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20 septembre 2013 / © PRISCILLE G. MOADOUGOU AVEC D.M.B. (STG) | Mutations

 

http://www.cameroon-info.net/stories/0,52043,@,cameroun-television-france-2-ressuscite-l-affaire-paul-eric-kingue.html

 

France 2 ressuscite l'affaire Paul Eric Kingué

 

La banane du Cameroun était à l'honneur dans une émission diffusée mercredi dernier sur les antennes de France 2. Intitulé «Les récoltes de la honte», le documentaire a ouvert une brèche sur l'exploitation de la banane camerounaise dans les plantations françaises basées à Njombé-Penja, Mbanga, Loum et Manjo dans le Moungo, région du Littoral du Cameroun. «Cash Investigation» s'est donnée pour objectif de décrire les conditions dans lesquelles la banane est produite, les conditions de travail des employés, les conséquences sur l'environnement de l'usage des engrais toxiques à la Plantation du haut Penja (Php). Ce programme a également été l'occasion de revenir sur l'affaire Paul Eric Kingué, ancien Maire de Njombé-Penja, incarcéré depuis le 29 février 2008 à la prison centrale de New-Bell à Douala. Il y purge une peine d'emprisonnement à perpétuité.

 

A travers ce reportage, on a appris que les moyens utilisés et leur quantité sont fonction du rendement voire de la demande extérieure. Tout est mis en œuvre pour que la commande soit respectée au mépris de certaines règles. Déjà, l'entretien des bananes se fait à l'aide de l'aspersion des engrais chimiques au moyen d'avion au-dessus des plantations.

 

Ce processus facilite le travail et maximise les profits. Par contre, ces engrais, qui ne doivent plus être utilisés, intoxiquent ceux qui travaillent dans les plantations. Les conséquences sont atroces pour les ouvriers et les populations riveraines. Certains confient souffrir de troubles visuels, respiratoires et bien d'autres. Beaucoup finissent malheureusement aveugle. C'est le cas de cet ancien ouvrier, qui a demandé une indemnisation mais n'a reçu qu'un licenciement en retour. C'est le même cas pour cha¬cun des employés victimes de cécité. L'essentiel pour les exploitants de Php étant de faire des profits. Sur toutes ces dérives, aussi bien les responsables de Php que ceux du Cameroun, au haut sommet de l'Etat ne se sont exprimés sur le sujet, qui les met manifestement mal à l'aise.

 

Pour avoir demandé que Php paie ses impôts dans la localité, Paul Eric Kingué s'est retrouvé dans un tourbillon judicaire. Ce que l'entreprise ne faisait pas jusque-là. Or ces impôts devaient permettre le développement de l'arrondissement de Njombé Penja. Derrière les barreaux, il interviendra dans cette émission pour dire sa part de vérité sur cette exploitation, qui ne cesse d'engranger des bénéfices.

 

En effet, l'ancien Maire, interpellé lors des émeutes de février 2008, est poursuivi pour plusieurs chefs d'accusation, notamment complicité de pillage en bande à la Plantation du haut Penja (Php) et de destruction, dans la localité dont il était pourtant le Maire; le détournement de la somme de 1,400 million de FCFA à l'occasion de la cérémonie de son installation et un autre détournement de 10 296 000 FCFA, destinée à l'installation d'un réseau d'eau Snec l'hôtel de ville. Mais, pour l'ancien Maire, il n'en est rien.

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23/09/2013 - © Camer.be : Parfait Valère Mbeg

http://www.camer.be/index1.php?art=29079&rub=11:1

QUI VEUT LA PEAU DE PAUL ERIC KINGUE ? MERCI À France 2 DE NOUS AVOIR APPORTÉ LA RÉPONSE

La fin de l’esclavage au Cameroun viendra-t-elle du contribuable français, permettez-moi d’en douter car pour briser ses chaînes il faut déjà avoir conscience que l’on est enchaîné, le Cameroun est un pays dirigé par des esclaves de maisons  avec à leur tête le Président de la République en chef des esclaves car il est lui-même le premier des esclaves, quant aux « opposants politiques » ce sont des  marionnettes qu’il fabrique lui-même pour distraire le peuple les élections municipales et législative de cette fin septembre 2013 dont lui seul avait l’agenda secret vont finir de le démontrer dans quelques jours, attendons seulement les résultats…

Le 26 Avril 2011 je posais déjà la question à travers  cet article QUI VEUT LA PEAU DE PAUL ERIC KINGUE à travers ce lien http://www.camer.be/index1.php?art=14069&rub=30:27
Le documentaire de chaîne publique française nous explique qui sont les gens derrière la mise à mort programmée de PAUL ÉRIC KINGUE mais ils édulcorent leur reportage en culpabilisant d’abord le consommateur qui serait  coupable de rechercher des produits alimentaires moins chers; une démarche douteuse car elle permet ensuite de faire passer la pilule au grand public c’est pourquoi j’ai choisi d’extraire la partie du film qui concerne uniquement le cas de notre compatriote victime du système esclavagiste au Cameroun afin de ne pas m’en laisser  conter  car l’ennemi du peuple camerounais n’est pas son  Président de la république mais ce système mis en place par JACQUES FOCCART qu’on appelle la FRANÇAFRIQUE qui fait de nous des esclaves  et tant qu’on  combattra les pions au lieu de combattre de système on ne pourra jamais briser nos chaînes, PAUL ERIC KINGUE est du RDPC-CPDM et alors?

À quoi servent les opposants au RDPC-CPDM s’ils sont incapables de combattre le système FOCCART mais ont pour seul slogan  BIYA MUST GO comme si avant lui l’esclavage n’existait pas déjà sous AHMADOU AHIDJO ?

Nul n’est immortel mais après PAUL BIYA qui peut nous garantir que l’esclavage ne se portera pas encore mieux qu’avant  avec un peuple aviné en permanence, les bars devant  les sorties d’écoles  un espérance de vie de 52 ans, de moins en moins d’eau potable, la moitié de la population qui n’a accès ni à l’électricité courante ni à l’eau potable ?

Le cas de PHP est loin d’être un cas unique, on a vu récemment   des reportages sur la SOSUCAM à NKOTENG ce sont les mêmes procédés,  toutes les multinationales françaises  pratiquent l’esclavage dans notre pays avec la complicité des autorités corrompues jusqu’à la moelle les Chinois ont d’ailleurs rejoint les Français sur e terrain d’où leurs cris d’orfraies car le braqueur  ne supporte pas la concurrence.

Les Chefferies traditionnelles jouent un rôle clé dans ce dispositif colonial d’où la nécessité  d’abolir leurs pouvoir politiques et  créer des conseils municipaux dans tous les villages avec des élus du peuple à moins qu’on ait décidé de sacrifier notre marche vers la démocratie comme vient de l’illustrer  la création du Sénat avec 100 % des gens nommés par le seul Président de la République dans un  simulacre d’élections pathétique.

Reportage : http://www.youtube.com/watch?v=bSmgxB9PxIU&list=PLZd78h07_0lVFQMizg1zEeMJWfE06Ohae&feature=player_embedded

 

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22/09/2013 © Camer.be : Felicité Ngadja

http://www.camer.be/index1.php?art=29063&rub=27:25

Paul Éric Kinguè cloué en prison … l’homme au cœur du débat des bananes dans une république de honte

Il avait un seul rêve : parler des VRAIS enjeux de sa commune…Paul Éric Kinguè ancien maire de la commune Njombé-Penja cloué en prison pour son idéal puisqu’il le dit si bien : «Mon arrestation était programmée par les bananeraies françaises. Ces multinationales qui réalisent des bénéfices astronomiques et dont les chiffres sont évalués à plusieurs dizaines de milliards de Francs CFA, refusent jusqu’à ce jour de s’exécuter, retenant ainsi frauduleusement et illégalement les sommes dues à la Commune de Penja qui se chiffrent comme je l’ai dit plus haut à 2.713.000.000 (Deux milliards sept cent treize millions) Francs CFA par an. Je me bats pour que la Commune de Penja recouvre cet argent pour le bien-être de ses populations meurtries par la misère, toutes ces sommes qui lui sont dues.»

Heureusement devant un journalisme camerounais adeptes des « toli toli »(contes) pour de l’information, il y a un homme, un GRAND homme qui depuis cinq ans a perdu sa liberté au nom du mieux-être de la population de sa commune. Le seul homme politique qui ose dénoncer sans masque un enjeu de taille.

Un enjeu que fort heureusement la presse française nous fait ressortir en cette période de campagne électorale municipale. En effet, le 18 septembre dernier, France 2 une chaine de télévision française à travers son émission « Cash investigation » sur la guerre des prix que se livrent les grandes chaines alimentaires en Europe lève le voile sur les conditions de travail inadmissibles dans les bananeraies de Njombé-Penja et sur les conséquences néfastes des épandages de produits chimiques sur les populations, interdits partout sauf au Cameroun.

Affaire Paul Éric Kinguè…Au-delà des accusations de détournement d'une somme de 10 millions de F CFA ....    Au cœur de l'affaire Paul Eric Kinguè se cache une grave affaire sur laquelle la jeunesse camerounaise doit s'attarder sans filiation politique : il s'agit d'un dossier fort accablant d'impôts non payés par les grandes compagnies fruitières comme SPM, PHP et CAPLAIN de 2.713.000.000 (Deux milliards sept cent treize millions) par an.

