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29 octobre 2012

© Source : International Federation of Human Rights (FIDH)

http://www.camer.be/index1.php?art=22338&rub=11:1

 

La FIDH condamne la poursuite du harcèlement judiciaire depuis plus de 4 ans à l’encontre Paul-Eric Kinguè

 

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) condamne la poursuite du harcèlement judiciaire depuis plus de 4 ans à l’encontre de M. Paul-Eric Kinguè, ancien maire de la ville de Njombé-Penja connu pour ses actions de lutte contre la corruption dans sa localité et appelle à sa relaxe lors de son jugement en appel le 30 octobre 2012.Le 22 octobre 2012, la Cour d’appel du Littoral (Douala) a renvoyé – à la demande du Ministère Public et pour la troisième fois – au 30 octobre l’audience d’appel de la condamnation à une peine de prison à perpétuité prononcée contre M. Paul-Eric Kinguè le 29 février 2012 pour « détournement de biens publics ». Il s’agit du quatrième renvoi d’audience prononcé par la Cour d’appel du Littoral depuis que les avocats de M. Kinguè ont fait appel du verdict.

La FIDH rappelle que Paul-Eric Kingue est détenu depuis le 29 février 2008. Suite à cette arrestation, plusieurs poursuites judiciaires avaient été engagées contre lui dans le cadre de six affaires, dont une dans laquelle il a été accusé de détournement de fonds puis condamné à prison à perpétuité.

Avant son arrestation, M. Kingue s’était illustré, depuis son élection en juillet 2007, pour avoir démantelé un réseau de corruption mis en place par son prédécesseur en faveur des compagnies bananières Plantations du Haut Penja (PHP), et dénoncé les maltraitances subies par les employés de ces compagnies.

La FIDH dénonce ce nouveau renvoi et la lenteur excessive des procédures d’appel, qui constitue une violation manifeste du droit à être entendu dans un délai raisonnable, composante essentielle du droit à un procès équitable garanti notamment par l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et par l’article 14 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). D’autre part, la FIDH s’inquiète également de l’absence flagrante de proportionnalité dans la peine imposée à M. Kinguè qui apparaît manifestement disproportionnée aux faits allégués.

La FIDH appelle donc les autorités camerounaises à mettre un terme au harcèlement judiciaire à l’encontre de Paul-Eric Kinguè et à le libérer dans les meilleurs délais.

Rappel des faits :

Le 29 février 2008, M. Paul-Eric Kinguè a été arrêté et poursuivi pour « complicité de pillage en bande et incitation à la révolte » dans le contexte des émeutes qui s’étaient déroulées dans la ville de Njombé-Penja entre le 25 et le 28 février 2008, ainsi que pour « faux en écriture » et « détournement de biens publics » en lien avec son mandat de maire [Voir Appel urgent de l'Observatoire CMR 003 / 1008 / OBS 163, publié le 16 octobre 2008].

Le 19 janvier 2009, après plusieurs reports d’audience dans le dossier pour « complicité de pillage en bande », le Tribunal de grande instance de Nkongsamba, dans le Moungo, a condamné M. Kinguè à six ans de prison ferme et à verser 800 millions de francs CFA (environ 1 220 000 euros) de dommages aux PHP, ainsi que 4 millions de francs CFA (environ 6 098 euros) à M. Daniel Nsonga, qui s’était porté partie civile dans l’affaire des émeutes.

D’autre part, le 29 février 2012, soit près de quatre ans après son arrestation, le Tribunal de grande instance de Nkongsamba a condamné M. Kinguè à une peine de prison à perpétuité pour le détournement supposé d’une somme totale de 10 millions de francs CFA alors qu’il exerçait son mandat de maire de la commune de Njombé-Penja. Trois chefs d’inculpation ont été retenus contre M. Kinguè dans ce dossier : le détournement d’un projet d’adduction d’eau dans la commune de Njombé-Penja, la location d’une niveleuse par sa commune à celles de Dibombari, Mbanga et Mélong, et la livraison fictive de carburant. Les avocats de M. Kinguè ont fait appel de cette condamnation.

Le 26 mars 2012, la Cour d’appel du Littoral a acquitté M. Kinguè dans le cadre de l’affaire pour « faux en écriture », dans laquelle les avocats de l’accusé avaient fait appel de sa condamnation dès 2008.

Entre le 2 mai et le 16 juin 2012, la Cour d’appel du Littoral a décidé à trois reprises le renvoi de l’audience dans le cadre du procès en appel de l’affaire de détournement de fonds publics, en invoquant le motif d’une réorganisation de la magistrature la plaçant dans l’impossibilité de constituer un tribunal.

Le 1er août 2012, la Cour d’appel du Littoral a décidé un nouveau renvoi de l’audience au 29 août en requérant la comparution de plusieurs témoins. Le 29 août 2012, malgré la présence des quatre témoins cités par l’accusation, le Ministère public a décidé un nouveau report de l’audience au 10 septembre. Lors des audiences des 10 et 21 septembre 2012, plusieurs témoins ont alors déchargé M. Kingue de toute responsabilité dans les trois chefs d’inculpation retenus contre lui dans cette affaire de détournement de fonds publics. Une nouvelle audience a alors été prévue pour le 8 octobre 2012, lors de laquelle la Cour d’appel du Littoral a néanmoins décidé de reporter une fois de plus son verdict au 22 octobre.

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31 octobre 2012

Hervé Villard Njiélé

http://hervevillard.over-blog.com/article-affaire-paul-eric-kingue-le-delibere-annonce-pour-le-14-novembre-2012-111939341.html 

Le délibéré annoncé pour le 14 novembre 2012

Le ministère public dans les réquisitions de ce 30 octobre 2012 a demandé au tribunal de retenir la culpabilité de Paul Eric Kingue sur les détournements des frais de la location de la niveleuse et de l’installation de l’eau à la mairie de Njombé- Penja.

