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Pour des raisons techniques, nous ne pouvons pas incérer de nouveaux documents dans la liste existante. Pour respecter l’ordre chronologique de parution, nous les avons numérotés « a » dans les répertoires.

 

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19 janvier 2012

L’Invité : L’Actu - Entretien mené par Bertille Missi Bikoun

http://www.journallactu.com/LINVITE/paul-eric-kingu.html  

"Même sans ma présence physique, je serai élu"

(Paul Eric Kinguè dévoile sa stratégie) 

Il y a quelques jours, l'ancien maire de Njompe-Penja a fait part de son intention de se porter candidat lors des prochaines élections municipales dans sa circonscription. Information qu'il confirme dans cette entretien-vérité et déclare se présenter sous la bannière du Rdpc, parti au pouvoir dont il est toujours militant. Le prévenu fait également le point des différentes procédures judiciaires intentées contre lui. Et pour lesquelles il est privé de liberté depuis quatre ans. Il entend faire appel à toutes les décisions qui seront rendues par la justice camerounais et cela, jusqu'au niveau international car, pense Paul Eric Kingue, il est injustement poursuivit. D'ailleurs, croit-il savoir celui qi se présente comme un détenu politique, «Dans mes dossiers, toutes les lois sont piétinées, les procédures aussi, parce qu'il faut m'éloigner de la commune de Penja afin de permettre aux Entreprises PHP, SPM, CAPLAIN de continuer à piller le Moungo». 

Il vient d'ailleurs de saisir le parquet général du Littoral d'une dénonciation contre le Directeur Général des Impôts, l'actuel maire de Njombé-Penja et les directeurs généraux des plantations de bananeraies (PHP, SPM et CAPLAIN) de Njombé-Penja-Mbanga pour détournement de deniers publics, rétention sans droit des sommes dues à la commune de Penja et complicité. 

Vous venez d'annoncer votre candidature aux municipales et législatives de juillet 2012 alors que vous êtes en prison. Ne craignez-vous pas des entraves à cette ambition ? 

Merci pour l'occasion que vous me donnez d'en parler. Je confirme avoir déclaré ma candidature aux municipales et législatives de cette année, parce que je pense, au plus profond de moi, que non seulement j'en sortirai vainqueur à Njombé-Penja et dans le Moungo-Sud pour ce qui est des législatives, mais aussi, ma victoire sera écrasante. C'est la meilleure occasion que je saisis pour prouver au monde entier que je suis adulé et respecté chez moi. Même sans ma présence physique, je serai élu. Et ça, c'est un défi que j'entends relever cette année. Vous savez, quand vous êtes délinquant ou voleur, la première réaction des populations qui vous connaissent est de vous rejeter, de vous fuir. Mon élection, en juillet prochain, viendra prouver que contrairement à ce que les conspirateurs ont voulu faire croire, mes populations m'aiment et qu'avec ou sans campagne, elles sont prêtes à s'engager pour moi.

Pour revenir sur la question de savoir si je ne redoute pas les entraves de mes persécuteurs, je vous réponds par la négative. Dieu ne craint pas Satan. La lumière brille sur l'obscurité. Ces menteurs qui m'ont injustement jeté en prison seront mis à nu et peut-être que vous ne le savez pas, leur tronc est tombé, les branches qui restent vont sécher petit à petit, et en tout cas, elles ne résisteront plus pour longtemps.

Est-ce le fait de jouir de la présomption d'innocence qui vous galvanise ? 

Sur le plan juridique en effet, je jouis encore de la présomption d'innocence parce que je n'ai pas encore définitivement été condamné. Toutes mes procédures sont dans des circuits de recours judiciaires, c'est-à-dire la Cour Suprême et la Cour d'Appel. C'est lorsqu'on est définitivement condamné qu'on est déchu de ses droits civiques. Ma candidature n'est pas attaquable juridiquement. Le seul droit qui m'est retiré pour l'instant, est celui d'aller et venir ; ma détention est encore provisoire. Soyez rassuré, Dieu me permet de résister tous les jours à mes persécuteurs. Toutes ces procédures injustement montées contre moi connaitront des recours jusqu'au niveau international. C'est un devoir, pour moi, de prouver mon innocence, dans ces affaires que les membres de la mafia qui appauvrissent les populations du Moungo depuis plus de 30 ans m'ont collées.

