de comprendre que les contradictions relevées dans la décision rendue n’honorent pas notre justice. Ici, les magistrats qui ont rendu ce jugement ont balbutié et rien de plus, pire que des gamins ...

Votre affaire en rapport avec les émeutes de février 2008 n’en est qu’une parmi tant d’autres…
Comme je vous l’ai dit, mes bourreaux ont tout mis en marche pour détruire ma vie. Mensonges, calomnies …tout y est passé pour prouver à l’opinion suffisamment regardante dans mes affaires qu’on ne m’a pas interpellé pour rien. Je me souviens que le procureur du Moungo, en pleine audience me disait et ce, devant les journalistes venus assister à une audience, qu’il mettrait tout en jeu pour que je ne recouvre pas ma liberté avant longtemps. C’est la mise en application de ses menaces que je vis aujourd’hui. Conscient que le procès des émeutes peut ne pas produire l’effet escompté jusqu’au bout, parce que sans éléments, le procureur du Moungo qui a manipulé sieur Ambomo Guy Modeste de mentir sur moi, a pris sur lui, d’ouvrir contre moi des procédures vides les unes les autres, en espérant qu’avec la tactique du dilatoire, je mourrai en prison. Mais, je regrette qu’il ne soit pas convaincu des miracles de Dieu notre Créateur. Dieu ne punit jamais le coupable et l’innocent. Mon innocence, dans toutes ces machinations, m’accompagnera. Même si je venais à décéder en prison, parce que j’ai voulu faire mon travail tel qu’il le fallait, j’accepterai de mourir la paix dans l’âme.

Vous ne faites toujours pas allusion aux autres dossiers
 Deux autres dossiers sont ouverts contre moi par ce procureur qui a formellement induit toute la République en erreur en voulant faire croire qu’il avait des éléments accablants contre moi.
En dehors du dossier des émeutes, il m’a poursuivi par ailleurs en alléguant que j’avais détourné 1.400.000 francs Cfa (un million quatre cent mille) de la commune de Penja, ensemble avec trois autres responsables de cette collectivité toujours en détention. En faisant la division de la somme supposée détournée, il m’est individuellement donc reproché d’avoir détourné 350.000 francs Cfa (trois cent cinquante mille), de quoi faire rire tout homme normal, quand on sait ce qu’il faut débourser pour être élu maire Rdpc dans un contexte comme le mien ; Njombé-Penja étant le fief naturel de l’opposition ; quand on sait aussi que pour le Rdpc, j’ai vendu deux immeubles à Yaoundé pour faire admettre mon parti dans le Moungo-Sud en général et à Njombé-Penja en particulier.

Voulez-vous dire une fois de plus que ces autres accusations sont non fondées ?
Elles sont bien sûr non fondées parce que dans le premier cas, il m’est reproché ensemble  avec trois de mes collaborateurs, d’avoir détourné 1.400.000 francs Cfa (un million quatre cent mille), sur la simple base que la dépense que j’ai engagée en ma qualité d’ordonnateur, de juge d’opportunité et de gestionnaire de la commune, devait être visée préalablement par le préfet. Comme si pour engager une dépense dans sa commune, le maire doit préalablement obtenir le visa du préfet. Au départ, le procureur s’appuyait sur l’article 29 du décret n° 77/91 du 25 mars 1977 déterminant les pouvoirs de tutelle sur les communes, syndicats de commune et établissements communaux, modifié par le décret n° 90/1464 du 09 novembre 1990 qui stipule que les actes du maire sont exécutoires après visa préalable du préfet. Porté aux boîtes de nuit, restaurants et cabarets à Nkongsamba, le procureur n’avait pas compris que le décret sur lequel il voulait fonder son accusation visait la loi n° 23 du 5 décembre 1974 qui elle-même est abrogée depuis le 22 juillet 2004. Les lois de 2004 étant devenues désormais celles régissant les communes au Cameroun.
A supposer même qu’il avait existé une loi exigeant du maire d’obtenir le visa préalable du préfet, en quoi sa violation aurait été pénale ? La violation d’une règle de procédure relève de la seule compétence du juge administratif !
Par ailleurs, au moment où j’attends qu’il me soit produit une seule pièce à charge montrant que j’ai perçu la somme querellée, le procureur m’oppose uniquement un décret abrogé sans aucune pièce, ni aucune expertise. Cette somme a pourtant été utilisée (pièces à conviction) à l’appui, pour la location de l’orchestre ayant animé la cérémonie d’installation de l’exécutif communal de Penja le 25 septembre 2007, ainsi que pour les boissons. Ici, je ne me suis pas limité à verser comme preuve les factures, mais pour démontrer le non-sens de l’accusation, j’ai les images (CD-Rom) prouvant que cette dépense n’est pas fictive.