Déception. C’est le sentiment qui a animé tous ceux qui ont fait le déplacement de la cour d’appel du littoral ce 30 octobre 2012, pour assister au procès de Paul Eric Kingue, l’ex maire de Djombé – Penja. Ce sentiment, l’assistance l’a éprouvé pendant que le ministère public déroulait ses réquisitions. Ces réquisitions, à l’origine de quatre renvoies que ce procès a connu n’avait rien de nouveau. Comme ses confrères du Tribunal de grande instance du Moungo, le procureur général de la cour d’appel du littoral, a retenu les mêmes principaux chefs d’accusation qui pèsent contre l’Ex maire de Njombe-Penja. Il a demandé que le tribunal déclare la culpabilité de Paul Eric Kingue sur les détournements des frais de location de la niveleuse et de l’adduction d’eau à la mairie de Njombé- Penja. Seul le troisième chef d’accusation à savoir ; la livraison fictive du carburant a été élagué par le gardien de la loi. Pour soutenir son argumentaire, le procureur général à déclaré que l’ex maire de Njombé- Penja, dans la procédure de réception du don d’adduction d’eau n’avait pas reçu l’aval du ministre de l’administration territoriale. Il a évoqué les articles de la loi de 1974 et 2009 sur la gestion des communautés territoriales décentralisées pour se justifier. Le public a été déçu par ce réquisitoire, parce qu’il a cherché en vain, les nouveaux éléments que le procureur général de la cour d’appel du littoral déclarait avoir en sa possession à l’audience du 8 octobre 2012, pendant qu’il introduisait sa demande de renvoi. Bref, Il n’a rien dit de nouveau.

Plaidoirie 

Pendant la plaidoirie qui a suivi les réquisitions du ministère public, Me Manfo n’est pas passé par quatre chemins pour demander que le tribunal acquitte purement et simplement Paul Eric Kingue pour fait non établi.

Selon l’avocat qui suit cette procédure depuis plus de cinq ans, il n’est pas question de condamner son client parce que celui-ci est innocent. D’après la défense de Paul Eric Kingue, c’est un procès en sorcellerie qui est en train de se faire. «Car, on est en train de chercher les poux sur la tête d’un chauve. Tous les témoins que le tribunal a convoqués dans le cadre de cette affaire ont déposé à la décharge de monsieur Kingue en âme et conscience et tout le monde l’a suivi. Je ne sais pas pourquoi vous le retenez ici. Mon client est innocent », a clamé Me René Manfo.

Parlant des témoins qui ont déposé dans le cadre de cette affaire, il y a l’actuel maire de Njombé- Penja, Ngolle Jacques Antoine. A l’audience du 10 septembre 2012, celui-ci avait déclaré à la barre que la mairie n’avait subi aucun préjudice. Qu’au contraire, la mairie avait plus tôt été enrichie. «Quand Nous arrivions à la mairie de Njombé Penja, nous avons fait un état des lieux. Il n’y avait pas d’eau ni d’électricité à la mairie. Mais, quelque temps après, monsieur Kingue a fait mettre l’eau et l’électricité. Si à la mairie, il y a l’eau, c’est que la commune n’a rien perdu », va-t-il laissé entendre.

Emboîtant le pas à l’actuel maire de Njombé-Penja, le chef de centre de Snec de Njombé, Ekambi Kingue qui avait déposé ce jour dans son témoignage avait reconnu l’effectivité du branchement d’une extension de la Snec à la mairie de Njombé –Penja. Tout en brandissant à la barre le dévie chiffré de ladite extension d’eau, le numéro du compteur et les factures de paiement de ces travaux, il avait déclaré qu’ «il n’y a pas de problème de paiement de l’extension de d’eau à la mairie de Njombé-Penja. Je n’ai pas encore entendu ça.» 

Frédéric Nguinie Ekollo et Mbonjo Jacques successivement maires des communes de Dibombari et de Mbanga présents à l’audience du 21 septembre 2012 avaient pareillement innocenté kingué dans leur déposition au sujet de la location de la niveleuse. « Après ma prise de fonction, j’ai sollicité le maire Paul Eric Kingue dans le cadre de l’entraide entre commune sœurs, afin qu’il prête à ma commune, sa niveleuse. Ce qu’il a fait, et nous en avons profité pour évacuer une montagne d’ordure qui surplombait le marché de Mbanga, et ouvrir les voies d’évacuation d’eau dans la ville. Au moment des faits, je n’ai pas vu le maire Paul Eric Kingue, qui m’avait-on dit, était à Yaoundé. Il avait, accepté de nous aider, à condition que nous d’assurions l’approvisionnement de l’engin en carburant. J’ai sorti cent mille francs cfa de mes proches et le député Mbapte soixante-quinze mille francs. Cette somme nous a permis de mettre nous-mêmes du carburant dans cet engin qui consomme 240 litres de carburant. Nous n’avons rien donné à Paul Eric Kingue, ni même à sa commune. C’était une aide et non une location», avait déclaré Jacques Mbonjo à la barre. 

« Je reconnais que Paul Eric Kingue a mis gracieusement l’engin de la commune de Penja à la disposition de la commune sœur de Dibombari. Ma commune a sollicité cet engin pendant les préparatifs des obsèques de l’artiste TOM YOM’S. A cette époque-là, les routes de Dibombari étaient coupées. Or, les obsèques de TOM YOM’S, fils de Dibombari, devaient faire arriver à Dibombari de nombreux invités parmi lesquels les membres du gouvernement, et les responsables du centre culturel français. Je venais seulement de prendre fonction et les caisses de la commune étaient vides. C’est ainsi que j’ai sollicité l’aide de mon collègue et camarade du parti, Paul Eric KINGUE, qui a mis l’engin de la commune de Penja à notre disposition, sans contrepartie. Nous n’avons pas loué l’engin et n’avons destiné aucune somme à la commune de Penja. La seule condition qu’il avait posée était d’assurer nous-mêmes le carburant et les pannes, s’il y en avait. Et les pannes, il y en a eu plusieurs, car cet engin était vieux d’environ 50 ans. Je peux vous dire Monsieur le Président, que chacune des réparations faites étaient financées de mes poches car l’urgence obligeait. Si vous allez dans la comptabilité de la commune de Dibombari, vous vous rendrez compte qu’aucun centime n’a été payé ni à sieur Paul Eric Kingue, ni à la commune de Penja », avait rajouté son compère Nguimé Ekollo Fréderic, le maire de Dibombari au tribunal. 

Exceptions 

Pendant sa plaidoirie Me René Manfo, qui assure la défense de Paul Eric Kingue va soulever les exceptions contenues dans le dossier de cette procédure. Des exceptions qui constituent d’après lui des vices de formes. Parmi ces dernières il a cité l’absence de citation ; l’absence du mandat d’arrêt ou d’incarcération dans la décision du tribunal de grande instance de Nkongsamba ; la non identification des témoins dans ce dossier pour ne citer que ceux-ci. D’après me Manfo, «Paul Eric Kingue n’a jamais été cité dans le cadre de la procédure. Les témoins dans cette affaire n’ont pas été identifiés. Toutes ces exceptions qui constituent des violations du droit de la défense, suffisent à déclarer la nullité de cette procédure» ; souligne-t-il. 