En ce moment même Paul Éric Kinguè devrait être en campagne pour défendre les intérêts de sa commune Njombé-Penja. Hélas dans le Cameroun de Paul Biya l’intérêt du peuple n’a jamais été une priorité.

Paul Éric Kinguè cloué en prison … l’homme au cœur du débat des bananes dans une république de honte.

Affaire Paul Éric Kinguè, affaire d’Impôts non payés des compagnies françaises? Telle est notre question de la semaine.

On ne peut pas parler de l’affaire Paul Éric Kinguè sans avoir une pensée pour souligner la mémoire de son jeune fils Paul Éric Kinguè Junior, mort à l'âge de 11 ans des suites d'une courte maladie. Il lui sera refusé longtemps d’assister à son enterrement quand on sait que la perte d'un enfant est la plus grande et pire transition d'une vie.

 

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25/09/2013 / © AICHA NSANGOU (STG) | Mutations

http://www.cameroon-info.net/stories/0,52279,@,cameroun-reaction-php-plantation-du-haut-penja-repond-a-france-2.html

PHP (Plantation du Haut Penja) répond à France 2

 

 

 

 

   

 

Le feuilleton Paul Eric Kinguè – plantation du haut Penja (PHP) connait un nouveau rebondissement.

En effet suite à la diffusion sur France 2 d'un documentaire sur les activités de la société Php dans cette localité, documentaire dans lequel l'ex-Maire de Penja réagit, la société Penja a jugé utile d'apporter des éclaircis. «Lors de l'émission Cash Investigation, diffusée le mercredi 18 septembre sur France 2 à 22h25, la société des plantations du Haut Penja (Php), filiale de la Compagnie Fruitière au Cameroun, a été violemment et injustement prise à partie pendant une durée significative de l'émission. La Compagnie Fruitière et sa filiale contestent formellement l'ensemble des allégations et des accusations portées à leur encontre», se détend l'entreprise. Même si cette dernière se justifie d'avoir refusé de répondre favorablement à la demande d'interview de la chaîne de télévision française, car comme les autres médias la préoccupation était la recherche du «sensationnel» Php affirme dans sa lettre justificative avoir été incriminée sur deux principaux aspects.

Cliquez ICI pour ouvrir le document (PDF)

 




Le paiement des impôts et l'utilisation des produits phytosanitaires. Pour le dernier aspect suscité, le souhait de l'ex-Maire de Njombe-Penja, Paul Eric Kingue auprès de Php de voir leurs impôts payés, lui a valu une place à la prison de New-Bell. Mais la société s'en défend «L'exploitation de la Php touchant plusieurs communes, la Direction des impôts a demandé à la Php de lui verser directement cet impôt, se chargeant de le répartir entre les communes concernées. La Php, comme toutes les autres sociétés de la Compagnie Fruitière, paye l'intégralité de ses impôts sans aucun retard», relate la lettre. Quant à l'utilisation des produits phytosanitaires, qui selon le documentaire de France 2, représentait un véritable danger pour les populations travaillant dans les plantations, la Php avoue respecter strictement les normes internationales en la matière étant donné qu'à chaque débarquement en Europe, ces bananes sont soumises à un contrôle effectué par des laboratoires indépendants et agrées par les pouvoirs publics.

 

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26/09/13 / Hubert coupdpouce Luxembourg Cameroun over blog

http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/article-affaire-pek-p-h-p-sort-enfin-de-son-silence-120258961.html 

Affaire PEK : P.H.P. sort (enfin !) de son silence 

Le tollé général provoqué par le reportage les récoles de la honte sur France Télévision ne pouvait pas, on s’en doute, laisser indifférente la Plantation du Haut Penja. Pressée de questions lors du tournage du reportage, elle n’avait daigné répondre que par un silence méprisant. Mais aujourd’hui, entendant la colère gronder, et se rendant compte que ses silences étaient perçus comme autant d’aveux de culpabilité, elle sort de son mutisme et tente de redorer son blason.

 

Nous avons appris qu’elle a décidé d’indemniser les deux aveugles interviewés dans le reportage. Un peu tard, mais bravo ! …

En apprenant cette nouvelle du fond de sa cellule d’incarcération, le sang de Paul Eric Kinguè n’a fait qu’un tour.

Immédiatement, il pensé aux nombreuses autres victimes, celles-là pour qui il s’est battu sans jamais obtenir justice jusqu’à présent. Resteront-elles laissées pour compte ? Ou faudra-t-il intenter une action en justice pour qu’elles aussi obtiennent réparation ? Aussi a-t-il lancé un appel pour le seconder dans un projet de plainte à ce sujet dont il se propose d’endosser la responsabilité.

 

Soucieux du respect de la défense dans cette affaire de reportage d’A2 qui ressemble à un procès, ne fusse que d’intention, nous publions ci-dessous l’intégralité du communiqué de PHP en réponse aux accusations portées contre elle. Soyez seuls juges.

HUBERT (coordinateur du Groupe de Soutien à PEK)

 

P.H.P.

PLANTATIONS DU HAUT PENJA

Lors de l’émission « Cash Investigation » diffusée le mercredi 18 septembre sur France 2 à 22h25, la société des

Plantations du Haut Penja (PHP), filiale de la Compagnie Fruitière au Cameroun, a été violemment et injustement

prise à partie pendant une durée significative de l’émission.

La Compagnie Fruitière et sa filiale contestent formellement l’ensemble des allégations et des accusations portées à

leur encontre.

Comme la plupart des entreprises visées par cette émission, nous avons refusé de répondre à une demande

d’interview comme nous avons refusé l'accès à nos plantations, les émissions précédentes ayant clairement

démontré que le but poursuivi était moins la recherche de la vérité que celle du « sensationnel ». C’est ainsi que nos

réponses écrites aux deux seules questions formelles (patente et produits phyto-sanitaires) qui nous ont été posées

ont été détournées de leur sens.

Jusqu’à fin 2011, la PHP, comme toutes les entreprises agricoles ne procédant à aucune transformation de leurs

produits, n’était pas soumise à la patente. Ce n’est qu’à partir de 2012 que ces entreprises y ont été assujetties.

L’exploitation de la PHP touchant plusieurs communes, la direction des impôts a demandé à la PHP de lui verser

directement cet impôt, se chargeant de le répartir entre les communes concernées. La PHP, comme toutes les autres

sociétés de la Compagnie Fruitière, paye l’intégralité de ses impôts sans aucun retard.

De même, sur la question des produits phyto-sanitaires, la PHP respecte strictement la règlementation

camerounaise, française et européenne, ses bananes étant de plus soumises au moment du débarquement en

Europe à des contrôles effectués par des laboratoires indépendants et agréés par les pouvoirs publics. Par

anticipation, aucun des produits cités dans l’émission n’est utilisé par la PHP alors même qu’ils sont tous homologués

au Cameroun et dans les pays de l’Union européenne jusqu’en 2017 (cf. ec.europa.eu/sanco_pesticides/public/index).

Seules les zones purement agricoles sont traitées par avion en application stricte des normes ISO ; en revanche, les

quelques zones plus proches des habitations sont, comme pour la vigne, traitées depuis le sol.

Les propos hostiles et faux tenus à l’égard de la PHP conduisent à rappeler les éléments suivants lesquels reposent,

eux, sur des faits objectifs et indiscutables : la PHP respecte scrupuleusement les lois et règlements. Elle a

volontairement renforcé, depuis plus de 15 ans, sa politique de responsabilité sociale et environnementale qui lui a

permis d’être certifiée ISO 14001 en 2001, GLOBALG.A.P en 2004, SEDEX en 2009 et d’avoir été auditée

favorablement par VIGEO* de nouveau en 2013. Ces efforts ont été couronnés par l’autorisation donnée à la PHP

d’exporter pour partie sous le label MAX HAVELAAR FAIR TRADE. Toutes ces certifications, régulièrement

renouvelées, et toutes ces informations sont accessibles sur le site Internet de la Compagnie Fruitière.

(www.fruitiere.fr).

A la suite de cette émission, en se réservant toute action légale ultérieure, la Compagnie Fruitière a immédiatement

décidé de réagir auprès des responsables de France Télévision qui manquent à toutes leurs obligations de contrôle

de la véracité, de la rigueur et de la qualité du contenu des émissions qu’ils diffusent.

*Conclusion du rapport VIGEO 2013 : la PHP se situe parmi les 25% des entreprises les plus performantes du panel.