Ils seront nommément cités et jugés devant le tribunal de l'histoire et de Dieu. Ce qui est terrible, c'est qu'ils ne savent pas lire les signes des événements autour d'eux. Ils ne voyent pas des ''pseudo puissants'' d'hier, au Cameroun comme ailleurs, tombés aussi légèrement que de feuilles de branches mortes aujourd'hui. Pour asseoir leur précaire hégémonie, ils mentent sur des chefs de familles, qu'ils livrent sans remord à la vindicte populaire et pour la plupart, sans façon en prison. Personne d'eux ne paiera ses crimes après sa mort. Ils les paieront avant et de leur vivant. Ceux qui ont consisté à humilier et à torturer leurs semblables.

Vous avez la ''dent dure''.... 

Non....non.... je ne dis que ce qui arrivera. Beaucoup de ceux qui me connaissent savent qu'il m'arrive presque toujours de prédire ce qui fini par se réaliser. Ces magistrats, ces fonctionnaires qui prennent du plaisir à détruire les vies des innocents n'ont aucune raison de jubiler, car s'ils le font, ce sera de courte durée. Ce que je vous dis est prescrit dans les saintes écritures (Exode : 23 6-8). Il n'y a rien qui soit consigné dans les saintes écritures qui ne se réalise pas. Un homme qui aime ses enfants et sa famille ne peut courir des risques comme ceux que prennent ces aveuglés et assoiffés d'argent et de promotions.

Revenons à votre candidature. Comment allez-vous battre campagne et sous l'investiture de quel parti politique ? 

Il est encore tôt de parler de campagne mais soyez rassuré, j'aviserai en temps et en heure. Mon équipe de campagne est en train d'être mise sur pied. Sachez par ailleurs que chaque habitant de Njombé-Penja est un agent de campagne et de propagande pour moi. Le moment venu, vous le verrez. Il m'a été rapporté que mes adversaires se préparent à attaquer juridiquement ma candidature. C'est peine perdue à l'avance, parce qu'il n'existe juridiquement pas d'argument pour m'empêcher d'être candidat. Et puis, pourquoi ma candidature leur ferait-elle peur ? S'ils sont sûrs d'être aimés par les populations, qu'ils se soumettent à l'épreuve du vote sans se préoccuper de ma candidature. Il appartient aux populations de décider qui d'entre eux ou moi, mérite leur confiance.

Quant au parti qui m'investirait, le problème ne se pose pas. Je suis encore militant du RDPC, jusqu'à ce qu'il me soit prouvé que ce parti ne veut plus de moi. S'il ne veut plus de moi, vous comprenez que je n'aurai pas d'autre choix que de me séparer de lui. Le RDPC doit me permettre de me présenter aux primaires, s'il le veut. Si ce n'est pas le cas, je déposerai mes valises ailleurs et sans peur, ni regrets. On n'a plus peur de rien quand on a perdu l'être le plus cher et dans les conditions que vous connaissez. La seule chose dont je suis sûr, est que je suis candidat aux futures élections et ce, contre vents et marrées. Il s'agira pour le Cameroun, dans le cadre de cette candidature, de réaffirmer sa posture d'Etat de droit.

Pensez-vous pouvoir être libéré avant les futures élections ? 