Paul Eric Kingue à qui la parole a été donnée, va rappeler que les réquisitions du ministère public sont fondées sur des lois qui ont été abrogées. « Le parquet est indivisible. Mais ce qui ne me convainc pas c’est que l’indivisibilité du parquet ne doit pas se faire dans les erreurs. Le parquet de Nkongsamba s’est fondé sur la loi de 1974 portant sur la commune que sur les nouvelles lois de 2004 régissant les communautés territoriales décentralisées. L’article 154 de la loi de 2004 dit que les lois de 1974 sont abrogées » ; déclare Paul Eric Kingue. Parlant de l’appel d’offre qu’il aurait dû lancer pour l’adduction d’eau à la mairie, il va faire savoir que les fait date de 2007 alors que la loi sur les marchés est promulguée en 2009. «Loi n’est pas rétroactive »; a martelé Paul Eric Kingue avant de demander aux juges de le laisser aller déposer la gerbe de fleur sur la tombe de son fils qu’il a abandonné depuis des années. 

L’audience a été renvoyée au 14 novembre à 14h pour le rendu du délibéré sur la culpabilité de l’ex-maire de Njombé-Penja.

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31 octobre 2012

Gérard Kuissu Mephou

http://www.camer.be/index1.php?art=22395&rub=11:1 

 

Affaire PEK : émotion intense lors du réquisitoire et des plaidoiries. 

 

Hier, 30 octobre s’est tenue la dernière audience relative à l’appel de condamnation à vie qui avait été infligée à PAUL ERIC KINGUE dans l’instance inférieure.

 

Pour une fois PAUL ERIC KINGUE n’était habillé de blanc (voir photo) ! Et comme toujours de nombreux habitants de NJOMBE-PENJA, la presse et les observateurs étaient dans la salle. Plus d’une centaine de personnes.

 

Nous entrions dans la salle d’audience lorsque l’avocat général enfin déposait ses conclusions ; enfin, parce que après plusieurs renvois parce qu’il n’était pas prêt en minutes, ce haut cadre de la magistrature a fait honte à son métier. Il est dans son rôle… 

 

Dans une litanie d’affirmations sans preuves, sans témoins, pour une condamnation à vie, il a mis vingt minutes ! Pire son accusation se fonde sur une loi votée en 2009 alors que les faits reprochés ont été commis en 2007. 

 

Maitre Manfo prendra la parole. Dans une plaidoirie prodigieuse, emprunte de beaucoup d’émotion il démontrera à la cour pourquoi PEK doit être purement et simplement acquitté. 

 

D’entrée il exprime sa satisfaction d’avoir conduit depuis cinq ans à son terme cette époustouflante aventure qu’est le procès PEK. Il aura une pensée pour 3 avocats de cette affaire décédés dont Me Mbami. Il dira avoir beaucoup appris, d’avoir acquis un énorme bagage. Ses amis avocats européens de la précédente affaire seront salués au passage. 

 

Non sans avoir salué la cour pour son impartialité dans la conduite des débats, il attaque sa plaidoirie avec force et conviction. 

 

Le dossier est vide.

 

L’accusation dit-il n’a fourni aucune preuve de détournement. Détournement de dénier public, c’est bien précis. Où sont les preuves matérielles ? AUCUNE. Où sont les témoins AUCUN.

 

Il citera les articles 453,422 et autre du code pour réfuter un à un les arguments de l’accusation.

 

PEK n’a pas de mandat d’incarcération

 

Dans un pays normal, tous les détenus ont un mandat d’incarcération ou un mandat de dépôt. Dans l’audience le condamnant à vie il n’y a pas eu de mandat d’incarcération, c’est un vice de procédure grave. Un peu comme si on est candidat au Bac sans être inscrit à cet examen !

 

Il montrera à la cour ce vice de forme en produisant des preuves, non sans rappeler qu’il aurait pu demander sa libération au vu de cette grave omission, mais ils ont préféré les débats devant la cour. La condamnation dans ce cas est donc nulle.

 

Procès en appel    

 

Maitre Manfo dans son style sûr, un langage simple mais ferme et percutant, citera les articles 456 et 457 du code de procédure pénale qui dit qu’un prévenu ne peut voir sa peine s’alourdir si la partie civile ne fait pas appel. Evidemment il produit à la cour deux certificats de non appel principal et un certificat de non appel incident. Et il termine ce point en précisant qu’il n’est pas possible de constituer partie civile pour la première fois en appel dans un dossier ! Même par alchimie !

 

Procès en sorcellerie. 

 

Oui, dit maitre Manfo, que faisons-nous ici ? Des témoins sont passés ici vous expliquer avec force et détails qu’il n’y a rien. 

 

Les Maires de Dibombari et de Mbanga ont dit avoir payé de leur poche le réparateur du Caterpillar pour aller créer des routes dans leurs unités respectives ! Jamais ils n’ont donné un seul franc à PEK. C’était une déposition à la cour. Ce qui a été fait et les populations en sont joyeuses. 

 

Sur l’adduction d’eau :

Le donateur a dit sa satisfaction, l’adduction d’eau a été faite et l’argent n’est pas passé par PEK. 

 

Le responsable SNEC a dit que tout était payé et en ordre et a brandi à la cour une facture du mois en cours pour l’eau de la Mairie.

 

Cerise sur le gâteau, le maire actuel de NJOMBE-PENJA a affirmé que non seulement la Mairie n’a subi aucun préjudice, mais plus encore l’eau a bien été installée à NJOMBE PENJA et même, un volet non querellé, l’électricité avait bien été faite. 

 

Pourtant la condamnation à vie se fondait sur le détournement de 4 900 000CFA destiné à une adduction d’eau. Mais voilà que le donateur, la SPN, l’exécutant la SNEC, le destinataire, disent tous leur satisfaction quant à l’utilisation des dits fonds qui n’étaient pas destinés à la mairie mais à l’adduction d’eau. 

 

L’avocat continue en interpellant la conscience des juges. Il cite une déclaration du président de la cours suprême paru dans Cameroun tribune du 24 février 2012. Elle disait en substance que si le juge ne préserve pas le droit fondamental qui le fera ?

 

Il rappelle minutieusement toutes les atteintes aux droits de la défense.  

 

D’abord la condamnation à Nkongsamba.

 

Elle s’est fondée entièrement sur un article de 1974 abrogée avec toutes ses dispositions. Pire cette loi avait 92 articles, mais le juge a fondé sa condamnation sur l’article 144 d’une loi qui en contient 92 et abrogée ! Un exploit. 

 

Il cite également les confusions entre ordre d’extraction et citation à comparaître, qui ont poussé PEK à se retrouver à la barre sans conseil dans une affaire dont il n’avait pas été notifié à l’avance justement par une citation à comparaître. 