Comment peut-on me reprocher un détournement alors que de par ma fonction, je suis l’unique ordonnateur du budget communal au moment des faits ? Comment peut-on me reprocher d’avoir ordonné la dépense sans avoir attendu le visa du Préfet ? Quel texte de loi au Cameroun l’impose ?
Aucun texte, mais alors aucun n’oblige le maire à faire viser ses décisions par le préfet. N’étant pas au fait de l’évolution des lois régissant les communes, le procureur s’est largement fourvoyé et, lorsqu’il s’en est rendu compte pendant les débats, il a ouvert un troisième dossier dans lequel il m’est reproché d’avoir cette fois-ci détourné 4.960.000 francs Cfa (quatre millions neuf cent soixante mille) donnés par une société de la place dans le but d’installer un réseau d’eau à l’hôtel de ville de Penja. Cette somme a bel et bien été versée par cette entreprise, qui était à son tout premier "geste" au profit de la commune qui abrite pourtant ses activités. Cette somme également a été utilisée (pièces à conviction à l’appui) pour installer ce réseau d’eau Snec. Je vous donne copies de ces pièces afin qu’après ma mort programmée, vous les présentiez à l’opinion qui mérite d’être édifiée dans ces affaires raccommodées de toutes pièces. Non seulement les travaux ont été réalisés, mais les populations qui sont autour de ces travaux bénéficient des retombées de ceux-ci, réalisés sur un kilomètre et dont la facture s’élevait initialement à 9.160.600 francs Cfa (neuf millions cent soixante mille six cent). Ces travaux sont constatables par tous. Je vous remets par ailleurs le constat d’huissier prouvant que les travaux en question ont été réalisés, ainsi que le procès-verbal de réception des travaux.

Comment expliquez-vous donc que vous soyez toujours détenu jusqu’à nos jours ?
Cette histoire est un gros mensonge d’Etat dans lequel on est allé vite en besogne. Au lieu de recouper avant, les prolongements des mes bourreaux à Yaoundé ont vite conclu avant d’avoir investigué. C’est au fur et à mesure que les dossiers avancent que beaucoup comprennent qu’ils pourront être coincés le moment venu, dans cette histoire. Seulement, l’embarras s’est installé. Comment dire aux camerounais et au monde entier qu’on s’est trompé ? Voilà le hic d’aujourd’hui : la peur d’innocenter quelqu’un qu’on a condamné avant de l’avoir jugé. Il ne m’a même pas été permis d’apporter la contradiction si nécessaire, dans chaque cas où un responsable doit être sanctionné. Souvenez-vous que dans une lettre ouverte au président de la république, je dénonçais déjà le fait que le principe du contradictoire m’ait été totalement refusé. Même votre "boy" de maison mérite qu’il lui soit demandé des explications en cas de faute lourde ! Vous comprenez qu’un maire élu a été traité, tel que le montre mon cas, moins qu’un "boy", et ce, en violation totale de l’article 94 de la loi n°2004 - 18 du 22 juillet 2004, fixant les règles applicables aux communes, chapitre 2, section 3.
Dans un Etat de droit, je reste convaincu que s’il m’avait été donné l’occasion de m’expliquer, le pire aurait été évité. Aujourd’hui, il s’agit pour mes bourreaux de ne pas perdre la face. Il se donnerait la mort si l’Etat venait à reconnaître qu’il a été trompé par eux. Seulement, et je puis vous rassurer, j’ai pardonné à tout ce monde, la prison m’ayant rapproché plus qu’hier de mon Dieu, le Dieu créateur de l’univers, le Dieu de Jésus-Christ.

