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Blog COUPDPOUCE LUXEMBOURG-CAMEROUN

HUBERT (de Luxembourg)

http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/article-affaire-p-e-kingue-la-facture-du-plombier-79228357.html 

AFFAIRE P.E.KINGUE : la facture du plombier 

En dépit des lois, ni PEK ni son avocat ne sont « invités » au procès qui a débuté à Nkongsamba. Pas besoin d’être devin pour en connaître le verdict à l’avance : coupable, peine maximale. 

Il s’agira de juger la faute qu’il aurait commise en faisant installer l’eau courante dans le bâtiment communal de Penja.  

Bref rappel :

Dès sa prise de fonction à la tête de la commune de Penja, PEK constate que le bâtiment communal est, selon ses dires, semblable à une usine désaffectée, sans entretien, sans électricité, sans eau. Pour installer l’eau à l’hôtel de ville, le coût des travaux s’élève à 4 960 555 FCFA, somme offerte par la SPM à la demande de PEK, une première pour cette entreprise. Or, pour recevoir un don, le Conseil Municipal doit se réunir et l’autoriser. Le coût d’une telle réunion s’élève à 3 000 000 FCFA (frais de secrétariat, frais de réception, carburant, indemnités de session des conseillers municipaux). Partagé entre le devoir de réunir le Conseil Municipal en dépensant 60% du budget alloué en frais administratifs avec pour conséquence que les 40% restants ne suffiraient pas à payer la facture, ou la volonté de consacrer l’entièreté de cet argent à l’installation de l’eau, PEK n’hésite pas. Son objectif est l’installation de l’eau pour la grande satisfaction de tous, et pas de dilapider l’argent en frais, n’en déplaise à ceux qui en auraient profité.  

Peut-on parler de faute ? Même pas, puisque le maire peut prendre en toute légalité les décisions lorsqu’elles s’imposent et en rendre compte plus tard au Conseil Communal (art.44 de la loi du 2 juillet 2004). « L’exécutif communal (le maire) peut, à titre conservatoire, accepter les dons et legs et former avant l’autorisation du Conseil Communal toute demande en délivrance de ces dons ou legs ».  

Cette « faute » a abouti à l’accusation de détournement de fonds. Quel détournement ? L’eau a bien été installée, chacun peut le constater, les factures d’extension du réseau d’eau SNEC ont été payées. La violation d’une règle de procédure est-elle un détournement d’argent ? PEK a toujours admis qu’il a pu commettre des erreurs et s’est toujours dit prêt à les assumer. Il veut simplement être jugé équitablement pour les fautes qu’il aurait pu commettre, dans le respect le plus strict des lois de son pays. Rappelons quand-même que PEK n’a jamais agi dans ses intérêts personnels, a refusé toutes propositions de corruption, et que son seul but a toujours été d’améliorer la qualité de vie de ses administrés.  

Que lui réserve l’avenir ?

Le Ministère Public a engagé ce dossier sans faire comparaître PEK auprès d’un juge d’instruction, en violation de la loi. Il n’a jamais été entendu et n’a donc pas pu se justifier. Il ne faut pas être juriste pour comprendre qu’en cas de plainte contre quelqu’un, surtout en matière criminelle, la moindre des choses serait d’entendre ses explications éventuelles. On appelle ça instruire à charge et à décharge, ce qui est clairement symbolisé par les deux plateaux de la balance de la Justice. Dans le cas de PEK, on a nettement l’impression que la balance n’est pas en équilibre… !  

La requête en annulation introduite par l’avocat de PEK pour défaut de procédure n’a pas été reçue, malgré l’avis formulé par la CNDHL (Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés). Le procès qui s’annonce sera sans doute une nouvelle parodie de justice à laquelle nous risquons d’assister, impuissants, puisque les Autorités concernées semblent indifférentes à toute manifestation d’indignation. 

Message aux Autorités en charge du dossier :

Nous ne vous demandons pas la lune : tout juste un procès équitable, dans des délais raisonnables et dans le respect le plus strict des lois du Cameroun. Nous n’acceptons pas que ce troisième procès dans l’affaire Kinguè soit de nouveau un ignoble lynchage sur la place publique comme le furent les précédents. 

Nous ne baisserons pas les bras. Même s’il semble difficile de vous ramener à la raison, nous espérons au-moins vous faire prendre conscience de l’étendue de votre folie. Sachez que nous vous observons et que l’Histoire vous jugera. 

Ou bien le Cameroun est un État de droit, et, dans ce cas, pareils manquements de la Justice sont intolérables ; ou bien il ne l’est pas, et alors plus besoin de ces procès grandguignolesques qui ne font que ridiculiser le système tout entier aux yeux du monde. Si ce genre de procès ne sert qu’à camoufler un règlement de comptes, épargnez l’argent public et emprisonnez arbitrairement ceux qui dérangent, comme ça se fait dans tous les États totalitaires. Dans ce cas, ayez l’honnêteté de supprimer la balance de la Justice qui trône en bonne place sur le blason national camerounais.  

Message aux àquoibonistes :

S’il en est un seul au monde qui aurait le droit de jeter le gant, ce serait bien PEK lui-même. Or, cet homme continue de faire face, envers et contre tout, pour mener à bien ce combat. Pas pour lui, non, puisqu’il a tout perdu, mais pour offrir un monde plus juste à nos enfants. Ne restons pas muets, les bras croisés à le regarder se débattre. 

J’invite les àquoibonistes à sortir de leur scepticisme passif. Ce n’est pas en courbant l’échine et en pleurnichant que nous parviendrons à convaincre les Autorités de changer de cap. Rejoignez le Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè, car le peu que nous puissions faire est déjà d’un grand réconfort pour cet homme qui se bat courageusement pour le bien de tous. N’oublions pas qu’il suffit parfois de quelques grains de sable pour enrayer les engrenages des machines les plus puissantes. Soyons donc chacun un grain de sable.  

« Le silence devient un péché lorsqu’il prend la place qui revient à la protestation; et, d’un homme, il fait alors un lâche. » (A.Lincoln)  

Merci à ceux qui nous soutiennent :

Merci à vous tous qui nous avez rejoint, du Cameroun et des quatre horizons, quelles que soient vos sensibilités et vos couleurs politiques, avec le seul désir de voir triompher la Justice. Rien que le fait de savoir que nous sommes nombreux à le soutenir aide PEK à accomplir sa mission. Le pire qui puisse arriver à un combattant serait de se sentir abandonné. Courage, PEK, nous sommes avec toi.  

Hubert (de Luxembourg). Juin 2011

Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè, contact : luxjeux@pt.lu

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20 juin 2011

Mutations  - Par Blaise Djouokep

http://fr.allafrica.com/stories/201106201614.html 

Cabale - Un nouveau procès contre Paul Eric Kinguè

L'ancien maire de Njombé Penja de nouveau à la barre pour détournement de 4.950 millions Fcfa perçu par la Spm pour installer l'eau à la mairie.

Il sera fixé sur son sort le 22 juin prochain. Paul Eric Kinguè, ancien maire de Penja est poursuivi par le ministère public pour détournement de la somme de 4.950 millions Fcfa.

Somme que le mis en cause avait perçu de la Spm (société des plantations de Mbanga) du temps où il était encore maire pour installer un réseau d'eau Snec à l'hôtel de ville de Penja.

Le Tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba s'est saisi de l'affaire. Après plusieurs audiences, l'affaire a été mise en délibéré pour le mercredi, 22 juin 2011.

Cependant, l'accusé Paul Eric Kinguè déclare n'avoir été informé de la procédure en cours dans cette nouvelle affaire que vendredi dernier. Il dit avoir été mis au courant de l'audience par un proche qui revenait de Nkongsamba.