Mes détracteurs arpentent tous les jours, les couloirs des juridictions pour engraisser certains magistrats friands d'argent. Et ça, je l'ai dénoncé dans une correspondance récente que j'ai adressée au président de la Cour d'Appel du Littoral. Si ce n'est pas le cas, comment pouvez-vous expliquer que pour ses réquisitions, le Ministère Public ait sollicité autant de renvois ? Pensez-vous vraiment qu'il est juste que, pour requérir dans une affaire d'un million quatre cent mille (1.400.000) francs CFA, le Ministère Public demande autant de renvois et plus grave, sollicite de se constituer en collégialité ? Ces gens qui ont fait de moi leur fond de commerce jouent à s'enrichir sur le sang de mon fils et sur mes souffrances. Pensez-vous que si le Ministère Public avait un seul élément de preuve contre moi, il serait réduit à multiplier des renvois fantaisistes ?

Parlons de votre procès en appel, où en est-on ? 

Le procès en cours à Douala a dévoilé sa vacuité et son caractère politique. Il y a quelques semaines, alors que je déposais au box des accusés, j'ai exigé qu'il me soit produite la moindre pièce, même déchirée et, quel que soit son état, qui prouve que j'ai perçu le moindre centime à la commune de Penja. Tout au long des débats, aucune pièce n'a été produite. Pour confirmer l'absence des pièces m'accablant, j'ai versé au dossier de procédure la décision rendue par le TGI du Moungo, où on peut lire au verso du 9ème rôle «qu'aucune pièce signée de moi et prouvant que j'ai perçu de l'argent n'a été versée au dossier de procédure».

Pourtant, le premier juge qui l'a écrit noir sur blanc, m'a condamné à 10 ans d'emprisonnement ferme, en l'absence de toute preuve. Voyez-vous à quoi est réduite notre justice ? Si ce n'est pas la corruption, qu'est-ce qui peut déterminer un juge à condamner un accusé sans preuve ? Sur le second chef d'accusation, c'est-à-dire le faux en écriture publique, pendant quatre heures au box, j'ai demandé que la pièce arguée de faux me soit présentée pour mes observations ainsi que celle supposée être l'original de laquelle a découlé le faux. Malgré mon insistance, rien mais alors, aucune pièce n'a été produite, seule la reproduction, c'est-à-dire la photocopie, qui ne peut en aucun cas, constituer une preuve selon la loi et la jurisprudence. Autrement dit, pour qu'on dise qu'un document est ''faux'', il faut qu'il soit opposé au ''vrai'' document qui dans le cas d'espèce est l'original. Je suis alors poursuivi sur la base des photocopies et l'on vous dira que je ne suis pas un détenu politique.

En clair, vous êtes poursuivi pour rien ? 

En l'absence de toute pièce m'accablant et de l'original de la pièce arguée de faux, qu'est-ce que je fais en prison ? Parlant toujours de ce faux, tous les témoins sont unanimes à reconnaître qu'ils n'ont jamais reçu de moi, au moment où j'étais maire ce fameux document argué de faux. En l'absence de tout témoignage contre moi, et sur la base de poursuite sous fond photocopies, doit-on continuer à me garder en prison comme c'est le cas depuis 4 ans ? Sous d'autres cieux, le Ministère Public aurait purement et simplement abandonné les poursuites.

On l'a vu dans l'affaire Strauss-Khan. Une justice comme la nôtre mérite-t-elle qu'un investisseur sérieux risque sa fortune au Cameroun ? Et ce qui est terrible, c'est que cela n'émeut aucun dirigeant du pays. Comme si l'image du Cameroun écornée par ces procès mal ficelés ne préoccupe personne ! Les Camerounais présents dans mes différents procès politiques ont vécu en direct ce mauvais film, dans lequel l'accusateur (le Ministère Public) était sans voix, dos au mur, incapable de produire la moindre pièce pour soutenir l'accusation. Pourtant, le même Ministère Public, se bat pour m'empêcher de retourner faire campagne à Njombé-Penja avant juillet prochain, parce que ''arrosé'' par la banane sucrée de cette localité. Il pourrait bien arriver le jour où la banane "sucrée" de Penja leur laisse un goût de "sucré-amer". Et ce jour n'est plus loin, mais surtout, il est inévitable.