 

Il revient pour appuyer la nullité d’une décision sans mandat d’arrêt.

 

Il demande à la cour de faire honneur à notre pays et de donner un visage à notre justice car, dit-il, si Marafa prend 25 ans de prison pour des dizaines de milliards de CFA, on ne peut pas logiquement condamner à vie pour 4 900 000 CFA. Dans une affaire qui de plus est vide et NON établie. Il prie, il supplie la cour d’avoir le sens de la mesure !!!! Non non et non, dit Maître Manfo, PEK ne peut être condamné, il ne le sera pas parce qu’il n’y a rien contre lui. 

 

Me Manfo ajoute : « vous ne pouvez parfaire ce qui a été mal fait ! ». Il demande une mise en liberté, pour faits non établis, un acquittement pur et simple !

 

Après une heure 15 de plaidoirie mémorable et magistrale il remet la parole à la cour.

 

Il faut souligner le calme des trois membres de la cour, et surtout la sérénité du Président. 

 

Parole est donnée à PAUL ERIC KINGUE. 

 

Après avoir remercié la cour pour son doigté, et le déroulement de l’appel, il s’appesantit sur deux choses. 

 

Dans un ton empreint d’émotion, PEK comme toujours se défend comme un homme blessé, touché mais déterminé à rester debout malgré la douleur. 

 

Il revient sur les violations de ses droits et surtout cette condamnation fondée sur une loi de 2009 alors que les faits récriminés datent de 2007. Il ne mâchera pas ses mots pour dénoncer les manquements et les fautes de l’accusation.

 

Il dira que si le parquet est indivisible, le premier s’est fondé sur une loi de 1974 abrogée, la seconde n’est pas tenue de continuer dans la même voie.

 

Il rappellera les faits, se défendra avec force et arguments. Il demandera à la cour de laisser aller désherber la tombe de son fils, son unique fils qui a payé le prix de son combat.

 

Il parlera de ces gens qui viennent à tous les procès le soutenir : «si j’étais un détourneur, ces mamans, ces paysans abandonneront ils leurs champs pour venir me soutenir ? » 

 

Le 3/12/2007 après dénonciation au Premier Ministre, le Directeur général des impôts ordonnait le paiement immédiat des impôts à ces bananeraies récalcitrantes.

 

PEK rappela que deux jours avant son arrestation 700 000 000 millions de cfa avaient été payés dans les caisses de la mairie sur instruction du Premier ministre. Cela sonnait le glas d’un système qui partageait les millions du contribuable entre eux : le maire, le préfet, le gouverneur, les autorités de sécurité et le MINAT sur le dos des populations. 

 

La peur s’est emparée d’eux. Et on l’a attaqué dans la précipitation d’où les failles de ces plaintes vides. 

 

Dans sa défense, la dernière prise de parole PEK, demande quel maire peut détruire ce qu’il est censé construire ? 

 

Il ne manquera pas d’évoquer l’ancien MINAT qui est à la base de ses problèmes et qui paie lui-même 25 ans pour ses indélicatesses dans la gestion de la fortune publique ! 

 

PEK dit encore : «j’avais droit au chauffeur, au domestique, au carburant (930 000) mes factures d’eau et d’électricité devaient être prises en charge. Mais je n’ai rien pris de tout cela » !  

 

Avec beaucoup d’émotion PEK  se défend et dans ses envolées l’homme laisse perler des larmes ; la salle s’émeut, Maitre Manfo s’approche pour le soutenir, le Président imperturbable et ses collègues laissent poindre une teinte d’émotion, un mouchoir lui es tendu, il s’excuse auprès de la cour. D’un geste de la main le Président lui fait un  « c’est pas grave ! »… 

 

L’émotion est forte, et j’avoue que moi aussi les larmes embuent mes yeux, je ne vois plus mes notes…

 

Rendez-vous est pris pour le 14 novembre à 14h pour le verdict !

 

Je serai là…

 

Kuissu Mephou Gérard

 

cyberjournaliste

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31octobre 2012

© Marie Louise Mamgué (Stagiaire) | Le Messager

http://www.cameroon-info.net/stories/0,38490,@,affaire-paul-eric-kingue-verdict-le-14-novembre-prochain.html 

 

Verdict le 14 novembre prochain

 

Les réquisitions du ministère public ont eu lieu hier mardi 30 octobre 2012 à la Cour d’appel du Littoral après 4 renvois. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 novembre 2012

Gérard Kuissu Mephou

http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/article-pek-verdict-de-la-honte-desappointement-et-indignation-112456192.html 

Le billet de Gérard Kuissu Mephou.

Cameroun : l’injustice grandeur nature !

Quand le Cameroun montre au monde entier sa face hideuse, comment un parti peut broyer ses propres militants ! 

Hier matin a été lue la sentence du procès en appel de PAUL ERIC KINGUE.

La salle était pleine, il y avait grande foule.

Après une trentaine de minutes à lire le délibéré, on aura compris que PAUL ERIC KINGUE était crucifié !

Pendant cette lecture, l’émotion était forte, des prières par ci, des incantations par-là, des doigts croisés ailleurs.

La cour le dit coupable de détournement de 1 400 000 Fcfa! Cette somme est le reliquat de la somme de 4 000 000, don de la SPM pour l’adduction d’eau. Non seulement cette adduction a été faite selon la SNEC et le maire actuel de NJOMBE PENJA, mais plus encore la mairie ne réclame rien et dit n’avoir subi aucun préjudice, elle l’a dit à la Cours.

Dans son réquisitoire l’accusation aura surpris plus d’un, elle demandera une peine de rééducation.

Maitre Manfo, l’avocat de PAUL ERIC KINGUE, sentant les roussis, essaiera de recadrer les choses.

Le défaut de mandat d’arrêt et de dépôt qui rendent nulles toute décisions de justice, la peine de rééducation demandée par l’accusation... Me Manfo de retour d’un procès à Mbanga et récemment victime d’un accident grave dont il est miraculeusement sorti indemne,  dira, lui, craindre Dieu au vu des affaires PAUL ERIC KINGUE. Il fera appel à la conscience des juges en vain.

Parole sera donnée à PAUL ERIC KINGUE. Il sera incisif, agressif. Il avait compris qu’il venait d’être crucifié. Il frôlera l’impolitesse. Et sera ramené à l’ordre.

La sentence sera prononcée : 10 ans fermes. Pendant cet énoncé PAUL ERIC KINGUE dira ouvertement à la Cour ses manquements, ses limites, sa compromission.

Les sanglots, la désolation, la tristesse, l’émotion, le public était KO debout.