A votre avis, existe-t-il un lien entre vos déclarations dans une chaîne de télévision de  la place au sujet des morts enregistrés à Njombé Penja lors des émeutes de février 2008 et votre arrestation ?
 Je vous ai dit que les émeutes ont servi de prétexte pour éliminer "l’empêcheur de bouffer et de tricher" que j’étais à Njombé-Penja. Le jour même où j’ai été interpellé, c’est la seule question qui m’avait été posée par l’enquêteur à savoir : « pourquoi avez-vous déclaré qu’il y a eu mort à Penja » ? Je lui ai répondu : « Y a-t-il un délit ou un crime pour un maire, de faire le bilan du désastre dans sa localité après de telles émeutes ? ».
Embarrassé, l’enquêteur a compris que s’il continuait dans cette lancée, l’opinion comprendrait trop vite que je suis un détenu politique.
Et pour masquer mon arrestation, il a fallu qu’ils aillent chercher ailleurs d’autres arguments non liés à cette déclaration faite à Canal 2 International. Cette interview est l’élément direct qui a catalysé mon arrestation. En clair, je suis un détenu politique qu’on essaye de faire passer pour un détenu de droit commun. Le Lieutenant-colonel Nguete Nguete et le procureur Bifouna Ndongo m’ont clairement dit que je suis finalement arrêté pour avoir informé l’opinion sur les morts de Penja et de Loum. En fait c’était la goutte d’eau qui débordait le vase. Mais biens malins, ils ont tout fait pour que cela ne paraisse pas à l’avant-plan des accusations contre moi.

Et, parlant même de ces interventions à la télé, personne ne s’est soucié de savoir dans quelles conditions je les ai faites. J’étais assailli par plus de cinq mille émeutiers qui promettaient de me tuer si je n’informais pas Canal 2 International de ce qui venait de se passer à Penja et aux environs. Quel choix avais-je ? A l’impossible nul n’est tenu ! Devrais-je accepter d’être lapidé et décoré à titre posthume par l’Etat ? Est-ce ce qu’on voulait de moi ?
Non ! L’instinct de survie et le devoir de vérité m’ont fait choisir la vie. Et en parlant à Canal 2 International, je prenais là le visa de ma vie, qui m’était presqu’arrachée par les jeunes armées de gourdins et de machettes ce jour-là. Je n’ai pas fait ces déclarations dans ma chambre, mais bien devant le commandant de brigade de Penja et toutes les autorités qui étaient elles aussi désemparées.
A supposer donc que ce soit pour ces déclarations que j’ai été arrêté, une déclaration faite d’ailleurs après les émeutes à Penja (parce que faites le 27 février), en quoi celle-ci est-elle plus grave que les cas de ceux qui ont tué ? Qui ai-je tué pour être autant détruit tel que c’est le cas en ce moment ? Ai-je attenté à la vie du chef de l’Etat ?
Ne voyez-vous pas avec quelle passion les dossiers des émeutes ont été gérés dans le Moungo où se trouvent les intérêts des opérateurs français ? Qu’a perdu le Moungo pendant ces émeutes en comparaison à Douala ? Mais a-t-on interpellé un maire à Douala pendant ces émeutes de février 2008 ? Que cherchent les tribunaux aujourd’hui, quand pour une si simple affaire pour laquelle le chef de l’Etat avait déjà gracié les auteurs, on en soit à 23 renvois ? Qui peut oser croire que les affaires Paul Eric Kinguè ne sont pas politiques ? Il est facile d’accuser mais difficile de prouver. On en est là aujourd’hui. Depuis bientôt un an, on attend toujours les témoins à la cour d’appel, les parties civiles même sont portées disparues.
Le ridicule ne tue plus au Cameroun ; sinon comment décoder cet acharnement dont je suis l’objet depuis deux ans et demi ? Qui a peur de ma libération ? Qu’est-ce que ma détention apporte à l’Etat du Cameroun dont je n’ai pas essayé de déstabiliser l’intégrité ? Je mourrai sans doute en prison pour avoir exigé des français du Moungo les taxes communales, mais je mourrai la conscience tranquille, avec le sentiment ultime d’avoir refusé de tremper dans la corruption, dans le faux aujourd’hui institutionnalisé dans notre pays.