Vous venez de saisir, il y a quelques heures, le parquet général du Littoral d'une dénonciation contre le Directeur Général des Impôts, l'actuel maire de Njombé-Penja et les directeurs généraux des plantations de bananeraies (PHP, SPM et CAPLAIN) de Njombé-Penja-Mbanga. De quoi s'agit-il ? 

J'ai effectivement déposé des dénonciations au parquet général du Littoral pour détournement de deniers publics, rétention sans droit des sommes dues à la commune de Penja et complicité. Ma dénonciation vise en principal, les directeurs généraux des sociétés PHP, SPM et CAPLAIN et accessoirement pour complicité, le directeur général des Impôts et l'actuel maire de la commune de Penja qui, par leur silence suspect, n'ont pas obligé ces entreprises à reverser les sommes dues à la commune de Penja.

En effet, le 03 décembre 2007, la direction générale des Impôts, réagissant à ma requête alors que j'étais maire de la commune de Penja, reversait au régime de droit commun les entreprises PHP, SPM et CAPLAIN, levant par conséquent, toutes les exonérations dont bénéficiaient illégalement et indument ces multinationales. Ces levées d'exonérations devaient avoir pour conséquence dans l'année fiscale 2008, le paiement de la patente, de 13 autres taxes communales et 2 délibérations approuvées par la tutelle dont le montant total annuel s'élève à 2 713 000 000 (deux milliards sept cent treize millions) francs CFA au bénéfice de la commune de Penja. C'est pour avoir exigé ces paiements que j'ai été jeté en prison, alors même que la direction générale des Impôts à travers sa décision du 03 décembre 2007 avait clos ce débat. Seulement jusqu'à ce jour, malgré leur reversement au régime de droit commun et donc, des levées des exonérations diverses, ces entreprises ne se sont toujours pas exécutées, créant ainsi un préjudice grave à cette commune dont les populations croupissent dans la misère. Il est donc question, au moment où le président de la République parle de lutte contre la corruption et de détournement de deniers publics, d'obliger ces exploitants à reverser ces sommes frauduleusement et illégalement retenues, à cette commune, pour lui permettre d'améliorer les conditions de vie de mes parents, frères et sœurs. Le parquet général du Littoral est tenu d'ouvrir ces enquêtes au risque de se voir taxer de corrompu. Nul n'a le droit de retenir ou de faire retenir en ce moment où l'Etat en a le plus besoin, les derniers publics.

En quelle qualité agissez-vous puisque vous n'êtes plus maire de ladite commune ? 

La réponse, il faut la trouver dans la loi n°2004/18 du 22 juillet 2004 dans laquelle il est clairement stipulé qu'en cas de révocation du maire, celui-ci conserve sa qualité de conseiller municipal jusqu'à la fin du mandat. Or, le conseiller municipal est investi des missions de préserver les intérêts des populations qui l'ont élu. En cette qualité seulement, j'ai intérêt à agir pour le bien de mes parents, frères et sœurs déstabilisés par l'absolue misère à Njombé-Penja en particulier et, le Moungo en général.

Il se dit que ces exonérations étaient des mesures incitatives pour l'investissement de ces multinationales au Cameroun... 

Non, c'est faux et absolument faux. Les mesures incitatives à l'investissement au Cameroun existent effectivement. Seulement, elles sont limitées dans le temps. Certaines vont de 2 à 3 ans, d'autres jusqu'à 5 ans. Elles concernent surtout la phase d'implantation et de démarrage des investissements. On ne peut pas bénéficier, au-delà de la période prévue par les lois, des mêmes mesures incitatives sans risquer de verser de l'illégalité et la tricherie. Et c'est le cas de ces entreprises qui, depuis 30 ans, bénéficient des facilités dont les délais sont longtemps dépassés et, pourtant, clairement définis par le code général des impôts. Les exonérations, qui, à mon sens, sont des exceptions, ne peuvent être érigées en règles permanentes et continues et c'est fort de cela que la direction générale des Impôts a reversé, à la suite de ma requête au moment où j'étais maire, au régime de droit commun ces entreprises.