«J'ai tout de suite appelé le greffier en chef du Tgi de Nkongsamba qui me l'a confirmé ainsi que la date du délibéré», informe l'accusé.

Par ailleurs, ni la Spm, ni la mairie de Penja ne s'est constituée partie civile apprend-on. Joint au téléphone, Me Mbadi, conseil de la mairie de Penja déclare avoir «été très surpris. Nous ne sommes pas constitué dans cette affaire.

Je suis l'avocat ponctuel de la mairie. Quand la mairie a une affaire en justice, elle me produit une lettre pour me constituer. Je n'ai reçu aucune lettre de constitution de la mairie au sujet de cette affaire.

Je ne suis non plus au courant de cette procédure. La dernière affaire en rapport avec M. Kinguè c'est celle liée au détournement à la mairie et pour laquelle il avait écopé de 10 ans de prison», soutient l'avocat.

C'est en mars 2009 que Paul Eric Kinguè est accusé d'avoir perçu la somme de 4.950 millions Fcfa de la Spm pour l'installation de l'eau à l'hôtel de ville de Penja. Il est également accusé d'avoir loué à la commune de Dibombari le caterpillar de la commune de Penja sans reverser dans les caisses de la commune l'argent encaissé. Paul Eric Kinguè avait nié les faits.

Selon lui, l'argent versé par la Spm a été payé aux prestataires qui ont installé le réseau d'eau Snec à l'hôtel de ville de Penja. Au sujet de la location du caterpillar, l'ex maire soutient n'avoir jamais mis cet engin en location.

Il demande que la preuve de la location de cet instrument lui soit apportée. L'accusé soutient que son collègue de Dibombari n'a déboursé aucun centime pour la location de cet engin pour lequel il est entre autre poursuivi.

C'est le troisième procès contre Paul Eric Kinguè après celui des émeutes de février 2008 pour lequel il avait été condamné à 6 ans de prison. L'ancien maire de Penja a aussi écopé de 10 ans de prison le 14 janvier 2011, accusé de détournement de 1.400 millions Fcfa à la mairie de Penja.

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15 juillet 2011

La Cellule de communication de CCL Libération

http://cclliberation.canalblog.com/archives/2010/07/15/21614959.html 

Freedom pour Paul Eric Kingué: Une page facebook de PEK fonctionnelle depuis la semaine dernière

L'ancien maire de la ville de Njombé Penja est incarcéré dépuis bientôt 4 ans à la prison de New bell à Douala au Cameroun. Que s’est-il passé ? Le gouvernement de la république a passé des accords avec une grosse firme française. Les paysans ont été expropriés et engagés comme ouvriers agricoles par cette société avec un salaire de catéchiste pour faire la culture intensive. Résultat, ces petites gens ne gagnent même pas assez pour survivre et l’inspection du travail n’est pas très enclin à faire respecter leurs droits. Cette société est devenue le dictateur de la localité. Chaque autorité y émargeant en bons d’essence et en cash ou autres faveurs est toute à la solde de cette société. Je le sais parce que je suis moi-même opérateur économique et je connais donc le système.

Voyant cette injustice et constatant un système d’évasion  fiscale ayant cours tout au moins par rapport à sa commune, le Maire RDPC Paul Eric Kingue, pense naïvement que ceci ne reflète pas le projet de société de son parti, à savoir: rigueur et moralisation de notre pays. Il a donc l’audace de demander à cette grosse société, de payer les impôts qu’elle devait à la commune, au lieu de passer individuellement à la caisse de cette société, comme les autres autorités de la localité. Mal lui en a pris car, il a été incarcéré. On profite des événements de février 2008 pour lui coller des accusations tantôt de saccage, tantôt de détournement de fonds publics.
 
Selon le groupe de soutien à PEK, dans un premier temps, PEK est jugé et condamné pour le premier motif : 6 ans de prison. Comme il s’agit d’un dossier inventé de toute pièce, il fait appel. Il subit brimades, humiliations, menaces, tortures morales pendant trois ans à la prison tristement connue de New Bell avant que débute le procès en appel.

Au terme de cette longue procédure honteusement dilatoire, le procès en appel a donc lieu et, alors qu’il s’achemine logiquement vers un acquittement puisque rien ne peut être retenu contre lui, le tribunal le condamne quand-même à trois ans. Il apprend alors sa condamnation à dix ans pour détournement d’argent, jugement rendu sur base de témoignages plus que douteux et, (c’est écrit) d’un postulat (hypothèse qui reste à démontrer) à l’issue d’un procès auquel ni lui ni son avocat n’ont été conviés.

En ce moment (juillet 2011) un troisième procès est en cours. Au mépris des lois, PEK n’a jamais été entendu et, comme pour la deuxième affaire, le procès se déroule sans lui ni sa défense. Toujours au mépris des lois, sa requête en annulation pour défaut de procédure a été rejetée.

On a bien compris la manœuvre. P.E.Kinguè sera condamné à la peine maximale, fera appel et attendra en prison le temps qu’il faudra. Et ça… ça peut durer !

Il est temps d'arrêter  avec cette punition inutile.

PEK paie du fait qu'il a voulu du bien pour sa population, il paie cher sa liberté d'expression

Sa page facebook est disponible sur le lien ci-dessous

http://www.facebook.com/home.php?sfrm=1#!/profile.php?id=100002601476087

Que peut-on faire ?

Camerounais, amis du Cameroun, défenseurs des droits humains, levez vous comme un seul homme pour dénoncer cette grave injustice.

Laissez un message sur sa page facebook  http://www.facebook.com/home.php?sfrm=1#!/profile.php?id=100002601476087

Le groupe de soutien à PEK reçois vos emails à:  luxjeux@pt.lu

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25 JUILLET 2011

COUPDPOUCE LUXEMBOURG CAMEROUN

HUBERT (de Luxembourg)

http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/article-affaire-pek-afin-de-redorer-le-blason-80184028.html

 

Affaire PEK : AFIN DE REDORER LE BLASON

Impossible de ne pas voir la balance de la Justice qui figure en plein centre du blason national camerounais. Mais voilà, certains s’accordent à penser qu’elle aurait bien besoin d’un bon réglage pour retrouver l’équilibre.

En effet, on assiste dans l’affaire P.E.Kinguè notamment, à un très net dysfonctionnement de la Justice. Le Cameroun, État de droit, s’est doté de bonnes lois. Il est surprenant que des magistrats, sensés devoir les respecter au-moins tout autant que les citoyens, les méprisent au point de condamner un homme sans aucune preuve de culpabilité, sans même l’avoir entendu, et ignorant les preuves d’innocence. Nous pensons que pareille injustice n’est explicable que si la magistrature n’est pas libre d’agir en toute indépendance.

Afin de lui donner le coup de pouce nécessaire pour qu’elle puisse agir dans le strict respect des lois, c’est avec gratitude que le Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè a accepté l’aide juridique proposée par AFD International.

L'AFD International (Alliance For Freedom and Dignity International), Organisation Non Gouvernementale, se joint donc à nos efforts afin d'œuvrer au respect des conditions d'un procès équitable. http://www.afdinternational.org/

Ainsi, de nombreux avocats, Experts-Juridiques de ladite ONG ont présenté leur lettre de constitution lors de l'audience de la Chambre Criminelle de la Cour d'Appel du Littoral du 21 juillet 2011. De nombreuses autres lettres de constitution sont attendues lors de la prochaine audience.

Les dits avocats entendent, dans la limite des moyens mis à leur disposition, se déplacer au Cameroun afin d'assurer, aux côtés de leurs Confrères Camerounais également constitués dans la cause, Maîtres MANFO et KACK, la défense de Paul Eric KINGUE.