Contact :

fruitiere@fruitiere.fr

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26/09/13

 

Cash Investigation : les récoltes de la honte / liens

Le reportage complet : http://news360x.fr/cash-investigation-les-recoltes-honte/

http://www.youtube.com/watch?v=ArFN7UXh9qA

 

http://news360x.fr/cash-investigation-les-recoltes-honte/

 

extraits :

http://www.youtube.com/watch?v=q-VdAYfcU08&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?v=eyJd1jOH32Y&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?v=aPx151uO-YQ&feature=player_embedded#t=23

 

http://www.youtube.com/watch?v=ms3HgtfYwaU&feature=player_embedded

 

http://www.youtube.com/watch?v=bSmgxB9PxIU&list=PLZd78h07_0lVFQMizg1zEeMJWfE06Ohae&feature=player_embedded

 

 

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26/09/13 © Camer.be : Armand Ougock

http://www.camer.be/index1.php?art=29160&rub=11:1&c=#reac 

Affaire Paul Eric Kingué, le gouvernement Camerounais au dos du mur

La diffusion de l’émission « Cash Investigation » le 18 septembre dernier par la chaine de télévision française France 2 a suscité l’émoi au sein de l’opinion publique nationale et internationale. Déclenchant par la même occasion, une levée de voile sur une affaire qui couve depuis plusieurs années. Dans la foulée, l’entreprise Plantations du Haut Penja (Php), filiale de la compagnie fruitière au Cameroun a réagi par un communiqué de presse non signé.

Dans le documentaire produit par la chaine d’informations généralistes du groupe France Télévisions, les auteurs y traitent du fonctionnement des bananeraies françaises basées à Njombé-Penja, Mbanga, Loum et Manjo dans le Mungo, région du Littoral au Cameroun.

Ils y abordent aussi les questions liées aux conditions de travail des ouvriers. Et, l’usage des pesticides et leurs effets ravageurs sur l'environnement, et, là, refait surface, l'implication des multi-nationales dans le complot ourdi contre Paul Eric Kingué, ancien Maire de Njombé-Penja, incarcéré depuis le 29 février 2008 à la prison centrale de New-Bell à Douala Cameroun. Il y purge une peine d'emprisonnement à perpétuité.

Problème

Rien de nouveau sous le soleil. La situation décrite par France2 a été dénoncée il y’a plusieurs années déjà, par l’ancien maire de Njombé-Penja, Paul Eric Kingué. Des Organisations Non Gouvernementales (Ong), ont fustigé l’épandage aérien des pesticides, nuisibles à la santé des populations de la zone querellée. Dans un rapport publié par la rédaction de la presse en ligne www.camer.be, le Front Africain pour la Défense de la Nature et de l’Homme(Fadenah), fustigeait déjà l’utilisation des pesticides dans la zone agricole du Moungo. D’après l’évaluation dressée de l’impact sur l’environnement, les populations, étaient exposées à des risques sanitaires graves.

Les autorités administratives et judiciaires du Cameroun, inféodées au régime en place de Yaoundé, ont fait la sourde oreille, elles se sont acharnées à combattre un élu local Camerounais qui essayait de défendre ses populations. Motivées par le prétexte de défendre les intérêts d’une multinationale Française, dans laquelle les dirigeants Camerounais, possèdent déjà de nombreux investissements. Cette situation aurait pu paraître étrange. Mais elle devient normale dans un pays où les intérêts personnels des dirigeants, passent avant ceux des populations.

Bénéficiant donc d’une législation incitative pour les entreprises agricoles en matière de transformation de leurs produits, c’est seulement en 2012 que la Php, a commencé à payer ses taxes. Alors que la filiale de la compagnie fruitière est installée au Cameroun depuis 1983. Est-il imaginable, que dans un pays sérieux, une société expatriée, s’installe, détruise l’écosystème, spolie les terres des autochtones, corrompt les agents et défie l’Etat ?

Incapacité du Régime Biya à protéger les intérêts des Camerounais

Le cas Paul Eric Kingué, illustre à merveille le manque de volonté politique du régime de Yaoundé, qui tarde à appliquer le contenu des dispositions de la constitution du 18 janvier 1996. Sur la protection des populations autochtones. Le préambule de la loi fondamentale Camerounaise de 1996 affirme que l'Etat assure la protection des minorités et préserve les droits des populations autochtones conformément à la loi.

La réaction du gouvernement, par la voix de son Ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary est fortement attendue. Pour donner la réplique gouvernementale sur ce sujet. Souvent, dès que le Cameroun fait la une des médias internationaux sur un sujet brûlant d’actualité, le porte-parole de l’équipe de Philémon Yang II, réagit.

La justice est bonne lorsqu’elle est impartiale. Dans le cas du maire de Njombé-Penja, il faut noter le silence complice des partis politiques Camerounais. Aussi bien celui au pouvoir auquel appartient l’ancien maire de Njombé-Penja. Et, ceux de l’opposition. Ses camarades du Rdpc, originaires de la même région que lui, en fin calculateurs politiques ne lui apportent que timidement leur soutien. En réalité, ils ambitionnent de diriger cette commune si riche.

L’enjeu de cette bataille, les sommes astronomiques générées par les multinationales qui possèdent les plantations de bananeraies. Les bénéfices qu’elles réalisent, sont astronomiques. Soit plusieurs dizaines de milliards de Francs CFA. Les dettes dues à la commune de Njombé-Penja par ses multinationales, oscillent autour de 2.800.000.000 (Deux milliards huit cents) millions de Francs CFA par an.

Paul Biya doit donc agir vite. Pour ne pas créer dans ce pays pacifique, situé au cœur de l’Afrique Centrale, baptisé « Afrique en miniature », un précédent. Duquel pourrait naître un malaise dans un territoire réputé être une terre d’hospitalité légendaire inégalable dans la sous-région. Car, ici, vivent en cohabitation pacifique Nigérians, Chinois, Français, Ghanéens, Sénégalais...

             

 

181 29/09/13 P.E.Kinguè

http://www.camer.be/index1.php?art=29210&rub=11:1

 

Après le communiqué de la PHP Paul Eric Kinguè crache la vérité

 

Chers Messieurs de la compagnie fruitière,

 

Du fond de ma cellule à la prison centrale de New-Bell à Douala – CAMEROUN, où vous m’avez jeté il y a bientôt 6 (Six) ans, avec la complicité active de sieur Marafa Hamidou Yaya, aujourd’hui détenu comme moi et condamné à 25 ans de prison, j’ai suivi avec un intérêt singulier, votre communiqué de presse dans lequel, vous vous battez mais sans pertinence ni force de conviction, à justifier les crimes que vous et vos partenaires camerounais perpétrez chaque jour à Njombé-Penja où, j’ai été Maire jusqu’au 28 février 2008, date de mon arrestation.

 

En parcourant ligne après ligne, votre communiqué sans doute adressé à France 2après la diffusion le 18 septembre 2013 à 22h 25mn de l’émission "Cash Investigation", j’ai eu le profond sentiment d’avoir été doublement interpellé.

 

D’abord parce que, vos efforts incontestablement légitimes tendant à jeter le doute sur l’enquête Ô combien professionnelle menée par France 2, semblent suggérer à celui qui parcoure votre réaction, que tout est mensonge dans le documentaire au titre révélateur "Les récoltes de la honte".

 

Ensuite parce que, alors que des millions de téléspectateurs ont suivi, les larmes aux yeux, les témoignages des aveugles victimes d’arrosages sauvages de par vos pesticides hautement toxiques, vous essayez de banaliser comme si ce fût une simple mise en scène de France 2 la grossièreté de vos crimes.

 

SUR LES IMPÔTS NON PAYES DEPUIS VOTRE INSTALLATION A NJOMBE-PENJA

 

S’agissant des impôts, vous semblez déclarer qu’au Cameroun, les entreprises agricoles ne procédant à aucune transformation de leurs produits, ne sont pas assujetties à la patente. D’où tenez-vous cette contre-vérité ? Une véritable hérésie qui n’a d’égale que votre mauvaise foi constante que je décris depuis près d’une vingtaine d’années.

 

SUR LA PATENTE

 

Pour votre gouverne, sont assujetties à la patente, toutes les entreprises exerçant de manière permanente, effective et à but lucratif [cf. Article C 9 de la loi portant fiscalité locale] « L’exercice effectif et habituel de la profession et le but lucratif de celle-ci sont seuls, générateurs du paiement de la patente »

 

Tel est le cas de votre entreprise qui exerce sans discontinuation au Cameroun, depuis sa création.
[Article C 8 de la loi ci-dessus mentionnée] « Toute personne physique ou morale de nationalité camerounaise ou étrangère qui exerce dans une commune, une activité économique, ou tout autre profession non comprise dans les exemptions déterminées par la présente loi, est assujettie à la contribution des patentes »

 

Ces dispositions légales, qui ont le mérite d’être claires et limpides ne ressortent nulle part la condition de transformation de produits localement, tel que vous semblez l’affirmer dans votre communiqué.

 

Quant à l’article C 11 de la même loi, il dresse limitativement, la liste des entreprises exonérées de la patente et parmi celles-ci : « Les coopératives agricoles, les sociétés coopératives de développement rural, des pêcheurs et planteurs vendant du bois de chauffage, etc. »
Votre entreprise n’est pas une coopérative agricole par le simple fait que, tournée exclusivement vers l’exportation, elle s’est librement et dès sa création, choisi un statut de Société Anonyme (S.A.).

 

Chers messieurs de la compagnie fruitière,
Une Société Anonyme agricole ne peut être, ni devenir une coopérative agricole. Ces deux statuts sont fondamentalement distincts de par leur nature juridique et de par leur constitution.
Pour vous en convaincre, je vous renvoie à parcourir l’annuaire des entreprises du Cameroun, conçu, dressé et actualisé par le Ministère camerounais de l’Economie.