Je m'en voudrais si je ne dénonce pas le fait que ces taxes non payées en raison des mesures de facilitation, vont dans les poches de certains individus dont les noms sont portés dans le livre-révélation que je me prépare à mettre à la disposition des Camerounais. Ce sont ces gens qui s'agitent à me maintenir en prison. Plus de 2 700 000 000 FCFA (deux milliards sept cent millions) sont partagés chaque année entre ces varans, qui ont transformé le Moungo en vache à lait. Je me battrais, du fond de ma cellule si c'est mon destin, à les dévoiler.

Les populations du Moungo en particulier et Camerounaises en général méritent de la considération. Est-il possible pour une entreprise Camerounaise implantée à Marseille, à Bordeaux ou à Paris, de tricher avec les impôts communaux ? Pourquoi ce qui n'est pas possible sous ces cieux là, l'est chez nous ? Je suis en prison pour avoir osé et rien ne me réduira au silence. S'ils estiment pouvoir me condamner sans pièces tel que l'a révélé le procès et ce avec la complicité des juges Camerounais, qu'ils le fassent. Comme je l'ai dit plus haut, ce n'est pas du ciel que chacun de ces hommes friands d'argent et obsédés par des nominations et leurs progénitures paieront leurs crimes. C'est ici bas. Souvenez-vous qu'il est écrit dans Esaie 10 :1 ce qui suit : « Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes, pour refuser justice aux pauvres, et ravir leur droit au malheureux de mon peuple pour faire des veuves leur proie, et des orphelins leur butin ! »

Dans l'une de vos lettres ouvertes aux députés, vous parliez d'un troisième procès en cours en Nkongsamba... 

Effectivement, une procédure est en cours à Nkongsamba. Une procédure de trop, qui trahi l'acharnement judiciaire dont je fais l'objet. Pour la même période de gestion, le Procureur du TGI du Moungo, ''mouillé'' jusqu'au cou par les bananeraies, soutenu par ''l'éternel'' chef du parquet général du Littoral, chef d'orchestre de ces manœuvres, a cru devoir saucissonner des procédures contre moi. C'est ainsi qu'en sept mois de gestion, seulement, deux procès qualifiés de détournement de derniers publics ont été montés. Ce troisième procès porte sur une série de dénonciations fausses comme celui en cours à Douala. Je suis accusé d'avoir perçu la somme de 4 960 551 FCFA, don d'une entreprise locale pour l'installation du réseau d'eau SNEC à l'hôtel de ville de Penja. Ce réseau d'eau SNEC a été installé avec, à l'appui, toutes les pièces des prestataires. Dans son témoignage, mon successeur confirme avoir hérité de ce réseau d'eau SNEC. Mais hélas, je suis poursuivi malgré tout, d'avoir détourné cette somme d'argent dont la réalisation est visible par tous, à Njombé-Penja. Dans la même procédure, on m'accuse d'avoir loué la niveleuse de la commune de Penja à la commune sœur de Dibombari. Ce qui est une véritable affabulation.

Expliquez-vous...  

Je ne l'ai jamais fait et les responsables de la commune de Dibombari l'ont confirmé dans leurs dépositions. Ceux-ci se sont chargés, chaque fois que la niveleuse prêtée gracieusement était en panne, de la faire dépanner. Autrement dit, les seules sommes d'argent sortis des poches du Maire de Dibombari, (pas des caisses de cette commune) étaient reversées au mécanicien dont les interventions sont retracées dans un état récapitulatif versé au dossier de procédure et signé par la commune de Dibombari, qui a abondamment reconnu à l'enquête préliminaire, que leur argent était destiné aux réparations de la niveleuse et non à la commune de Penja. Malgré tout, je suis poursuivi par ce parquet. J'attendais d'être condamné une troisième fois le 16 décembre 2011, mais le tribunal a, de sa propre initiative, rabattu le délibéré et a programmé ma prochaine condamnation dans un avenir pas trop éloigné. Les Camerounais en seront informés le moment venu.