Dehors ce sera la rage, la colère et un militant du RDPC jettera sa chemise et son chapeau du RDPC.

A quelle heure ?

Au palais de justice de Bonanajo Douala,

KUISSU MEPHOU GERARD

Correspondant icicemac.com

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Le délibéré sur la culpabilité de Paul Eric Kinguè, l’ex-maire de Njombé-Penja sera rendu le 14 novembre 2012 à 14 heures à la Cour d’appel du Littoral. Les réquisitions et les plaidoiries ont eu lieu mardi 14 novembre 2012 après 4 renvois à la demande du ministère public. Le représentant du ministère public lors de ses réquisitions a rejeté les charges de deux millions Fcfa représentant le montant des bons de carburant perçus par l’ex-maire de Njombé-Penja et les frais destinés à l’adduction d’eau portable à la commune. L’avocat général a retenu les charges de huit millions Fcfa contre Paul Eric Kinguè. Il lui reproche de n’avoir pas respecté la procédure dans la réception du don à la mairie de Njombé-Penja. Une accusation rejetée par la défense dans ses plaidoiries.

En effet, à en croire Me Manfo, l’avocat de Paul Eric Kinguè, les textes utilisés par le ministère public étaient abrogés. «Nous demandons que notre client soit libéré et acquitté parce que nous sommes dans le cadre d’un détournement. Et lorsqu’on parle de détournent, les témoignages viennent appuyer les pièces versées dans le dossier. Dans le cadre de ce dossier, rien n’a été prouvé, rien n’a été dit. Les textes ont été abrogés et les articles cités n’existent pas dans le décret dont on parlait. Kinguè n’a rien fait et mérite d’être mis hors de cause dans le cadre de ce dossier», affirme Me Manfo. Selon Paul Eric Kinguè, la loi de 1974 utilisée par le ministère public ne s’applique pas dans son procès. «Dans la loi 2004/18 à son article 157, il est dit que la loi 74 est abrogée avec tout ce qui l’accompagne», a déclaré L’ex-maire de Njombé-Penja.

En instance, Paul Eric Kinguè avait été condamné à vie le 28 février 2012 par le tribunal de grande instance du Moungo. Paul Eric Kinguè était poursuivi pour détournement de deniers publics de plus 10 millions Fcfa alors qu’il gérait la commune de Njombé-Penja. Rendez-vous est pris pour le 14 novembre 2012, pour la suite de l’affaire.

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31 octobre 2012

Par Idriss Linge – Journal du Cameroun.com

http://www.journalducameroun.com/article.php?aid=12616

 

Affaire Eric Kinguè: La décision finale attendue en novembre

 

Les avocats de la défense se disent confiants, car l’accusation reposerait sur une base sans fondement légal

 

L’affaire de détournement présumé de fonds et biens publics impliquant Paul Eric Kingue, maire de Njombé-Penja, devrait connaître un nouveau verdict en appel le 14 novembre prochain, avec à la clé la question de savoir si l’accusé sera acquitté ou pas en fin de compte. Dans son réquisitoire, l’Avocat Général représentant en appel l’Etat accusateur, a finalement demandé que soient retenues les charges de détournement de huit millions de FCFA contre l’ancien maire de Penja, localité située à 30 kilomètres Douala la capitale économique du Cameroun, contre un montant de 10 millions précédemment. Il semble selon des sources proches de l’affaire, que des accusations portant sur une affaire de bons de carburant, aient aussi été abandonnées. Il est reproché aujourd’hui à monsieur Kinguè, de n’avoir pas respecté la procédure dans la réception d’un don au profit de la mairie de Njombé-Penja, le détournement d'un projet d'adduction d'eau dans la commune de Njombé-Penja et la location d'une niveleuse par sa commune à celles de Dibombari, Mbanga et Mélong. En face, les avocats de la défense rejettent les fondements légaux de l’accusation. Selon eux les dispositions légales invoquées par le ministère public, sont aujourd’hui abrogées et donc inapplicables dans l’affaire en cours. «Nous demandons que notre client soit libéré et acquitté parce que nous sommes dans le cadre d’un détournement. Et lorsqu’on parle de détournement, les témoignages viennent appuyer les pièces versées dans le dossier. Dans le cadre de ce dossier, rien n’a été prouvé, rien n’a été dit. Les textes ont été abrogés et les articles cités n’existent pas dans le décret dont on parlait. Kinguè n’a rien fait et mérite d’être mis hors de cause dans le cadre de ce dossier», affirme Me Manfo, l’avocat de Paul Eric Kinguè, selon une information rapportée par le quotidien Le Messager.

Ce nouveau verdict pour Paul Eric Kinguè est attendu alors qu’il vient de bénéficier du soutien de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme. Dans un communiqué publié le 29 octobre dernier, la FIDH a dénoncé « la lenteur excessive des procédures d'appel, qui constitue une violation manifeste du droit à être entendu dans un délai raisonnable, composante essentielle du droit à un procès équitable garanti notamment par l'article 10 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et par l'article 14 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ». D’un autre côté, l’organisation internationale s'est également inquiétée « de l'absence flagrante de proportionnalité dans la peine imposée à M. Kinguè qui apparaît manifestement disproportionnée aux faits allégués ». Le 29 février 2008, M. Paul-Eric Kinguè a été arrêté et poursuivi pour « complicité de pillage en bande et incitation à la révolte » dans le contexte des émeutes qui s'étaient déroulées dans la ville de Njombé-Penja entre le 25 et le 28 février 2008, ainsi que pour « faux en écriture » et « détournement de biens publics » en lien avec son mandat de maire Le 19 janvier 2009, après plusieurs reports d'audience dans le dossier pour « complicité de pillage en bande », le tribunal de grande instance de Nkongsamba, dans le Moungo, le condamne à six ans de prison ferme et à verser 800 millions de francs CFA. Par la suite, le 29 février 2012, soit près de quatre ans après son arrestation, le tribunal de grande instance de Nkongsamba a condamné M. Kinguè à une peine de prison à perpétuité pour le détournement supposé d'une somme totale de 10 millions de francs CFA alors qu'il exerçait son mandat de maire de la commune de Njombé-Penja. Les avocats de M. Kinguè ont fait appel de cette condamnation. Le 26 mars 2012, la Cour d'appel du Littoral a acquitté M. Kinguè dans le cadre de l'affaire pour « faux en écriture ». Et entre le 2 mai et le 16 juin 2012, la Cour d'appel du Littoral a décidé à trois reprises du renvoi de l'audience dans le cadre du procès en appel de l'affaire de détournement de fonds publics, en invoquant le motif d'une réorganisation de la magistrature la plaçant dans l'impossibilité de constituer un tribunal. Aujourd’hui que cette contrainte est passée, on attend de voir quelle sera la décision des juges.