L'AFD International quant à elle, enverra un groupe d'observateurs, afin que ceux-ci puissent prendre note des conditions du déroulement du procès et préparer un rapport qui sera diffusé et transmis où de droit.

HUBERT de Luxembourg, 25/072011 

Groupe de Soutien à P.E.KINGUE - Contact : luxjeux@pt.lu

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3 août 2011

CAMER.BE

© Mutations : Blaise Djouokep

http://portail.mutations-multimedia.com/index.php?option=com_content&view=article&id=5232%3Ades-avocats-europ%C3%A9ens-pour-d%C3%A9fendre-l-ex-maire&catid=73%3Acamerbe&Itemid=1 

Des avocats européens pour défendre l'ex-maire

Mercredi, 03 Août 2011 12:42 Écrit par Camer.be

Leur lettre de constitution comme conseils de la défense a été remise ce lundi à la Cour d'appel du Littoral. Les quatre accusés poursuivis dans cette affaire étaient tous présents à la Cour d'appel du Littoral à Douala-Bonanjo, lundi 1er août 2011. Au cours de la deuxième audience en appel, il était surtout question de la constitution des avocats des différentes parties. Les accusés devaient aussi dire aux membres de la collégialité les raisons pour lesquelles ils ont interjeté appel à la décision rendue par le Tribunal de grande instance (Tgi) du Moungo à Nkongsamba le 14 janvier 2011. En plus de Me René Manfo et Me Taka, tous deux conseils de Paul Eric Kinguè qui suivent cette affaire depuis l'instance, deux avocats étrangers vont se constituer pour la défense de l'ancien maire. Il s'agit notamment de Me Guillaume Téfégang, avocat au barreau de Bruxelles, et Me Simplice Wabo du barreau de Luxembourg.

Leur lettre de constitution a été remise à la Cour ce lundi par Me René Manfo. Dans le même temps, Me Michel Lowé et Me Noha Mahop Job vont se constituer pour la défense de l'accusée Ruth Chantal Ndedi. La Cour ferra par la suite savoir que trois appels ont été enregistrés dans le cadre de cette affaire. Prenant la parole, Me Taka tiendra à faire cette précision. «Nous nous sommes aperçus que la commune de Penja a déposé le 14 mars 2011 au greffe du Tgi du Moungo, une lettre de désistement de son appel. Ce qui veut dire que la commune rurale de Penja ne peut plus être considérée comme appelante dans la cause», explique l'avocat. «La constitution de partie civile de la mairie a été déclarée irrecevable parce que déposée tardivement», ajoute Me René Manfo.
Ce n'est qu'après cette phase que l'exposé des motifs d'appel peut commencer. Tous les appels ne seront que partiels. Pour Me Lowé, conseil de Chantal Ndédi Ruth, l'appel concerne uniquement le chef d'accusation de «faux en écriture publique» parce qu'elle a été acquittée sur les autres chefs d'accusations, précise-t-il.

«Le juge s'était appuyé sur le fait que l'ordinateur utilisé pour ce 'faux' se trouvait dans son bureau. Et en outre, elle a été condamnée uniquement sur la foi d'un autre accusé qu'est le receveur municipal», dénonce l'avocat. Pour Paul Eric Kinguè, l'appel a été interjeté parce que «la décision du premier juge ne repose sur aucune preuve». L'accusé précise qu'au verso du 9ème rôle de ladite décision, il ressort qu'aucune pièce qui prouve qu'il a pris de l'argent n'a été versée aux débats, et qu'il a été condamné sur la base d'un rapport du contrôle de la trésorerie de Nkongsamba.

Il y a eu dénaturation des faits par le 1er juge. A la page 50 de l'audience du 10 novembre 2010, la caissière de la commune de Penja dit ne rien connaître sur cette affaire liée au détournement de 1.4 millions Fcfa. Le ministère public pour sa part justifie son appel par le fait que «les peines infligées ne nous semble pas adéquates au regard de la gravité des faits». Ainsi se poursuit l'affaire qui a été déclenchée en 2007. Paul Eric Kinguè, alors maire de Penja au moment des faits, est accusé de «détournement de la somme de 1.400 millions de Fcfa au préjudice de la mairie de Penja», ainsi que de «coaction de faux, d'usage de faux en écriture publique».

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Quotidienmutations.info - Blaise Djouokep

http://www.quotidienmutations.info/vivre-aujoudhui.php?subaction=showfull&id=1316590667&archive=&start_from=&ucat=3& 

Un témoin soustrait la pièce ordonnant le décaissement

Polycarpe Fongang avoue avoir extrait et détruit la décision qui instruisait la sortie de la somme de 1.4 million Fcfa.

A la suite de David Saba, receveur municipal à la mairie de Penja, Polycarpe Fongang, agent du secrétariat à ladite mairie, a été entendu comme témoin du ministère public hier, lundi 19 septembre2011 à la Cour d’appel du Littoral à Douala. Ce dernier a été interrogé sur deux décisions ordonnant le décaissement de la somme de 1.4 millions Fcfa. Il s’agit de la décision numéro 24 du 18 septembre 2007, ainsi que celle portant le même numéro datant du 21 septembre de la même année. La première décision est parvenue à Polycarpe Fongang le 18 septembre 2007. Le document était signé du maire, Paul Eric Kinguè. Cet argent était destiné à l’organisation de la cérémonie d’installation de l’exécutif communal de ladite mairie. La décision signée le 21 septembre était une photocopie, alors que celle du 18 septembre 2011 était un document original.

«J’ai extrait et détruit la décision du 18 septembre 2007 signée du maire. J’ai remplacé ce document par celui du 21 septembre 2007», déclare le témoin. Selon Me Kack-Kack, conseil de Paul Eric Kinguè, le procès-verbal de transport judiciaire du Tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba indique que la décision numéro 24 du 18 septembre 2007 était introuvable. Ce document original avait été remplacé par la décision photocopiée du 21 septembre de la même année. Interrogé sur les raisons de son acte, Polycarpe Fongang est resté sans voix. Il reconnaît néanmoins que ce retrait ne permettait pas la régularisation des dépenses ordonnées par le préfet du Moungo.

Le témoin à charge déclare également que les mandats en question ont servi au retrait de 1.4 million Fcfa. La décision du 18 septembre a, dit-il, été transmise au maire et au bureau des finances. Le dossier n’a pas fait l’objet d’un rejet. Ce qui, reconnaît Polycarpe Fongang, veut dire que la décision signée du maire Paul Eric Kinguè était en état, et ne comportait aucune anomalie. Des quatre accusés initialement poursuivis dans cette affaire, Paul Eric Kinguè, ancien maire de Penja, et sa secrétaire générale, Chantal Ndédi épouse Tsala, sont toujours poursuivis. David Saba, receveur municipal, et Polycarpe Fongang, agent de la mairie, ne sont pas poursuivis en appel.

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13 septembre 2011

BLOG COUPDPOUCE LUXEMBOURG CAMEROUN -Hubert

http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/article-affaire-pek-vous-pouvez-agir-84164192.html 

Affaire PEK , : vous pouvez agir ! 

Nous avons engagé un bras de fer avec les Autorités en charge des dossiers de « l’affaire Kinguè ». Nous demandons, nous voulons, nous exigeons que Justice soit rendue à cet homme emprisonné pour des raisons inavouables et lourdement condamné sur base de motifs futiles, fantaisistes, voire imaginaires.

Cette injustice aurait pu n’être qu’un simple fait-divers insignifiant, à l’arrière-plan d’autres affaires bien plus retentissantes dans lesquelles on parle d’énormes sommes d’argent et où sont cités des personnages importants.  