Vos rapports avec les opérateurs des bananeraies étaient apparemment très tendus avant même les émeutes de février 2008 ?
 Non, en vérité non. Non, parce qu’il n’existait pas entre ces gens-là et moi des problèmes de personnes, mais bien des problèmes entre structures, c'est-à-dire la commune d’une part et les plantations d’autre part.
Certaines langues disent que les problèmes de taxes auxquels vous faites allusion n’existent pas. Votre successeur l’a toujours soutenu…
J’ai aussi appris, à travers la télévision, les interventions de mon « successeur » qui essaye de blanchir ces opérateurs de bananeraie. Chaque fois que j’entends ses interventions, j’en ris parce qu’en vérité, si ces plantations payaient leurs taxes communales, Njombé et Penja n’auraient pas un visage hideux rappelant celui de "Zangali" de René Philombe. "Zangali" où les routes n’avaient de routes que de nom, jonchées de nids de poule…
Il me plaît de vous dire avec aisance que le paiement par ces sociétés de taxes communales se serait obligatoirement ressenti dans le développement de Njombé-Penja. En prenant un petit exemple, en 2007, la Php fait 207 milliards de chiffre d’affaires pendant que la Société des plantations de Mbanga (Spm) fait 07 milliards de chiffre d’affaires. Et ces sociétés ne parviennent pas à payer la moindre taxe communale que paye la « Bayam-Sellam » de nos marchés. De qui se moque-t-on ? Et pour s’en défendre, cette entreprise brandit des lettres d’exonération signées il y a plus d’une dizaine d’années par un inspecteur des impôts, alors qu’elle n’est pas éligible à ces exonérations qui en réalité, concernent plutôt les coopératives agricoles. Ces entreprises sont des agro-industrielles tournées vers l’exportation. Les listes des coopératives agricoles sont connues au Cameroun. La patente n’est que l’une des dizaines de taxes que ces entreprises françaises ne payent pas ; créant ainsi un manque à gagner de plus de 2 milliards et demi par an à cette commune pourtant très riche, mais paradoxalement peuplée des hommes et femmes qui côtoient la mort au quotidien, du fait de la misère à laquelle il faut ajouter la profusion, je voulais dire la propagation sur leurs corps, des produits toxiques interdits en agriculture partout au monde.

Regrettez-vous d’avoir engagé ce conflit fiscal avec ces intérêts français ?
Non ! J’aurais plutôt regretté si je n’avais pas exigé que ces taxes soient payées. Elles ne sont pas toujours payées malgré leur reversement, après ma dénonciation, dans le régime de droit commun par le Directeur Général des Impôts (voir la lettre que je vous fais tenir et que vous pouvez publier). Où avez-vous vu dans le monde, le patron d’une administration fiscale dans un pays souverain, reclasser des entreprises et celles-ci refusent de s’exécuter en ne faisant aucun recours administratif ? Il n’y a que le Cameroun pour nous offrir un tel film, digne de celui des narcotrafiquants. Quant à ma vie, elle est au Seigneur qui peut la reprendre comme bon lui semble. Pour ce qui me concerne, j’ai pardonné à tous ceux qui s’illusionnent et pensent avoir ma vie dans leurs mains. Je prie Dieu tous les jours, de leur pardonner leurs égarements.
Je reste disposé à mettre à la disposition de tous, où qu’ils soient, les notes d’audience du Tgi  du Moungo et les pièces relatives aux autres dossiers afin qu’une fois pour toute, chacune et chacun soit convaincu de mon innocence.