 

Dans cet annuaire dont la copie est mise la toile au même titre que cette contribution, votre entreprise est une agro-industrie et donc, ne peut dans aucun cas de figure, être classée parmi les coopératives agricoles camerounaises qui elles, sont des regroupements de petits planteurs agricoles, exploitant des espaces infiniment réduits.

 

Pourtant, depuis votre création, pour ne pas payer une catégorie d’impôts, vous vous êtes fait délivrer et ce, frauduleusement et en toute impunité, une exonération à la patente, que j’ai dénoncée par requête motivée courant Novembre 2007, auprès des services du Premier Ministre, Chef du gouvernement, et de l’Administration fiscale camerounaise qui, au regard des moyens de droit développés, n’ont pas eu d’autres choix que de reverser la PHP, CAPLAIN et SPM au régime de droit commun, avec pour effet immédiat le 3 décembre 2007, la levée des exonérations indues qui vous avaient été accordées.

 

Quel courage Chers messieurs de la compagnie fruitière, prenez-vous pour donner des leçons aux fins limiers de France 2 ?

 

Votre entreprises ne mérite sur le plan fiscal, aucun respect ni de ma part (Maire élu et légitime de Njombé-Penja), ni de la part des internautes et lecteurs qui ont découvert en ce début de semaine, votre communiqué matériellement non fondé, intellectuellement malhonnête et éthiquement effroyable.

 

 

 

LA PHP EST DELINQUANTE FISCALE ET VOICI POURQUOI

 

En admettant, même par extraordinaire (ce qui n’est pas juridiquement possible) que c’est seulement depuis 2012 que les entreprises agricoles sont patentables au Cameroun, une seule question mérite de vous être posée : « Avez-vous payé votre patente de 2012 et celle de 2013 ? Sous quel numéro ? » Dites-le et je vous prouverai le contraire du fond de ma cellule.
Vous essayez d’ériger le mensonge en rempart ; mais dois-je dire aux lecteurs de votre communiqué que le non-paiement de la seule patente fait perdre à la commune de Njombé-Penja 730.000.000 de francs CFA par an soit près de 1.112.877,8258 Euros ? maintenant ainsi, dans une paupérisation indescriptible, mon peuple dont les conditions de vie ne peuvent être améliorées que si cette commune réussi à asseoir une véritable autonomie financière ?

 

N’êtes-vous pas contribuables auprès de la commune de Marseille ?

 

La CDC, SOSUCAM, SOCAPALM, etc. toutes agricoles, paient leur patente.Contrairement à ce qui est écrit dans votre communiqué, votre entreprise n’a payé aucun centime jusqu’à ce jour, à ma commune. Vous dites pourtant payer l’entièreté de vos impôts sans retard.

 

Mais de quels impôts parlez-vous ?

 

Nous semblons ne pas être sur la même longueur d’ondes chers messieurs.
Vous parlez sans doute des impôts nationaux (que vous payez bien moins que les entreprises qui font le même chiffre d’affaire que vous), et moi, parce que élu local, des impôts locaux, qui ne sont pas une spécificité du Cameroun.
Autrement dit, le Maire n’est compétent ni pour ordonnancer les recettes provenant des impôts nationaux, ni pour faire payer au Receveur municipal, cette catégorie d’impôts.

 

Ces impôts, objets depuis une vingtaine d’années, de votre discorde relèvent de la fiscalité locale (patente, taxes foncières sur les propriétés immobilières, taxes de mutation d’immeubles, redevances forestières, licence, impôt libératoire, etc. …).
C’est précisément à cause de ces impôts locaux qui permettent pourtant aux populations qui ont accueilli vos investissements de s’épanouir, que votre délinquance excelle. Ces impôts-là, ne sont pas juridiquement payables à la Direction générale des impôts, car même lorsqu’ils sont collectés par les services locaux des impôts du Cameroun, ils sont immédiatement reversés à la commune. C’est ce qui explique, la présence dans chaque centre d’impôt, d’un agent communal chargé de répertorier tous les encaissements destinés à sa commune.

 

[Article C 24 al. 1] « La contribution des patentes est établie par le centre des impôts au nom de la personne qui exerce l’activité imposable »

 

[Article C 24 al. 2] « Elle est payée à l’aide des bulletins d’émission distincts par commune et par entités bénéficiaires »
[Article C 26 al. 1] « Pour les entreprises relevant de la structure en charge des grandes entreprises à la Direction générale des impôts, le paiement de la patente se fait sur ordre de virement à l’ordre du comptable de la commune et des organismes bénéficiaires »

 

[Article C 26 al. 2] « En contrepartie, les comptables bénéficiaires sont tenus au vu des titres de recettes émis par l’ordonnateur, de délivrer une quittance de paiement » Non pas la Direction générale !

 

Chers messieurs de la compagnie fruitière,

 

Payez vos impôts locaux. Me maintenir en prison ne résoudra pas vos problèmes.

 

 Votre entreprise, aujourd’hui, demain ou plus tard sera rattrapée par ces détournements massifs des taxes locales dues à la commune de Njombé-Penja depuis sa création. N’oubliez surtout pas que "Qui paye mal, paye deux fois"

 

A ces impôts locaux, il faut ajouter les contributions fiscales devant découler des délibérations N° 004/DC/M/05/PJA instituant le paiement de la taxe sur les revenus agricoles à 3.000 Francs CFA par hectare en production par an.
Ainsi que celle N° 005/DC/M/C/PJA instituant le paiement pour chaque colis (carton) de banane, de la somme de 250 Francs CFA, soit moins d’un demi-euro par colis.

 

Il n’est pas inutile de souligner que ces délibérations ont force de loi, car votées par l’Assemblée locale compétente à l’unanimité, c’est-à-dire le Conseil municipal et approuvées par le Préfet, le Gouverneur et le Ministre en charge des collectivités territoriales.

 

[Article C 61] « Le conseil municipal peut voter au profit du budget communal, des droits et taxes dits "Taxes communales" »
Ces délibérations sont antérieures à ma prise de fonction et ont été initiées par le Conseil précédant mon arrivée à la tête de cette commune.

 

Sans être exhaustif, votre dette annuelle vis-à-vis de ma commune s’élève à 2.700.000.000 (deux milliards sept cent millions) de francs CFA soit 4.116.123,4654 Euros.
Elle mérite d’être payée pour que mes populations espèrent sortir de la misère qui les enveloppe depuis votre présence à Njombé-Penja.

 

SUR LES PRODUITS PHYTOSANITAIRES

 

"Cash Investigation" a permis aux millions de téléspectateurs de France 2 de découvrir, pour ceux qui étaient encore sceptiques, l’ampleur des crimes perpétrés dans ma localité.

 

A Manjo, Manengolè, Lowé, Loum, Njombé-Penja, Mbanga, les cris sont les mêmes. Des centaines d’hommes et femmes ayant travaillé dans vos plantations, devenus aveugles, des centaines de malades de la peau, des centaines de malades des voies respiratoires, etc…

 

En ce moment, du fond de ma cellule, j’ai initié, l’inscription sur une liste désormais ouverte à cet effet, de tous les malades victimes de vos produits chimiques dévastateurs.

 

Dans les prochains mois, bien qu’incarcéré, une plainte sera déposée à Paris et même à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, selon l’opportunité, par le collectif Paul Eric Kinguè pour justice et réparation dans le but de redonner espoir à près d’un millier de personnes, que vos produits "non-homologués et parfois homologués sous fond de corruption" ont détruits dans ma région.

 

Vous essayez aussi dans votre communiqué chers messieurs, de faire croire au monde entier, que seules les zones purement agricoles sont traitées par avion, pourtant vos avions survolent et arrosent toutes les semaines, les abords de l’hôpital "Mont Koupé" et Bonandam, où vivent des dizaines de familles, pour ne parler que de cette zone-là. Essayez-vous de remettre en cause le témoignage venant de Bouba ? Par ailleurs, avez-vous vu à quoi ressemble Bouba dont le nom est pourtant commercialement exploité sur les étales de vos clients européens ?

 

A Bouba, il n’y a ni eau, ni lumière, ni conditions de vie minimales, comme si le commerce équitable n’est qu’une simple vue de l’esprit pour vous …

 

Chers messieurs de la compagnie fruitière,

 

Retirez votre communiqué, au risque de me voir plutôt que prévu, agir aux noms de toutes celles et ceux à qui vous avez, pour des prétextes mercantiles et d’embourgeoisement, enlevé l’envie de vivre.
Enfin, vous pouvez être rassurés que tous les organismes qui vous ont accordé des certifications au mépris des conditions environnementales de libertés syndicales réelles, des conditions de travail humaines normales, seront dans les tous prochaine semaines ester en justice en Europe par le collectif Paul Eric Kinguè pour justice et réparation.

 

J’espère qu’un sursaut d’honnêteté vous amènera à méditer sur cette modeste contribution.
Votre humble prisonnier

 

Paul Eric Kinguè
Maire légitime de Njombé-Penja
En détention à la prison centrale de Douala

 

PS : Pour votre information, un documentaire sur les salaires de vos ouvriers, cadres et agent de maîtrise, et les conditions de travail est en préparation. Mon combat, bien qu’incarcéré, ne s’arrêtera que le jour où vous aurez décidé de tout changer en faveur de mon peuple.