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09 novembre 2012

AFD International Département Afrique Subsaharienne Headquarter Office Bruxelles, Belgique

http://www.afdinternational.org/index.php?option=com_k2&view=item&id=419%3Acameroun-libert%C3%A9-%C3%A0-monsieur-paul-eric-kingue-le-14-novembre-2012&Itemid=627&lang=fr

 

Cameroun : Liberté à Monsieur Paul Eric KINGUE le 14 novembre 2012

 

AFD International continue de suivre de très près le traitement réservé au dossier de Monsieur Paul Eric KINGUE, ancien Maire de la commune rurale de Njombé-Penja, actuellement incarcéré à la prison de New Bell à Douala, et cela depuis l’année 2008.

Suite à la dernière audience qui s’est tenue le 30 octobre 2012 à Douala, à laquelle nous avions pris part par l’intermédiaire de l’Avocat et Représentant d’AFD International- Cameroun Me René MANFO, force est de constater que le Ministère Public a choisi de maintenir ses poursuites plutôt que d’abandonner les charges retenues contre Monsieur Paul Eric KINGUE malgré le caractère non fondé des accusations. Nous constatons aussi qu’aucun nouvel élément n’est apparu, coupant court à des rumeurs qui avaient circulé selon lesquelles il y aurait de nouveaux témoins à charge.

Nous rappelons que le Ministère Public s’est basé dans le maintien des poursuites sur une loi de 2009 concernant la procédure que les Maires doivent suivre pour l’utilisation de l’argent des communes. Il s’est aussi appuyé sur le décret d’application de la loi abrogée qui avait motivé la condamnation à vie rendue à Nkongsamba pour finalement demander à la Cour que Monsieur Paul Eric KINGUE soit sanctionné et que la peine de prison à vie soit confirmée.

De ce fait, AFD International reste inquiet des griefs retenus à l’encontre de Mr. PEK, dont l’invocation d’une loi de 2009 pour le condamner pour des faits reprochés en 2007 reste un signe flagrant de l’acharnement judiciaire sans fondement légale à l’encontre de Monsieur Paul Eric KINGUE. En outre, AFD International reste très interrogatif suite à ces multiples reports du prononcé du verdict dans cette affaire qui dure depuis trop longtemps.

Après tant d’années de procédures et de multiples renvois sollicités par le Ministère Public, la Cour d’Appel du Littoral a décidé enfin de prononcer le verdict final le 14 novembre 2012 (comme nous l’a rapporté notre représentation locale au Cameroun).

Ainsi, AFD International affirme qu’elle sera présente le jour de la prononciation de ce verdict final et appelle les autorités camerounaises,

- À respecter les conditions du procès équitable,

- à garder la même attitude de neutralité comme celle qui a prévalu lors de l’annonce ayant donné lieu au 1er acquittement le lundi 26 mars 2012,

- la même attitude devra prévaloir dans l’autre procès encore en cours et actuellement pendante devant la Cour Suprême du Cameroun,

- A rendre la liberté à Monsieur Paul Eric KINGUE (étant entendu que l’ensemble des charges retenues contre lui sont infondées), Faire droit à notre requête ne pourra que renforcer l’image de marque du Cameroun et redorer le blason d’une justice qui commence à retrouver des couleurs et affirmer son indépendance. 

AFD International Département Afrique Subsaharienne Headquarter Office Bruxelles, Belgique

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13 novembre 2012

© Aurore Plus : Linda Mbiapa

http://www.camer.be/index1.php?art=22624&rub=11:1

9ème audience en appel: Paul Eric Kinguè sera fixé sur son sort ce 14 novembre

Après quatre renvois consécutifs pour les réquisitions du Ministère public, celles-ci ont enfin été présentées à l'audience du mardi le 30 octobre 2012 à la Cour d'Appel du Littoral.UNE QUARANTAINE DE MINUTES après les réquisitions de l'Avocat général, ont suivi les plaidoiries de la défense. Me René Manfo a battu en brèche via des arguments forts les allégations de l'avocat général. Ce dernier qui a affirmé que l'accusé n'aurait jamais dû faire usage du don offert par la Spm (en ce qui concerne l'installation de l'eau à la commune) sans l'autorisation du Ministre de l'Administration territoriale. Sur le volet de la location de la niveleuse, «dame Salla a déclaré avoir réceptionné 750 000 FCFA alors qu'elle n'avait pas autorité, Elle a pris ce montant pour le remettre à Paul Kinguè. Or la loi N°2009/011/ du 10 juillet 2009 portant régime financier des collectivités territoriales en son article 61 au sujet des opérations des recettes stipule que la phase du recouvrement relève du comptable», dixit l’avocat général et de poursuivre: «l'article 70 de la loi dispose le règlement des dépenses locales se fait par bon de caisse: virement, et donc les 750 000 FCFA recus par dame Salla devaient plutôt aller la recette... Paul Eric Kinguè est en même temps ordonnateur, receveur municipal, comptable. Il fait tout».

Lorsque la parole lui a été donnée, Me René Manfo a rétorqué: «c’est un procès en sorcellerie. A Nkongsamba j'avais dit que c'est un procès de la honte, dans lequel on cherche les poux sur la calvitie d'un homme chauve. Kinguè n'a rien fait. Dans le cadre du cross examination du maire actuel de la commune de Njombe-Penja. Ngolle celui-ci a affirmé n'avoir pas porté plainte contre Kinguè. Ni désigné quelqu'un pour le faire». Des secondes s'égrainent, le temps pour a défense de souffler. Et de continuer de plus belle: «la Commune est alimentée en eau et en électricité. Des témoins ont montré des factures. Contrairement à ce que l'Avocat général laisse entendre, le don de la Spm ne portait pas sur les fonds mais plutôt sur l'extension de l'eau à la mairie. De plus, ladite commune n'a envoyé personne se constituer en partie civile». Rappelons qu'au cours des précédents débats, les derniers témoins à avoir été entendus, n'étaient autres que Jacques Mbonjo, maire de Mbanga et Nguime Ekollo Frédéric, maire de Dibombari.

Pour eux, il n'y a pas lieu d'accuser Paul Eric Kinguè de détournement d'argent destiné a la location d'un quelconque engin. Ils ont dit n'avoir jamais loué les engins à la commune de Penja. Tous les témoins clés ont été entendus. Il ne reste plus que les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de l'avocat de l'accusé.