Une troisième affaire synonyme de coup de massue? 

Ce qui est bouleversant dans cette troisième affaire est que je n'ai jamais été cité ni par le juge d'instruction ni par le tribunal pour me défendre. Il n'y a pas eu information judiciaire pourtant obligatoire en cas de crime. Le détournement étant un crime, mes droits ont été viscéralement et barbarement violés dans cette procédure. Malgré ma demande à être cité pour présenter ma défense, j'ai été renvoyé au TGI du Moungo, sans information judiciaire. Voyez-vous, le niveau de pourrissement de notre justice ? L'objectif étant ma condamnation, le TGI qui devait se saisir d'office de cette violation et prononcer la nullité de la procédure a mené ses débats en mon absence et va bientôt rendre son jugement. En rendant leur décision, ces juges aussi sont tenus de justifier les "back-chiches" perçus auprès des bananeraies pour me détruire.

L'arrivée d'un magistrat de haut vol et pétri d'expérience à la tête du ministère en charge de la justice suscite beaucoup d'espoirs. Espérons qu'il saura redonner en notre justice, ses lettres de noblesses effacées par presque neuf années d'aventures et de règlements de compte. Voilà, l'étendue des affaires Paul Eric Kingue. Dans mes dossiers, toutes les lois sont piétinées, les procédures aussi, parce qu'il faut m'éloigner de la commune de Penja afin de permettre aux Entreprises PHP, SPM, CAPLAIN de continuer à piller le Moungo.

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2 mars 2012

NjanguiPress.com / Écrit par Cyrille Ekwalla

http://www.njanguipress.com/le-zoom/paul-eric-kingue-broye-par-le-regime

Paul Eric Kingué broyé par le régime

Le tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba a donné son verdict dans l'affaire Etat du Cameroun contre Paul Eric Kingue. Ce dernier, élu maire de Njombé-Penja vient d'écoper d'une condamnation grotesque : la prison à perpétuité pour le détournement de 10 millions de FCFA à la mairie de Njombé-Penja.

Selon son avocat, PEK ferai appel de la décision, ce d'autant plus que "cet argent était destiné à des travaux d'installation de l'eau qui ont été effectivement effectués". Et d'ajouter que ce procès n'en était pas un : "Mon client n'a par exemple jamais été cité à comparaître devant le juge d'instruction" et "n'a jamais été présent à une seule audience".

Il s'agit là de la troisième condamnation pour Paul Eric Kingué :

- En 2009, il a été condamné à 3 ans de prison pour son implication, selon la justice, dans les émeutes de février 2008 au Cameroun qui ont fait près de 200 morts selon les observateurs les plus sérieux.

- En 2011, c'est à 10 ans que l'ex. maire de Njombé-penja a été condamné pour le détournement de 1,4 million de FCFA

Pour Me Manfo, le défenseur de Pek, mais aussi pour son comité de soutien - qui n'en démord pas, M. Kingue "est victime des haines politiques et paie notamment le prix de ses dénonciations relatives aux activités de PHP" (Plantations du Haut Penja, compagnie franco-américaine spécialisée dans la culture de bananes au Cameroun)."

Une question s'impose alors : si l'on peut être condamné à la perpétuité pour 10 millions de F CFA, qu'en est-il de ceux qui auraient détourné des milliards, au point d'être prêts pour certains, à en rembourser une partie à l'Etat camerounais ? Vous avez dit "Justice équitable" ?

À quelques jours de la reprise des "travaux" à l'Assemblée nationale, il nous a semblé important et judicieux de rappeler à la mémoire des députés, la lettre que leur avait adressée "l'otage du régime" comme se définit lui-même Paul-Eric Kingué, au mois de novembre 2011.

 

 

 

 

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