Seulement, voilà, nous sommes aujourd’hui nombreux à exprimer notre profonde indignation et " l’affaire Kinguè " a pris des allures de symbole. PEK, maintenant que nous connaissons bien son parcours, est devenu l’exemple-type de la victime écrasée par un système puissant contre lequel il ne fait pas bon vouloir s’opposer.  

Vous avez tous en mémoire l’image de ce jeune opposant chinois défiant un char de combat sur la place Tien Almen. Eh bien, PEK, en toute innocence, sûr de son bon droit, entier dans ses convictions, a osé faire un peu pareil, sauf que le char lui a roulé dessus ! Pire encore, car il est toujours en vie et à certains moments, il aurait préféré mourir plutôt que de subir les tortures morales qu’il endurait.  

Mais PEK est un combattant, pas du genre à baisser les bras, il est d’ailleurs plus déterminé que jamais. La douleur a maintenant décuplé ses forces. Le mouvement de soutien qui s’est d’abord timidement créé a gonflé comme un nuage d’orage. Nous sommes aujourd’hui nombreux aux quatre coins du monde à pointer du doigt une certaine justice qui, tout au long des années passées, s’est montrée défaillante. Le combat de PEK est devenu nôtre. Quelles que soient nos convictions politiques, nous faisons bloc pour exiger des magistrats qu’ils jugent PEK équitablement. Quelle mobilisation, n’est-pas, pour obtenir ce qui aurait dû être tout simplement normal, sans plus !  

PEK est l’arbre qui cache la forêt, et quelle forêt ! Si l’on s’en tient uniquement aux lacunes constatées au seul niveau de la Justice, sans épiloguer sur les circonstances qui l’ont amené à se retrouver enchaîné (parce que là, il y a trop à dire), force est de constater que le chantier est immense pour arriver à un résultat tout simplement normal, comme devrait l’être le respect des lois d’un État de droit, surtout dans ce monde judiciaire sensé par définition les contrôler et sanctionner leur non-respect.  

A partir de l’affaire PEK, nous protestons contre les arrestations arbitraires, les dépassements des délais de garde à vue, le manque de rigueur des instructions trop souvent à sens unique, les conditions de détention immondes dans des prisons où criminels et présumés innocents se mélangent, les manœuvres honteusement dilatoires qui éternisent les procès, les intimidations, humiliations et autres attitudes dégradantes dont on peut supposer que le but est de briser le moral du détenu pour qu’il perde toute velléité de défense et, évidemment, les brutalités, torture physiques et surtout morales ; nous nous insurgeons enfin avec énergie contre les parodies de procès comme PEK en a vécu, dans lesquels des magistrats probablement manipulés en arrivent à nier l’évidence, à renier toute éthique morale dont ils sont pourtant les garants, plongeant de ce fait la population dans le pire des marasmes qui soit : la perte de confiance en leur État qu’ils croyaient « de droit », ouvrant ainsi la porte aux dérives de l’anarchie et du chacun-pour-soi.  

Voilà l’un des enjeux de l’affaire PEK. En forçant la Justice à faire son devoir, nous sommes persuadés que nous lui rendons un immense service : retrouver sa dignité et le respect du peuple. PEK se sent maintenant investi d’une mission qui dépasse de loin ses droits personnels. Si, comme nous le voulons, il obtient gain de cause, nul doute que cela fera jurisprudence et qu’on en parlera encore longtemps dans les couloirs des palais de Justice. 

Dans quelques jours, le 19 septembre 2011, une audience qui pourrait être capitale aura lieu dans le procès en appel de la décision de justice qui l’avait condamné à dix ans de prison et à une forte amende. Comme nous le pensions, il s’avère que le dossier d’accusation semble vide. Le Ministère Public ne peut présenter que des témoins plus que douteux dont les mensonges flagrants mettent mal à l’aise les magistrats et même le Procureur. Le 19 donc, on entendra les deux derniers témoins cités, mais on pense déjà qu’ils n’auront pas grand-chose à dire. Comme la commune de Penja s’est désistée, il est possible que le dossier d’accusation se dégonfle comme peau de chagrin. Viendront alors les débats.  

C’est alors que la présence et les interventions des avocats de AFDInternational auront toute leur importance. Ces Maîtres du barreau venus de l’étranger pour appuyer leurs confrères camerounais et leur éviter les gifles cinglantes qu’ils ont essuyées dans le passé sont en quelque sorte les garants du respect des lois camerounaises et du déroulement correct du procès. Ils sont aussi et peut-être surtout le regard du monde qui empêche de continuer à laver le linge sale en famille. 

Le Président du tribunal a affirmé sa volonté de rendre un jugement équitable et rapide. Jusqu’ici, tout laisse penser qu’il tient parole et nous nous en réjouissons, mais la Justice nous a jusqu’ici habitué à certaines fantaisies qui nous empêchent de nous contenter de promesses. Ce n’est certainement pas le moment de nous endormir.  

Pour mettre toutes les chances de notre côté, nous souhaitons que tous les avocats de la défense soient présents afin de bien marquer notre détermination, mais il n’est pas sûr que ce soit financièrement possible, AFDI ne disposant pas de moyens illimités. Dès lors, nous voudrions leur prouver notre gratitude en participant aux frais de voyage. Déplacer une dizaine de personnes a un coût. Mais voilà, le Groupe de Soutien à PEK n’a jamais récolté d’argent pour couper court à toute polémique. Nous n’avons ni trésorier ni trésorerie, nous ne faisons que coordonner vos efforts individuels.

Vous avez été nombreux à m’écrire : « je vous soutiens, je veux agir ; concrètement, que puis-je faire ? ». Eh bien voilà une occasion de vous manifester : faites un geste en virant votre participation sur le compte de l’AFD International

AFD - IBAN : BE18 132 5227257 65 - BIC : BNAGBEBB avec mention : « pour PEK ».  Visible sur le site : http://www.afdbelgium.org/afd/index.php?option=com_content&view=article&id=332&Itemid=406&lang=fr Nous avons l’assurance que cet argent sera intégralement utilisé pour l’affaire PEK.  

Si vous préférez offrir à PEK (toujours aussi désargenté) les moyens de, non pas rémunérer, mais du moins récompenser lui-même ses avocats camerounais qui se dépensent bénévolement sans compter depuis longtemps :

Kinguè Paul Eric, compte 02721171501 Afriland First Bank CCEICMCXDLA

En format IBAN: CM 21 10005 00002 02721171501 50

Je sais très bien qu’en lançant cet appel à l’argent (sujet sensible s’il en est) je m’expose de nouveaux à quelques critiques acerbes. Tant pis, le risque est faible en regard du but escompté.

HUBERT (de Luxembourg), coordinateur du Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè.

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1 novembre 2011

BLOG COUPDPOUCE-LUXEMBOURG-CAMEROUN

HUBERT (de Luxembourg)

http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/article-affaire-paul-eric-kingue-et-le-temps-passe-87711054.html 

Affaire Paul Eric Kinguè : …et le temps passe…

L’audience de ce 31 octobre a été renvoyée au 19 décembre prochain. C’est le quatrième renvoi successif dans ce procès. Nous nous efforçons de ne pas nous en alarmer, confiants dans le fait que le tribunal a affirmé sa volonté d’en finir vite et bien avec cette affaire qui fait tache, mais le souvenir latent des manœuvres dilatoires qui avaient ralenti durant un an le procès précédent ne s’estompe pas.  

Logiquement pourtant, nous nous attendions à ce que cette audience mette le point final à ce procès, une bonne fois pour toute. Et en toute logique aussi, étant donné que le dossier de l’accusation semble vide, sans aucune preuve matérielle et ne reposant que sur des témoignages plus que douteux, nous entrevoyions même soit un abandon des poursuites, soit un acquittement. Mais, bien qu’espérant une fin heureuse, nous ne sommes pas là pour juger ; coupable ou innocent, c’est à la Justice de le dire. Ce que nous voulons, c’est tout simplement que Paul Eric Kinguè soit jugé équitablement, dans des délais raisonnables, dans le strict respect des lois de son pays, comme y a droit tout citoyen d’un État qui se dit de droit.  