Vous considérez-vous au finish comme détenu politique ?
Je vous ai dit plus haut que les émeutes de février 2008 ont servi de prétexte à mon arrestation ; mais l’information que j’ai passée dans cette chaîne de télévision sous le coup des menaces des émeutiers et dont le fond était vrai, était le catalyseur direct de mon arrestation. Personne au Cameroun n’ignore que c’est après avoir dit qu’il y a eu des morts d’hommes par balles à Njombé-Penja et Loum que j’ai été enlevé et incarcéré, même si le processus de mon incarcération était déjà mis en marche par les bananeraies.
Deux heures seulement après cette intervention médiatique qui était la goutte d’eau qui débordait le vase, mon domicile était encerclé, mais discrètement par des éléments de force de maintien de l’ordre venus de Nkongsamba qui, renforcés le lendemain par le Bir et les éléments de l’armée de terre du Moungo, sont passés à l’acte en m’enlevant sans mandat, comme un vulgaire assassin …Une seule déclaration et je fus arrêté. N’est-ce pas là ce qu’on appelle "un délit d’opinion" ?
Par ailleurs, comment ne pas penser que je suis un détenu pas comme les autres, quand il m’a été interdit de communiquer avec ma famille et l’extérieur pendant 19 mois à Nkongsamba alors que tous les autres détenus communiquaient sans problème ? Comment ne pas penser que je suis un détenu politique quand la cour d’appel du Littoral, après vingt trois renvois, est incapable d’ouvrir les débats dans mon dossier ? Que recherche-t-on en renvoyant vingt trois fois ces audiences ? N’est-ce pas là la preuve d’un dilatoire savamment entretenu pour espérer me voir craquer en prison ? Seulement, je ne ferai pas ce plaisir à mes bourreaux ; je résisterai par la grâce de Dieu.
Comment ne pas penser que je suis un détenu politique quand on n’ouvre pas les débats dans les procès pendants à Nkongsamba, en me laissant partir de Douala pour aller comparaître et revenir à Douala où j’ai été régulièrement transféré pour cause d’appel ? Comment ne pas penser que je suis un détenu politique quand 28 mois après les émeutes qualifiées de la faim, alors même que le président de la république a gracié 96% des condamnés pour ces émeutes de février 2008, qu’on en soit encore à rappeler à travers mon procès, ces tristes évènements à l’opinion nationale et internationale ? N’est-ce pas pour une opinion que j’ai été arbitrairement enlevé et placé sous mandat de dépôt et ce après avoir reçu auparavant les menaces de mort, de destitution et d’emprisonnement de la part des opérateurs économiques français de Njombé-Penja? Qui doute du caractère politique de mon arrestation ?
Malgré le masque qu’on a voulu donner à mon affaire en m’accusant de tout, l’évidence d’une arrestation politique résiste et demeure ; et je profite de votre tribune pour souhaiter la présence massive des camerounaises et camerounais, des organisations non-gouvernementales de droits de l’homme, des medias, dans mes audiences afin qu’ils viennent tous entendre en direct, les raisons de mon arrestation. Deux ans et demi d’une vie détruite pour rien.

En quoi mes dossiers sont-ils plus sensibles que d’autres?
Après avoir traqué les délinquants fiscaux de Njombé-Penja, il ne restait plus qu’une étincelle : mon intervention à Canal 2 International et la coupe est pleine. Les conséquences, on les connait. Deux ans et demi de procès interminables, manipulés par des "immortels" et des "intouchables", et une révocation à la dimension de la décentralisation calquée sur le modèle des "Lamidats", qui fait d’un maire pourtant élu triplement, un moins que "boy" face à une tutelle qui n’est même pas sûre d’être élue dans sa propre famille si elle s’aventurait dans une élection transparente. J’accepte d’être pendu au nom d’un peuple que j’ai voulu loyalement servir. Au nom de la vérité, je reposerai alors paisiblement auprès de mon Créateur Dieu Tout-Puissant.

Aujourd’hui, quel est l’état de vos relations avec vos camarades du parti au pouvoir et quel rôle ont-ils joué dans vos malheurs ?
Les relations entre mes camardes dans l’ensemble et moi sont bonnes, très bonnes même, si je m’en tiens aux différents résultats que j’ai engrangés au cours des élections à l’intérieur du parti. Maintenant, si vous voulez dire qu’il existe une animosité entre les prétendants aux fonctions de maire et député à Njombé-Penja et moi, je vous dirai oui ! Ne voyez-vous pas qu’en les battant à chaque élection, c’était une forme d’humiliation qu’aucun homme politique normal ne pouvait digérer, surtout parce que, malgré les soutiens qu’ils avaient des autorités administratives, ils ne parvenaient pas à échapper à mes fessées électorales ? Il ne fait l’ombre d’aucun doute que tous mes adversaires sont aujourd’hui soulagés du fait de mon incarcération. J’ai toujours été une foudre électorale, ce qui n’arrangeait pas les autres, malheureusement moins nombreux, c’est-à-dire à peine 15 personnes sur plus de 60.000 âmes que compte cette localité. Ceci peut aussi expliquer cela. De là à penser que jaloux de mon dynamisme, ceux-ci conduits par Ndonno Mbanga André, directeur des relations extérieures des bananeraies de la Php, se sont alliés aux négriers français de Njombé-Penja pour "acheter" ma tête au Minatd, il n’y a qu’un demi pas. Mais parce que le Seigneur est plus grand que les hommes, la vérité se connaitra un jour, dans ces affaires que je ne connais ni d’Adam, ni d’Eve.