C'est mercredi le 1er août 2012 qu'a démarré ce procès en appel. L'ex-maire de Njombé-Penja avait été condamné à perpétuité le 29 février 2012 par le tribunal de grande instance du Moungo dans l'affaire du détournement d'argent destiné à installer de l'eau courante dans les locaux de sa commune. Avant qu'il ne soit condamné, celui-ci n'avait jamais été entendu, nous a-t-il conté. L'instruction avait été menée uniquement à charge et ni lui ni sa défense n'avaient été invités au procès.

La requête en annulation de ce procès pour défaut évident de procédure avait été dans un premier temps ignorée puis ensuite refusée.

Le «domicilié» à la prison centrale de Douala a démontré son innocence et mis à nu les affres d'un groupuscule d'individus et la non application de la loi en matière juridique au Cameroun, notamment pour ce qui est de son cas tout particulier. Précédemment Paul Eric Kinguè avait été acquitté par cette même Cour d'Appel du Littoral pour faits non établis. C'était le 26 mars 2012 a Douala. Il était alors jugé sur le détournement de la somme de 1400 000 FCFA. Ses fans espèrent qu'il en sera de même pour cet autre procès.

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14 NOVEMBRE 2012

HUBERT, coordinateur du Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè.

http://www.icicemac.com/actualite/paul-eric-kingue-ecope-de-10-ans-de-prisondesapp-14246-38-1.html 

 

Paul Eric Kinguè écope de 10 ans de prison: Désappointement et indignation ! 

 

Alors que nous attendions logiquement un verdict d’acquittement pur et simple, le tribunal vient de rendre son verdict : 10 ans. En violation des lois, il est de plus incarcéré, alors qu’il n’avait pas de mandat d’incarcération. PEK a 48 heures pour introduire un recours en Cour suprême.
 
La crainte qui taraudait nos esprits sans que nous osions la formuler était donc bel et bien fondée. En dépit de l’évidente innocence de PEK, en dépit des lois et du simple bons sens, le collège des magistrats vient de nous donner une fois de plus la preuve de son asservissement au pouvoir politique, ou, du-moins, aux apparatchiks et autres parrains maffieux qui ont cadenassé le système judiciaire et réduit les magistrats a l’état de veules serviteurs.
 
Nous avons bien compris que le Président du tribunal n’a pas eu d’autre choix que de lire le verdict dicté par ses instances supérieures. Les renvois successifs accordés au procureur pour lui donner le temps de préparer ses plaidoiries nous avaient laissé deviner l’importance des débats à ce sujet en haut lieu. Par quel tour de magie l’État pouvait-il sortir honorablement du guêpier dans lequel il s’était fourré ?
 
Parce que, si au départ de l’affaire Kinguè il ne s’agissait que d’un règlement de comptes venant de commerçants véreux associés pour l’occasion à quelques mercenaires du pouvoir, c’est au fil du temps devenu une affaire d’État. Et, bien-sûr, une affaire dans laquelle le principal intéressé, PEK, ne compte pas plus qu’un vulgaire cafard qu’on écrase sans aucun état d’âme. La vie et l’honneur d’un citoyen compte-t-ils encore quand il s’agit pour l’État de sauver la face ?
 
Mais quelle face ? La face hideuse d’un État de non droit qui ne peut que révulser aussi bien le peuple camerounais avide de justice dans son quotidien, que la frange de la communauté internationale soucieuse du respect des droits élémentaires de l’Homme.  
 
Le rideau rouge se ferme sur une bien mauvaise tragi-comédie, sous les huées du public impuissant et outré. Seuls les esprits démoniaques qui ont créé et alimenté l’affaire Kinguè peuvent applaudir, avant de retourner là d’où ils viennent et où est leur place : en enfer.
 
 
Bien à vous,
HUBERT, coordinateur du Groupe de Soutien à Paul Eric Kinguè.

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15 novembre 2012

© Blaise-Pascal Dassié | Le Messager

http://www.cameroon-info.net/stories/0,38641,@,detournement-paul-eric-kingue-condamne-a-10-ans-de-prison-ferme.html

 

Détournement: Paul Eric Kinguè condamné à 10 ans de prison ferme 

 

La Cour d’appel siégeant en matière criminelle hier mercredi 14 novembre 2012 l’a reconnu coupable du détournement de la somme de 3.000.460 Fcfa. 

 

Paul Eric Kinguè devra en outre payer la somme de 3.402.551 Fcfa au titre de dommages. Et 384 915 Fcfa pour les dépens. Le verdict dans l’affaire en appel, ministère public et commune de Njombé/Penja contre Paul Eric Kinguè est tombé hier mercredi 14 novembre 2012 à la Cour d’appel du Littoral siégeant en matière criminelle. Après que l’avocat général a sollicité « une peine suffisante susceptible de rééducation de l’accusé pour qu’il ne pense pas qu’il y a quelque chose derrière ». Passée la lecture des charges retenues contre l’accusé, la collégialité a requis la peine de 10 ans d’emprisonnement ferme à l’encontre de l’ex-maire de la commune de Njombé/Penja. Pour ce qui est de l’extension du réseau d’eau à la commune de Njombé/Penja, la Cour a estimé que l’ex-maire a violé la règlementation en vigueur en ne soumettant pas l’utilisation de la somme de 4.960.551 Fcfa , don reçu de la société des plantations du Moungo (Spm), au conseil municipal. Qui en avait le pouvoir d’en décider.

Sur ce montant destiné à l’installation de l’eau à la commune, la Cour a estimé qu’il y a eu un détournement de la somme de 1.400.000 Fcfa. Sur le volet concernant la location de la niveleuse de la commune de Njombé/Penja aux communes voisines de Mbanga et de Dibombari, la collégialité a retenu le détournement de 1.390.000 Fcfa sur les 3.915.000 Fcfa générés. « Les pièces justificatives de la gestion et la collecte de ses fonds ont été fabriquées pour servir la cause de l’accusé. Les décharges présentées par Paul Eric Kinguè ont été falsifiées », a argué le président de la collégialité. Qui n’a pas requis la culpabilité de l’ex maire de la commune de Njombé/Penja sur le montant, soit 1.321.300, destiné à la fourniture en carburant et lubrifiant de la niveleuse.