Étant donné les précédents dénis de justice dans cette affaire, pour éviter aux avocats camerounais de la défense de nouvelles humiliations, pour veiller à ce que les lois ne soient plus bafouées comme elles l’ont été au cours des procès antérieurs, et enfin pour que leur seule présence fasse bien comprendre qu’il est désormais impossible de continuer de laver le linge sale en famille loin des regards du monde, plusieurs avocats étrangers d’AFDInternational  avaient fait le déplacement à Douala ; ils en sont pour leurs frais, au sens propre car ils sont bénévoles, comme au figuré.    

C’est partie remise, car l’avocat général était absent, en mission à Kribi. Ah, Kribi ! Ses plages de sable fin, son décor enchanteur… Voilà qui est plus agréable que l’infecte cellule de la prison de New Bell dans laquelle Paul Eric Kinguè croupit depuis des années en attendant le bon vouloir de la Justice.  

Car nous avons l’impression que c’est bien de cela qu’il s’agit : du bon vouloir de magistrats dénués d’humanité qui jouent au jeu cruel du chat et de la souris.  

Pourquoi ? Il est ici officiellement question d’un prétendu détournement d’argent portant sur 1 400 000 FCFA  (2000 €). Un jugement des plus arbitraires a condamné PEK  à 10 ans de prison. Il a fait appel et c’est de ça qu’il s’agit aujourd’hui.  Aucune preuve, des témoins qui mentent effrontément à la barre au point de mettre mal à l’aise tout le monde y compris la partie civile, un procureur qui s’obstine à nier l’évidence… Pourquoi ?  

La réponse, on la connait, mais elle est inavouable. Je vous la dit à l’oreille, mais que ça reste entre nous, ça pourrait déranger : PEK, par conviction, a voulu améliorer les lamentables conditions de vie des petites gens de sa commune. Depuis tout jeune, ayant vécu la paupérisation, il s’était promis de faire bouger les choses. Elu maire, il a eu l’audace de réclamer aux gros propriétaires terriens, géants de l’agro-alimentaire qui exploitent les bananeraies de Penja, de bien vouloir payer leurs taxes, ne fusse que pour pouvoir réparer les routes défoncées par leurs camions. Il a même eu l’outrecuidance de refuser le gombo, comme ça s’était probablement toujours fait auparavant. Ça n’a pas plu à ceux qui se nourrissent grassement de la misère des exploités et ça aurait pu créer un précédent qui aurait pu troubler l’organisation bien rôdée d’un système ignoble basé sur la corruption. Ces gens-là ne pouvaient pas laisser faire PEK, cet empêcheur de danser en rond. C’est pour ça qu’il a été jeté en prison, enchaîné, humilié, écrasé. Et comme il fallait bien trouver un motif d’inculpation, on n’a pas hésité à en créer de toute pièce.  

Foutaises, diront les Autorités par la bouche du Ministre de la Communication, il n’y a pas de prisonnier politique au Cameroun ! PEK est donc un criminel de droit commun. Très bien, mais alors, nous exigeons qu’il soit jugé comme tel, pour les faits qui lui sont reprochés.   

Nous formons aujourd’hui un groupe nombreux de gens répartis aux quatre coins de la planète, d’idéologies politiques ou philosophiques différentes, mais qui ont tous comme point commun leur révolte face à l’injustice qui accable un homme dont le tort a été de vouloir le bien de sa petite population au détriment de quelques-uns qui n’agissent que par cupidité ou par solidarité avec leurs amis mafieux. Que PEK ait commis des maladresses, soit, on peut en discuter, mais il faut reconnaître qu’il a agi selon ses convictions et avec tout son cœur, comme le font tous ceux qui s’engagent pour les nobles causes qui leur semblent justes.  

Du Cameroun et de l’étranger, quantité de gens ont rejoint notre groupe par esprit citoyen ou par simple humanisme. Des gens simples comme moi pour la plupart, mais aussi des personnages de grande notoriété, et chacun y met du sien selon ses moyens et ses compétences.  

L’affaire Kinguè aurait pu n’être qu’un fait divers anodin en regard d’autres affaires beaucoup plus retentissantes où il est question de dignitaires de l’État et d’énormes quantités d’argent. Mais il se fait que cette affaire toute simple en apparence est le révélateur du malaise de tout un système judiciaire où les lois sont bafouées par ceux-là même qui sont sensés les faire respecter. En nous acharnant à exiger des magistrats un procès correct, nous sommes persuadés que nous aidons la Justice tout entière à retrouver ses lettres de noblesse, en toute indépendance.  

Si comme nous, vous souhaitez faire quelque-chose pour améliorer le système, ne fusse qu’un tout petit peu, rejoignez notre groupe de soutien à Paul Eric Kinguè. Plus nous serons nombreux, plus loin porteront nos voix. C’est sans engagement et nous respectons l’anonymat de ceux qui le souhaitent. Vos marques de sympathie nous renforcent dans nos convictions et sont d’un grand réconfort pour PEK. Nous collectons vos messages de soutien et les lui transmettons. Le pire qui puisse lui arriver serait d’être oublié, au fond de sa cellule, en attendant que passe le temps…

Comptez sur nous pour qu’il n’en soit pas ainsi. 

Hubert (de Luxembourg), coordinateur du Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè. Contact : luxjeux@pt.lu

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22 novembre 2011

Bienvenue sur le blog de Paul Eric Kinguè

© Le Messager du 22/11/2011 : Entretien avec Blaise-Pascal Dassie

http://paulerickingue.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/11/22/cameroun-paul-eric-kingue-mon-arrestation-etait-programmee-p.html#more 

«Mon arrestation était programmée par les bananeraies françaises»

Cette déclaration était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase et qui a facilité mon arrestation longtemps programmée par les bananeraies françaises du Moungo. Une seule opinion et cela a suffi. Un détenu politique n’est-il pas celui qu’on prive de liberté pour ses opinions... ? Actuellement incarcéré à la prison centrale de Douala, Paul Eric Kinguè attend que la Cour d’appel rende sa décision dans l’affaire de détournement de fonds  de la commune de Njombé-Penja, dont il est accusé. Le montant des détournements est évalué à 1,4 millions  Fcfa.

Reconnu coupable et condamné le 14 janvier 2011 par le tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba pour 10 ans de prison, le quadragénaire a interjeté appel. Environ douze avocats européens du barreau de Bruxelles, de Luxembourg et nationalité russe assureront désormais la défense du locataire de la spéciale 18 de l’ex-maire de l’arrondissement de Njombé-Penja. Avant la prochaine audience du 19 décembre 2011, il explique dans les lignes qui suivent comment il a  été condamné à 10 ans de prison ferme par le tribunal de grande instance du Moungo, sans que celui-ci ait entre les mains la moindre pièce prouvant qu’il a perçu la somme de 1.400.000 Fcfa querellée.

Une  pièce qui  n’existe toujours pas. Pourtant, on parle ici de la gestion dans la commune dont il avait la charge. Or, qui parle de gestion parle de pièces et donc de traçabilité. Selon lui, nul doute : on veut lui arracher 10 ans de sa vie sans que la moindre trace existe dans son dossier qui montre qu’il a effectivement perçu quoi que ce  soit.  Et se demande n’est-ce pas là lui refuser les lois de droit commun qui prescrivent pourtant au juge de ne fonder sa décision que sur des preuves administrées au cours des débats ?  Dans cet entretien qu’il a bien voulu au Messager, il explique comment il a été  condamné pour une infraction qu’il n’a pas commise.