Avez-vous le sentiment d’avoir été lâché par vos « camarades » d’hier ?
 Je préfère ne pas en parler. Sur cette question, accordez-moi le droit au silence ! Tout ce que je puis vous dire un mot à ce sujet, c’est que beaucoup me soutiennent, moralement et sont convaincus de mon innocence dans cette affaire.

____________________________________________________________________

44 

16 septembre 2010

CAMER.BE - © Le Messager : Etame Kouoh

http://camer.be/index1.php?art=11540&rub=11:1

 

Administration pénitentiaire: Lapiro, Etonde, Nguini Effa, P.E. Kinguè… privés de soins

Depuis le début de la semaine dernière, certains pensionnaires de la maison d’arrêt de Douala, plus précisément ceux de la Spéciale XVIII où séjournent Lapiro de Mbanga, Etonde Ekotto, Paul Eric Kinguè, Jean Baptiste Nguini Effa…, sont interdits de sortie de cette prison. Alors qu’ils avaient jusque-là un laissez-passer signé chaque semaine par le régisseur pour leur permettre d’aller recevoir des soins médicaux appropriés, ces détenus-embastillés pour la plupart dans le cadre de l’Opération Epervier, ont été désagréablement surpris de voir leurs dossiers estampillés d’une fin de non-recevoir de la part de Dieudonné Engongan Mintsang, le régisseur.

Approché hier, mercredi 15 septembre 2010, lors de la traditionnelle journée de visite aux prisonniers, un des pensionnaires de la Spéciale XVIII qui a requis l’anonymat témoigne : «Ça fait deux semaines que je ne vois plus mon médecin alors que nous avons rendez-vous chaque semaine et le régisseur le sait très bien. Il doit me consulter, me prescrire des médicaments. Poursuivant, il précise : «Je ne suis pas le seul dans ce cas. Tous les pensionnaires de la Spéciale XVIII sont concernés par cette interdiction de sortie. Je ne sais pas pourquoi nous sommes censurés par le régisseur alors que nous en avons le droit. Nos vies sont en danger car tout peut arriver à tout moment et on dira que je suis mort de Sida comme Bibi Ngota. Il est encore temps de nous sauver, surtout que beaucoup parmi nous ne supportent pas les mauvaises conditions carcérales.

Atteinte aux droits de l’Homme

Notre interlocuteur et nombre d’autres de ses co-détenus interrogés disent avoir suivi la procédure habituelle, inhérente à la délivrance d’un permis de sortie. «Dès qu’un prisonnier est malade, il est consulté à l’infirmerie de l’hôpital. Si c’est un cas de spécialité qui n’est pas au niveau du médecin, il en informe le régisseur qui prend toutes les mesures nécessaires. Le régisseur est le seul à délivrer un permis de sortie pour se faire soigner à l’extérieur et il refuse de le faire sans donner une raison valable», confie un gardien de prison sous anonymat.

Dans l’impossibilité de rencontrer le régisseur annoncé en séance de travail, un responsable de son cabinet confirme ce qui était jusque-là considéré comme une rumeur et parle de dispositions pratiques : «Il y a beaucoup de choses que le régisseur voudrait tirer au clair avant que la situation se normalise. Elle ne saurait durer. Ce sont de grandes personnalités qui sont internées à la Spéciale XVIII. Vous comprenez ce que cela implique comme enjeu si l’un d’eux venait à y trouver la mort».