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10/12/2013 © Correspondance : Kuissu Gérard, Coordonnateur National TRIBUNAL ARTICLE 53 http://www.camer.be/index1.php?art=30609&rub=11:1

Deux leaders de la société civile rendent visite à PAUL ERIC KINGUE à la Prison de New-Bell

Ce mercredi 4 décembre 2013, Kuissu Gérard de l’association TRIBUNAL ARTICLE 53 et Tchangué Marcel membre fondateur de la Fondation MOUMIE et Coordonnateur général du MOUVEMENT de FEVRIER 2008 ont rendu une visite au martyr PAUL ERIC KINGUE. Après des conciliabules des pourboires et autres tracasseries, c’est finalement PAUL ERIC KINGUE (PEK) qui va lui-même nous faciliter la tâche. Nos papiers seront retenus et le régisseur informé. Nous entrons dans la Prison, habitué des lieux, je refuse de voir le spectacle habituel de cette horde de détenus quémandant une pièce à hue et à dia. Nous entrons dans le parloir climatisé. Prince Enonchong à gauche visiblement marqué par la détention épluche ses dossiers et donne des ordres à ses collaborateurs. Nous sommes heureux de voir un PEK en forme. Toujours élégamment bien habillé (voir photo) On le lui fait savoir, mais il rétorque c’est de façade ; je vais très mal, psychologiquement je suis à plat, je suis à bout. J’ai fait deux mois dans ma cellule dit-il on pensait même que j’avais été transféré. Je suis sorti juste pour vous rencontrer. En effet la cour suprême tarde à statuer en dernier recours sur sa dernière condamnation qui le maintient en détention. Un dossier vide assène-t-il ! Les derniers évènements semblent lui donner raison. La diffusion sur France 2 d’un documentaire montrant la face hideuse de cette mafia des bananeraies de Njombé. Le top Management français de cette entreprise siège en conseil d’administration ces jours. Au menu la preuve que le DG actuel paye ses taxes !!! Manifestement il ne pourra le prouver à sa hiérarchie puisqu’il ne paye rien. Chaud devant !!! Autre développements suite à ce fait rare un documentaire sur France2 pour dénoncer l’impérialisme, les aveugles y évoqués ont reçu chacun 500 000 cfa et la consigne du sous-préfet les invitant à ne pas suivre PEK. Sa consigne de vote pour MARIANN EKANE a été un succès fulgurant. Voilà une inconnue qui a raflé la majorité à Njombé Penja ou elle n’a jamais mis les pieds plus de 63% chiffre elecam, 91% coté population. Plus le temps passe plus PEK va mieux ; il parle des prières qui sont faite à son endroit, de la forte adhésion et du soutien populaire qui l’ont fait tenir jusqu’ à ce jour. Dont il ne remerciera jamais assez les uns et les autres. Il évoque ce haut cadre du RDPC qui lui dit certain ont investi pour entrer en politique, toi ta détention c’est ton investissement, l’avenir t’appartient ! L’injustice qui te frappe nous touche tous termine-il parlant de cet ancien haut commis de l’Etat et imminent membre du RDPC. Revenant sur les évènements qui l’ont emmené en prison, il se souvient que c’est sur instruction de Marafat, que le SED de l’époque envoie 12 camions du Bir, 2 pickups de gendarmes qui encerclent la ville et arrêtent le maire élu qu’il était. Inculpé pour incitation à la révolte, il oblige le procureur et le Colonel qui l’entend à revoir leur copie ; une incitation à une révolte ne pouvant être postérieur à l’évènement. Car ses propos sur canal 2 attestant de morts d’homme sont son<< arrêt de mort>> qui valent aujourd’hui 6 ans de sa vie consumé dans l’enfer de New bell. Il passera dit-il 20 jours en cellules au-delà des 144h légaux, 20 jours durant lesquels des dossiers bidons seront montés. Cet épisode particulièrement croustillant nous a émus. Alors que l’on cherche des enfants pour qu’ils acceptent de dire qu’ils avaient été montés par PEK, un certain AMBOMO GUY MODESTE passe un deal avec les autorités judiciaires. Ils arrivent à la prison de Nkonsamba vocifère, crie à qui veut l’entendre qu’il va dire toute la vérité. PEK est averti par son particulier et son chauffeur eux aussi en prison. Il ne le connait ni d’Adam ni d’Eve ! Le quidam a perçu 500 000 CFA sur une promesse de 5millions de CFA. Il attend les 4millions en vain ! Et coup de théâtre lors d’une audience ; il crie fort sur la cours les taxant de voleurs et de manipulateurs ; il insulte le procureur lui rappelant le deal, et le reliquat de sa mission. Il fut menotté et éconduit. Durant toute la suite du procès, il restera en prison, malgré ses récrimination, ses agitations il n’en sortira plus…et pire pendant que les uns et les autres prenaient trois ans…le témoin du diable écopera de 15 ans !!! Martyr des émeutes de février 2008 PEK se considère comme tel ! Les casseurs et les pilleurs selon lui ne peuvent être considérés comme martyr ! Ils m’ont pris 6 ans de ma vie, la prison nous oxyde mais restons soudés et merci. Marcel Tchanqué envoyé spécial du Président GUY FOKOU de la FONDATION MOUMIE lui réitère le soutien de la Fondation Moumié et de la diaspora en général, et que celle-ci lui garantit son soutien jusqu’à sa libération. D’ailleurs renchérit PEK c’est grâce à vous que je tiens, les gens ont été extraordinaires avec moi. Marcel Tchangué continue son propos en disant en tant que fils du Moungo il a son soutien dans tous ses projets. La Fondation Moumié poursuit-il et tous ses membres le soutiennent et restent vigilants. On s’est salué chaleureusement, non sans émotion et il nous a raccompagné à la guérite ou d’autres << péages>> nous attendaient !

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22/02/2014

HUBERT coordinateur du groupe de soutien à PEK, contact: luxjeux@pt.lu http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/2014/02/triste-anniversaire-pour-pek.html

Triste anniversaire pour PEK

Nos vies sont jalonnées de dates-anniversaires. Il y a celles qui se fêtent dans la liesse populaire, avec pétards et feux d’artifice, et d’autres auxquelles au contraire les foules assistent dans le recueillement, tête basse et le cœur gros. D’autres encore les gardent dans le secret de leurs agendas personnels. A chacun ses anniversaires de vie et de mort. Les derniers jours de février sont de triste mémoire pour ceux qui ont souffert des événements qui ont endeuillé le Cameroun en 2008. Et parmi eux, il y en a un qui en sera ce 29 février à sa sixième année en prison : Paul Eric Kinguè. Triste jalon le long du chemin de sa vie, mais y a-t-il encore des anniversaires heureux quand on est exclus de la société ? En prison, même les fêtes les plus joyeuses sont d’une grande tristesse, surtout pour ceux qui vivent leur peine avec la conviction d’être injustement condamnés. Et les anniversaires douloureux le sont encore plus quand on se sent concerné. Six ans après le début de ce qu’il est désormais convenu d’appeler l’affaire Paul Eric Kinguè, on en sait maintenant plus sur ce qui a conduit cet homme en prison. L’histoire, vous la connaissez (voir http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/article-flash-back-affaire-paul-eric-kingue-96961279.html ). Ce qui ne fait maintenant plus aucun doute, c’est le nombre époustouflant d’erreurs judiciaires et de fautes de procédure dont ont été émaillés les procès. Elles ont été examinées par des juristes choisis parmi les plus compétents qui soient, et dénoncées par des ONG de renom. Sur le plan strictement judiciaire, la Cours Suprême qui devrait trancher incessamment ne devrait avoir aucun mal à constater ces erreurs flagrantes et en toute logique prononcer la nullité de l’affaire, sans même s’attarder à rejuger le fond puisqu’il est inconsistant. Alors se pose la question. Si sur le plan judiciaire les faux motifs de délit de droit commun invoqués ne peuvent pas expliquer les longues années d’emprisonnement, d’humiliation et de tortures infligées à PEK, sans compter ce que nous appellerons pudiquement les « dommages collatéraux » dont ont été victimes certains témoins, amis et membres de sa famille, où faut-il donc chercher les vraies raisons de ses condamnations ? Comment expliquer que des soi-disant délits somme toute mineurs aient entraîné de lourdes condamnations allant à un certain moment jusqu’à la réclusion à perpétuité, c’est-à-dire à la peine de mort lente en prison ? Faut-il que l’enjeu soit de taille pour qu’un tel déchaînement de violence et d’injustice se soit ainsi abattu sur cet homme ! Faut-il que ce soit grave pour que des magistrats aient accepté de se mettre hors la loi pour condamner un innocent, foulant aux pieds les principes les plus élémentaires de la Justice qu’ils sont pourtant censés faire respecter ! Faut-il qu’il y ait de bonnes raisons pour que les autorités en charge de ce dossier soient restées sourdes aux protestations qui se sont élevées des quatre horizons ! La vérité, on la connait. PEK avait demandé aux sociétés agroalimentaires de Djombé et de Penja dont il était le Maire non pas de se muer en œuvres de bienfaisance, mais tout simplement de se conformer aux lois commerciales du pays en s’acquittant des taxes communales. Une telle audace est-elle donc à ce point impardonnable dans un État qui pourtant se proclame de droit ? Il y a pour le croire… Nous attendons beaucoup du verdict qui sera rendu par la Cour Suprême. Nous osons penser qu’elle fera preuve de sagesse et redorera ainsi le blason de la Justice passablement terni par cette affaire en accordant à PEK un ultime jugement cette fois équitable, dans le strict respect des lois de son pays. Il arrive que l’on sorte grandit quand on reconnait ses erreurs. La haute magistrature aura-t-elle ce courage? A l’heure où j’écris ces lignes, PEK attend. Refusant toute négociation, marchandage ou compromis, il veut sortir de cette interminable épreuve la tête haute pour repartir de plus belle au combat. Meurtri, bien-sûr, mais cette fois renforcé par la détermination de ceux qui lui ont accordé leur soutien. Il sait maintenant qu’il ne sera plus jamais seul.