«Mon arrestation était longtemps programmée par les bananeraies françaises du Moungo»

Nous vous remercions enfin d’avoir accepté de nous parler, vous qui êtes assez méfiant, voire hermétique vis-à-vis de la presse !

Méfiant  peut-être mais pas hermétique. Vous savez que ma condition de prisonnier d’une part et d’homme politique par ailleurs, m’impose une stricte retenue de manière générale et surtout, comme une fermeture vis-à-vis de la presse que je respecte particulièrement, pour le rôle qu’elle joue dans la transformation de notre pays, malgré ses modestes moyens.

Où en êtes-vous avec vos procès ?

Je ne pense pas qu’il m’appartienne de répondre à cette question. Seulement, si j’avais quelque chose à dire à ce sujet, je dirais que mes procès piétinent. Ils ont été planifiés pour piétiner et ils piétinent tel que programmés par mes bourreaux qui entretiennent en permanence certains magistrats par des espèces sonnantes et trébuchantes, pour me maintenir le plus longtemps possible en prison, comme si j’étais un trophée de guerre du régime actuel. En tout cas, tout se passe comme si pour que le régime actuel vive pleinement, il faut que Paul Eric Kinguè ne soit jamais mis en liberté, comme si j’avais attenté à la vie du chef de l’Etat et de mes concitoyens. Sinon comment comprendre l’acharnement dont je suis l’objet alors même que les procédures lancées contre moi sont vides les unes les autres ?

Tout est planifié disais-je pour que je ne sois pas libéré avant les prochaines municipales ou législatives parce que je fais peur aux gens qui ont monté contre moi des dossiers mensongers et calomnieux et qui ont réussi à obtenir ma révocation par le chef de l’Etat trompé lui-même de long en large, dans ces affaires tissées de toutes pièces et qui me sont injustement  collées au dos. Ces procès piétinent sans que cela n’émeuve les responsables au plus haut niveau, chargés de la Justice, encore moins le ministère public qui est à l’origine de ces multiples renvois et dont le patron dans le Littoral est  le principal cerveau du complot ourdi contre moi.

Pensez-vous vraiment que les affaires vous concernant sont politiques et comment ?

Il n’y a rien de judiciaire dans mes dossiers. Les lois sont ostentatoirement piétinées et violées dans les procédures. Les décisions ne reposent sur rien. Après avoir été condamné à trois ans pour les émeutes de février 2008. Au cours de cette procédure, le public toujours nombreux dans la salle d’audience a eu droit à un président de collégialité spectaculaire qui n’avait jamais cessé de dire qu’il venait dire le droit et rien que le droit, parfois à grand renfort de tapage devant le public et les media parfois médusés. Mais à la fin, la montagne n’a accouché que d’une souris, celui-ci et ses collègues s’étant vu obligés de "pondre" un jugement venu de Yaoundé et en déphasage total avec le procès qu’ils ont mené d’un bout à l’autre. Une telle justice mérite-t-elle que des investisseurs viennent risquer leur fortune au Cameroun ?

En lisant le jugement que cette collégialité a rendu, vous constaterez que sur quatre chefs d’accusation, trois n’ont pas été retenus par la Cour d’appel, notamment l’infraction de réunion illégale au cours de laquelle j’étais supposé avoir préparé les émeutes, d’obstruction sur la voie publique et d’attroupement, qui étaient pourtant des éléments qui soutenaient le jugement de Nkongsamba. Ces trois chefs d’accusation tombés, il n’était plus possible de retenir ma culpabilité par rapport à la « complicité de pillage en bande ».

Pourtant, ma culpabilité a été impliquée sans que le juge puisse dire où, quand, comment et avec qui j’ai été impliqué dans les émeutes de février  2008. Par une alchimie dont ils maîtrisent seuls le secret, j’ai été condamné à 3 ans aux motifs que mes discours contre les bananeraies depuis 2002, ont été enfouis dans les subconscients des jeunes et remontés en surface en 2008. Il faut dire qu’aucun discours venant de moi, prononcé en 2002 n’a été versé au dossier de procédure. Il est même arrivé de me poser la question de savoir l’acte que j’ai posé en 2008 pour être arrêté à ce moment précis. Une véritable conjecture psychanalytique en somme.

Voyez-vous notre justice ? Savez-vous combien d’entreprises ont fermé leurs portes au Cameroun laissant de multiples familles dans la misère du fait de la justice ? Je reste convaincu que mes affaires sont exclusivement politiques parce que souvenez-vous, j’ai été arrêté pour avoir déclaré dans une chaîne de télévision qu’il y a eu mort d’homme pendant les émeutes de février 2008. Cette déclaration était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase et qui a facilité mon arrestation longtemps programmée par les bananeraies françaises du Moungo. Une seule opinion et cela a suffi. Un détenu politique n’est-il pas celui qu’on prive de liberté pour ses opinions ? Enfin est-il possible de penser que mes procès ne sont pas politiques quand il m’est refusé le droit tel que libellé dans l’arsenal juridique de droit commun au Cameroun ?

Si on refuse de m’appliquer les Lois de droit commun, que voulez-vous que je pense ? Un accusé de droit commun est jugé par les lois de droit commun. Ce qui n’est pas le cas avec moi. J’ai été condamné à 10 ans de prison ferme par le tribunal de grande instance du Moungo, sans que celui-ci ait entre les mains la moindre pièce prouvant que j’ai perçu la somme de 1.400.000 Fcfa querellée.  En appel, cette pièce n’existe toujours pas. Pourtant on parle ici de ma gestion dans la commune dont j’avais la charge ; or qui parle de gestion parle de pièces et donc de traçabilité. On veut m’arracher 10 ans de ma vie sans que la moindre trace existe dans mon dossier qui montre que j’ai perçu la somme querellée. N’est-ce pas là me refuser les lois de droit commun qui prescrivent pourtant au juge de ne fonder sa décision que sur des preuves administrées au cours des débats ? Nul ne peut être condamné pour une infraction qu’il n’a pas commise. Pour établir un commencement de preuves ; pourtant, je suis condamné.

En l’absence de toute pièce m’accablant, sur quoi s’est fondé le premier juge pour me condamner à 10 ans de prison ? Le détournement relève-t-il de l’ésotérique ou du vaudou qu’on ne peut pas prouver ? Dans la même  procédure, il m’est reproché d’avoir imité la signature du préfet au moment des faits. Non seulement tous les témoins de l’accusation disent n’avoir jamais reçu de moi la pièce incriminée, mais la pièce elle-même qui m’est opposée est une reproduction, c'est-à-dire une photocopie dont on ne présente pas l’original. Or la loi et la jurisprudence excluent la photocopie comme preuve et ne l’acceptent que si elle est légalisée conformément à l’original, et même à condition que la partie mise en cause ne soulève pas de doute par rapport à ladite copie légalisée. Or depuis Nkongsamba, le premier juge a retenu ma culpabilité en me condamnant sur la base d’une photocopie, terrible ! N’est-ce pas là un procès politique ?

Ce que je demande à mon pays, c’est que je sois jugé selon les lois de droit commun si l’on veut démontrer que  je ne suis pas un détenu politique. Le contraire confirmerait que je suis un détenu politique et donc l’Etat doit cesser de clamer qu’il n’y a pas de détenu politique au Cameroun. J’en suis un et ne cesserai jamais de le clamer. Pour clôturer, j’ai été poursuivi sans qu’il y ait le moindre rapport de contrôle sur ma gestion, exactement comme un boutiquier malien vendant du « foléré » ; pourtant, au moment des faits, j’étais un ordonnateur, un gestionnaire justiciable devant le conseil de discipline budgétaire et financier. Je n’y ai jamais été traduit conformément à la loi n° 74/18 du 05 décembre 1974 relative au contrôle des ordonnateurs et gérants des crédits publics et des entreprises d’Etat, modifiée par la loi n° 76/04 de juillet 1976. Pire jamais, il n’y a eu le moindre contrôle sur ma gestion. Voyez-vous à quoi ressemblent mes procès ?