Entre consultations en ophtalmologie, cardiologie, dermatologie, gastro-entérologie, oto-rhino-laryngologie et médecine générale, les problèmes de santé de ces «prisonniers de luxe» restent à être comblés par une pharmacie vide et quasi-inopérationnelle, une salle de consultation dénuée de tout appareil de spécialité, et un personnel de santé réduit aux taches de routine. A l’instar des prisonniers de la Spéciale XVIII, leurs collègues des autres quartiers broient également du noir. Une situation qui pourrait expliquer les mutineries et évasions à répétition enregistrées dans cette maison d’arrêt. Comme celle de la nuit du lundi 13 à mardi 14 septembre 2010.

__________________________________________________________________

45 

24 septembre 2010

Blaise Djouokep, 24 Septembre 2010 – MUTATIONS

http://fr.allafrica.com/stories/201009240588.html 

Affaire Paul Eric Kinguè - Bagarre entre gardiens de prison et journalistes

Les geôliers exigeaient que les hommes de médias quittent la salle d'audience après la suspension d'audience. Les débats dans l'affaire Paul Eric Kinguè relative aux émeutes de février 2008 se sont ouverts hier jeudi, 23 septembre 2008 à la Cour d'appel du Littoral à Douala-Bonanjo. Tout au long de cette audience, cinq témoins de la partie civile ont été entendus.

Au rang de ceux-ci, le capitaine Assoumou Oscar, qui, au moment des faits, était chef de bureau des enquêtes criminelles au groupement de gendarmerie de Nkongsamba ;

l'Adjudant-chef Nyang Jacob qui occupait les fonctions de chef de bureau des renseignements ; Nga'a Gaston troisième adjoint au maire de Njombe-Penja au moment des faits ; Djogo Manga et le chef de quartier Daniel Songa.

Après le passage des trois premiers témoins de la partie civile, l'affaire est suspendue par le président de la Cour. Il est alors 14h50 lorsqu'il annonce une suspension de 30 minutes puis, se retire de la salle.

Les uns et les autres suivent le même geste. Les commentaires au sujet des déclarations des témoins s'animent. Puis, subitement, un gardien de prison s'avance vers les journalistes présents.

«Messieurs, mettez-vous dehors. Veuillez libérer la salle», leur intime-t-il. La dizaine de journalistes a à peine le temps de lui répondre. L'homme en tenue se fait plus agressif.

Tension

Ce qui crée la tension dans les deux camps. «Comment peut-on demander aux gens et aux journalistes de quitter la salle d'audience ? Pourquoi s'en prendre à nous alors que la salle est encore bondée de monde ?», s'interrogent les journalistes. Des mots de trop pour le gardien de prison qui assène un coup de poing à Blaise Pascal Dassié, journaliste au quotidien Le Messager.

Puis un autre. La tension monte et toute la Cour est ameutée. D'autres gardiens de prison viendront à la rescousse afin de museler davantage les journalistes. Mais, peu à peu, la situation s'apaisera grâce à l'intervention du procureur général. Ce dernier convoque les journalistes et le gardien de prison incriminé dans son bureau pour une paix des braves.

Quelque temps après, le procès reprendra son cours normal avec la suite des dépositions des témoins.

Au cours de leur déposition, les témoins, dans l'ensemble maintiendront l'accusation faite en instance. C'est celle qui consiste à dire la culpabilité de toutes les personnes accusées dans cette affaire. Pourtant, Djogo Manga reconnaîtra qu'il n'était pas dans la ville de Njombé-Penja pendant les émeutes. «Je ne saurais vous dire qui a fait quoi.

J'ai suivi le déroulement des émeutes à distance. J'étais informé de ce qui se passait par téléphone grâce à M. Songa Daniel», indiquera t-il. «Kong Zachée a travaillé avec nous comme indic.

Nous avions une liste sur la base de laquelle nous procédions aux arrestations», indique l'adjudant chef Jacob Nyang. Il déclare ne pas savoir si le nom de l'ancien maire se trouvait sur ladite liste.

Il en est de même pour le capitaine Assoumou Oscar qui dit s'en être tenu aux propos du Sous préfet pour qui Paul Eric Kinguè était le commanditaire de ce pillage.

__________________________________________________________________

Partager cette page

Repost 0