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01/03/2014

Félicité Ngadja / F COM INTERNATIONAL

http://felicite.ca/2014/03/01/grace-presidentielle-sur-mesure-pour-atangana-et-titus-quen-est-il-des-autres-prisonniers-politiques-et-paul-eric-kingue-dans-tout-ca/

Grâce présidentielle sur mesure pour Atangana et Titus. Qu’en est-il des autres prisonniers politiques ? Et Paul-Eric Kinguè dans tout ça ?

Quand le système judiciaire camerounais est en déroute…Dans un communiqué de presse commentant le décret de grâce présidentielle qui permet de libérer Michel Thierry Atangana, le ministre de la communication a parlé de « magnanimité du chef de l’État », en martelant que le Cameroun est un État souverain qui n’a de comptes à rendre à personne en matière de justice. De nombreux observateurs sont restés perplexes, car cette libération vient à point nommé pour obéir aux recommandations faites par la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU. On a l’impression que cette grâce présidentielle a été taillée sur mesure pour le Franco-Camerounais, même si les critères s’étendent à d’autres prisonniers célèbres, comme Titus Edzoa puisque sa situation était identique à celle d’Atangana. On a presqu’envie de dire que d’autres ont bien de la chance de profiter de l’aubaine puisqu’ils remplissent les conditions très sélectives de libération, comme l’ancien ministre Mounchipou Seidou qui a été libéré aujourd’hui. On peut se demander qui ils doivent remercier le plus : Paul Biya, ou l’ONU… ? Bien qu’officiellement, comme l’a répété Paul Biya face à la presse sur le perron de l’Elisée, il n’y a pas de prisonniers politiques au Cameroun, l’opération Epervier a parfois des allures de règlements de compte politiques. On ne compte plus les anciens dignitaires de l’État emprisonnés : Marafa Hamidou Yaya, Pierre Désiré Engo, Inoni Ephraïm… et d’autres personnages médiatisés comme Enoh Meyomesse ou Paul Eric Kinguè. Ne connaissant pas les dossiers, nous nous garderons bien d’émettre un jugement sur leur culpabilité ou leur innocence. C’est aux juges de le faire, et nous ne pouvons qu’espérer que la justice soit rendue selon les règles d’un État de droit. Mais voilà, il faut reconnaître que bien souvent les procès sont entachés d’irrégularités, d’erreurs de procédure, et on peut alors douter de l’intégrité et de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Si on s’attarde par exemple sur le cas de Paul Eric Kinguè, on constate que depuis son arrestation arbitraire tapageuse sans mandat d’il y a aujourd’hui six ans jour pour jour jusqu’aux manœuvres dilatoires auxquelles on assiste en ce moment, les lois ont constamment été bafouées comme tout semble l’indiquer selon la revue de presse. Ça va des faux témoignages aux preuves fabriquées de toute pièce, ce qui l’a mené à être condamné sur base de lois abrogées depuis belle lurette, d’un article de loi qui n’a jamais existé, sur base aussi d’un postulat, ce qui par définition est quelque chose qui reste à prouver…etc… etc. Même les preuves d’innocence ont été balayées d’un revers de main. On est alors en droit de douter de la Justice avec un grand J. Tout semble indiquer que le cas de Paul Eric Kinguè est emblématique d’un procès politique maladroitement maquillé en simple affaire de droit commun. Les véritables motifs de son emprisonnement n’ont jamais été évoqués en justice, bien qu’ils soient aujourd’hui connus de tous selon la revue de presse. Alors que nous commémorons en cette fin février les victimes des événements qui ont endeuillé le Cameroun en 2008, il en est une qui a été emprisonnée à la suite des émeutes et qui pourtant n’était pas descendue dans les rues pour crier sa colère, qui n’a rien saccagé, rien détruit selon sa défense. Au contraire, Paul Eric Kinguè alors maire de Njombé et Penja a tout fait pour calmer les esprits chauffés à blanc de « ses » jeunes qui hurlaient leur colère et leur désespoir. Le Colonel Kalsoumou et les éléments du Gmi de Douala présents sur le terrain l’ont félicité pour le courage et le rôle qu’il a joué pour maîtriser la colère des jeunes en fureur, ce qui est confirmé par une vidéo réalisée par Canal 2 pendant les émeutes. Pourquoi alors a-t-il été jeté en prison avec les autres, le 29 février 2008 ? Parce que, lui aussi avait exprimé, à sa manière, les mêmes revendications. Lui aussi s’est battu contre la corruption qui gangrenait la commune de Penja, lui aussi s’était révolté contre la misère qui accablait « ses » gens, lui aussi voulait de l’eau, de l’électricité, des routes praticables, des salaires décents pour les ouvriers agricoles des bananeraies. Il avait entrepris ce combat de manière certes moins spectaculaire qu’en montant aux barricades, mais peut-être plus efficace encore en entreprenant le grand nettoyage des malversations qui maintenaient sa population en état de misère. A en juger par la manière dont il fut arrêté et jeté en prison, puis humilié et torturé, à en juger par l’acharnement judiciaire dont il a été accablé, par la férocité de ses bourreaux depuis février 2008 jusqu’à aujourd’hui encore, on comprend bien que sa révolution à lui a fait trembler le système en place peut-être plus encore que des jets de pierres ou des pneus brûlés dans les rues. Car il s’agissait bien d’une révolution. Refuser de se laisser corrompre comme il était de coutume pour fermer les yeux sur les petites magouilles institutionnalisées, faire payer par la commune des frais fictifs, et comble de chamboulement dans les habitudes, exiger en toute légalité et avec l’appui du ministère des finances que les sociétés agroalimentaires implantées sur sa commune payent les taxes communales dont elles avaient été exemptées depuis toujours sans raison, du-moins sans raison légale, n’était-ce pas une véritable révolution ? En demandant simplement que les lois soient appliquées, PEK a fait figure de dangereux chef rebelle dans un système où les malversations sont devenues la normalité. Il fallait donc l’éliminer. Ce qui fut fait. Voilà l’exemple-type d’un sordide règlement de comptes maquillé en procès pour délit de droit commun. Paul Eric Kinguè n’entre pas dans les conditions de libération du récent décret présidentiel car son affaire est toujours pendante puisqu’il attend la décision de la Cours Suprême. Il persiste à clamer son innocence pour les faits qui lui sont reprochés en réclamant justice et rien que justice. Face à tant de doutes, l’amnistie accordée par le chef de l’État n’est-elle pas un cadeau qui cache mal les disfonctionnements du système judiciaire ? On peut imaginer que les quelques prisonniers ainsi libérés auraient de loin préféré pouvoir bénéficier de procès équitables, quitte à être condamnés pour les fautes qu’ils auraient effectivement commises, mais pas pour des raisons inavouables aux relents de règlements de comptes politiques.