Par ailleurs, pouvez-vous compter le nombre de gestionnaires et comptables dont les fautes sont formellement établies, en centaines de millions voire de milliards aussi bien par le Contrôle supérieur de l’Etat, la Conac (rapport Conac 2008 - 2010), l’Anif qui sont en liberté ? Pourtant, leurs fautes de détournement sont déjà établies … Pour 1.400.000 Fcfa, sans preuve et sans le moindre contrôle, j’ai été jeté en prison depuis 4 ans. J’entre ainsi dans le livre record du Cameroun, pour être le premier et l’unique ordonnateur poursuivi au Cameroun depuis 1960 pour 1.400.000 Fcfa qu’on n’arrive toujours pas à prouver. Ne trouvez-vous pas cela curieux ? Non ! Cherchez la cause de mon arrestation dans les bananeraies et pas ailleurs.

Selon vous qu’est-ce qui peut justifier ces multiples renvois dans vos affaires ?

Ni la loi, ni le bon sens ne peuvent justifier le dilatoire sciemment entretenu dans mes procédures. Je parle surtout de la loi parce que, qu’il s’agisse de notre code de procédure pénale ou des conventions internationales, « Tout individu arrêté ou détenu du chef d’une infraction pénale sera traduit dans les plus courts délais devant un juge ou toute autre autorité habilitée par la loi à exercer des fonctions judiciaires et devra être jugé dans un délai raisonnable ou libéré ». Cette disposition qui résulte du Pacte international relatif aux droits civils et politiques a été adoptée le 16 décembre 1966 à New-York et est entrée en vigueur le 23 mars 1976. A celle-ci, il faut ajouter le principe même du procès équitable qui, lui aussi, intègre la notion de délai raisonnable, pour ce qui est d’une procédure pénale, parce qu’il s’agit ici de la privation des libertés des citoyens. Ne pensez-vous pas que nous sommes dans un pays exceptionnel où la justice peut aller dans tous les sens que cela n’émeuve le moindre de nos dirigeants en charge des questions judiciaires ?

Quel commentaire vous inspire l’attitude de l’avocat général toujours absent dans votre procès en Cour d’appel ?

Je n’ai pas à commenter la moindre attitude d’un magistrat, encore moins le procès lui-même tant qu’il n’est pas rendu à son terme. Seulement, notre justice n’en sort pas gratifiée lorsqu’un magistrat, pour présenter une réquisition intermédiaire, je dis bien intermédiaire, est obligé de provoquer des renvois sur 4 mois ! Même au Rwanda, on n’a pas vu ça après le génocide. Si notre pays veut mériter d’être respecté parmi les Etats en transformation positive en Afrique, il doit mettre un accent particulier sur sa justice devenue assassine du fait de quelques individus (mortels pourtant) déterminés à faire de celle-ci un instrument de règlement de compte.

On a remarqué une forte présence d’avocats venus d’Europe pour vous défendre. Pouvez-vous nous dire davantage ?

Tout accusé jouit du droit inaliénable d’être assisté par des conseils. Les organisations humanitaires et des droits de l’homme qui suivent dans leur grande majorité l’affaire Paul Eric Kinguè depuis bientôt 4 ans, ont décidé de voler à mon secours au regard des injustices dont je suis l’objet depuis février 2008, des injustices doublées d’acharnement incompréhensible. C‘est sans doute, révoltées par une machine politico-judiciaire déréglée et déshumanisée, déterminée à me broyer que ces organisations et associations d’avocats d’Europe et d’Afrique, partenaires des Nations-unies ont décidé de m’apporter leur soutien.

Ils sont une douzaine venant de plusieurs pays d’Europe et d’Afrique engagés à venir vivre et toucher du doigt le fonctionnement de notre Justice à travers mes dossiers. Cette Justice que nous décrions tant, à cause de ses légèretés, de son manque d’objectivité, de ses faiblesses dues tantôt à sa subordination au pouvoir politique, tantôt à sa fébrilité face à la corruption qui la plie dans la plupart de temps, parce qu’il faut le reconnaître, ils sont trop peu, les magistrats qui ont des « couilles » et donc capables de s’affranchir des pressions diverses qu’ils subissent au quotidien. Quelques-uns seulement osent en tout cas.

Des dossiers vous en avez… ! Combien sont-ils réellement ?

En réalité, j’entends par dossiers judiciaires un ensemble d’éléments palpables réunis pour ma procédure. Dans ce sens, tout ce qui est qualifié de « dossier » contre moi, me semble plutôt une compilation de dénonciations calomnieuses non-fondées et sans supports, montées pour me briser la vie, parce qu’ayant pris sur moi, alors que j’étais maire de Njombé-Penja, d’exiger que les Français des bananeraies, installés à Njombé-Penja paient des impôts locaux dont ils étaient exonérés depuis 30 ans. Pour  me détruire, ils se sont ralliés à certains responsables politiques bien connus à Yaoundé, et à l’ancien préfet récompensé pour le rôle joué dans mon dossier, devenu gouverneur pour « service bien rendu » dans le dossier Kinguè.

Pour revenir à votre question, à ce jour, 3 dossiers ont été montés contre moi. Le premier portait sur les émeutes de février 2008, à son terme à la Cour d’appel, j’ai été condamné à 3 ans d’emprisonnement pour que « l’Etat ne perde pas la face » tel que me l’a confié le magistrat, alors qu’aucun témoignage de l’accusation ne m’accablait ; le second porte sur un prétendu détournement de la modique somme de 1.400.000 Fcfa que même le Sud-Soudan, Etat nouvellement créé, n’aurait pas exigé au point de jeter un ordonnateur/gestionnaire en prison, même si cela avait été vrai. Dans cette procédure, j’ai été condamné à 10 ans d’emprisonnement ferme pour dit-on, avoir détourné la risible somme de 1.400.000 Fcfa soit 2.300 euros, sans qu’une pièce prouvant que de près ou de loin, j’ai eu le moindre contact avec la somme querellée ait été versée au cours des débats. Plus grave, la commune de Penja s’est désistée de cette procédure en argumentant qu’elle n’a jamais subi de préjudice financier. En conséquence, elle a refusé de se constituer partie civile.

Le ministère public vogue seul désormais dans ce procès sans allié de circonstance, tout seul comme un veuf, allez-y comprendre pourquoi … ? Où avez-vous vu une institution perdre de l’argent et ne pas vouloir se faire rembourser ? La commune dit clairement n’avoir rien perdu, pourtant, les gens perchés dans des bureaux de Nkongsamba, de Douala et de Yaoundé, sans aucun lien avec la commune de Njombé-Penja, sont convaincus que celle-ci a subi un préjudice qu’ils n’arrivent malheureusement pas à prouver.

A ce stade du procès, tous les témoins de l’accusation déclarent ne m’avoir jamais donné la somme qu’on dit avoir été détournée. Du receveur municipal au billeteur de la commune, en passant par la caissière, tous disent n’avoir jamais reçu de moi la pièce prétendument falsifiée, pourtant voici bientôt 4 ans que je suis maintenu dans les lieux de la détention pour ce procès, avec au compteur, la mort de mon fils, décédé par « erreur de transfusion sanguine » sans que je ne sois capable de l’assister. Quatre ans de douleur sans que personne au Rdpc ou au sommet de l’Etat s’en émeuve, dans un pays dit de droit.