C’est visiblement déçu et abattu que Paul Eric Kinguè a regagné la prison de New-Bell hier après le prononcé de la décision. Acclamé par une foule nombreuse et presque en larmes, l’ex-maire de Njombé/Penja a dit toute sa déception. « C’est terrible ce qui vient de se passer à la Cour d’appel du Littoral. Je suis déçu par la Justice de mon pays. Les magistrats ont tout fait pour me condamner. Alors que tous les témoins à charge du ministère public se sont succédés dans le box pour me dédouaner. On se demande bien au regard de ce qui vient de se passer où va la justice de mon pays », a-t-il déclaré. Et de poursuivre comme lors des plaidoiries, «parce que j’aimais ma commune, mon peuple et mon département, j’ai vêtu sur moi, ma qualité de juge d’opportunité, combinée au bon sens, pour appliquer strictement la volonté du donateur qui consistait à installer le réseau d’eau à l’hôtel de ville de Penja, ce que j’ai fait »

Pour l’instant Paul Eric Kinguè qui avait été condamné à vie mercredi 29 février 2012 par le tribunal de grande instance du Moungo, entend se pourvoir en cassation.

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25 novembre 2012

Paul Eric Kinguè

http://www.camer.be/index1.php?art=22850&rub=30:27

 

LETTRE OUVERTE de PAUL ERIC KINGUE

à S.E.Mr L’AMBASSADEUR DE FRANCE AU CAMEROUN

 

 

Excellence Monsieur l’Ambassadeur,

 

 

            Du fond de ma cellule de la prison de New-Bell, je suis avec grand intérêt, votre déploiement et surtout, votre engagement non voilé à faire entendre la voix bien mieux, la position de la France institutionnelle dans ce qu’il est évident et constant depuis 15 ans, d’appeler l’Affaire Thierry Michel ATANGANA.

 

            A cette mission sans doute régalienne de la France, vous semblez y ajouter du vôtre, c’est-à-dire du « Gain » (Bruno), prouvant ainsi au monde entier, en tous cas aux Camerounais, qu’on ne blague pas avec la France mais aussi et surtout, avec la vie de ses citoyens, où qu’ils soient dans le monde.

 

            Excellence Monsieur l’Ambassadeur, en même temps que cette politique de la France, qui vise à protéger les siens mérite d’être admirée et saluée par toute personne de bonne foi, en même temps, une curiosité renversante m’oblige à vous poser cette question récurrente dans mon esprit : LA FRANCE MILITE-T-ELLE VRAIMENT POUR LES DROITS HUMAINS UNIVERSELS ?

 

            Excellence Monsieur l’Ambassadeur, à cette occasion, aucune esquisse de réponse ne semble me venir à l’esprit. Au contraire mon subconscient, du fait des refoulements dus aux abus de certains réseaux français au Cameroun en particulier et en Afrique en général, me suggère de penser autrement ;

 

            Pour moi en tout cas, jusqu’à ce qu’il me soit prouvé le contraire, la France sans la grande majorité de son peuple, me semble loin de se préoccuper des droits Humains, pourtant Universels. Pire, au Cameroun comme ailleurs, elle semble faire de cette exigence universelle, ce qu’il y a de plus aléatoire, voire même de plus subjectif.

 

            Pour illustrer ma pensée, permettez-moi de m’appesantir sur mon cas :

 

            Alors que j’étais Maire de la Commune de Penja, dans le Moungo, j’ai démasqué et dénoncé un vaste réseau de délinquance fiscale entretenu par les plantations françaises P.H.P, S.P.M. et CAPLAIN. Trois mastodontes dont les chiffres d’affaire annuels cumulés tournent autour de 216 milliards de francs CFA.

 

            Trois entreprises dont lesz promoteurs Sieur FABRE, Sieur O’Quin et Dame CAPLAIN tous français d’origine, ne payent pas les impôts locaux, (même pas la patente que la Bayam-Sellam du Cameroun est contrainte de payer), accentuant ainsi, la paupérisation des populations de ma localité, qui abrite pourtant leurs investissements.

 

            Pour avoir osé, en ma qualité de Maire (élu local) demander que ces taxes locales non payées depuis plus de trente an le soient enfin, pour que mes populations écrasées par la faim et les maladies de tout genre, dues par ailleurs aux pesticides mortels qu’utilisent ces Entreprises françaises voient leurs conditions de vie améliorées, je n’ai eu droit qu’à l’emprisonnement ferme, financé par les propriétaires des entreprises PHP, SPM et CAPLAIN à travers leurs bras séculiers camerounais, Marafa Hamidou Yaya et autres sans qu’un seul instant, la France et vous-même, ne vous sentiez concernés.

 

            Oui Monsieur l’Ambassadeur, la France et Sieur MARAFA Hamidou Yaya, m’ont jeté en prison avec à chaque fois des condamnations injustifiées et juridiquement non fondées, des condamnations frisant parfois le ridicule, sans que le sursaut du pays militant des droits humains que dit être la France qui explique en partie, votre déploiement ostentatoire dans l’affaire Michel Thierry ATANGANA soit ressenti.

 

            J’ai pourtant été condamné à vie monsieur l’Ambassadeur, du fait de la France. Vous deviez à cet effet plus que quiconque, vous sentir concerné par les abus de la France sur un citoyen, mieux élu camerounais innocent, harcelé par une avalanche de procès raccommodés de fils blancs, inspiré par vos compatriotes exploitants de Bananeraies, fleurs et Ananas du Moungo.

 

            Je suis moi aussi Monsieur l’Ambassadeur, Citoyen du monde et mérite l’attention de la France et celle de son gouvernement dont la publicité sur la destruction d’un élu au Cameroun n’est pas des plus reluisantes.

 

            En parcourant le journal Mutations du 23 Novembre 2012, j’ai été choqué de lire que l’Ambassadeur Français pour les droits de l’homme au Cameroun, Sieur ZIMERAY sera au Cameroun pour les cas des Français Thierry Michel ATANGANA et Lydienne EYOUM.

 

            Les droits de l’homme au Cameroun ne se limitant pas à ceux-ci bien que injustement écrasés comme moi, je formule le vœu de vous voir porter ma causze auprès de Monsieur François Hollande et son gouvernement, ainsi qu’auprès du parlement et du Sénat Français, car une France qui tue et torture pour piller l’Afrique, n’est pas la France telle que voulue par la majorité de son peuple hospitalier.

 

            Mon interpellation ce jour, mérite que dès le séjour de Sieur ZIMERAY au Cameroun, ma cause soit officiellement présentée à celui-ci, afin qu’il touche du doigt la destruction de la vie d’un élu camerounais par la France, pour des raisons économico-maffieuses dont se sont rendus coupables vos compatriotes dans le Moungo avec la complicité des camerounais bien connus et identifiés.

 

            En attendant, veuillez croire Excellence Monsieur l’Ambassadeur, à ma parfaite considération.

 

 

La victime de la France-Afrique

Paul Eric KINGUE

Maire légitime de Njombé-Penja

Incarcéré à la prison de New-Bell.

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