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10/03/14 correspondance de Paul Eric Kinguè http://coupdpouce-luxembourg-cameroun.over-blog.com/2014/03/paul-eric-kingue-interpelle-paul-biya.html Paul Eric Kinguè interpelle Paul Biya sur sa détention arbitraire depuis Février 2008 Monsieur le Président de la République, Le 1er Mars prochain marquera le début de ma 7ième année d’incarcération sans infractions répréhensibles ni par les lois internes, ni par les textes internationaux. 07 années d’une vie brisée sans la moindre trace de preuves dans les procédures objets de ma détention.07 années au cours desquelles j’ai perdu mon unique garçon et vu mon foyer détruit par le divorce intervenu courant 2012. 07 années de violations graves des lois, jurisprudences et règlements en vigueur dans notre pays.07 années en somme d’une détention arbitraire politiquement, juridiquement et intellectuellement inexplicable. Monsieur le Président de la République, Ma correspondance de ce jour vise, non pas à solliciter votre faveur quelle qu’elle soit, mais à vous sensibiliser et l’ensemble des magistrats de la plus haute juridiction du Cameroun, sur mon innocence dans les différentes procédures tissées de toutes pièces contre moi depuis 2008 et dont l’intérêt pour le Cameroun ne me semble pas mesurable. Monsieur le Président de la République, A ce jour, deux procédures majeures relatives à ma détention sont pendantes depuis 16 mois devant l’auguste institution qu’est la Cour Suprême du Cameroun. Il s’agit d’une part, de la procédure dite des "Emeutes de Février 2008" qualifiée de "pillage en bande, destruction, obstruction sur la voie publique, etc." et d’autre part, d’un prétendu détournement de deniers publics m’opposant au Ministère public – je dis bien Ministère public seul – et vous comprendrez pourquoi. SUR LE PRETENDU DETOURNEMENT DE DENIERS PUBLICS Ici, j’ai été initialement condamné à la perpétuité pour d’une part disait-on, avoir courant 2008, distrait la somme de 4.960.000 (Quatre millions neuf cent soixante mille) FCFA, don de la Société des Plantations de Mbanga (SPM) destiné à l’installation d’un réseau d’eau SNEC à l’hôtel de ville de Penja, et d’autre part, loué la niveleuse de la Commune de Penja à celle de Dibombari et Mbanga. En appel, la première décision a été annulée pour vice de procédure après une exception soulevée par mes conseils et moi-même. Quelques particularités de cette procédure : 1) L’absence totale de plaignant, la Commune de Penja n’ayant jamais porté plainte tel que l’a affirmé mon remplaçant à la tête de la Commune, sieur NGOLLE Jacques Antoine, déposant comme témoin de l’accusation : « Je n’ai pas porté plainte contre Paul Eric KINGUE … » [Notes d’audiences Page 3, 5ième paragraphe] ; 2) La Commune de Penja n’a désigné personne pour la représenter à ce procès, a martelé le sieur NGOLLE Jacques Antoine (Maire de Penja) : « … je n’ai désigné personne pour représenter la Commune » [Notes d’audiences ; page 3, 5ième paragraphe] ; 3) La troisième particularité est que, déposant comme témoin de l’accusation, le Maire de Njombé-Penja enfonce le clou en déclarant : « Il n’y avait pas d’eau à la Commune avant l’arrivée de Paul Eric KINGUE, j’étais Conseiller, aujourd’hui, la Commune est alimentée en eau grâce au financement de la SPM, les travaux ont été effectués par l’accusé alors Maire ; s’agissant de l’alimentation en eau et électricité, la Commune n’a subi aucun préjudice ». Par ailleurs, déposant comme témoin de l’accusation, sieur EKAMBI Charles, Chef d’agence SNEC de Penja au moment des faits déclare : « KINGUE Paul Eric a sollicité un branchement, un devis estimatif lui a été délivré, un compteur d’eau a été posé et les factures sont désormais établies » [Notes d’audiences ; page 3, in fine]. La quatrième particularité est que, bien que n’ayant pas porté plainte, bien que ne s’étant pas constitué partie civile, la Cour d’Appel du Littoral, après avoir annulé le premier jugement, évoquant et statuant de nouveau, sans que la Commune (qui dit n’avoir rien perdu), en ait formulé la demande, a décidé d’allouer à celle-ci des dommages-intérêts (non détaillés) de 3.460.000 (Trois millions quatre cent soixante mille) FCFA au mépris de toutes les lois (Art. 385, 420 et 467 du Code de procédure pénale) et de l’abondante jurisprudences de la Cour Suprême du Cameroun rappelant à chaque fois, la nécessité d’une part pour la partie civile de formuler toute demande formelle de dommages-intérêts, mais aussi et surtout de chiffrer le préjudice qu’elle invoque pour permettre au juge répressif de statuer sur les dommages-intérêts. La cinquième particularité de cette procédure est que, malgré tous les témoignages (pourtant du ministère public) à ma décharge, j’ai été condamné à 10 ans par la Cour d’Appel comme s’il y avait une prescription absolue de me condamner à tout prix. La sixième particularité ici est l’absence de citation préalable aussi bien à l’instruction qu’à la juridiction de jugement. Ce procès s’est déroulé de A à Z en instance sans qu’une seule fois, je fus cité à comparaitre. La citation préalable étant pourtant une formalité substantielle dont le non-respect préjudicie aux intérêts de la défense. La citation préalable ne pouvant elle-même être couverte que si le mis en cause décide de passer outre et fait librement sa déposition. On dira alors qu’il a librement renoncé au droit d’être cité. Extrait par simple mandat d’extraction envoyé au Régisseur de la prison principale de Nkongsamba et conduit devant le Juge d’instruction sans savoir où et pourquoi j’étais extrait, j’ai été conduit au Cabinet du Juge d’instruction N° 1 du Tribunal de Grande Instance du Moungo. Y étant, celui-ci a voulu m’entendre sur une nouvelle affaire qui m’était jusque-là inconnue, en l’absence de mon conseil. N’ayant préparé aucun élément pour ma défense dans cette affaire que je découvrais pour la première fois, j’ai expressément demandé d’être régulièrement cité, afin non seulement de prendre connaissance des faits qui m’étaient reprochés, de réunir les éléments de ma défense, mais aussi et surtout, d’en informer mon conseil. Malgré mon insistance, le Juge qui tenait à m’entendre sur place, m’a renvoyé en prison avec la promesse de me citer. Curieusement et contre toute attente, en lieu et place d’une citation, j’ai plutôt reçu par voie d’huissier de justice une ordonnance de renvoi devant le Tribunal de Grande Instance du Moungo pour y répondre des faits qui n’ont jamais été portés à ma connaissance. Conséquence, l’information judiciaire pourtant obligatoire (Art. 142 al. 1) en cas de crime a été diligentée à mon absence, préjudiciant ainsi mon droit inaliénable à la défense. Il m’a été refusé toute possibilité de me défendre à l’information judiciaire dans cette affaire. D’AUTRES VIOLATIONS OSTENTATOIRES MAIS ELEMENTAIRES DES LOIS a) Deux peines de condamnations pour les infractions de même nature. La procédure pendante à la Cour Suprême du Cameroun est un second procès engagé contre moi, pour les faits de détournement de deniers publics prétendument commis à la même période de gestion (Septembre 2007 – Février 2008) ; La première ayant abouti à ma condamnation à 10 ans d’emprisonnement fermes par le Tribunal de Grande Instance du Moungo au Cameroun [Voir décision rendue par le TGI du Moungo] ; La seconde, à la perpétuité ramenée à 10 ans fermes par la Cour d’Appel du Littoral ; La particularité aggravante ici est que j’ai été jugé deux fois pour les mêmes faits qui couvrent seulement 07 (Sept) mois de gestion à la tête de la Commune dont j’avais la charge. 07 (Sept) mois seulement pour deux procès de détournement, tirés d’un seul et unique procès-verbal d’enquête préliminaire ayant donné lieu à deux mandats de détention provisoire, deux procès, deux décisions (10 ans fermes et perpétuité ramenée en appel à 10 ans fermes) ; Autrement dit, il y a eu transgression par la justice camerounaise du principe fondamental non bis in idem [Cf Jurisprudence Thierry Michel Atangana, avis N° 38/2013 du 06 Février 2014 – Groupe de Travail des Nations Unies sur la Détention Arbitraire] ; b) Absence d’inculpation formelle telle que prescrite par la loi ; c) Absence d’ordonnance de soit communiqué ; d) Absence d’ordonnance à fin d’informer ; e) Absence de dernier interrogatoire ; f) Omission de décerner le mandat d’incarcération au moment de ma condamnation à vie (Art. 397 du Code de procédure pénale) ce qui obligeait la Cour de convoquer l’Art. 3 du Code de procédure pénale et donc, de prononcer la nullité absolue non pas du jugement du Tribunal de Grande Instance du Moungo, mais de la procédure soumise à son examen parce qu’un principe d’ordre public avait été violé ; g) Aggravation de mon sort sur la base de mon seul appel, et en l’absence d’appel incident du Ministère public ; Et statuant de nouveau, la Cour d’Appel du Littoral a décerné un mandat d’incarcération pourtant omis en instance, modifiant ainsi la décision rendue en instance, au mépris de l’Art. 457 du Code de procédure pénale qui dispose : « En l’absence d’appel incident du Ministère public, la Cour ne peut modifier la décision du Tribunal dans un sens préjudiciable à l’appelant, excepté dans les cas prévus à l’Article 456 » Agissant tel qu’elle l’a fait, la Cour a aggravé mon sort, non pas sur la peine, mais en décernant un mandat d’incarcération dont l’absence, malgré la perpétuité, m’aurait permis de saisir le Juge d’habeas corpus, pour libération immédiate. h) L’absence de toute enquête ou expertise préalable ayant induit l’accusation ; i) Violation de la loi N° 74-18 du 05 Décembre 1974 relative au contrôle des ordonnateurs, gestionnaires et gérant de crédits publics et des Entreprises d’Etat, modifiée par la loi N° 76-4 du 08 Juillet 1976. Monsieur le Président de la République, Pour ne pas être exhaustif sur l’ensemble de violations et excès de pouvoirs ayant émaillé cette procédure pourtant qualifiée à tort de détournement de deniers publics, vous me permettez de relever quelques éléments du fond du dossier, qui prouvent à suffire mon innocence dans cette affaire qui, en aucun cas, n’honore pas le Cameroun.