Enfin, le troisième dossier porte sur un prétendu détournement dans la même période d’exercice de mes fonctions, de la somme de 4.960.000 Fcfa qu’on dit avoir été détournée suite au don d’une entreprise de la place. Pour information de l’opinion, cette somme avait été donnée pour installer le réseau Snec sur un kilomètre de distance à la commune de Penja. Ce réseau d’eau a été installé et visible par tous, réceptionné par la commission des travaux mise sur pied à l’époque des faits par le maire que j’étais. Un procès-verbal a été établi par ladite commission qui après un suivi régulier, s’est dite satisfaite des travaux faits selon elle, dans les règles de l’art.

Il m’est reproché d’avoir détourné cette somme qui a pourtant permis l’installation de l’eau visible pour laquelle elle était destinée (sur 1 km de distance). Le détournement n’est-il plus défini comme « l’obtention ou la rétention frauduleuse » d’un bien appartenant à l’Etat ?

Dans la même procédure, il m’est reproché d’avoir détourné des sommes de location du « Caterpillar » de la commune de Penja que je n’aurais pas reversées dans les caisses de celle-ci. Les seuls éléments que détiennent les magistrats du Moungo sont des reçus signés par des agents de la commune, confirmant qu’ils ont perçu quelques sommes d’argent, résultant de la location du Caterpillar. Aucun de ces reçus ne porte ma signature. Cerise sur le gâteau, cette procédure a été instruite aussi bien par le juge d’instruction que par la juridiction de jugement sans que je ne sois régulièrement et préalablement cité.

Pourtant, la citation préalable est obligatoire en matière pénale. Pour couvrir la corruption dans laquelle ils baignent, les magistrats du Moungo disent avoir remplacé la citation préalable par le mandat d’extraction qui lui, n’a pas la même finalité, ni le même objet que la citation préalable dont le défaut ne peut être couvert que par l’acceptation par l’accusé de comparaître et de passer outre la citation préalable. Une véritable incongruité judiciaire. Pensez-vous que les magistrats du Moungo ignorent que la citation préalable ne peut être remplacée par le mandat d’extraction, qui lui est un ordre donné au régisseur de prison de conduire sous bonne escorte un accusé devant une juridiction ? Ceux-ci sont tellement engloutis par les bananeraies dans cette affaire qu’ils n’ont pas d’autres choix que de violer la loi, dans un Etat pourtant dit de droit.

Vos déclarations nous semblent gravissimes ?

Je dis difficilement des choses non fondées. Je ne les dis presque jamais. Le peuple camerounais mérite d’être édifié sur ces questions qui touchent notre justice. Plusieurs de ces affaires ne sont ni plus, ni moins que des règlements de compte. Et le chef de l’Etat gagnerait à être regardant dans ces affaires parfois mal cuisinées et qui lui sont présentées par des collaborateurs animés d’autres objectifs que la justice. Vous n’avez qu’à voir en l’espace de combien de temps certaines poursuites contre les détenus Olanguena, Abah Abah et autres sont démontés comme des puzzles de papiers légers ! J’en profite pour saluer ces magistrats courageux, peut-être seront-ils des exemples pour d’autres.

Avez-vous écrit au président de la République ?

Oui, il a été saisi aussi bien par moi que par des personnalités européennes dont je tais les noms ici pour des raisons de discrétion. Les ong internationales et la commission gouvernementale des droits de l’homme et des libertés ont attiré la haute attention du chef de l’Etat par rapport aux violations flagrantes des lois et l’acharnement dont je suis victime. Il aurait, et je parle au conditionnel, demandé d’être édifié sur mes dossiers. Le chef de l’Etat a le devoir d’écouter un citoyen quand il crie. Un citoyen ne crie pas tant à l’injustice s’il n’en est pas une victime. Si mes dossiers n’étaient pas juridiquement vides, je ne crierai pas autant. En tout cas, je n’en aurais pas le courage.

Le président de la République vient d’être réélu. J’en profite pour l’en féliciter. Mais seulement, si son septennat ne lui permet pas de se rapprocher des cris de détresse et des pleurs de ses concitoyens, ses grandes réalisations pourraient être noyées dans un océan de larmes, de frustration et de découragement de ses concitoyens qui viennent de lui renouveler leur confiance. Je suis terrorisé par la justice de mon pays et je ne me fatiguerai pas de le dénoncer. Je le ferai jusqu’à ce que mort s’en suive. Il n’y a pas de Camerounais venus accompagner une classe de privilégiés dans notre pays, il n’y a pas de Camerounais ayant le droit de vie ou de mort sur d’autres Camerounais du fait du privilège des décrets et autres décisions et arrêtés. Le président Paul Biya doit s’atteler à comprendre en profondeur les récriminations de ses compatriotes parce qu’il est seul à avoir prêté serment devant eux. Lui seul est responsable de son peuple. Il ne doit plus se fier aux seuls services de renseignements classiques qui, dans la plupart de temps, ne lui remontent pas la vérité telle qu’elle est, pour diverses raisons.

Vous venez une fois encore de parler de la mort et pourtant vous menaciez de vous immoler il y a quelques temps ?

Oui et ça, je n’ai pas laissé. Je suis dans la même logique. Nul ne peut supporter l’injustice telle que je la vis. J’ai perdu mon fils sans être capable de l’assister. Bientôt, l’acte que je poserai captivera obligatoirement l’attention de tous les Camerounais, du président de la République et de la planète tout entière. Nos dirigeants doivent cesser de penser que Dieu les a investis du pouvoir d’écraser leurs semblables. Moi en tout cas, je n’accepterai plus ça pour longtemps. Je ne demande qu’à être jugé de manière équitable et dans un délai court désormais, et que les décisions rendues dans mes dossiers aient pour seuls supports des preuves. Détourner ne relève ni de l’alchimie, ni des sciences occultes.

Détruire pour 4 ans, 10 ans ou plus la vie d’un homme mérite d’avoir de bonnes raisons en matières judiciaires, c’est les preuves. Si on veut bâtir une véritable paix durable et même le socle de tout développement que nous espérons tous. Il m’arrive parfois de me demander si les hommes et les femmes formés pour juger les créatures de Dieu regardent avec fierté, après avoir rendu des jugements manipulés et tordus, leurs enfants et compagnons sans qu’ils aient des battements de cœur. Notre justice est en pleine putréfaction et pour le dire franchement, les projets structurants ne peuvent véritablement avoir des impacts positifs sur les vies des Camerounais que si ces derniers sont à l’abri des assassinats judiciaires programmés tel que c’est le cas aujourd’hui. 

Il n’est un secret pour personne que les projets dits structurants ont entre autres pour objectifs d’attirer les investisseurs dans notre pays. L’attrait desdits investisseurs ne peut se concrétiser lui-même qu’à travers la mise en place réelle d’un climat de confiance que seule la justice peut secréter. Si tel n’est pas le cas, quel opérateur économique prendrait le risque d’engloutir sa fortune dans un pays où les lois sont violées, les procédures judiciaires piétinées, les jugements bâclés et très souvent sans supports ? Un pays où justice rime avec règlement de compte ?

L’élection présidentielle vient de se tenir avec à la clé, le sacre du président Paul Biya, quel commentaire ? On ne vous a pas entendu… !

Les prisonniers ne parlent pas de politique. Une fois de plus, souffrez que je m’en abstienne sans pour autant abdiquer. Mon souhait le plus fort par contre est de voir le président élu faire de l’assainissement de notre justice, la priorité des vastes chantiers annoncés pour notre pays. En attendant, bonne chance pour lui.

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