~~AU FOND : ABSENCE TOTALE DES PREUVES DE L’ACCUSATION Comme je l’ai dit plus haut, la combinaison de tous les témoignages pourtant du Ministère public milite à ma libération tel que vous le verrez dans les notes d’audiences jointes. A ces témoignages concernant l’installation du réseau d’eau SNEC à la Commune de Penja, il faut ajouter ceux tendant à justifier la location par moi de la niveleuse de la Commune de Penja aux Communes de Dibombari et Mbanga. Déposant comme témoins du Ministère public, le Maire de Dibombari déclare devant la Cour : « En tant que Maire, j’ai approché Paul Eric KINGUE pour obtenir la niveleuse. KINGUE m’a fait connaitre que la niveleuse était vieille et tombait en panne régulièrement. Je lui ai promis que je lui enverrai de l’argent pour les réparations de l’engin. Et l’argent que j’envoyais sortait de ma poche … Les 750.000 (Sept cent cinquante mille) FCFA représentaient les frais de réparations de la niveleuse. Les éléments de ces dépenses ne figurent pas dans nos registres comptables. La somme de 1.500.000 (Un million cinq cent mille) FCFA représente les frais de réparations de la niveleuse. C’est mon argent que j’ai envoyé à KINGUE pour les réparations de l’engin. Je n’ai pas loué l’engin » [Notes d’audiences Page 7, 5ième paragraphe et suivants]. (Je joins à cette note, les différentes étapes de pannes et réparations consignées par la Commune de Dibombari). Quant à M. MBONJO Jacques, Maire de Mbanga, témoin de l’accusation : « La Commune de Mbanga n’avait pas de fond pour faire les rigoles de la ville de Mbanga. J’ai sollicité l’aide de KINGUE, Maire de la Commune de Njombé-Penja. Je n’ai pas loué l’engin. J’avais donné l’argent du carburant à mon Receveur et les travaux ont été effectués. Le Député m’a donné 175.000 (Cent soixante-quinze mille) FCFA que j’ai remis au Receveur municipal. L’engin nous a été prêté. Je n’ai pas rencontré KINGUE » [Notes d’audiences Page 8, au milieu]. Monsieur le Président de la République, Après tous ces témoignages, il ne ressort nulle part, le moindre commencement de fautes, d’infractions, encore moins de détournement. Par contre quelques constances se dégagent : 1) Aucune plainte n’a été déposée contre moi pour déclencher cette procédure ; 2) La Commune de Penja ne s’est pas constituée partie civile ; 3) Le Ministère public est seul et isolé dans cette procédure ; autrement dit, il est plus royaliste que le roi et voit mystiquement le détournement là où la partie supposée avoir été spoliée dit qu’elle n’a pas subi de préjudice ; 4) L’installation d’eau, objet de la poursuite a été bel et bien réalisée et ce, conformément à la volonté du donateur (SPM) [cf. déposition du Chef d’agence SNEC et du Maire de Njombé-Penja] ; 5) L’engin de la Commune de Njombé-Penja n’a jamais été mis en location [cf. témoignages des Maires de Dibombari et Mbanga] ; 6) Plusieurs violations, parfois élémentaires de nos lois ont globalement émaillé cette procédure ; 7) Malgré tout ceci, je reste écroué en prison avec à la clé, la dégradation au quotidien de ma santé depuis 2008. Monsieur le Président de la République, Je viens par la présente, de remplir mon devoir moral qui consistait à mettre à votre disposition, des compléments d’informations susceptibles de vous éclairer d’avantage, afin que quoi qu’il arrive, vous soyiez le premier des camerounais à réaffirmer partout où besoin sera ma brillante innocence dans cette affaire raccommodée de fils blancs.

~~SUR LES EMEUTES DE FEVRIER 2008 Qualifiée juridiquement de "complicité de pillage en bande, destruction, obstacle sur la voie publique, réunions illégales", cette procédure lancée contre moi le 28 Février 2008, alors que j’étais Maire de la Commune de Penja a été comme celle décrite plus haut, truffée de violations graves et honteuses de la loi ; violation que même en Birmanie, en Corée du Nord, aucune juridiction ne peut tolérer. Ici, il m’est reproché courant 2008, d’avoir conçu, préparé et perpétré les émeutes dans les bananeraies françaises de Njombé-Penja. QUELQUES CURIOSITES DE CETTE PROCEDURE 1) Absence de mandat d’interpellation ou d’arrêt, jusqu’à ce jour. Nul n’accepte avoir autorisé mon interpellation, y compris le Procureur BIFOUNA NDONGO, pourtant instruit par MARAFA HAMIDOU Yaya, alors tout puissant Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation ; 2) Arrestation par 12 (Douze) camions pleins de militaires (BIR) et 06 (Six) pick-up de gendarmes ; 3) Délais de garde à vue de 21 (Vingt un) jours au lieu de 6 (Six) jours maximum soit 144 (Cent quarante-quatre) heures prévues par la loi ; 4) Le non-respect de l’obligation qu’a l’Officier de police judiciaire dès l’entame de l’enquête, de m’informer, à peine de nullité de mes droits de me faire assister d’un conseil ou de garder silence, lesquels sont incontestablement des prérogatives qui participent à l’exercice des droits de la défense (Art. 116 al. 3 et 4 du Code de procédure pénale) ; 5) Refus de confrontation pourtant sollicitée par moi [Voir pièce jointe] avec mes co-accusés par le Juge d’instruction ; 6) Absence de l’ordonnance à fin d’informer ; 7) Absence du procès-verbal du dernier interrogatoire ; 8) Violations des formalités de la prestation de serment prescrite à peine de nullité (Art. 155 du Code d’instruction criminelle, Art. 183, 328 et 332 du Code de procédure pénale) ; SUR LE FOND : Aucun témoignage direct ne m’accable. Des témoignages de l’accusation, il ressort ce qui suit : NGAH Gaston (Témoin de l’accusation) : « Nous faisons partie d’un même conseil et au cours de plusieurs réunions, Paul Eric KINGUE a toujours exprimé sa haine à l’encontre de NTSIMI, NDONNO MBANGA, la PHP et son Directeur Général, Armel François parce qu’ils exploitent les populations. Je n’ai pas personnellement vu le Maire poser des actes, mais plutôt ses affidés » [Notes d’audiences, Page 18, dernier paragraphe 71, avant-dernier paragraphe]. NDONNO MBANGA (Témoin de l’accusation) : « J’ai vécu les événements à distance à partir de Douala. Il m’est revenu que le véhicule de SONGA Daniel a été incendié alors qu’il se rendait à Mpoula pour tenter de protéger les intérêts de la PHP. Je ne peux pas répondre à votre question parce que les informations m’ont été données par SONGA Daniel. Je ne peux affirmer avec certitude que ce sont les menaces de KINGUE qui ont été mises en exécution » [Notes d’audiences, Page 205, dernier paragraphe]. AMBOMO Guy Modeste (Co-accusé) : « Les blancs sont venus choisir les terres appartenant à nous autochtones parce que nos terres sont fertiles. Ils s’y sont installés et gagnent des centaines de millions pour envoyer leurs enfants en Europe sans daigner se soucier de nous les jeunes. C’est Paul Eric KINGUE qui nous a ouvert les yeux depuis des années sur notre misère, sur notre condition d’existence, sur nos propres terres où les jeunes n’arrivent pas à aller à l’école parce que leurs parents travaillent et les autres en profitent » [Notes d’audiences, Page 72, 2ième paragraphe]. NTSIMI ZOA Hilaire (Témoin de l’accusation) : « Je ne peux pas dire de manière formelle que c’est Paul Eric KINGUE qui a envoyé piller. Mais comme toute organisation a un leader, c’est peut-être lui le leader de la bande qui a pillé » Monsieur le Président de la République, Après avoir parcouru les témoignages de l’accusation retenus par la Cour d’Appel du Littoral, quel élément peut avoir motivé celle-ci, à me condamner à 3 (Trois) ans d’emprisonnement ferme ? Un procès basé sur des témoignages indirects où personne ne dit m’avoir vu agir ou donner des ordres, un procès d’où il ne ressort ni le lieu, ni le jour, ni avec qui j’ai planifié, préparé et exécuté les actes de pillages en bande et autres … Pourtant, dans un élan d’extrême patriotisme inversé, les Magistrats de la Cour d’Appel du Littoral à la suite de ceux du Tribunal de Grande Instance du Moungo, me condamnent à verser 100.000.000 (Cent millions) FCFA à une bananeraie délinquante fiscale qui n’a jamais payé la moindre taxe communale à la Commune qui abrite ses activités. Je profite par la présente pour dire que "Jamais, mais alors jamais, même si j’en avais à reverser dans la rue, je ne donnerai jamais le moindre centime aux délinquants fiscaux de ma localité quitte à mourir en prison, parce que n’ayant posé aucun acte pénalement répréhensible contre ces pilleurs de l’économie camerounaise". Monsieur le Président de la République, Comme mentionné dans la partie supérieure de cette note d’information, rien n’explique les multiples condamnations dont j’ai été l’objet. Ni aucune pièce, ni aucun témoignage. Pourtant, je croupis depuis 07 (Sept) ans en prison. 07 années d’absence de soins, 07 années de vide dans ma vie, 07 années de déshonneur, 07 années de souffrances psychologique, mentale et physique, 07 années de déchirement du noyau familial, en somme, 07 années de détention arbitraire. Je pense dès ce jour, avoir rempli le devoir d’informer afin que pour la postérité, vous témoigniez vous-aussi peut-être en catimini, mon innocence. Prison de New-Bell, le 26 Février 2014

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